AVANT LES TROIS ROYAUMES
TROIS BRAS DU KIANG, — ÉTAT GENERAL DE LA CHINE.— PREMIÈRES DONNÉES HISTORIQUES.
Plusieurs siècles avant notre ère, alors que le Fleuve Jaune {Hoang ho ^ J^) et le Fleuve Bleu {Yang^tse hiang ft ^p 2t) confondaient occasionnellement (1) leurs flots limoneux autour du massif de la presqu'île du Chan-tong et dans les plaines basses du Kiang-sou, les grandes marées venaient peut-être baigner et battre les collines de Nankin. Elles portent encore les traces irrécusables d'érosion profonde, bien que situées à 90 lieues de l'estuaire unique du Yang^tse. De vastes lacs boueux, des lagunes bourbeuses, des canaux naturels sommairement endigués par endroits, d'immenses marécages, recouverts ou débordants, à l'époque des hautes eaux, abandonnaient quelques lambeaux de terre à une population à peine chinoise, très peu dense, du reste. Elaboration séculaire du delta, affaissement ou soulèvement, action neptunienne ou volcanique, atterrissements et érosion, plissements et relevé des anciennes bouches multiples du Yang^tse dans la région des villes actuelles du bas Kiang-nan, ce sont problèmes que nous n'oserons qu'effleurer personnellement. Tout au plus signalerons-nous çà et là le travail évident des agents naturels, qui sculptèrent et modelèrent le relief actuel du sol nankinois.
La matière, au surplus, a tenté plus d'un écrivain de marque. L'on peut voir dans l'/fisfoiVe générale de la Chine (T.Lp. 60) du P. de. Mailla, la «Carte de l'ancienne Chine telle qu'elle est décrite dans le chapitre Yu-kong du livre canonique Chou-king.» Cette carte utilise des documents vieux peut-être de plus d'un
(1) Cf. El. Reclus, VII, p. 359 et. seq. Déplacements du flbawg'-^. Avant 18^3, quand le Hoang-ho se déversait à peu près vers le milieu de la distance qui sépare la péninsule du Okan-tong de l'estuaire du Yang-tse, une petite coulée s'épanchait de lac en lac vers ce dernier fleuve.