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On avait improvisé des espèces de ponts de bateaux, avec 24 claies, barrages ou estacades de bambous, sur le canal de la Hoai, pour la fermer aux irruptions soudaines des flottilles ennemies. La plus forte de ces estacades et la plus fameuse était auprès de la porte TchoU'tsio men (aujourd'hui Tchen^hoai k'iao IKfEl^tt, auprès de Nan men). On l'appelait Tchou-tsio hang ^ ^ JK*
Une des particularités de cette carte est que le lac Yueri'^u yQ g^ (en communication avec le lac Tsio •^, fait assez probable) se décharge par plusieurs émissaires au nord, au sud, à Touest, et au sud-ouest. Nous admettons malaisément qu'il ait jamais communiqué par le nord avec le Yang-tse, comme l'indique pourtant la carte. A moins que le cours déformé en S du canal qu'elle dessine ne soit autre que Tarroyo franchi par le pont à pagodin conique, pao-£a fe'iao^ ^ ;(^, au nord-est de Hia^koan, sur la rive sud du fleuve. On l'appelle Yun-liang ho ^ifHf^ (1).
Le centre actuel de la ville, au sud dePé-men h'iao :[[^p^ ;|^, les pentes nord de Fu-/ioa Vai et le midi de Tch'ao-Vien kong paraissent avoir été les principaux sites peuplés alors. L'ancien Nankin, ' 'faisant tache d'huile," envahit progressivement son assiette définitive.
L'empereur Tsin Ou H (265-290), qui mit fin au Royaume nankinois de Ou, avait eu 15 fils, dont on trouve la liste dans une note du P. de Mailla, vol. IV, p. 191.
Les trois derniers furent empereurs :
Se-ma Tchong "^ M ^ devint Tsin Hoei ti § JJ ^ (290-307).
Se-ma Tche % M ^1, Tsin Hoai ti ^ ^ ^ (307-313).
Se-ma Yé ^ ^ |j}, Tsin Min «i § fg ^ (31S-317).
L'exposé détaillé des péripéties de ces règnes, intéressant médiocrement Nankin, déborderait en outre de notre cadre.
En 307, le Prince Lang-ya wang ^ïïJ î Se-ma Joei "^ H ^, fut envoyé à notre Yang-tcheou, en qualité de généralissime. Il occupa militairement Kien^yé J^H, dont il répara les ruines (2).
Tsin Hoai ti avait été pris dans cette ville, en 311, par le Tartare Lieou Ts'ong ^||, roi de Hfan 310-318 (de Mailla, IV. 265). Conduit à la Cour, c. à d. à P'ing^yang ^ g, il y fut tué en 313 (ibid, p. 272).
Se-ma Yé, salué alors empereur à Tch*ang-ngan ^ $ (Si* ngan fou) sous le nom' de Tsin Min ti, veut transporter sa capitale à Lo^yang, Il y mande Se-ma Joei "^ H § (313) qui, de Nankin, administrait les Provinces au sud du Kiang. Mais nourrissant dès cette époque quelque ambitieux projet, ce général refuse d'obéir sous le prétexte agsez plausible que, lui parti, l'ordre serait compromis dans l'ancienne capitale.
(1) Tao-yê Tou (auprès du Kiao t'an) au N.O. de Tan-yang kiun, au confluent des deux canaux W ^ iR'
(2) Cf. de Mailla IV p. 211 et seqq, sur la révolution que tenta Se-ma Luen "Q ^ JSi pour renverser Tsin Hoei ti l'an 300. Ce dernier fut rétabli sur son trône^ de Lo-ycmg et le rebelle périt assassiné.
s III. SI TSiN, 265-317. 53
Le souverain, assiégé bientôt (316) dans Tch'ang^ngan, se rend au général Lieou Yao gj] ^, qui le fait mener à PHug^yang, à la Cour de Lieou Ts^ong, roi de Han, lequel prend plaisir h l'humilier, avant de le tuer aussi en 317 {ibid. IV, 290).
En tombant aux mains de ses ennemis (317), Tsin Min ti avait chargé Se-ma Joei, toujours à Kien^k^ang, du ''gouvernement général de l'Empire" en son nom.
On pressait l'administrateur en chef des affaires publiques pour le compte du dernier des Si Tsin, de se déclarer empereur. Après de longues résistances, peu sincères sans doute, il s'y résigna à Kien-fe'ang même, en 318 (3*^ lune). Il est connu sous le nom posthume de Tsin Yuen H §7Cî ^ (317-323). (Deux Nien-hao : ^ ^ 318-322, et ^ ^ 322-323). Il s'était contenté en 317 du titre de Roi de Tsin sous le Nien-hao ^ |§Ç (1).
Dès la fin de 317 fut élevé un Collège d'Instruction publique, ou T'ai hio -jjj^ ^.
L'on créa, à Tchong-chan hiang ^ [l] ^ (320), la sous-préfecture Hoai-té hien'^^JH, transformée bientôt enFei hien^^.
Puis l'on installa dans le nouveau Temple ancestral les tablette^ des aïeux impériaux.
Le vaste lac Pé hou :[{j ^ (Heou hou, au nord-est du Pè-ki ko) fut régularisé. On y construisit notamment une longue et robuste digue. C'est l'origine probable de celle qui unit Ki-ming chan |j| l{^ ^J à Fou-tcheou chan S ^ lil ) ^^®^ qu'une levée en terre ait dû préexister à ces travaux, notamment au nord de T'ai tch'eng. (Cf. Muraille de Nankin (en préparation).
