‹ Nancy; histoire et tableauChapitre 29 sur 56 · TES · texte numérisé non relu

TES

pète, avec un faisceau de hauts souvenirs, des fortunes plus qu'ordinaires; de telles familles pourraient resplendir encore, à bien des égards, d'un magnifique reflet du passé. Ce serait, il est vrai, en jouant judicieusement les cartes du jeu qui leur reste.. , c'esUè-dire en utilisant, pour quelque objet d'intérêt général, leurs puissants moyens d'initiative et de patronage; en allant surtout, loin du tourbillon central, et dans leur province historique, faire profiter le public de certains avantages, restés précieux, — privilèges moraux attachés à leur position exceptionnelle.

Note 16, page 435.

« N'avaient-ils pas produit Sainl-Lambert pour les chanter, et Claude le Lorrain pour les peindre! »

Saint-Lambert était né au village d'Affracourt, près d'Harouel; Claude Gelée, à Chamagne, près de Charmes; tous deux en plein cœur de la Lorraine. On le sent, au caractère de leurs peintures; à cette suavité spéciale, due à l'impression qu'avait produite sur eux , dès l'enfance , une nature calme et ravissante.

François de Neufchâtcau , dans son poème des Véges , a rais ses lecteurs sur la voie de la vérité dont nous parlons :

Des hauteurs de Châté contemplez la Moselle :

Que Charme est doux à voir! que cette rive est belle!

Ah ! faut-il s'étonner qu'eu ces lieux pleins d'attraits ,

De l'aimable nature épiant les secrets.

Gelée ail pu tracer ces riants paysages ,

Ces beaux fonds, ces ciels purs, ces vaporeux nuages-

L'air qui joue à travers ces épis ondoyants !

Ces côleaux vaporeux et ces lointains fuyants..!

Ce grand peintre naquit au pied de nos montagnes :

Il a dans ses tableaux transporté nos campagnes (a).

Des aimables environs de Nancy , quelques parties, — et les moins éloignées de la ville , — étaient , il y a quinze ans , bien plus re-

(o) « Au pied de nos montagne* , » dit François de Neufchàteau, qui avait besoin d'une rime , et qui d'ailleurs chantait les Vôges. Mais en réalité , Chamagne appartient plutôt ù la plaine; et d'ailleurs tout connaisseur sentira que les vrais aspects lorrains, dont l'immortel Claude s'est inspiré, ont un cachet propre, lequel n'est point celui des pays montueux.

DE LA SECONDE PARTIE. 191

niarquables encore qu'aujourd'hui ; elles ont singulièrement perdu aux progrès de l'égoïsme rural.., manifesté sous ses deux formes, la barbarie et la muromanie.

Si Ton doutait de la première, il suffirait d'en citer pour exemple la récente profanation de l'élysée du Fontenot. Ce charmant petit vallon, situé sur le chemin de Vandœuvre à Monlauban, présentait, en fait de beautés naturelles, une scène gentille tout- à -fait rare, que des amateurs fussent peut-être venus voir de cinquante lieues, pour ce qu'avait de précieux son état de conservation, surtout a deux portées de canon de la ville. Là , dans l'enfoncement arrondi que laissaient entre eux, au dessous des bois, deux côteaux cultivés à la fois pour les moissons et les vendanges, se cachait un riant Eden, aussi parfait que si l'art l'eût formé ; plus parfait même, les Morfontaine et les Ermenonville n'offrant parmi leurs bosquets et leurs riches pelouses rien de si pur, ni qui joignit tant de correction à tant de laisser-aller. De vieux noyers à riche dôme , jetés sans ordre ça et là, ornaient, en s'étageant comme par niveaux successifs , une sorte de jardin-prairie , où coulait joyeusement le Fontenot, tantôt sans bruit et presque à plat, tantôt par glissoire plus rapides, et avec le gazouillement de ces cascades enfantines. En le remontant , au bout de sept ou huit cents métrés , on arrivait à ses neuf sources, — dont pas une n'était bourbeuse, — toutes les neuf élégantes, limpides, et à bords attrayants. Les premières qu'on rencontrait, on les voyait sourdre à découvert, et se frayer, en plein gazon, des rigoles sablées et cailloutées, comme de jolis serpents grisâtres sur la verdure. Les principales, plus ombragées, naissant à cent pas au delà, sortaient mystérieusement de derrière un petit rideau sauvage : fourré vraiment enchanteur, tel que les poètes l'imaginent ; masse confuse et de grandes herbes à fleurs , — valérianes, lysimaques , épilobes, spirées, menthes ou salicaires, — et d'arbustes entrelacés, — nerpruns, sureaux, lyciets, églantiers, viornes, troènes,— qui tapissaient, en se liant par des guirlandes de liseron, de bryonc et de clématite, un petit mamelon terminal, couronné par quatre ou cinq grands arbres , aux limites des champs et des vignes.

