GH. III. LES NAN-SONG
che 3£ J5 mourut aussi cette année-là (VHP L. 464); elle partagea la sépulture de Song HiaO'OU ti. Une grande famine sévit alors, qui emporta les sept dixièmes de la population, chifTre difficilement admissible.
 l'automne de 465, Song Fei ti se mit en campagne à la tête de son armée et marcha contre Lieou I^kong 3) H ^i Prince Kiang» hia Wang jt X 3Ei ^^ Hou~pé. Le rebelle périt avec Lieou Yuen" king fiîll 7C :t et Yen Che^pè % Aï fô-
Vainqueur et de retour dans sa capitale, il y choisit les sites de quatre palais, fort célèbres dans la littérature chinoise ; en voici la liste : dans la ville de Che^t'eou tch'eng jQM^'» ^^ éleva le Tch'ang'-lo kong ^^ IH ^ "le palais de la joie immortelle". Au Tong-fou tch'eng^^ j^ il bâtit le Wei-yang kong ^^^, "palais du plaisir sans fin. Sa villa septentrionale jj^ ^ devint le Kien^tchang kong J$ jft ^ et sa villa du sud ^ ^ fut changée en Tch'ang^yang kong :g ^ $•
 la 9^ lune, il condamna à mort, je ne sais pour quelle cause, Lieou Tse^loan fQ ^ ^, Prince Sin-^ngan v^ang Sfif ^ ï- Puis il ordonna de préparer une expédition militaire contre Lieou tch'ang ^ ^, Prince l'-yang wang H % £, Gouverneur de SiU'tcheou ^ ffl.
Ce dernier s'enfuit au royaume de Wei j^. L'empereur se dirigea, par la colline Pé^hia j^ f" (au S.O. de Mou-fou chan) vers le Yang-tse kiang qu'il descendit jusqu'à Koa-pou Jffii ^, grande île entre Si'hia chan et Tchen-kiang . A la 10* lune, il était pourtant de retour en son palais. Il le quitta le mois suivant pour aller mettre à mort le Général Ho man % ^ ^ '§IL -jpj jH. Puis il fit périr son propre ministre Chen KHng-tche îfUSH' Lui-même, probablement par représailles, fut assassiné, quelques jours après, dans la salle Hoa-koang tien $3^^ de ses fameux jardins Hoa-^lin yuen ^ ^ @, au nord de sa capitale. Il eut sa sépulture à l'ouest de la Terrasse du sacrifice au Ciel, près de MoU'ling koan ^ fê 55 JBI îf.
Le lendemain de la mort de Song Fei ti, Lieou Yu !g\]^, Prince Siang-tong Wang M'Mï^ assassina le fils du Prince Yu-tchang v^SLng ^ $ 3E) marié à la princesse Chan-yn Kong-tchou jl] |l^ ^ i, fille de l'empereur Song Hiao-ou ti ^ ^ ^ ^^^ frère de Wen ti. Le meurtrier Lieou Yu [Song Ming ti) monta sur le trône au dernier mois de 465 ; sa mère C/ien-c/ie gfc J^ était enterrée à MoU'fou chan ^ /j^ il] • II lui conféra le titre honorifique de Siuen Vai-heou ^ :fc /g", bien qu'elle n'eût possédé jadis que celui de Tsiè chou j^ ^M lorsqu'elle était à la tète des concubines de la maison de l'empereur. Mou~fou c/ian, par décret impérial, devint le Tch^ong-ning ling ^ ^ ^. L'empereur accomplit sans retard la cérémonie traditionnelle au T'ai miao H^f^ît le temple des ancêtres impériaux.
Le nouveau souverain avait à combattre Lieou Tse^hiun M
} II. SONG WEN Ti, 424-453. 85
^ fj^j Prince Tsin^ngan wang § $ ï^ qui, avant la mort de Song Fei ti, était entré en campagne, à Sinn-yang ^ ^ au Kiang-si, et n'entendait point se soumettre. La lutte fut ardente. Enfin, à la 8^ lune 466, Lieou Hieou-jen SjJ ffc fc> Prince Xienngan wang ^ ^ ^, remporta sur l'ennemi plusieurs victoires décisives.
