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NOTES
Ei dont l'enceinte souveraine ,
Des paladios noble séjour,
Jadis ouvrit sa douce arène
Aui combats où la lance est reine ,
Aux assauts d'esprit d'une cour;
Nancy , dont j'ai (racé l'Image ,
Nancy, qu'on avait méconnu..,
Vois tes enfants te rendre hommage ;
Le jour de justice est venu.
Dignes d'un âge qui s'éclaire,
A ta majesté séculaire
Ils ont voué des cœurs brûlants ,
El leur essaim , qui t'environne ,
Avec ses venus, ses talents,
Va tresser la riche couronne
Que réclamaient tes cheveux blancs (a).
Pourtant sous la mélancolie , Ton œil, ce semble, est éclipsé...
Ah! le joug pèse; il t'humilie.
Parfois vers ton éclat passé Ton rêve lointain se replie...
Mais quoi ! le Ciel a prononcé.
Amis , aux vieilles capitales Permettons de pleurer longtemps Leurs vicissitudes fatales Et du Sort les coups iusultanls.
A l'homme , sied l'oubli modeste ; Aux nations, le juste orgueil.
C'est uu beau titre qui leur reste , Que l'amertume de leur deuil.
Oui , que cent ans , mille ans encore Leur souvenir religieux Regrette et leur nom glorieux Et leur libre et sublime aurore!
Laissons-leur ce culte pieux :
S'il les afflige , il les honore.
Mais , pour les antiques cités Qui penchent leurs fronts attristés, N'est-il plus de tâche nouvelle?
Plus d'avenir, qui se révèle Par la voix des nécessités?
(a) L'indifférence pour les souvenirs lorrains cl nancèïens paraissait commencer à se dissiper, cl l'on croyait remarquer dans ce genre un heureux mouvement d'études.
DE LA SECONDE PARTIE
Il en est ; car la Providence , A qui perdit l'indépendance El la splendeur et le pouvoir, Fait, en échange, apercevoir Le vrai soutien de la constance :
Le noble culte du devoir.
Il en est. L'active Industrie Réclame des soutiens nombreux.
Mainte cité, cbez qui des preux Survivait la fierté chérie, Déposant ( effort douloureux ! ) Sa couronne encor non flétrie , Doit à la commune patrie Prêter ses travaux généreux.
Il en est un, surtout , pour celle Dont l'esprit, lorsque tout chancelle, Lorsque le monde est ébranlé , Rallume en soi l'humble étincelle Du feu dont les Saints ont brûlé.
Il en est pour l'auguste ville Qui , résignée et non servile , — Éprise d'un monde meilleur, — Se rend ses peines volontaires, El de ses labeurs tributaires Sait offrir l'hommage au Seigneur.
Nancy , telle est la destinée.
Courage, ô reine détrônée!
Un lot choisi reste le tien.
Veuve de tes grandeurs premières , Deviens un centre de lumières, Un foyer de zèle chrétien.
Oui , réalisant les présages Que déjà l'on forme sur loi , Séjour d'apôtres et de sages , Au vrai savoir unis la foi.
Tes Ducs ont fui de la mémoire; L'oubli sur eux s'est répandu :
Emprunte à Dieu quelque autre gloire ; Son nom, qui porte la victoire, Partout encor régne entendu.
Le rang que t'accordait l'histoire Peut, à ce prix, l'être rendu.
Sache aimer, espérer et croire ; Tu n'auras presque rien perdu.