‹ Naissance, vie et mort des maladies infectieusesChapitre 31 sur 42 · II · texte numérisé non relu

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avec divers spirochètes d’ornithodores et la punaise.

Aussi ai-je pu émettre, avec vraisemblance, cette opinion que les récurrentes sont nées dans les terriers de petits rongeurs ; qu’elles y sont restées localisées presque toutes, ne frappant des gros mammifères, y compris l’homme, que ceux qui viennent en contact de ces terriers et que, si Time d’elles, par exception, a pu s’élever au rang de maladie exclusivement humaine et mondiale, c’est que son spirochète s’est adapté au pou et qu’ü en a suivi les destins qui sont ceux de l’homme dont l’expansion est universelle.

De ce côté donc encore, malgré la plus grande complexité du problème, l’expérimentation innove. Et voici tme première clarté projetée sur l’origine de certaines maladies infectieuses.

RÉALISATION EXPÉRIMENTALE DE LA SENSIBILITÉ D’UNIE ESPECE ANIMALE A UN AGENT PATHOGENE

AUQUEL E T.T.F. est NATURELLEMENT RÉFRACTAIRE

La plupart des espèces animales sont réfractaires aux maladies dont souffrent les autres espèces. L’adaptation de l’agent pathogène à l’animal sensible remonte à tant de siècles, elle - 113 =

NieoixE.

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a nécessité et nécessite encore des conditions si particulières qu’on im^ine mal qu’il puisse en être autrement.

I^a nécessité où l’expérimentateur se trouve de reproduire les maladies infectieuses sru: une autre espèce sous peine de n’en pouvoir entreprendre l’étude, la commodité de l’expérimentation pour toutes les maladies, humaines ou non, sur les petits animaux de laboratoire, ont déterminé les savants à chercher les moyens de faire fléchir ces résistances naturelles, gênantes pour l’étude. C’est faute de découvrir un animal sensible à la lèpre que l’étude de la lèpre est arrêtée.

Certes nos progrès dans la voie de réalisation de sensibilités nouvelles n’ont guère dépassé la période des essais. Néanmoins, ces essais offrent, en dehors de leur portée pratique, un intérêt dans le problème général dont nous nous occupons.

Nos méthodes, pour parvenir à ce résultat, sont des deux ordres. Nous pouvons affaibhr la résistance naturelle, ou locale ou générale, de l’animal sur lequel nous expérimentons ; nous pouvons augmenter l’activité de l’agent pathogène étudié.

Nous diminuons la résistance locale en contrariant par quelque procédé les moyens de défense naturelle de l’organisme, par une ligature, la

création d’tm foyer de nécrose (agent phj^qne ou chimique), par l’inoculation d’une poudre inerte qui occupe les globules blancs et les distrait de leur lutte contre les microbes. A cette poudre, on peut substituer des microbes tués, des microbes vivants non pathogènes. Un vaccin, tel le vaccin classique du charbon symptomatique, c’est-à-dire un microbe vivant atténué, doué par conséquent encore d’une certaine activité mais incapable de donner une • maladie sévère lorsqu’il est inoculé sous la peau, reprend toute sa virulence si on lui associe de l’acide lactique qui paralyse la défense et permet aux microbes, peu dangereux, qu’on a inoculés, de cultiver sur place et de donner naissance à d’autres microbes qui récupèrent la virulence primitive.

Ua diminution de la résistance générale peut être obtenue par le refroidissement, par des saignées, la diète, l’inoculation de substances ou de microbes débilitants. On obtient ainsi des résultats intéressants, des indications. Ua plus précieuse est cette confirmation de l’observation co mm u n e que la misère, les privations rendent tous les organismes plus sensibles aux maladies infectieuses. On fait disparaître ainsi les immunités créées par des vaccinations antérieures. Nous

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ne saurions afi&rmer que, même dans le cas où la poule refroidie devient apte à prendre le charbon, on ait vraiment vaincu une résistance naturelle.

Ces essais suffisent pourtant à faire comprendre qu’à l’origine l’affaiblissement de l’organisme a pu aider l’adaptation à un animal, jusque-là réfractaire, du germe inoffensif jusque-là de la maladie nouvelle.

I^a seconde méthode que nous pouvons employer pour vaincre l’immunité naturelle dune espèce est l’exaltation de la virulence du microbe. Certains des chapitres qui suivent montreront par quels procédés nous pouvons y parvenir.

TRANSFORMATION EXPÉRIMENTALE D’UNE INFECTION INAPPARENTE EN MALADIE A SYMPTOMES

Dans le même sens de l’estension expérimentale des maladies infectieuses, il semble que nous puissions transformer les formes inapparentes que certaines d’entre elles revêtent en formes à symptômes.

Da preuve n’en a été apportée, il est vrai, que pour le typhus expérimental de l’âne. Mais le typhus est la seule maladie où cette transformation a été jusqu’à présent tentée ; il est donc à penser

que des résultats analogues pourront être obtenus dans d’autres cas.

L’âne parïdt réfractaire au typhus exanthématique ; l’inoculation du virus ne lui donne ni fièvre ni autres symptômes. Cependant si l’on prend le sang de l’âne, au moment où les cobayes inoculés en même temps que lui du même virus présentent la courbe fébrile caractéristique, et qu’on inocule ce sang à un cobaye neuf, celui-ci présente nn typhus expérimental classique.

Le typhus inapparent de l’âne n’est suivi d’aucun développement de propriétés préventives ; en d’autres termes, le sérum du sang de l’âne convalescent de ce typhus sans symptômes n’a pas le pouvoir que présente le sérum du sang d’un homme convalescent de typhus d’empêcher le • développement de la maladie chez im cobaye auquel on inocule ensuite le virus exanthématique.

Or, le sérum de l’homme convalescent de typhus est communément employé pour préve n i r le développement de la maladie chez les personnes exposées à la cQTitagion. Ce sérum ne peut être récolté en grande quantité ; il faut, pour se le procurer, des malades, une épidémie. Ce n’est donc qu’en pis aller. Après avoir découvert et mis en usage, avec E. Conseil, les propriétés de ce sérum

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humain, j’ai pensé que, si l’on pouvait transformer le typhus inapparent de l’âne, maladie insignifiante, en typhus fébrile, celui-ci aurait quelque chance d’amener, chez l’âne convalescent, la production des propriétés préventives. Ainsi, l’on aurait à sa disposition toute quantité nécessaire de sérum préventif et, le virus du typhus pouvant se conserver sur cobayes, ce qui remplace les cultures encore irréalisées, la production de sérum pourrait être assurée en dehors des épidémies.

J’ai réussi, en pratiquant l’inoculation du virus exanthématique dans le cerveau de l’âne, à obtenir un t5q)hus fébrile chez cet animal, et, à la suite, a in si que je l’avais pressenti, le sérum de l’âne a présenté des propriétés préventives. Pratiquement, la méthode n’est pas encore au point ; car on ne réussit que rarement à déclancher un typhus fébrile chez l’âne.

Au point de vue auquel nous nous plaçons ici le fait n’en est pas moins instructif. Il montre que là encore nous pouvons faire du nouveau en pathologie infectieuse ; hausser tme maladie qui ne se traduit par aucune manifestation clinique au rang d’une maladie à symptômes.

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