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PARIS
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pour deux ans; leur élection se faisait dans l’église même, au bancd œuvre, en présence du baïlli et des officiers de la justice du lieu. Cette fonction tout honorifique était très recherchée. A Ia fin de leur exercice, les marguilliers sortants rendaient compte de leur gestion aux nouveaux élus : ainsi nous voyons, de 1643 à 1666, Henri Revesche, marchand, et Simon Pelletier, mercier, rendre leurs comptes à Louis Chertemps, leur successeur; Nicolas Lemenu, hôtelier, à honnête personne Pierre Billion; Denis Pelletier, à Antoine Hugnin, chirurgien; puis viennent Roch de Gand et Paul Leriche; Jacques Lirot, hôtelier; en 1671, Pierre Camuset et Luc Berthellet; en 1742, Pierre Baulant et Jacques Taveau; en 1763, Perret et Lucian.
La fabrique possédait des biens importants lui provenant tant des seigneurs de Nangis qui l’avaient dotée à son origine, que de dons particüliers. Elle possédait deux pièces de pré, près le Gué, lui provenant de dons faits par Louis Godard et Jean Bellanger, notaire ; une autre pièce aux prés Clois, léguée par Charles Leriche. D'autres pièces de prés étaient situées au lieu dit la Chaise, audessous des Bouffliers, à la fosse Bazille, au pré Planchard, aux Visons, à l’étang de Corrois et à la Boulaye; elle possédait aussi une petite ferme à la Psauve, composée de 24 arpents de terres labourables et 9 arpents de prés, qui, en dernier lieu, était louée à Berryer, aubergiste à la Grande-Bertauche, moyennant 940 livres; une autre à Fontains, appelée la Grelotterie, louée 360 livres par an; et une autre métairie à Courmignoust, le tout formant 69 articles. Elle possédait encore la maison d'école des garçons de Nangis, sise rue de l'Eglise, près cette dernière, tenant à la Tour des Communs, et faisant face à la rue du Tournebride. Cette maison avançait beaucoup sur la place de l'Eglise. Lorsque, le 8 août 1824, elle fut démolie, et ses matériaux et terrain mis en vente, la moitié environ de l’emplacement de l’école fut rendue à la voie publique.
La fabrique était grevée de redevances envers le seigneur; elle payait notamment pour l'église, vingt-neuf sous de cens, et, pour la maison d'école, vingt sous. C'était elle qui payait les gages du maître d'école et ceux de l’organiste, qui, en 1643, s'appelait Guillaume Baret ; ce qui établit qu'à cette époque, l’église était déjà pourvue d’orgues. Elle fournissait aussi au seigneur, pour chacune de ses fermes, un homme vivant et mourant.
Comme les domaines de l’église étaient biens de mainmorte, inaliénables, le droit de mutation au profit du seigneur reposait fictivement sur la tête d’une personne présentée par la fabrique, et appelée homme vivant et mourant, et c'était au décès de ce dernier que le droit de mutation était payé; aussi présentait-on un homme jeune et robuste. La personne choisie s’honorait de cette distinction, qui lui promettait de bons soins et une longue vie.
Par acte de Gilbert, notaire à Nangis, du 11 juillet 1745,
fabrique offre au seigneur, pour 14 arpents de terre à la Psauve, relevant du Châtel, comme homme vivant et mourant, Fiacre-Guillaume Gilbert, âgé de douze ans, fils de Gilbert, chirurgien. Dans un autre acte, l’homme offert était un fils Guillochin.
Chaque année, à l'issue des vêpres, les marguilliers, assistés du bailli, procédaient, dans l’église, à la vente publique de la récolte des prés; les fermes étaient louées pour trois, six ou neuf années.
