‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 35 sur 167 · CH. II. LES TROIS ROYAUMES ET LES T81N · texte numérisé non relu

CH. II. LES TROIS ROYAUMES ET LES T81N

Seconde visite générale de toutes les sépultures. Un tremblement de terre signale Tété de 386. On en compta trois en 390, un en 392, deux en 393.

Au sud-est de la ville préfectorale Tan-yang kiun on bâtit un Temple de Confucius.

Les chroniques signalent gravement qu'en 388, après le sacrifice offert aux ancêtres impériaux dans le T'ai miao, un lièvre se promena dans le temple. Cette année se termina par un désastre; dans un ouragan, la Salle Yen^hien t'ang JÊ R ^ P^^* ^®" et Tincendie se continua le lendemain. En 389, nouvel incendie au pavillon de la porte Siuen-yang men ^ |^ P^. Alors aussi Se-ma Tao^ise ^ S^ fS. ^ (prince Lang-ya wang ^ ^J D transporta vers l'est la résidence préfectorale de Yang-tcheou ^ ft\.

Siu Koang ^ J| chargé de dresser Tinventaire de la bibliothèque particulière de l'Empereur (391), y trouva 36,000 volumes. Reconstruction du T'ai miao :lc jg. Lors du tremblement de terre de 392, l'inondation couvrit les parties basses de Ctie-feoutch^eng et fut suivie d'une extrême sécheresse. A Touest du T'ai miao, on bâtit (395) le temple funéraire de Timpératrice, mère de Kfenwen ti |g 35c îfî> nommée Siuen T'ai-heou ^ ib^ )§ après sa mort. On venait d'élever (392) le palais du prince héritier, Se-ma Tétsong ^ ,g| â ^.

Une comète parut alors au firmament et terrorisa le pays (395). L'Empereur alla prier dans le jardin Hoa-lin yuen ^ ^ H. sis au N. 0. du Pé-ki ko, afin de conjurer le sinistre que présageait ce météore.

La Salle Ts'ing-chou tien j{| ^ J^ et le palais Yong-ngan kong ^ $Ê remontent à cette date (396) (1). A la neuvième lune, une concubine impériale, nommée Tchang Koei-jen ^ jR; A étouffa HiaO'OU ti ^ ^^ (2). Dès le lendemain, Se-ma Té-tsong, son fils, monta sur le trône et confia l'administration du royaume à Se-ma Tao-tse ^ ^ ^ ^j prince Koei-ki wang # H £. L'empereur débauché (Tsin Ngan ti § ^. ^) commença à administrer en personne quelques mois après, c. à d. à la 1" lune de 397.

Il eut bientôt à réprimer la révolte de Wang Kong ^ ^, gouverneur du Chan-tong (^ jHi $1 £) ^^ "^i* à mort ses complices Wang Kouo-pao 3E ® ^ et Wang Siu J ^.

Deux barques impériales furent incendiées en 398, et peu après, Wang Kong rentra en campagne, entraînant dans sa révolte Hoan Yuen îg ^j gouverneur de Koang-tcheou || )i\, au Koangtong. Ce dernier dut abandonner Che-Veou tch'eng, quand Lieou

(1) On remarque parmi les anciens monuments, le palais duT*ai-ki ou premier principe des choses V. Tai thing-tong-tche^ (K. 39 f° 14 verso,) situé au nord du Chang youerij et construit de 376 à 397 de notre ère .: il fut reconstruit de nouveau en 513, brûlé ensuite par des soldats, puis reconstruit en 558. Pauthier. Chine moderne p. 66.

(2) Enterré au Long-pHng ling @| ^ K*

$ III. FIN DES tsin; ngan ti. 397-419. 65

Lao-ic/ie ^ ^ j^, commandant Tavant garde, eut mis à mort Wang Kong et fut revenu victorieux auprès de l'empereur.

Les brigandages et les séditions n'en désolèrent pas moins les abords de la capitale à lafîn de 399. Le souverain, ne sachant où donner de la tète, fit présent d'une hache jaune ^ |^ (honneur insigne) à Se-ma Tao-Ue ^ ,g| ^ •?, prince Koei-ki v;ang. Il accorda à son fils le titre de généralissime fl 4* -S ^ %- Deux tremblements de terre la 1" année du V® siècle. L'Impératrice Li che ^ J^j grand'mère de l'empereur, mourut alors. On l'enterra au Sieou-p'ing ling ^ ZJ^ ^.