Le transfert de la Capitale à Nankin explique pourquoi les Souverains de cette nouvelle branche des Tsin, qui ne régnait qu'au midi du Kiang en 318, sont qualifiés de Tsin orientaux. La ville avait pendant environ 40 ans perdu son titre de capitale. Le palais impérial du premier souverain (nous ne parlons point des autres édifices impériaux) s'élevait sur les hauteurs du Tchonghou leou, formées de conglomérats, à l'endroit, dit-on, où gisent encore (ouest de la "Porte rouge") d'énormes bases de colonnes, dont plusieurs sont si curieusement couplées (2).
(1) De Maillalexpose (IV. 292 et 295) comment Se-ma Joei se trouva appelé au trône par les vœux de plusieurs princes du nord. Les Tartares eux-mêmes admirent en partie son autorité.
(2) Écrite avant 1895, ma phrase est devenue inexacte. Ces bases singulières furent» à cette date, ineptement débitées et transformées en rouleaux pour macadamiser le premier tronçon de la nouvelle route européenne (c Ma-lmi^ route à chevaux» que le vice-roi intérimaire Tchang Tche-tong Sr J2 lW Ô* passer par l'arcade centrale du Kouleou. Ainsi s'allonge quotidiennement la liste des antiques choses, des vieux souvenirs, à jamais disparus !
L'on sait que cette route "carrossable," continuée en octobre 1895 par Zyieott K*oen-i ^ i9 — ' relie lo T^ong-tsi mon jj fflf fj ^ Wong mcn ^ M* Il par un ruban d'environ 12 kilomètres.
S4 CA. n. LBS TROIS ROTAUtfBB BT LES TSIN.
Au rV* Siècle, par raison stratégique, peut-être autant que par crainte des inondations, la jeune capitale, bien que pressée par un afflux constant de population, ne se hasarde que timidement à quitter les buttes, tertres et collines, pour descendre dans la plaine et s'y dilater. Si nous en croyons les anciens plans, elle formait, au milieu d'annexés ou bourgs fortifiés, un quadrilatère cie médiocre étendue, régulièrement percé de portes, et d'environ trois kilomètres de côté à Test et h l'ouest. Les fronts nord et sud paraissent avoir été plus courts encore. Elle employait la brique pour ses murs, renforcés d'une douve large de cinq pieds sur sept de profondeur, au pied de la muraille. D'autres prétendent (sur quels documents?) que des murs de terre, ou même de simples palissades en bambous les défendaient. Au dire des Chroniques, le palais impérial bâti sous les Tong tsin JK ^ au nord-est de Ts'ing^^li&ng chan, probablement sur la butte du Kou leou Jl^ ;§(, comprenait 3.500 appartements, chambres ou travées chinoises. Cf. le plan, p. 51.
Quelques lignes sur la succession des Tsin orientaux fixés à Nankin:
Tsin Yuen ti (317 — 323) fondateur des Tong-tsin (1) et doué des plus enviables qualités, y avait établi sa résidence; devenu empereur, il y resta, et s'empressa d'y faire élever le C/ie-fst ^'an ff^^g^ K c. à d. *4'autel-terrasse du génie de la terre et des grains.*' De temps immémorial, les sacrifices, ou mieux les offrandes qui s'y font, sont, à la capitale, réservés au souverain. En 319, ce Tsin Yuen fi, y sacrifia au Ciel et à la Terre au Nan-feiao ^ Jg, à la 3* lune (2).
Aux premiers jours de 322, le général Wang Toen ^ |5[, révolté à OU'^tch'ang (Hou*pé), descendit sur C/ie-t'eou tch'eng, qu'il emporta, i^uen ti lui opposa d'abord Tcheou Tcha J^ ;i^, qui se rendit, puis Hèou Li j^ H, tué dans le combat, ensuite Wang Tao 3E ^, finalement défait. Le vainqueur mit à mort les généraux Tai Yuen |fi ÎI3 et Tcheou K'an ^ ^ avant de retourner jouir de son triomphe à Ou-fc/i'ang. Tsin Yuen ti en mourut de chagrin, à 47 ans, dans sa, capitale de Nankin, ravagée alors par un ouragan désastreux, puis par une épidémie de peste (322). Le défunt fut enterré à Kien-p'ing ling ^ ^ ^. (Ling ^ est le terme générique des tumulus ou mausolées impériaux). Trois ans plus tard, son fils et successeur Tsin Ming ti (Se-ma Tchao ^ Jg ifâ 323-326; le fut à Ou-p'ing ling |C ^ H. Ces tombeaux sont indiqués au coinN.E. de Nankin sur les anciens plans. Les pentes sud du haut massif de Tse^kin chan, semblaient tout naturellement offrir, auprès du lac fort important jadis de
(1) Voir dans le n® 8 des Variétés sinoloffiques, p. 226, une piquante allusion à ce Tsi/n Yuen tiy bâtard qui professait descendre de Se-ma I, souche illustre de la dynastie disparue des Tain occidentaux.
(2) De Mailla (IV, 184) mentionne un sacrifice impérial au Non kiao en 282.