IL FAUT DANS NOTRE ÉTUDE SE MÉFIER MÊME DE LA RAISON, DE LA LOGIQUE
Quels que soient les problèmes auxquels notre esprit s’attaque, l’arme la plus sûre que nous possédions pour les forcer est le raisonnement, la logique. C’est la conscience de la valeur d’un tel instrument et sa pratique qui ont fait l’homme civihsé et qui nous distinguent des peuples primitifs ou incultes. Nous attribuons ce bienfait aux Grecs parce que c’est d’eux que nous tenons 1 instrument dans sa forme historique, bien en mains, artistement travaillé. I^s HeUènes l’avaient reçu de peuples primitifs et, depuis le premier homme qui réfléchit, compara, jusqu’à nous, le perfectionnement s’est fait par une chaîne ininterrompue d’hommes.
Quel n’est pas notre étonnement lorsque nous
constatons, avec I^vy-BrüM, que des peuples entiers ont ignoré, ignorent cette discipline, que, chez les non civilisés, efFet et cause n’apparaissent pas liés ensemble, l’un découlant de l’autre.
Nous ne devons pas, dans l’étude des maladies infectieuses, faire fi du raisonnement. Il joue, dans nos acquisitions, un rôle considérable, nécessaire. Cependant, ü faut nous garder de nous en remettre entièrement à lui seul pour nous éclairer sur les domaines inconnus et sur les conceptions de demain.
ha. logique, basée sur l’observation, permet de se rendre compte d’un problème, d’en faire le tour, de le délimiter, de chercher des rapports, des analogies avec des questions déjà résolues. Be fait nouveau acquis, la logique le clarifie, le complète, marque sa place dans le chapitre nouveau. Par la comparaison, le report, le décalquage d’une acquisition, faite dans un domaine, sur un autre, elle permet des acquisitions parallèles. Grâce au raisonnement, nous pouvons grouper des faits isolés, estimer les lacunes, nous donner des aperçus d’ensemble, préparer par conséquent d’autres conquêtes. Pour les réahser, ne comptons pas sur lui. I/a raison va terre à terre. S’il s’agit d’un bond en avant, d’une véritable découverte, c’est l’imagination, l’intuition qui nous le donneront.
LES MALADIES INFECTIEUSES
Il faudrait pour qu’il en fût autrement que la vie fut logique. Nous savons qu’elle ne l’est pas. Elle est avertie. Où mettre une intelligence, une raison dans ce qui n’est qu’effet des circonstances ? Eà vie ne connaît pas la raison ; elle ne cherclie que les possibilités de se transmettre ; elle en essaye autant qu’elle en rencontre. Nous avons dit déjà qu’elle allait le plus souvent à des échecs. Nous n’en pouvons rien connaître. Nous ne voyons que les succès. C’est pourquoi la nature nous paraît intelligente.