‹ Nancy; histoire et tableauChapitre 37 sur 56 · HH · texte numérisé non relu

HH

NOTES

Ei dont l'enceinte souveraine ,

Des paladios noble séjour,

Jadis ouvrit sa douce arène

Aui combats où la lance est reine ,

Aux assauts d'esprit d'une cour;

Nancy , dont j'ai (racé l'Image ,

Nancy, qu'on avait méconnu..,

Vois tes enfants te rendre hommage ;

Le jour de justice est venu.

Dignes d'un âge qui s'éclaire,

A ta majesté séculaire

Ils ont voué des cœurs brûlants ,

El leur essaim , qui t'environne ,

Avec ses venus, ses talents,

Va tresser la riche couronne

Que réclamaient tes cheveux blancs (a).

Pourtant sous la mélancolie , Ton œil, ce semble, est éclipsé...

Ah! le joug pèse; il t'humilie.

Parfois vers ton éclat passé Ton rêve lointain se replie...

Mais quoi ! le Ciel a prononcé.

Amis , aux vieilles capitales Permettons de pleurer longtemps Leurs vicissitudes fatales Et du Sort les coups iusultanls.

A l'homme , sied l'oubli modeste ; Aux nations, le juste orgueil.

C'est uu beau titre qui leur reste , Que l'amertume de leur deuil.

Oui , que cent ans , mille ans encore Leur souvenir religieux Regrette et leur nom glorieux Et leur libre et sublime aurore!

Laissons-leur ce culte pieux :

S'il les afflige , il les honore.

Mais , pour les antiques cités Qui penchent leurs fronts attristés, N'est-il plus de tâche nouvelle?

Plus d'avenir, qui se révèle Par la voix des nécessités?

(a) L'indifférence pour les souvenirs lorrains cl nancèïens paraissait commencer à se dissiper, cl l'on croyait remarquer dans ce genre un heureux mouvement d'études.

DE LA SECONDE PARTIE

Il en est ; car la Providence , A qui perdit l'indépendance El la splendeur et le pouvoir, Fait, en échange, apercevoir Le vrai soutien de la constance :

Le noble culte du devoir.

Il en est. L'active Industrie Réclame des soutiens nombreux.

Mainte cité, cbez qui des preux Survivait la fierté chérie, Déposant ( effort douloureux ! ) Sa couronne encor non flétrie , Doit à la commune patrie Prêter ses travaux généreux.

Il en est un, surtout , pour celle Dont l'esprit, lorsque tout chancelle, Lorsque le monde est ébranlé , Rallume en soi l'humble étincelle Du feu dont les Saints ont brûlé.

Il en est pour l'auguste ville Qui , résignée et non servile , — Éprise d'un monde meilleur, — Se rend ses peines volontaires, El de ses labeurs tributaires Sait offrir l'hommage au Seigneur.

Nancy , telle est la destinée.

Courage, ô reine détrônée!

Un lot choisi reste le tien.

Veuve de tes grandeurs premières , Deviens un centre de lumières, Un foyer de zèle chrétien.

Oui , réalisant les présages Que déjà l'on forme sur loi , Séjour d'apôtres et de sages , Au vrai savoir unis la foi.

Tes Ducs ont fui de la mémoire; L'oubli sur eux s'est répandu :

Emprunte à Dieu quelque autre gloire ; Son nom, qui porte la victoire, Partout encor régne entendu.

Le rang que t'accordait l'histoire Peut, à ce prix, l'être rendu.

Sache aimer, espérer et croire ; Tu n'auras presque rien perdu.

Page 1