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SITUATION — COMMERCE POPULATION

Nangis étale ses maisons sur le large plateau de la Brie française que n'arrose aucun cours d’eau, car l’on ne peut appeler de ce nom le ru d'Ancœur et les ruisseaux qui reçoivent les eaux de pluie et les eaux des égouts de la ville. II est situé à 130 mètrès'd’altitude ; aussi toute la rose des vents balaye et assainit ses larges rues.

Avant la Révolution, Nangis faisait partie du diocèse de Sens; c'était une paroisse de l’archidiaconé de Melun et du doyenné de Montereau. Depuis le Concordat, il est rattaché au diocèse de Meaux. Il appartenait sous l’ancien régime à la généralité de Paris, élection de Rozoy; maintenant il est l’un des chefs-lieux de canton de l’arrondissement de Provins, département de Seine-et-Marne. [| est placé au 70° degré de longitude et au 40° de latitude.

Il était situé autrefois à un kilomètre environ de distance de la route nationale n° 19 de Paris à Bâle, il a fini par la rejoindre et il est en train de la border de maisons pour en faire une de ses rues.

Nangis est agréablement situé dans une plaine fertile en céréales; son territoire se compose de 2 413 hectares, dont 2 325 sont en culture. Son territoire est traversé de l’est à l’ouest par un filon de sable fin, contenant d'énormes grès, qui se prolonge sur le territoire de Rampillon ; ce sont ces grès qui ont été employés autrefois dans toutes les vieilles maisons. Ils ont servi à bâtir les églises de Nangis, de Rampillon, et de la Croix-en-Brie.

La ville est traversée de l’ouest à l’est par la route départemen-

tale n° 3, de Melun à Nangis, et du nord au sud par la route dépar- :

tementale n° r de Montereau à la Ferté-sous-Jouarre. Ces deux routes se coupent à angle droit au centre de la ville, en un point nommé le Carrefour. Elles divisent Nangis en quatre segments et en forment les principales rues.

Dans sa partie nord-ouest, Nangis renferme une grande place où se tiennent les foires et où se fait la vente des animaux de culture. Près d’elle se trouvent deux halles : l’une, construite par le dernier marquis en 1785, sert au commerce des veaux; l’autre, qui avait

environ un siècle de plus d'existence et a été reconstruite en fonte en 1883, était affectée au commerce des grains. Maïs depuis un certain nombre d'années, on peut dire depuis sa reconstruction, ce commerce si considérable à Nangis ne se fait plus que sur échantillons en poche; aussi cette halle ne sert plus qu'à abriter les étaux des bouchers et les marchandises craignant les intempéries.

Comme tout chef-lieu de canton qui se respecte, Nangis a sa gare, sur la ligne de Paris à Belfort, à une heure environ de Paris ; ses écoles, son usine à gaz, ses abattoirs et deux lavoirs publics.

Depuis peu, une ligne de tramway, allant de Bray-sur-Seine à Sablonnière, créée par le conseil général de Seine-et-Marne, traverse Nangis et son canton du nord au midi, met la ville en communication avec ses principales communes, et relie plusieurs lignes. de chemin de fer.

Le commerce dominant à Nangis est celui des grains, des fourrages et des produits nécessaires à la culture; il est difficile d’évaluer l'énorme quantité de blés et d’avoines vendue dans les cafés pendant chaque marché. Depuis une trentaine d'années, l’industrie a pénétré dans ses murs ; une importante sucrerie a été créée, contribuant à donner un grand essor à la culture intensive de la contrée. Une grande fabrique d'instruments agricoles et une scierie mécanique occupent de nombreux ouvriers.

La mairie, installée dans l'aile gauche de l’ancien château de la Motte-Beauvoir, entourée d’un joli parc très fréquenté et bien disposé pour les fêtes patronales, se présente sous un aspect sévère et imposant, et est certainement l’une des plus remarquables du département.

Nous ne pouvons passer sous silence ses larges boulevards, aux longues avenues de tilleuls qui entourent en partie la ville, et la belle avenue de la gare créée depuis l'établissement du chemin de fer de l'Est, et établie en partie sur l’ancien gué de la ville. Cette grande voie rendue plus spacieuse encore par les jardins uniformes qui précèdent les maisons, donne à Nangis, à son entrée de ce côté, l’aspect d’une grande ville.

Depuis la création du chemin de fer, Nangis, qui jusqu'alors n'avait pris que peu d'extension, et était resté enfermé dans ses anciens fossés, rompit cette barrière et se développa rapidement, couvrant de belles habitations les terrains qui séparaïient l’ancienne ville de la gare. Maintenant il déborde de l’autre côté de la voie ferrée et semble retourner peu à peu vers la plaine qui porte encore le nom de Vieux-Nangis, et qui fut son berceau.

Nangis, en 1790, était porté pour 254 feux et 800 communiants ; à cette époque, la population s'était accrue des nombreux ouvriers employés dans les fabriques du marquis. Sous la Révolution, le procureur de la commune nous apprend que la population est

tombée au-dessous de 2 000 habitants; sous l’Empire, elle était descendue à 1 500: Mais elle se releva peu à peu : sous la Restauration, elle remonta à 2 015, et cet accroissement ne fit que s'accentuer. Le dernier recensement donne à la ville 3 179 habitants.

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