Ce petit bassin, si franchement et si richement agreste ; ces tapis verts, si joyeusement arrosés, et cependant si ras , si peu fangeux , si bien faits ou pour la gaîté des goûters et des rondes , ou pour la somnolence rêveuse; cette humble retraite, non moins chère jadis au villageois qu'au penseur et à l'artiste ; ce terrein privilégié , rempli d'enchantements rustiques, — sorte d'échappée de vue, prise sur les jardins d'Armide , — on en jouissait en commun depuis des siècles. Par la plus déplorable idée , les habitants du hameau de Iloudemont s'en sont partagé la possession , jusqu'alors fraternelle ; et sou-

dain, les cupidités, prenant l'éveil, se sont évertuées à chercher le profit par le ravage. Si Ton n'a pu réussir encore à rendre laids des lieux si favorisés de la nature, ce n'est pas faute d'en avoir altéré le doux caractère, et, pour ainsi dire, flétri la couronne. Des beautés que l'on admirait , que mille ans avaient respectées , dix années ont suffi pour en faire disparaître une grande partie. Afin de bénéficier de quelques misérables sous , on a porté la serpe et la faux dans une corbeille bocagére incomparable, irremplaçable, que les rois eussent enviée; on a déjà presque gâté le cours du ruisseau, en essayant, a divers endroits, de lui faire prendre un lit bétc et sale; on est allé, dit-on (chose incroyable), jusqu'à violer par le labour quelques-unes des petites sources qui circulaient dans le gazon. Et en ceci , pourtant , aucune excuse; car remuer le sol ne pouvait produire là que de la boue. — Mais qu'importe à Y homme animal (a) ! Une fois devenu incapable, de comprendre les délicieux ouvrages de Dieu , une fois tombé dans ces instincts grossiers dont il se fait habitude et orgueil.., il s'en va cherchant en aveugle < un accroissement de pâture. » Les plus ravissants ruisselets , il les bouleverse de sa bêche, absolument tout comme un bœuf les écraserait de son pied.

Voilà pour la barbarie. Quant à la muromanie sa rivale, les effets n'en sont guère moins affligeants. Ainsi l'on admirait, par exemple, pour leur variété champêtre, les jardins qui s'offraient à l'œil dans tout l'espace compris entre le faubourg de la Garenne et l'étang Saint Jean. Où sont, maintenant, aux côtés du chemin, tant de cultures diaprées, de doux vergers, de haies fleuries? tant de pittoresques cottages, abrités sous des bouquets d'arbres? tous ces premiers plans, si coquets, au travers desquels se glissait le regard, — à gauche sur des coteaux heureux , à droite sur les clochers de la ville ou sur les masses noirâtres de l'hôpital militaire ! — Aujourd'hui , Ton y marche prisonnier, entre deux longues lignes de murailles, luxe inutilement coûteux pour les petits propriétaires, et supplice pour les promeneurs (b). Est-il donc une plus triste, une plus déplorable mode, que celle de gâter à plaisir, par la coupure perpétuelle de la vue, des paysages enchanteurs ! que de substituer

(a) Paul, I Corinth. II, 14.

