‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 32 sur 167 · CH. II. LES TROIS ROTAUMBS ET LES TSIN · texte numérisé non relu

CH. II. LES TROIS ROTAUMBS ET LES TSIN

Tsin Mou ti commence à gouverner en personne à la 1*^^® lune de 357. Au printemps, il ofTre le sacrifîce officiel à Gonfucius. Il meurt trois ans après dans le palais de Hien-yang tien (1). Le prince Lang^-ya wang ou Se-ma P'ei ^ JH ^ le remplace incontinent. Ce Tsin Ngai ti # ^ i^. fils de Tsin Tch'eng ti ^ A ^ (6® empereur) promet au pays un excellent souverain : il s'empoisonne bientôt (365), comme beaucoup trop de monarques de ce temps et des suivants, avec un soi-disant breuvage d'immortalité, confectionné par des taoïstes (2). Se-ma I %S^^ (Lang-yé y^ang) monte sur le trône (365). (On ne lui accorde que le titre de Hai si Kong ^"S^ parce qu'il fut ensuite détrôné par Hoan Wen }Jgg). Il creusa, près de Tchong c/ian, le canal KHu choei ^ ;JiC(366). Une terrible inondation envahit le T'ai miao H^^^^e Temple des ancêtres impériaux, et entraîna jusqu'au Yang-tse trois des grandes jonques nommées Tchou-tsio hang, amarrées dans la capitale. Hoan Wen y vient détrôner l'Empereur, le réduit au titre de Tonghai wang ^ ^ ï et lui substitue Se-ma I ^ J^ :^, le Prince Koei-ki wang '^ ^ £• Lui-même, après avoir habité treize jours la salle centrale, quitte le palais impérial pour regagner sa résidence de KoU'Chou j^ ^.

L'empereur légitime Tsin Kien-wen ii # ^ 3fc ^ meurt dans la salle orientale (3), et son fils Se-ma Tch'ang-ming "^ E g B^ recueille la peu enviable succession (Tsin Hiao-ou ti, 373-397). Hoan Wen reparaît à la Cour et l'empereur envoie des mandarins à sa rencontre pour le saluer. Après une visite à la sépulture Kao-p'ing Ung f^Z^^il va mourir kKou-chou^'^. L'impératrice-mère, Tch'ou T^ai-heou saisit les rênes du Gouvernement (373).

A l'automne de 375, Tsin Hiao-ou ti explique dans la pagode T'ong-Vien hoan 55??^, \e Hiao-king :^ jjg (ouvrage de Yen Tche IK^ des Hah, livre de piété filiale). Un incendie détruit les pavillons de la porte Chen-hou men j|ljl ^ P^ et l'empereur offre le sacrifice usuel à Gonfucius. Il pénètre pour la première fois dans le T'ai miao -jl^ j^, le temple de ses Ancêtres, à l'ouverture de l'année 376 et prend en main l'administration de ses états. Il fait ensuite sa visite officielle aux quatre sépultures impériales, Kien-pHng ling,^ etc.

Tremblements de terre en 376 et 377 ; cette année-là on en ressentit plusieurs, accompagnés de violents orages. En pleine ville, on trouva même des poils Végétaux, produit spontané du sol ! Le phénomène se renouvela en 3.89. Hiao-ou ti ^ ^ ^ fait construire la porte Tchou-tsio men J^ -^ P^ (378) et quitte le palais du prince Koei^ki wang 'É' % ï pour occuper celui qu'il venait de se faire bâtir.

(1) Enterré au Yong-pHng ling ^ ^ K-

(2) Enterré (366) au Ngan-fing ling ^ ^ ^. Yu Hoang-keou J^ ^ ^ sa femme, morte en 366, le fut au King-p^ng ling §j[ ^ S*

(3) Enterré au Kao-pHng ling 1§ ^ 1^-

$ III. INTRODUCTION DtJ BOUDDHISME. 59

La foudre frappe, en 380, quatre colonnes de la salle Hantch'ang tien ^ ^ ^, tuant deux officiers de la Cour. L'impératrice reine Wang Hoang-heou ^ ^ I J6 meurt sur ces entrefaites. On r enterre au Long^p'ing ling ^ ^ ^. Hiao-ou ti ^ JÇ ^ avait visité les sept tombeaux du Kien^p'ing ling ^ ^ g^ etc, en 379, et le Kao-pHng ling ^ Zp ^ l'année suivante.

A la première lune de 381, Tsin Hiao-ou, ti 0,"^^ (373- 397) fait disposer une sorte de vihara (ou pi'^hc-lo, sorte d'oratoire ou couvent bouddhique) en son propre palais. Puis il y installe un chapitre de bonzes (1).

Supposé exact, le fait, que rien de positif n'autorise à contester, fournirait une date précieuse pour l'histoire documentée du bouddhisme en cette région. Il y prit vite un ascendant presque incroyable, dû à d'autres causes que celle, mise en avant et prétendue adéquate, d'aspirations vers un idéal religieux, supérieur à la théorie confucianiste, si étroite et si - mélangée déjà de taoïsme.

Toutefois, nous admettons pleinement que la morale sensualiste et utilitaire de K'ong Fou-tse, privée de base et de sanction, sans échappée sur la vie future, devait fatalement laisser inassouvie cette soif innée de surnaturel. Le bouddhisme, qui venait à point combler partiellement une énorme lacune, fut accueilli faute de mieux. Ainsi, certains païens chinois de nos jours accueillent, leurrés, les enseignements diminués et mutilés du protestantisme. Alors, comme aujourd'hui, le changement de croyances marquait un progrès relatif; mais il faut se garder d'en exagérer la portée.

Le rapide succès de cette propagande doit être attribué aussi, croyoAS-nous, à l'esprit d'ardent prosélytisme qui animait ces prédicateurs hindous, au savoir-faire, à la science, aux vertus même de ces ascètes instruits, artistes, entreprenants, insinuants et convaincus. Ces avantages multiples, outre le renom de la haute culture civilisatrice de l'Inde, leur conquirent, à l'arrivée, une considération hors pair, une influence inouïe, un prestige indiscuté, à la Cour aussi bien que parmi les lettrés et le peuple.

Sans présenter le récit du R^ Milne comme parfaitement avéré, nous avons rapporté plus haut la fable relative à la relique ou chéli (shelitze) pour laquelle Ou Ta ti aurait, vers 240 de notre ère, élevé à Nankin la "première" tour de pagode.

(1) On les a nommés s'ratnanaSj ou chamanes, ou samanéens. Cf. dans le Chinese Becorder (1894— vol. XXV. p. 224 et aeq.) le résumé que M' E.-H. Parker a fait de l'ouvrage des PP. Pierre Hoanp^ et André Tsiang. L'article en question est intitulé <i.Early buddkism in Ghinay>. Nous lui faisons quelques emprunts çà et là. Elisée Reclus (cf. T. VII) y apprendrait qu'on ne fait point unanimement dater du VI« siècle la propagation du Bouddhisme au sud du Yang-tse. Il reste vrai pourtant que cette secte dut surtout son' expansion vers le N. 0. à l'influence tartare et tibétaine.

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