‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 34 sur 167 · CH. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES TSIN · texte numérisé non relu

CH. II. LBS TROIS ROYAUMES ET LES TSIN

(Galerie des Orchidées), où Ton compléta pour la première fois les SoutrsLS (livres hindous), en 42 sections. Pour ces nouveaux venus, on éleva le Pé^ma se Q J^ ^, **Monastère du Cheval blanc", à l'O. de la Capitale, terminé Tan 71. Quelque temps après ils y moururent» (de Lacouperie, op. cit. p. 209).

Sous Han Ngai ti ^"g^^ ( — 6+ 1) les enseignements oraux du bouddhisme, sinon les livres canoniques de cette secte, furent communiqués à un membre du Collège des Sacriûces, nommé Ts'ingKing, par I Ts^uen^heou, envoyé des Gétes. «A cette époque, disent les historiens chinois, les sectateurs de Bouddha étaient répandus partout sur nos frontières, leur doctrine était connue dans TEmpire, mais on n'y croyait pas» (1).

En définitive, le rêve étrange de Han Ming ti (58-76) est le point de départ de Tinfluence bouddhique au Céleste Enpire ; il y a rendu possible la diffusion des doctrines de Chakyamounù Les annales des Han relatent ainsi l'aventure : «Au pays de THentchou 3Ç ^ o^ Chen^tou ^ ^ (Sindhou) existe une secte qui observe les règles établies pas Feou^t'ou ^ jg. Bouddha. Or, d'après une tradition, Ming ti vit en songe une statue dorée de plus de 10 pieds de haut, dont la tête brillait d'une vive clarté. A son réveil, il en demanda l'explication à ses ministres, et Fou / fli ^lui apprit que dans les contrées de l'Ouest on adorait, sous ces traits, un dieu appelé Fou. L'empereur envoya aussitôt Ts'ai Yn ^^ aux Indes, prendre des informations sur cette divinité et étudier sa doctrine. Telle est l'origine des statues de Fou dans l'Empire du Milieu».

Ce récit des Han suggère deux réflexions : le cerveau de Ming ti était, comme celui des Mages d'Orient, travaillé de soucis religieux ; puis le bouddhisme, au moins la connaissance sommaire de ses enseignements, devait couver encore en Chine comme un feu caché sous la cendre. Sinon Fou I, pris à l'improviste, au dépourvu, aurait-il pu produire à point nommé une information aussi précise?

Pourtant, nous n'aurons garde d'omettre ici une judicieuse observation de M^ E.H. Parker, qui, d'accord avec plus d'un sinologue, estime qu'ultérieurement on confondit ces vagues traditions avec le fait certain de la première arrivée des Juifs en Chine. (Elle se produisit l'an 72 de notre ère, au S.O., d'après de Lacouperie). Plusieurs idées chrétiennes, et quelques allusions confucéennes au Saint Homme de l'Ouest,» reposeraient sur ce fondement (Chin, Recorder, loc, ci,). J'ajoute que nombre de croyances taoïstes sont dans le même cas, quant à leur genèse et origine.

(1) E. Landresse, Introduction à la traduction d'Abel Rémusat aBelation des royaumes bouddhiques.» — Paris, 1836. — Cf. E.H.Parker, Chinese Becorder flSH, p. 224 et seq.

f ni. BOUDDHISME, EN CHINE. 63

Voici quelques unes des dates précises qui jalonnent les étapes de cette diffusion du bouddhisme dans la Chine moyenne : L'Empereur Hoan ti (147-168) honore Bouddha dans son palais. Sous Hien ti (190-221), Tso Yong, préfet de Koang Ling (aujourd'hui Yang-tcheou à 20 lieues ENE de Nankin) élève un vaste monastère et propage la foi en Chakyamouni, Puis, en 220, sous les «Trois- Royaumes», on tolère que des indigènes embrassent la profession de bonzes. Un siècle après (335), le peuple chinois y est pleinement autorisé. On avait apporté et traduit les Soutras (livres hindous) en Chine (1). De nombreux monastères surgissent partout, et Ton conserve les édits relatifs à ces fondations religieuses. (Cf. E.H. Parker, Chin-Recorder, p. 228, 1894).

Le pays de Nankin, dès lors foyer de culture civilisatrice et centre politique important, subit ou précipite Tentrainement général. Le constater à loisir nous mènerait trop loin : retournons aux événements locaux qui concernent cette ville au IV® siècle.

Une inondation, suivie de famine, avait désolé Tannée 381. A Tautomne, le général Sié Ngan |y ^, une célébrité de cette époque, passe Tinspection d'une flotte assemblée auprès de Che- Veou tch'eng. Ce détail révèle l'importance de ce confluent (Yang" tse et Te'in hoai), comme station navale à la fin du IV® siècle.

De cette année date le Tong-yé tHng ^ }g iÇ (ou Pavillon) servant à héberger les mandarins voyageant pour raison de service.

C'est alors (383) que Fou-Kien 1^ ^ (353-385) souverain du royaume septentrional de Ts'in ^, vint menacer Nankin, où règne une poignante terreur. L'empereur se rend à Tchong chan^ |]j dans une pagode en renom, dont il supplie le poussah de protéger son empire. Le général Sié Yuen ^JC défait les troupes du royaume de Ts'in ^ à la 10® lune. Un décret impérial félicite de ses victoires le général Sié Ngan |^ ^ luttant à Kin tch'eng ^ JJ, et le ^rappelle à la capitale (384) (2).

Établissement d'un Gymnase impérial g Jp au sud du T'ai miao (385). Sié Ngan ^ ^ se rend a Koang ling ^ J^ (Yang-tcheou M 5fl) pour pacifier le pays. L'empereur va lui offrir un grand banquet d'adieu à Si-tehe H jfe- ^^ général meurt quelques mois après. De nouveau, grande inondation, suivie de famine. Ces sinistres donnent une peu favorable idée de l'état des travaux hydrauliques autour de Nankin, toujours menacé par son turbulent voisin, le Yang-tse kiang.

(1) De Qrooty p. 1106, "Kumâradjiva, célèbre apôtre qui vint en Chine à la fin du 4« siècle, aurait traduit un des plus fameux Soutras.

(2) Mort de l'impératrice-mère Tchou Tai-heou W/Sim enterrée au Tch'ongpHngUng^^^. L'Empereur visite les quatre tombeaux Kien-pHng ling.. etc.. L'année suivante, il visite toutes les sépultures impériales.

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