L'impératrice-mère, Lou fai-Zieou jjg^ ;fc Jn^ mourut cette année. Elle fut inhumée au Sieou-ning ling ^ ^Jj^-
Un remaniement des sépultures du Tch'ong-ning ling entraîna, en 467, différentes exhumations, pour lesquelles l'empereur eut à indemniser les familles intéressées.
Le Prince héritier habitait alors le Tong-kong; il y reçut la * visite de son père (IX® L. 468) qui, en 469, rendit la justice au peuple, dans la salle principale de son palais.
Alors fut fondé le collège Tsong-ming'koan jf^ H |^, sorte. d'Université de prétention encyclopédique, dont l'empereur tint à ^ cœur d'assurer le recrutement.
Ce lettré, ce dilettante, fît pourtant massacrer en 471 treize de ses neveux ; puis il transforma son ancienne demeure en la pagode Siang-kong se jfg g ^.
Était-ce un présage funeste? A la première lune de 472, on vit l'image d'un géant imprimée sur la glace du Si tch'e |f ^ ou étang de Touest. Et l'empereur tomba malade. Il prescrivit à son héritier présomptif de convoquer dans le Tong-kong ^ § (cf. supra) tous les rois et princes, puis (3®L. 472) par précaution, il fît mettre à mort le gouverneur de Yang^tcheou /gg jt\ j^lj ^, Wang King-wen 3E ;^ 3St^ dont il se défiait. Lui-même mourut un mois après dans son palais, King-fou tien Jp: jjfij^- Song Ming ti 5^ ^ ^ fut enterré (5® L.) au Kao-ning ling ^ ^ ^. Dès le lendemain de son décès, Lieou~I $J g, son fîls héritier, le remplaça sur le trône. On le connaît sous le nom de Ts^ang-ou Wang ^ fê 3E-
Les débuts de son règne furent des plus mouvementés. A la 5° L. de 474, Lieou Hieou^fan !g^ {tJ; fj^. Prince Koei-^yang wang 'B S 3E 6* Gouverneur de Kiang-tcheou (Kieou-kiang) iC ^fl $| ^, leva l'étendard de la révolte. Le lecteur admettra sans peine que cette attitude semble constituer la tradition monotone de cette époque. Siao Tao-tch'eng ^ JE ^ marcha contre lui en qualité de général en chef, jusqu'à Sin-t'ing jgf Ç. Lieou Hieouf^'^ WiW^i P^rti de Sin-lin ^ :^, prit l'offensive et attaqua les camps retranchés du gouvernement nankinois. Un officier, nommé Tchang King-eul ^ ^ j^, feignit de se rendre à Lieou Hieou-fan, lui coupa la tête et la rapporta à la capitale. Tou Hé-li ij^ ^ j|, un officier des rebelles, ignorant le sort de son maître, poursuivit sa marche en avant et vint emporter les citadelles de Pè'hia 1^ f et de, C^e-t'^eou /Ç®^ ^®^ avant-postes de Nankin. La ville de Tong-fou yHJ^ capitula elle-même. Les révoltés entrèrent
86 CH. II. Lis NAlf-80NG, 420-479»
dans la salle centrale du palais par la porte Tch'eng'^ming men ÎH^M PI* 'S'î^o Tao-'tch'eng f|f Je J^ à la nouvelle du désastre, dépêcha Tch'en Hien''ta M( S ^ avec un corps de* troupes, à la défense de TEmpereur. Une bataille décisive se livra au village dé Tou^mou tché i^ jj^ ^. L'insurrection fut vaincue; Tou Hè^li périt dans sa défaite et Nankin respira pour quelque temps.