(a) Plus tard le passage du chemin de fer, dira-t-on, eût toujours détruit les attraits du vallon de l'étang Saint Jean. Mais d'abord, du moins, la belle nature eût été ménagée quinze ans de plus; et puis, même alors, sans ces odieuses murailles inutiles , beaucoup de choses agréables auraient toujours survécu au désastre.

DE LA SECONDE PARTIE

partout, aux richesses de la verdure, d'arides surfaces de pierre et de mortier! cœmenta, comme dit Horace!

Mais telle est la fantaisie de bien des bourgeois vaniteux. Féodal à sa manière , le nouvel enrichi croit trop souvent , en cachant comme un jaloux sa propriété, en renfermant de quatre vilains murs, s'élever au dessus du peuple. Ces quatre murs , bien raides et bien blancs, c'est son orgueil , c'est son castel à lui. Comme il n'en comprend pas la laideur, le séjour l'en flatte , il s'y comptait. S'y prélassant loin des regards, comme faisaient loin des hameaux les vieux seigneurs dans leurs donjons , — qui du moins étaient pittoresques, — il est tout fier d'avoir, par une ignorante gloriole , traité l'art et la nature comme il traite la langue française; et il s'admire dans ses œuvres, quand, le dimanche, il va s'asseoir derrière ses clôtures maçonnées, avec sa dame et ses demoiselles (a).

Puisque nous en sommes aux sujets de reproche ou de chagrin, avouons aussi que dans ces dernières années, on a vu s'élever non loin de Nancy certaines constructions de fantaisie, dont le genre peut sembler plus que nouveau; ces rocailles, au moins singulières, fournissent aux étrangers , qui passent , la matière de railleries affligeantes. Il est encore un autre objet sur lequel se porte l'attention moqueuse des voyageurs parisiens : les badigeonnages de couleurs hardies, qui viennent d'être risqués, et dont l'usage, moins français que tudesque, parait chercher à s'introduire jusque dans les rues

(a) Cette grossière faute de langue n'a pas encore cessé, malgré les justes risées dont elle est l'objet, et quoiqu'elle soit beaucoup plus absurde que ne l'était l'emploi du mot conséquent, — déjà disparu, — lequel apparteoait au même style.

Il est permis sans doute de ne pas savoir que dame, corruption de dome, est le féminin de dam ou damp, lequel s'est dit pour dom ou domp (dominus); et que de ce mot dam, d'où vient le composé vidame (vice-dominut), se sont formés les diminutifs damoiseau, damoiselle.

Mais, sans avoir réfléchi à cela, ni songé à l'altération de Dom-marlin en Dam-marlin, on doit au moins apercevoir que dame, qui n'a jamais voulu dire femme (et dont l'acceplion, aussi bien que l'élymologie, a toujours indiqué supériorité ou domination) est l'unique terme français qui serve de féminin au mot seigneur, puisque seigneur esse n'existe pas.

Est-il permis d'ignorer que Notre Dame correspond à iVolrc Seigneur, et que la dame de quelqu'un, c'est sa souveraine et maîtresse, dans les divers sens que la réalité ou la politesse peuvent attacher a ce dernier mol?

On a pour dame toute femme dont on est (ou dont on se fait) le serviteur ; par conséquent jamais cblle qve l'on a épousée, puisque de celle-là on est au contraire réputé le maître. Les vassaux avaient une dame dans leur châtelaine ; les domestiques en ont une dans la maîtresse du logis; le paladin,

194 NOTES

centrales de Nancy. — Sont-ce là des faits isolés? ou bien faudrait-il malheureusement y voir les premiers symptômes d'une décadence locale dans le sentiment de ce qui sied?

Ah ! que la capitale de la Lorraine y prenne garde, et qu'elle veille à son honneur! Son gout, pur et distingué, est jusqu'à présent demeuré sa gloire : qu'elle n'aille pas laisser périr cette unique supériorité qui lui reste ! — Une princesse peut bien perdre son rang et sa fortune ; mais elle doit conserver toujours ce tact heureux , ces instincts sûrs, nobles et délicats, que lui avait donnés son genre de naissance et d'éducation. Pauvre, elle se mettra simplement; voilà tout : jamais elle n'aura l'idée de se couvrir de clinquants et d'oripeaux.

