‹ Naissance, vie et mort des maladies infectieusesChapitre 40 sur 42 · LES LIMITES DE L’EFFORT HUMAIN · texte numérisé non relu

LES LIMITES DE L’EFFORT HUMAIN

Ees difficultés matérielles ou sociales qui s’op-. posent aux efforts des hommes pour l’extinction des maladies infectieuses ne doivent pas dimmuer, à nos yeux, la valeur des progrès déjà réalisés et leur importance pratique. Dans bien peu de sciences, les acquisitions récentes ont apporte d’aussi nombreux et d’aussi rapides bienfaits qu’en médecine. Certes, l’œuvre à entreprendre

LES MALADIES INFECTIEUSES

est immense, eUe n’est qu’ébauchée ; mais les victoires nouvelles sont de tous les jours et ce serait blasphème de penser qu en dépit d un fléchissement indéniable, 1 activité de 1 ho mm e ne réahsera pas, dans la voie ouverte, bien ouverte désormais, d’incessants et merveilleux progrès. Nous devons faire confiance à ceux qui viendront.

Nous avons montré impitoyablement, et avec raison, croyons-nous, les difiB.cultés de la tâche, la précarité des meilleurs moyens. Nous n’avons pas à revenir sur ces précarités ; toute œuvre humaine est imparfaite. Celle de la nature lest davantage.

Si, au lieu d’avoir affaire à un ennemi dont les armes, si fortes soient-elles, sont aveugles, qui ne sait pas prévoir, qui ne sait que profiter, nous avions devant nous un adversaire raisonnable, avec les avantages dont jouit la nature, aussi impuissants que nos ancêtres primitifs, nous n aurions, comme eux, qu’à subir le sort. Nos meilleures méthodes, en admettant même qu’elles arrivent à protéger des individus, seraient incapables de s’opposer aux progrès des épidémies, de débarrasser nn pays d’un mal. Or, ces résultats nous les obtenons souvent. Ce n’est que devant le problème

entier d’extinction d’une maladie sur le globe que nous sommes ou nous sentons impuissants.

C’est que la maladie ne saurait se conserver et s’étendre que par la raison multiple, mais fragile des contacts. lorsque nous en brisons une maille, les conséquences dépassent de beaucoup les résultats que nous enregistrons. Cet individu, cet animal que nous protégeons, c’était im des quelques maillons, peut-être le seul qui pouvait assurer, le moment, la continuité de la ch^e. Aussi, avec quelques coups de ciseaux, plus heureux que nous les estimons, la trame toute entière est détruite; les fils nécessaires, irremplaçables ont cédé. La nature peut édifier quelquefois par hasard, elle ne peut réparer.

Ne désespérons donc pas. Ne désespérons pas de l’avenir, surtout de l’efficacité de nos méthodes pour la protection de ceux à qui nous pouvons les appliquer, hommes et bêtes.

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