En avril 1643, il y eut réunion de la fabrique et délibération « pour adviser à ce qu'il convient faire pour l'édification et rachèvement des chapelles de ladite église, derrière et à l’entour du principal autel, et après que, pour frayer partie des frais desdites réparations, vénérable et discrète personne, M. Eloi Maunoyer, prebstre desservant ladite église, pour MM. du chapitre de Sens, s’est volontairement offert de prester jusqu'à la somme de huit à neuf cents livres, pour aider à subvenir aux frais desdites réparations, de laquelle somme il ne demande aucun intérêt. »
Le marquis de Nangis, ayant connu l'offre du curé Maunoyer, donna son approbation aux réfections desdites chapelles « encommencées, sous son bon plaisir, par Henri Revesche et Simon Pelletier, marguilliers ». Les habitants, assemblés, donnèrent également leur approbation.
D’après le cahier des charges, les principaux travaux à effectuer étaient les suivants : « Enduire, crépir toutes les murailles des chapelles avec chaux, les planchers avec plâtre, rompre la muraille de la chapelle Notre-Dame, et faire une arcade de grès, si besoin est, et comme il sera jugé à propos; faire une muraille au revestiaire ; fermer l’ancienne porte et en faire une nouvelle ; rompre un mur dans la chapelle Saint-Louis; carreler lesdites chapelles, accommoder les autres, rompre à niveau quelques piliers du grand bâtiment et corps de l’ancienne église; attacher des grilles en fer aux fenêtres du revestiaire ; aplanir l’ancienne chapelle de Notre-Dame au niveau des autres ; faire une ouverture pour aller sur le plancher de la chapelle neuve de Notre-Dame, » etc.
Avant les travaux de 1643, la situation de l’église devait être celle-ci : il n'existait pas de passage derrière le chœur; le chevet auquel était adossé le maître-autel formait une ligne droite qui, au milieu, s’arrondissait en hémicycle, comme l’abside du chœur. Il existait deux chapelles de chaque côté du maître-autel, sur le même plan, ou un peu en avant, adossées au mur du chevet, et faisant face chacune à une travée des bas-côtés. L'une était la chapelle Notre-Dame, à gauche, et celle de Saint-Louis, à droite. Deux autres chapelles existaient à côté des précédentes, maïs en dehors, et dans des pavillons accolés à l'édifice principal : l’une était le Revestiaire, dont parle le devis qui prescrit sa séparation par une muraille (la vieille sacristie où vient d’être placé le calorifère) ;
l'autre, située en face, était la chapelle seigneuriale, construite par les premiers Brichanteau pour leur servir de sépulture. Elle a aujourd'hui disparu.
Cette situation nous explique pourquoi, ainsi que le prévoyait le devis, il fallait rompre les murs du fond des chapelles Notre-Dame et de Saint-Louis, et faire une arcade de grès, afin d'ouvrir un passage ou déambulatoire autour du chœur.
La chapelle Saint-Louis paraît avoir été supprimée; nous n’en trouvons plus trace. Quant à la chapelle Notre-Dame, elle fut alors déplacée et reportée en un autre endroit de l'église. En effet, le devis des travaux parle tantôt de la vieille chapelle Notre-Dame, tantôt de la nouvelle.
L'existence de cette nouvelle chapelle Notre-Dame est encore confirmée par l'acte de décès de Jean Pelletier, ainsi conçu : « Le vendredi 17 juin 1644, sur les deux heures du matin, mourut Jehan Pelletier, marchand drapier, âgé de 52 ans, dans sa maison, anciennement appelée le Mouton, rue aux Fromages, à Nangis, son corps est inhumé dans la nouvelle chapelle Notre-Dame, de l’église de Nangis, et est le premier qui y eut sépulture depuis la réfection d’icelle qui fut en l’an précédent 1643. »
Il résulte de cet acte que les travaux prévus reçurent leur exécution immédiate, et furent terminés dans ladite année 1643.
Voici un autre acte de décès qui nous donne la situation de cette nouvelle chapelle Notre-Dame : « Le lendemain, sixième du courant (novembre 1644), à midi sonnant, mourut, après avoir administré les derniers sacrements d’extrême-onction, Elisabeth Duchastelle, femme d'honorable homme Simon Pelletier, marguillier par continuation de l’église de Nangis dont, pendant les deux ans de sa charge, ont été réparées les chapelles de ladite église. Elle mourut dans son logis des Piliers, près les halles, âgée de 30 ans; son corps fut inhumé dans la nouvelle chapelle Notre-Dame, dessous les cloches. (Signé) Maunoyer. »
D’après cet acte, cette nouvelle chapelle se trouvait donc placée sous le clocher, et faisait, à l'entrée de l’église, vis-à-vis à la chapelle des fonts baptismaux. Son autel était adossé au mur de la façade de l’église, et ainsi faisait encore face au même bas-côté de gauche.
