CH. III. LES NAN-SONG
Ce fut probablement aussi pour sacrifier au tombeau de ses ancêtres qu'il se rendit encore à ran-^*ou ;fl- j^ (au-delà de Tchenhiang), dans les premiers mois de 449.
Song Wen ti, on Ta vu, encourageait la culture des lettres; sous son règne, les bonzes jouirent d'une pleine liberté et parfois des faveurs du souverain. C'était pourtant aux arts de la guerre plus qu'à ceux de la paix qu'il avait souvent à donner ses soins, malgré ses goûts peu belliqueux. Ainsi, à la 2° lune de 450, il eut à repousser une attaque soudaine des troupes du royaume de Wei |J|. La panique fut telle, à Nankin, que Ton congé^dia les élèves du Kouo-tse hio gj ^ $, cette sorte de Collège des Nobles. A la fin de Tannée (IP L.} le roi de Wei ^ campait avec ses troypes auprès de Koa-pou JJi jp, un îlot en aval de Hia-feoan, au delà de Si-hia chan. L'épouvante était à son comble dans la capitale, d'où l'on pouvait presque apercevoir l'avant-garde des ennemis. L'empereur commit le général Lieou Tsuen-k'ao 31^^ à la défense des ouvrages militaires du Yang^tse kiang.
Cependant, aux premiers jours de 451, les troupes du royaume de Wei se retirèrent et l'empereur se rendit en personne à Koa-pou fli ;^. Rentré dans son palais à la 3® lune, il visita, dès le lendemain, les sépultures impériales du Tch^ou-ning ling îgj ^ ^.
Un tigre féroce ravagea les environs mêmes de la capitale à l'automne de 451. Plus terrible, la peste l'avait désolée à la 4® lune.
Au commencement de 453, l'empereur donnait audience aux mandarins dans la grande Salle T'ai-ki tien jc S ^ - soudain un épais nuage couvrit le palais. C'était un funeste présage; ce règne accidenté se termina par une révolte, aggravée de guerre civile. A la 2® lune, Lieou Chao ^J g)|, l'héritier présomptif, assassinait son père Song Wen ti et massacrait les mandarins qui lui restaient fidèles, avant de se déclarer lui-même empereur. Lieou Tsiun §)] ^, Prince Ou-ling wang ^ B! 3E, déclara (1) bientôt la guerre au nouveau souverain. A la 4® lune, il arrivait à Sin-lin ^ |^ {Sin-lin p^ou ^ ;^ ']]|[, auprès de San-chan ^ [Ij, au S.O. de Nankin). Non loin de là, à Sin-t'ing ?|f ^ (nouveau pavillon) il mit en déroute le parti de Lieou Chao $i| gj. Six jours après sa victoire, il montait à son tour sur le trône, changeant le nom de Sin-t'ing «nouveau pavillon,» en celui de Tchong-hing Ving Ffi ^ ^ «pavillon du renouvellement.» Enfin, à la 5® lune, le Prince Ou-ling wang ;|ë£ ^ 3Eî désormais Song Hiao-ou ti % ^ iK '^^ s'empara de la capitale et du palais. Lieou Chao et les siens périrent dans la défaite (cf. de Mailla, V. p. 92, pour le résumé succinct de ces événements, que nous détaillons d'après les chroniques locales).
(1) L'empereur So7ig Wen ti fut enterré à la III® lune de 453 au Tch^ang-ning ling
§ II. soNG HiAO-ou Ti, 453-465. «. 81
On juge quelle tranquillité pouvait goûter le pays de Nankin, en proie à ces révolutions périodiques! La légende favorite d'une Chine immuable et pacifique, indemne par goût et en fait des horreurs de la guerre, n'a pu s'accréditer qu'au mépris de toute évidence. Ou plutôt, l'ignorance, qui la créa, la perpétue sans variante. Il est vrai que, nulle part au monde, on ne prêche aussi verbeusement que ne le font les moralistes de la doctrine confucéenne, la réforme du cœur, la fuite de tout excès, les vertus moyennes et paisibles, l'hygiénique sage équilibre des passions, avec un loyalisme inébranlable envers le souverain, Fils du Ciel, non pas empereur de droit divin, mais empereur divinisé!
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