PREMIER DU NOM
Bouchard, qui devient seigneur de Nangis par son mariage avec Philippe Britaud, appartenait à l’illustre maison de Montmorency, | NE qui était déjà dans tout son éclat et toute sa puissance. Il était sei- ro : F0 gneur de Saint-Leu et de Dueiïl dans l'Ile-de-France. Il brisa les, # LATE Du
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armes de Montmorency d'un franc quartier d’hermines, qui étaient Li Ne les armes de la maison de Laval, à laquelle appartenait sa mère. VAT Fe
Son grand-père était Mathieu II de Montmorency, © connétable Ha France, surnommé le Grand, qui, en compagnie de-Guillaume des Barres, avait repris la NA aux Anglais. Commandant l'aile droité de l’armée à la bataïlle de Bouvines, il avait dégagé le roi Philippe-Auguste, enveloppé et en danger d’être pris. En récompense, il fut fait connétable de France et autorisé à ajouter douze
alérions aux quatre que portaient alors ses armes. Le moindre des
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neveu et petit-fils de deux empereurs et de six rois, et allié à tous les souverains de l’Europe. On disait de lui que sa parenté s'étendait d’une mer à l’autre. Toutes les têtes couronnées de l’Europe sont. descendues de ce grand homme par le mariage de Jeanne de Mont- Û morency-Laval, l’une de ses petites-filles, avec Louis de Bourbon, | as comte de Vendôme, aïeul de Henri IV. ci Telle était alors e puissance de cette maison que le chef de ete | famille servait le roi dans toutes ses guerres à la tête de trente chevaliers marchant sous sa bannière; Erard de Montmorency-Laval, d’une branche cadette, en réunissait quinze, et Bouchard, sire de. Nangis, dix. Philippe de Valois, devenu roi de France, n’en réu nissait que quarante sous son guidon, (Désormaux, Aistoire de la #à Maison de Montmorency.) NASERE Le nouveau seigneur de Nangis était le second fils de Bou ni chard VI de Montmorency et d'Isabelle de Laval, sa femme. Sor père se consacra, comme ses aïeux, au service du roi et suivit saint Louis dans sa campagne de Guienne contre les Anglais. II contribua | beaucoup au succès des batailles de Taïllebourg et de Saintes, mais À ne ] il survécut peu à cette glorieuse campagne. Il mourut le 1* jan * à si vier 1243. Isabelle de Laval sa mère, appartenait à la maison de œ
nom, l’une des plus anciennes de l’Europe, passant pour descendre en droite ligne de Charlemagne.
C'est par erreur que le Père Anselme, dans son histoire des grands dignitaires de la couronne, fait de Bouchard, sire de Nangis, le troisième fils de Mathieu III de Montmorency et de Jeanne de Brienne, sa femme; Mathieu III était son frère aîné.
Le partage de la succession de Jean Britaud fut bientôt fait. Philippe, pour l'exécution du testament de Marguerite, sa mère, « et pour le regard de pitié », donna à sa sœur Marguerite, entrée dans l’ordre des Sœurs mineures de Provins, trente livrées de terre de revenu. Tous les domaines et dignités des Britaud passèrent entre. les mains de Bouchard, qui devint grand-pannetier de France.
Ce chevalier, homme de guerre comme ses aïeux, se mit au service de Charles d'Anjou, frère du roi saint Louis, et le suivit, accompagné de son beau-père, Jean Britaud, et de son frère Gui, sire de Laval, dans sa campagne pour la conquête du royaume de Naples (1265). Il dut entraîner à sa suite, dans cette expédition lointaine, tous les nobles qui marchaïent sous sa bannière et ses vassaux de la Brie, tandis que Jean Britaud subvenait en partie aux dépenses de cette guerre. Bouchard, devenu l’un des principaux lieutenants de Charles d'Anjou, prit part à la bataille de Bénévent,. où fut tué le bâtard Mainfroi, usurpateur du trône de Naples, et à celle d'Aquila (1268), qui devait coûter la vie à Conradin, le dernier prince allemand de la maison de Souabe.
Pendant une dizaine d'années, Charles d'Anjou put jouir paisiblement des royaumes de Naples et de Sicile. C’est alors que, pour récompenser Jean Britaud de ses secours tant en hommes qu’en argent, 1l le nomma connétable de Sicile et gouverneur de Naples, dignités qui passèrent sans doute à son gendre, lors du retour de Jean en France. Maïs une révolution soudaine, connue sous le-nom de Vespres siciliennes, vint ébranler ce trône qui paraissait si bien établi.
Le lundi de Pasques 1282, les Siciliens se révoltèrent et massacrèrent tous les Français surpris à l’improviste. A la suite de ce sanglant désastre, un nouveau compétiteur, Pierre III, roi d'Aragon, gendre de Maïnfroi tué à la bataille de Bénévent, débarqua avec une armée pour faire valoir les prétendus droits qu'il tenait de sa femme, sur le royaume de Naples. Charles d'Anjou ayant fait appel à la France, Philippe III, qui avait succédé à saint Louis sur le trône, envoya une armée formidable pour secourir son oncle et venger le sang des Français traîtreusement répandu aux Vespres siciliennes. L’un des chefs de cette armée était Mathieu IV de Montmorency, neveu de Bouchard.