Si l’on examine le dernier pilier à gauche, près le grand portail, et le pilier engagé dans le mur de la façade situé vis-à-vis, on voit encore deux corbeaux sculptés, ayant sans doute supporté la retombée d’arceaux qui entouraient la nouvelle chapelle.
Nous ne comprenons guère l'établissement d’une chapelle en cet endroit de l’église où s'ouvre la porte latérale qui, aujourd’hui, est la principale voie d’accès dans cet édifice, d'autant plus que cette porte existait certainement à cette époque. Une simple inspection des lieux démontre qu’en effet elle n’a pas été ouverte après coup, mais qu’elle est contemporaine de la fondation de l'église. Une phrase
du devis précité nous donne une explication à ce sujet. Ce devis porte : « Fermer l’ancienne porte et en faire nouvelle ». C'était certainement cette porte latérale sous le clocher, que fit murer, en 1643, le curé Maunoyer, pour pouvoir installer la nouvelle chapelle Notre-Dame.
Le devis porte encore : « Faire une ouverture pour aller sur le plancher de la chapelle neuve Notre-Dame. » Cette ouverture était incontestablement destinée au sonneur pour lui permettre de sonner les cloches. |
Nous avons recherché en quel endroit avait été alors ouverte la nouvelle porte indiquée au devis, en remplacement de celle murée ; nous pensons en avoir trouvé la trace dans le mur de la chapelle formant alors le revestiaire (la vieille sacristie). Les paroïssiens devaient alors longer l’église, en suivant le chemin de ronde ménagé entre celle-ci et le cimetière d'alors, chemin converti aujourd’hui en jardinet, et la nouvelle porte se présentait à eux, faisant face à la rue de l'Eglise. Les traces de cette porte cintrée sont très apparentes dans le mur de cette chapelle. Cette porte avait un avantage, c'était de ne pas donner un accès direct dans l’église et, par sa double fermeture, d'arrêter la bise qui souffle si violemment l'hiver autour de ce haut monument.
Nous n'avons pu trouver à quelle époque ce nouvel état de choses a été modifié, et quand la chapelle Notre-Dame, sous les cloches, qui gênait sans doute la circulation autour de la nef, a été supprimée et l’ancienne porte réouverte.
Le devis des travaux parle de rompre à niveau quelques piliers du grand bâtiment et corps de l’ancienne église. Il ne s’agit ceftainement pas des piliers intérieurs portant les voûtes de l’église ; c’eût été là un travail bien imprudent ; mais, à mon avis, des contreforts, qui avec leurs arcs doubleaux maintenaient extérieurement le vaisseau principal, en s'appuyant aussi bien contre l’abside que contre les bas-côtés. Il s'agissait donc, d’après le devis, de faire disparaître ceux qui s’opposaient à l'ouverture des nouvelles chapelles, et, pour certaines autres, d'en réduire la hauteur et épaisseur.
En effet, si on examine les piliers entourant le maître-autel, on voit qu'ils sont encore accolés à leurs contreforts primitifs qui ont été décapités et amincis pour recevoir la retombée des nouvelles voûtes faites en 1643. Ces contreforts, qui se trouvent aujourd'hui à l’intérieur de l’église et choquent la vue par leur lourdeur, se trouvaient avant ces travaux à l'extérieur, ce qui explique leur travail brut et peu soigné. Ils sont semblables aux autres contreforts extérieurs de létisei
Le déambulatoire autour du chœur étant ainsi ouvert, le curé Maunoyer fit construire les trois chapelles qui portent aujourd’hui les titres de chapelle de la Vierge, du Sacré-Cœur et de Saint- Joseph, formant trois pavillons juxtaposés.
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