Nankin fut attaqué, en 401", par le rebelle Suen Ngen |g g,. Se-ma Chang-tche ^ M IsJ ;è^ prince Ts'iao wang H ^, le repoussa.

Se-ma Yuen-hien '^ ^ TC M (^^^ ^® Se-ma Tao-tse ,nommé plus haut) prit le commandement des troupes impériales (402) et marcha contre Hoan Yuen jj^ yf^- ^ son départ, Tsin Ngan ti ^ ^ ^ lui offrit un banquet d'adieu. Hoan Yuen le défit pourtant; les princes Ts'iao wang |j| 3£ (Se^ma Chang-tche % ^ '^ i,) et Ts'i Wang ^ 3E (Se-ma Jeou^tche ^ Jë| ^ ;^) périrent dans la déroute. Lieou Lao-tche gij ^ j^l lui-même embrassa le parti de Hoan Yuen, qui culbuta les troupes du gouvernement, entra dans Nankin et y mit à mort Se-ma Yuen-hien, fils du Koei-ki wang. A la 4® lune de 402, le vainqueur (Hoan Yuen) quitta la capitale et se rendit à Kou-chou ^ ^ (T'ai-p'ing fou). Il pressa Tsin Ngan ti d'habiter le palais Yong-ngan kong ^ ^ §• Mais à la fin de 403, il monta lui-même sur le trône et imposa le nom de Tch*ou ^ à sa dynastie. L'empereur, réduit au titre de prince PHng-kou wang ^ @ 3E^ ^^* relégué à Sin^yang ^ ^^ au Kiang^si, Le nouveau souverain prit possession du Kien-k'ang kong, puis d'un autre palais, celui de l'est ]^ 1^; il ouvrit les portes Tong^i y^ ^, P'ing^tch'ang -^ ^ et Koang-mou j^ ^.

L'on peut se représenter sans erreur ce Suen Ngen comme une sorte de pirate ou d'écumeur des mers du littoral, qui étendit le champ de ses opérations vers les frontières méridionales du royaume, puis jusque vers la capitale. A son approche, le peuple de Nankin avait failli massacrer le premier ministre Se-ma Tao-tse avec son fils Yuen-hien. Ce dernier avait fait transporter de force à Kien-k'ang, puis enrôler dans les troupes impériales, des centaines de domestiques et d'esclaves, appartenant aux familles opulentes de la principauté [Koei-hi, préfecture de Chao-hing) qu'il administrait tyranniquement pour le compte de son père. Suen Ngen, exploitant le mécontentement populaire, avait enlevé iCoei-fei et les huit villes qui en dépendaient au Tchè-kiang (de Mailla, IV, 511). La Chine avait dès lors ses pirates côtiers, ses «Normands», qui remontaient les estuaires des fleuves pour ravager les plus riches cités; mais ils étaient originaires du sud, en général.

Vers cette époque entre en scène un aventurier, un soldat

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de fortune, dont le rôle grandit subitement. Lieou Fu m ^ successivement tailleur ou cordonnier, puis chef de bandes et enfin général, Kien-ou Tsiang^kiun j^J^ÎHt^J/i* ^t des enrôlements forcés à King-k^eou jy; p (Tchen-kiang ^ fl^) pour défendre le gouvernement nankinois, confié à des mains trop débiles. Il prit un ascendant incroyable par son activité, son audace et des talents qui lui valurent une popularité aussi méritée que dangereuse. En 404, il vainquit le rebelle Hoan Yuen |& % à Kiangcheng ûl ^* sous-préfecture en aval de Nankin, à peu près à la hauteur de Si-hia chan ;^ H llj. H le défit encore à Fou-tcheou chan ^ 'fy' \li* sous les murs de la capitale et le mit en déroute. Puis, pénétrant dans Che-Veou tch*eng, dont la possession le rendait maître des destinées de l'empire, il mit Lteou T'ai ^ ^ sur le trône et distribua des charges mandarinales. Il se retira ensuite dans la ville de Tong-fou ^ }^.

Lieou T'ai dont il s'était constitué le protecteur officiel, le Cromwell anticipé, nomma Se-ma Tsuen "^ J^ ^ (prince Ou-ling 'Wang |S @J 3E) ^^^ premier ministre, une sorte de Garde des sceaux. Ce dernier envahit le palais du prince héritier de la couronne. Hoan Yuen ;(g yQ fut assassiné dans la ville de l'-tcheou ^ ^ et sa tète fut portée à Nankin (1).

