L'ÉGLISE
On reconnaît qu’une église est de construction seigneuriale lorsqu'elle est élevée dans l’enclos d’un fief; l’église de Nangis est certainement d'origine seigneuriale, car elle s'élève près du château et n'était séparée de ce dernier que par les fossés aujourd'hui comblés. Bien que la date de sa fondation soit inconnue, on peut affirmer qu’elle remonte au xI° siècle et en attribuer, sinon la construction, du moins le projet et la mise en œuvre à Pierre Britaud, et surtout à Héloïse, sa femme, qui se signala par tant de donations aux couvents et aux Templiers. Ce monument fut continué et achevé par Henri Britaud, leur fils, et Jean Britaud, leur petit-fils. Ce‘qui est incontestable, c'est que l’église existait du vivant de Jean Britaud, puisque ce dernier en parle dans son testament, et lui lègue cent sols de rente.
L'église est un beau monument d’architecture, du style gothique à lancettes, remarquable par son élégance, sa légèreté et sa régularité. On ne trouve pas dans son vaisseau principal le mélange de différents styles ; il fut construit d'un seul jet et sur un plan unique. Les arcades de la nef et du chœur sont couronnées d’une longue galerie circulaire, ou triforium, du plus gracieux effet, que surmontent de grandes fenêtres en ogive. Les voûtes sont en pierres. Les chapelles, qui malheureusement ne sont pas en harmonie avec le corps principal, ont été ajoutées après coup.
L'église est dédiée à saint Martin et à saint Magne. Les chanoines et chapitre de Saint-Etienne de Sens étaient curés primitifs de Nangis, où ils se faisaient représenter d’abord par des vicaires ; mais, par la suite, ils nommèrent des curés, et ne furent plus que les collateurs de cette cure. Ils possédaient aussi une ferme à Nangis, dont les bâtiments étaient situés rue du Gué. Ils devaient sans doute le don de la cure et des terres aux Venizy, seigneurs de Nangis à l’origine, qui étaient originaires de la contrée senonaise.
La fabrique de l’église était gérée par deux marguilliers nommés