COMPAGNE CONSTANTE DE NOTRE EXISTENCE
I/CS maladies infectieuses sont les complues fatales, constantes de notre vie.
Nous portons avec nous les germes de certaines à notre naissance. Ces germes peuvent se rencontrer déjà dans la cellule qui, par son développement physiologique, constitue finalement notre être, dans la cellule maternelle, l’ovule. Tel est le cas de certains de ces organismes spiralés, analogues à des ressorts à boudin, mobiles et contractibles, qu’on nomme spirochètes et tréponèmes et au groupe desquels appartient le microbe de la syphilis. Il nous est possible de déceler la présence de certains de ces germes dans les ovules et de
CHAPITRE PRÉLIMISAIRE les voir au microscope. N’est-il pas logique de supposer qu'il en est d’autres, inconnus encore, que leurs trop faibles dimensions ne nous permettent pas de découvrir et qui se comportent de même ?
Il est probable, bien que le fait soit moins clairement prouvé, que la cellule paternelle, le spermatozoïde peut être porteur de germes pathogènes comme l’ovule.
Ivcs maladies dont l’agent existe chez nous à l’origine même de notre vie, c’est-à-dire avant la fécondation ou bien du fait de celle-ci, doivent seules être nommées héréditaires.
De la conception à la naissance s’étend une période au cours de laquelle l’être en voie de formation n’est, pour ainsi dire, qu’ime partie de l’organisme maternel. Il existe bien, entre le système circulatoire de la mère et celui de l’enfant qu’elle porte, tm organe qui sert de filtre, le placenta. Cette barrière est fragüe. Qu’ü survienne la plus petite lésion des vaisseaux, les éléments figurés qui circulent dans le sang maternel passeront dans celui du petit et, parmi eux, les inframicrobes et les microbes.
Si la maladie maternelle est grave et brutale, l’hôte de l’utérus participe d’ordinaire à l’infec-
LES MALADIES INFECTIEUSES
tion de la mère. H pent guérir en elle comme elle, mourir en même temps qu’elle et en elle ; il peut, mort, être expulsé (alors que la mère peut survivre) ; il peut être expulsé malade et vivant (s’il est déjà assez développé) pour, ensuite, guérir rapidement ou mourir.
Dans le cas de maladies aiguës moins brutales, l’enfant peut naître infecté et survivre. Souvent, dans ce cas, le développement ultérieur de la maladie le tuera après quelques semaines ; ainsi périssent un certain nombre d’enfants syphilitiques. Dans d autres cas, l’enfant tient de sa mère les germes pathogènes qui, plus tard, tardivement, se développeront en lui ; tel est le cas de la plupart des enfants, nés tuberculeux ou syphilitiques.
Des maladies, contractées pendant la vie chez la mère, entre la conception et la naissance, sont les maladies congénitales.
Avons-nous échappé, ce qui, dans l’état de nos connaissances au moins, est le cas de beaucoup le plus fréquent, à l’infection héréditaire ou congénitale, à peine sommes-nous sortis des organes de notre mère que les infiniment petits s’exercent sur nous.
Notre peau, notre tube digestif, nos cavités naturelles (narines, yeux) sont envahis. En