L'empereur Tsin Ngan ii § $ '^ vint de KiangALng ^ ^ (IloU'péj King-tcheou fou jjK :f[^ ^J ^ ^) à sa capitale et donna un banquet d'adieu à Lieou Yu partant pour King-k'eou ^ P (Tchen^kiang) 405.

On rapporta en 405 un décret impérial, prohibant la fabrication du ''vin" et boissons fermentées (2).

Lieou YUj rappelé à Nankin, fut nommé Gouverneur de Fangftcheou; Tempereur l'associa à l'administration de l'empire et lui assigna Tong-fou comme résidence (407) (3). Il l'autorisa bientôt à attaquer le royaume de Nan-yen p^ ^ et lui offrit un solennel banquet d'adieu dans la Salle oocidentale.

Lieou Yu vainquit aisément le royaume de Nan-yen (598- 411). L'infortuné souverain. Mou Yong-tch'ao J|E ^ É5 (405-411), fut pris et envoyé à Nankin, où on le décapita.

Le pirate Lou Siun j^ |g avait profité de l'éloignement de Lieou Yu pour attaquer la capitale. Ce dernier y rentra en hâte et convoqua toute la population à réparer les fortifications de Che-t'eou tch'eng, la meilleure protection de Nankin. L'assaillant avait pris position avec ses jonques de guerre, au confluent du Yang-tse

(1) L'impératrice Ho-che jcj R femme de Ngan tiy décédée à cette date (404) fut enterrée au Yong-pHng ling y^C ^ @t*

(2) Bans les années de disette, cette défense est encore portée. Son but est de réserver les grains pour nourrir le peuple. Elle est généralement éludée.

(3)' Grande chute de neige à la fin de Thiver de 408.

J m. T8IN NftAM TI (397-419), FA-HIEN. 67

et de la Ts'in Hoai (1). Partout on activa les préparatifs militaire».

On improvisa trois nouveaux camps {tch'a^p'ou ^ ^, yo^uen fl y et ringf-wei Jg ^). Chen Lin-tse gfc î^^ -^ et ses collègues remportèrent une victoire à Nan-t^ang p^ ^; Lou Siun j| || s'enfuit (XIP Lune) par l'île Ts'ai tcheou ^^ et gagna le sud. Lieou Yu entra dans la ville Tong-fou et prépara une flotte, qui lui permit de poursuivre les pirates (XII® L.) jusqu'à l'endroit nommé T80Uo4i, 2e M-

A la 1ère L de 411, il rentrait à la capitale. L'empereur lui témoigna sa reconnaissance en lui offrant un banquet, au bassin occidental Si-tch'e "g" f^.

L'impératrice-reine Wang che ^ jg^ mourut à la 8® L. dé 412 et le mois suivant on l'enterra au Hieou^pHng ling ^^g|. Lieou Yu eut à guerroyer encore contre Lieou J ^J |g( à Kiang-ling f£^ ^ au Hou-pé; il le tua à la 10^ L. Sur la butte de Che^t'eou *c/i'eng> Ton venait d'élever une construction à étages nommée Jow^han X ^. Lieou Yu rentra secrètement dans Tong»fou (II® L. 413) éprouvé par une inondation au début de l'été. En outre un incendie fit des ravages considérables et le temple de Confucius du Gymnase impérial fut ruiné.

Nouveau tremblement de terre en 414 (III® Lune). Cette année l'on entoura Tong-fou de murailles (2). Au commencement de 415, Lieou Yu marcha contre Se-ma Hieou^-tche ^ JB| ^ ;è qu'il contraignit de chercher un refuge au royaume de TsHn ^. Nouvelle inondation (VII® L.) dans laquelle le temple des ancêtres impériaux s'écroula. La fréquence des incendies, que l'on signale pour cette année, indique que les maisons d'alors n'étaient construites qu'en bien pauvres matériaux.

Après un an de repos, Lieou Yu partit (VIII® L. 416) pour

(1) Vers cette époque un raz de marée submergea 10,000 barques dans cette impor" tante station navale et militaire, probablement au pied des flancs de TsHng-lian^ çhaH