Note 17, page 437.

« La congrégation de saint Charles, dont les Sœurs hospitalières, réputées les plus habiles de l'Europe, sont demandées jusqu'en Prusse et en Bohême. >»

Cet ordre, dont la création semble se rapporter, pour la Lorraine , au temps de l'occupation étrangère , parce qu'en effet les

par soumission galante, en avait une dans sa dulcinée; le cavalier, par Action aussi, en a une dans sa danseuse. En venu de la même convention polie, l'honneur se prodiguant de plus en plus, tous les hommes sont arrivés, de nos jours, à donner à la femme d autrui le titre de leur dame; et cela est rationnel el correct, dans un siècle d'égalité.

Autant donc il serait absurde de jargonner voire sieur, votre dame, votre demoiselle (c'est-à-dire dominus tuus, domina tua, dominicella tua), — comme si Ton voulait traiter en subordonnés el en vassaux les gens à qui l'on parle, en leur attribuant des supérieurs, — autant il est juste, pour parler français, de dire : monsieur votre mari {dominus meus, vir tuus), madame votre femme {domina mea, ttxor tua), mademoiselle votre fille {dominicella mea, filia tua); car le même individu est mari quant à vous, qui l avez épousé , et seigneur ou sieur quant à moi , qui veux bien lui rendre honneur et déférence; car la même personne est ou femme quant à vous, qui êtes son mari, ou bien fille quant à vous, qui êtes son père, — et elle est dame ou demoiselle quant à moi, qui la salue comme une sorle de reine ou de princesse.

Le bon usage, celui doni ne se sont jamais départies les familles où l'on sait vivre, repose ici sur la raison même. Les salons, en le consacrant, n'avaient fait qu'obéir auv exigences du plus impérieux sens-commun.

malheurs du peuple rendaient nécessaires alors de tels secours , ne tint pourtant en aucune façon à des inspirations venues du dehors. Quoique ce soit en 1656 qu'aient eu lieu les dons importants d'Emmanuel de Chauvincl, seigneur de Soudailles près Saint-Nicolas, desquels on a coutume d'en faire partir la date, déjà l'hôpital dit de saint Charles (ainsi nommé de ce qu'il était placé sous l'invocation du bienheureux Borromée) existait depuis trente ans, ayant été fondé en 1626 par les munificences de Pierre de Stainville et de Marguerite Gennetaire, à qui se joignit le duc Charles IV ; et c'est après le retour du même prince, en 1662 et 1663, que l'association des Sœurs prit la forme de congrégation régulière. Il y aurait donc erreur à ne pas voir là un fruit du terroir; un des nombreux phénomènes de ce mouvement religieux lorrain , si marqué , dont , au début du même siècle, Pierre Fourier, Didier de la Cour, Servais de Layruel, Alix Leclerc, Elisabeth de Kanfaing, etc., furent des manifestations vivantes (a).

Répandues dans plus de soixante établissements florissants, en France et hors de France, ce sont ces femmes > dont la maison mère est à Saint-Charles, qui, joignant aux plus douces vertus, ordinaires chez les Sœurs de charité, une capacité administrative spéciale extrêmement rare, étaient parvenues, partout où l'on avait eu l'esprit de ne pas faire uniquement d'elles les servantes des malades, mais aussi de leur confier la libre direction ménagère.., étaient parvenues à réaliser des résultats d'un avantage incroyable. A Nancy notamment, — dans leur centre, — chargées, après bien des essais différents, de réparer le mal produit par la prétendue science chiffriére et par les comptes de clerc à maître, elles avaient fait concorder avec le plus entier bien-être des infortunés confiés à leurs soins, un degré d'intelligence économique presque fabuleux , tellement que le prix fixe dont elles se contentaient n'avait point d'égal pour la modicité.