Pierre d'Aragon, épouvanté par l’approche de toute cette noblesse: française dont la réputation de vaillance était alors si grande, eut recours à la ruse. Il connaissait les idées chevaleresques de cette:
noblesse ; il proposa à Charles de vider leur querelle en champ clos, par un combat de cent chevaliers aragonais contre cent chevaliers français conduits par leurs deux rois. Le défi fut accepté d’enthousiasme et les hostilités suspendues. Un traité fut alors signé, qui déterminait de lieu et l’époque du combat; la date en était ajournée à six mois et le lieu choisi, Bordeaux. Bouchard de Montmorency était l’un des quarante barons qui signèrent ce traité et s’obligèrent à faire tenir au roi Charles de Sicile les conventions du combat en champ clos, promettant de l’abandonner s’il manquait à sa parole. Au jour indiqué, Charles ne trouva pas à Bordeaux son adversaire, qui n'avait voulu que gagner du temps et laisser l’armée française se dissoudre d'elle-même. La guerre recommença en Sicile plus terrible que jamais, mais la mort de Bouchard, survenue en Sicile en 1283, peut-être à la suite de la désastreuse bataille navale livrée par le fils de Charles d'Anjou, fut bientôt suivie de celle du roi Charles (1285).
Que de nobles et de soldats briards, entraînés sous la bannière de leur seigneur, par l’appât des conquêtes et des terres à distribuer, durent périr avec leur chef dans cette désastreuse expédition ! Cette guerre, qui se termina de façon si misérable, laissa non seulement de grands vides dans la population de notre contrée, maïs atteignit aussi dans leur fortune les chefs qui durent en supporter les frais. Pour subvenir aux dépenses de cette expédition lointaine, Bouchard vendit une partie des domaines lui provenant des Britaud. Aïnsi, à la fin du xrmr° siècle, nous trouvons Fontains passé entre les maïns de Guyot du Pré, écuyer, par des actes de 1290. Nous voyons aussi que le-fief de Courtacon est devenu la propriété de Jean de Châteauvilain. Ces deux seigneuries, dont la dernière surtout était un fief héréditaire des Britaud, cessent de faire partie des domaines appartenant aux Montmorency-Nangis.
Bouchard et Philippe, sa femme, firent des dons à l’abbaye de Saint-Jacques de Provins, notamment de cens à percevoir sur Jean du Chatelet, et ils ratifièrent toutes les donations faites par Henri Britaud et la vicomtesse Héloïse, sa mère.
Les mêmes amortirent des héritages vendus à l’abbaye du Lys, par Gilon de Nesles, Simon de Valjouan et Jean du Chatel, et la ferme de l’Epoisse, paroisse de Fontains, vendue par Millon de l'Epoisse. |
Les faïîts suivants tendraïent à faire croire que Bouchard ne fut pas un voisin commode. En 1283, en compagnie de Simon du Chatel, seigneur de Vienne, il enleva de la ferme de la Borde, sise paroisse de Rampillon, six vachés et un cheval appartenant aux chevaliers hospitaliers de la Croix-en-Brie ; puis il s'empara de vive force de la ferme de Pras, territoire de la Croix-en-Brie, et en chassa les gens des Hospitaliers, sous prétexte que ce domaine ressortait de lui et de Simon, et qu’ils en avaient la justice. Les Hospitaliers en appelèrent
au roi, de qui relevaient leurs domaines, et un arrêt du bailli de Melun condamna les envahisseurs.
M. Héron de Villefosse, dans son ouvrage sur les mesures en usage dans la Brie, rapporte qu'un autre procès fut soulevé par Bouchard et Simon du Chatel contre les chevaliers hospitaliers de la Croix-en-Brie auxquels ils contestaient le droit de mesurage de blé, vins et huïles, et la perception des redevances qui en résultaient.
Le 28 janvier 1283, un arrêt fut rendu par Oudart de la Neuville-en-Hez, baïlli de Sens, et Jean Chauvel, garde de la prévôté de Melun, qui déclare : « Que les Oppitaux (les Hospitaliers) avaient bien prové contre messire Bouchard de Montmorency et Simon de Vienne, chevaliers, qu'ils étaient en bonne saisine de bailler mesures à blé, à vin et à huile à leurs ostes de la Croix-en- Brie, et d’avoir eu les profits et les amendes, et d’avoir le cen sur leurs terres de Noël jusqu'à la Saint-Jean ».
Mais est-ce bien à Bouchard qu'il faut reprocher ces faits d’agression qui se passent en 1283, alors que la même année nous le voyons prendre part au traité passé entre Charles d'Anjou et Pierre d'Aragon en Sicile, où il meurt en 1284? Le vrai coupable me paraît être Simon de Vienne, qui était peut-être le représentant de Bouchard dans ses domaines.
Philippe survécut à son mari. Dans un acte de 1285 elle s'intitule : Philippe, dame de Nangis, jadis fille et hoiïire de noble homme monseigneur Jehan Britaud, et femme’ jadis de monseigneur Bouchard de Montmorency, et déclare réitérer la donation faite avec son mari aux Cordelières de Provins de cinquante-six arpents de bois, pour quinze livrées de terre, « parce que, dit-elle, notre sœur Marguerite est dans leur ordre ». Puis nous la voyons, dans un acte de 1289, vendre aux chevaliers hospitaliers de la Croix-en-Brie vingt et une livrées de terre à tournois, assises par prisiée de terre à la Croix-en-Brie, au paroissiage et au finage de ladite ville, en cens, rentes, mesures et autres redevances. (Titres de l’ordre de Malte, LL NL 6 D 4 Te
Bouchard de Montmorency