(2) Si réellement rUluâtre voyageur Fa-hienf^ |S vint à Nankin, ce fut â cette date. Parti pour les Indes en 399, il fut quinze ans absent et rentra en Chine aveô dea copies de livres bouddhistes. Abel, Rémusat (et depuis, le R*^ Beal) a traduit son Fou kouo ki. Dans cette Belation des royaumes bouddhiques^ qui est le récit de son voyage, Fa-hien dit luimême (p. 862 de la traduction de Bémusat, Paris 1836. ) que « ce qu'il méditait étant une chose importante, il s'arrêta dans le midi.» Et C. Landresse, dans une note (p. 367) sur ee passage, af&rme que le voyageur s'arrêta à Nankin, où il publia les livres religieux qu'il avait rapportés. «C'est là le devoir important dont Fa-hien s'était imposé l'accomplissement avant de retourner dans son pays natal, » au Clian-ionÇf où il parvint en 414, en passant par Tch'ang-ngan (Si-ngan fou.) Au reste, le tracé de son itinéraire par Klaproth (carte à la fin du volume) est nettement indiqué par Nankin. En lisant ces particularités concernant Fa-hien^ on s'étonnera moins d'apprendre que, peu d'années après, sous Song Wen <t ^ 5C W (424-453) aSiao Mo, préfet de Tan-yang (au Kiang-nan) présente un mémoire au trône contre l'invasion des statues et des monastères bouddhiques;» ils s'élevaient pat milliers sous ce i*ôgne. (cf. È.-H. î»arker, Chinese Hecorder, 18Ô4. p. 229).

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une expédition contre le royaume des Ts'in postérieurs, Heou Ts'in m^, (384-418) Il s'empara (VHP L. 417) bientôt de leur capitale et envoya leur roi Yao Hong ^f^L (416-418) en captivité à Kien- K'ang, où on le décapita.

Lors de son retour, Lieou Yu fit halte à P'ong tch'eng J^ j|| {Siu-tcheou fou ^ ji{}^)' Aux derniers jours de 418, il ordonnait l'assassinat du débauché Tsin Ngan tt Ç $ ^ (397-419), tué dans la Salle orientale par Wang Chao-tche ïj^jj^. Se-ma Té~wen ^ Jg| ^ ;^, Prince Lang^ya wang 103115 3E» succéda à son frère, l'empereur défunt, enterré (1*"^ L. 419) au Hieou^pHng ling ffc^fê-

L'ambitieux Lieou Yu, déjà nommé Song wang J^ 3^, Prince de Song, détrôna (VI^ L. 420) Tsin Kong ti § Sg ^ (419-420). Quarante-huit heures après, il se constitua lui-même empereur, méditant, selon la bonne vieille coutume, de se défaire du monarque dépossédé.

En réalité, le meurtrier n'arriva que par étapes à ce régicide final. Ses intrigues criminellement prévoyantes avaient au préalable élevé Tsin Kong ti sur le trône; mais comme, dictateur sans scrupules, et régnant sous son nom, Lieou Yu, couvert du sang de tant d'assassinats, complotait ouvertement contre lui, cet empereur, circonvenu, obsédé, et redoutant un nouveau forfait sur sa personne, proposa à son ministre pervers d'abdiquer en sa faveur. L'intrigant général, auquel Nankin ( Kien^k^ang ) avait en 418 décerné une ovation triomphale, accepta ces offres peu spontanées ; l'indolent souverain, par devant tous les mandarins de la ville, lui fit remise solennelle de tous ses droits et privilèges impériaux. A la suite de cette mise en scène, le potentat démissionnaire, pourvu d'un titre de Prince de premier ordre, lin-ling Wang ^ ^ ^E» ^^* provisoirement confiné dans une retraite honorable. On lui assigna Mo-ling tsen comme résidence, à 50 H S. Ji. de Nankin; il s'y gardait de son mieux contre l'escorte forcée qu'on lui avait imposée plus qu'octroyée. Finalement, comme il gênait ou pouvait gêner, l'on s'en débarrassa par une série d'attentats {Cf. de Mailla; fin du T. IV, et début du V« ).

En effet, l'an 421 (I® Lune) Kao^tsou proclama Lieou I-fou, 91 Wk^ son fils, héritier présomptif de sa couronne. A cette occasion, il offrit au THen ( Ciel du sud ) un sacrifice des plus pompeux; et, craignant pour les droits de son succeseur éventuel, tant que Kong ti vivrait, il essaya à diverses reprises, mais en vain, de l'empoisonner. Ses tentatives étaient déjouées une à une. Alors il lui fit porter une partie du vin rituel qu'il avait offert dans un nouveau sacrifice au Ciel, et qu'on avait mélangé de poison. Kong ti, pensa-t-il, n'oserait refuser de le prendre. Le fidèle Tchang Wei 5J ^ qui veillait sur son maître et avait écarté de lui plus d'un danger de ce genre, reçut lui-même la coupe et en vida résolument le contenu. Il tomba presque aussitôt martyr de son dévouement. KsLO-tsou se vit donc obligé de recourir à la violence,

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