Il semble donc que l'on dût être heureux d'encourager un ordre de choses si parfait , et qu'à l'époque où le Buralisme , de plus en plus exigeant, fit des efforts définitifs pour imposer uniformément

(a) Si, à parler exactement, ce ne fui pas sur le sol lorrain que vit le jour Servais de Lairuel , réformateur des Prémontrés, — comme y était né Didier de la Cour, réformateur des Bénédictins, — sa naissance eu Lothier ne l'empêcha point de passer sa vie à Pont à Mousson et à S;iinle-Maric sous Prény, eld'y prendre toutes ses luspiralions, qu il n'aurait pas liouvécs ailleurs au même degré. Cest de Lorraine que partirent les deux grandes réformes des ordres de saint Benoit et de saint Norbert, adoptées plus tard par la France.

NOTES

.son joug à toutes les institutions charitables du Royaume, il dut au moins permettre exception pour des établissements où s'étaient opérés de tels prodiges. — Mais non, et tout au contraire; car on tenait à faire disparaître des types de perfection qui condamnaient trop hautement le système écrivassier. Si le honteux et déshonorant aveu n'en fut pas consigné sur le papier, de vive voix il échappa : « Les hospices de Nancy moins que d'autres, » osa-t-on dire, « peuvent être exceptés des nouvelles règles, parce qu'ils deviendraient un drapeau. »

Or, ne pouvant, malgré la bonne envie qu'on en avait, trouver à mordre sur aucun point, et réduit à ne pas pouvoir, même en chicanant sur des vétilles, découvrir moyen d'étayer d'une manière un peu passable la moindre querelle d'allemand, il fallait recourir aux insinuations du genre le plus odieux. La passion buraliste ne recula pas, car elle avait juré de réussir. De certains cabinets de Paris partit une pensée de mort, déguisée sous la forme d'inspection; d'inspection chargée de ne rien voir, et de tout condamner les yeux fermés.

En revanche, écoutons là -dessus les hommes indépendants et graves, bien informés sur la matière.., les solides organes de la vérité.

t La visite des établissements se lit, en présence des administra- » tcurs-commissaires. Loin d'amener la découverte d'aucun sujet de » reproche, elle arracha, sur tous les chapitres r à M. l'Inspecteur, » des paroles d'éloge ; car l'évidence possède , au premier moment, » une force invincible; et, quelques dispositions que l'on puisse avoir » apportées, on ne peut pas dire notr pendant qu'on a blanc sous • les yeux. Les odieuses préventions manifestées dans le principe » paraissaient donc abandonnées , et rien ne semblait plus désormais » pouvoir servir de prétexte à la persécution, à la ruine des Hos- » pices de Nancy, publiquement justifiés et reconnus invulnérables.., » quand, tout à coup, la Commission apprit le départ de l'Inspec- » teur, qui (faute de temps , probablement) n'avait , malgré sa pro- » messe , laissé voir son rapport à personne. — La suite a prouvé » combien cette circonstance était fâcheuse, quand on a su quelles » graves et capitales imputations se trouvaient insérées , sous la forme » d'un on dit, dans la pièce dont il s'agit. Certes, si l'écrit en ques-

> tion ne fût pas resté ignoré sur les lieux, l'erreur qu'il consacre » n'aurait pas pu subsister vingt-quatre heures. Trop de magistrats » et d'honnêtes gens se fussent levés à la fois, — soit pour dissuader

> l'auteur à l'égard de son opinion chimérique, — soit, au besoin, et

> s'il y eût persisté , pour lui faire subir la confrontation des inculpés, » et le sommer d'indiquer l'origine des affreuses suppositions dont il » se rendait l'organe.

DE LA SECONDE PARTIE. 197

» Mais que renfermait-il donc, Messieurs, de sî terrible et de si » décisif.., ce rapport mystérieux, que son secret a dérobé long-

• tçmps à des démentis accablants', mais ne pouvait pas y soustraire

> pour toujours?

> D'abord , les calculs erronés et d'une exagération choquante ;

> une fixation arbitraire, qui, repoussant nos vrais prix de jour- » nées , y assigne au hasard un autre chiffre , on ne sait d'après » quelle supputation, — et les gonfle ainsi, de manière à faire dis- » paraître en entier le sceau fameux que les distingue, leur modicité

Page 1