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LA JUSTICE

Nous avons vu, dans la transaction entre les sires du Châtel et de la Motte-Beauvais, que les deux seigneuries de Nangis avaient chacune sa justice bien distincte, dont les pouvoirs ne dépassaient pas les limites de leurs domaines respectifs et des fiefs qui en rele-

vaient. Comme nous l’a révélé cette transaction, ce n'était qu'à partir

du mardi, heure des vêpres, jusqu’au jeudi, heure de messe, que la

justice du seigneur possédant le fief du marché pouvait s'exercer dans toutes les haies de Brie, sur toute l'étendue des domaines de l’autre seigneur, à l'exception de l’intérieur du château de ce dernier.

Le seigneur de la Motte-Beauvais avait haute, moyenne et basse justice; il avait fourches patibulaires, pilori, carcan et autres instruments de supplice pour l’exécution des sentences criminelles. Les fourches étaient placées à Nangis sur les hauteurs du Haut-Mondé, à proximité du chemin de Gastins, en un endroit appelé encore Les Justices. |

Le bailliage ou justice seigneuriale était composée des officiers nommés par le seigneur haut justicier : un baiïlli-juge, un procureur fiscal poursuivant les crimes et délits, un greffier, un sergent-huissier et des procureurs défenseurs. Ces charges étaient généralement vendues au profit du seigneur.

Les affaires étaient portées en appel au bailliage royal de Melun, Nangis relevant du château royal de cette ville. La coutume était celle de Melun.

Les pricipaux baïllis de Nangis dont nous avons trouvé les noms étaient :

Vers 1600, Pierre Caillau, seigneur de Courtenain.

Vers 1644, Nicolas Caillau, seigneur de Courtenain.

Vers 1660, Antoine Caiïllau, seigneur de Courtenain.

Vers 1665, Claude Caillau, seigneur de Courtenain.

Vers 1671, Gaspard de Plébault, de Lugens.

Vers 1680, Mathieu Gridé.

Vers 1700, Claude Bureau.

En 1716, Henri Martin ; il était en même temps receveur général de la commanderie de la Croix-en-Brie.

En 1759, François-Alexandre-Jean Legras.

En 1770, Pierre-Joseph Vaudremer.

En 1778, Pierre-Jacques-Blaise-Mercier qui, en même temps, était grand-maire de Donnemarie.

Le bailli tenait ses audiences régulières en la maison de justice, sise à Nangis, rue de l'Eglise. Il était en même temps le gérant des affaires et des propriétés du seigneur. Les baux des fermes étaient passés en son nom comme fondé de pouvoirs de ce dernier qu'il représentait dans toutes les contestations.

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