Comme ses prédécesseurs, Ts'ang^ou wang ^;|^ 3E. qui n'eut j{imais le titre d'Empereur (473-477), rend publiquement la justice au peuple dans la salle centrale $ 4* ^ 9^ ^* ^^^^ ^^ ^ bientôt (VIP L. 476) à réprimer derechef une insurrection fomentée à King-k'eou jjr p (Tchen-kiang ^ f£) par Lieou King-^sou jflj ^ * IK, Prince Kien-^p'ing wang jl^ ^ !• -Siao Tao^tch'eng H xÉ J^ fut encore le sauveur de TEmpire. Son lieutenant Jeu Nong-fou tE 9k ^ écrasa promptement la révolte.
L'opposition ne désarmait pourtant point; Yuen Tien-^fou ^ fï5 ^ conçut le perfide dessein de renverser le pouvoir existant; dénoncé, il paya de sa tète sa malheureuse tentative (477).
Nouveau tremblement de terre à la 5® lune. Deux mois plus tard, le souverain sanguinaire assiégé par son peuple dans Che-t'eou tch'eng est assassiné par les eunuques dans la salle Jen^cheou tien inM SSi' ^^^ ^®^ conseils de Siao Tao^tch'eng, le maître réel de la situation, l'on manda à Nankin Lieou Tchoen ^^s Prince Ngantch^eng wang ^ ^ ï, et on l'y couronna empereur. C'était le frère du défunt (le 7® et avant-dernier des Song); l'histoire le connaît sous le nom de Song Choen ti 5|c )R ^ (477-479).
Lui aussi devait périr de mort violente.
A la fin de 477, Chen Yeou-tche ik iÙC i. Gouverneur de King^tcheou ^J ji[ (Hou^pé) lève des troupes contre Tomnipotent Siao Tao-tch'eng, le souverain occulte qui dominait l'infâme Choen ti. De son côté, Yuen Tch^an ^ ^ se révolte aussi dans la forteresse de Che-t'eou tch'eng; mais il périt dans un combat livré aux troupes du gouvernement. Siao Tao-tch'eng marche ensuite contre Chen YeoU'-tche qu'il défait à Sin-t'ing fif Ç. En 478, il rentrait, vainqueur, dans la ville de Tong-fou tch'eng ^f^j^^ Aussi (3® L. 479), bien qu'il ne fût encore que le Duc de Ts'i, Ts'i Kong ^ ^, il intronisa son propre fils, en qualité de Prince héritier, dans Ghe^feou tch^eng. Il transforma également en salles impériales deux des salons de sa résidence. Il prit ensuite le titre de TsH Wang ^ J Prince de Ts'i, détrônant l'empereur Song Choen ti 5|c HK ^) qu'il réduisit au rang de Prince Jou-yn wang ff[ ^
Ce dernier clôt la liste de ces Song 5|ç, dont l'histoire garde un sdtivenir plein d'opprobre. Ils avaient agrandi la ville vers le sud,
(1) Une flotille, venue de Ou-kou à Fang chan ^ lU , on THen-yn chan 5c hI UI (^^montbgne carrée" on "montagne du sceau céleste"), en descendant la Hôai et ses canaux àffluetitS) tnenftça d'Attaquer NanMii, en 479.
I IIÎ. FtN DES NAN-SONG, 479. 87
s'étaient bâti deux espèces de "palais d'été ou d'automne". Une allusion au trop fameux Parc aux Cerfs pécherait ici par indulgence. Un jardin (on en désigne l'emplacement au coin N. E. de la ville actuelle, butte de Hiang^ling § :^, près de laquelle on vient de relever la pagode Hiang-lin se ^ bjji ^) demeure fameux par des orgies impériales, dont le récit enonté ne tentera jamais plus, j'espère, un nouveau Suétone (1).
A ces dates, synchronisme qui a son éloquence (496), Clovis recevait le baptême à Reims.
Les plans indigènes annexés à ces pages, permettent de suivre le développement progressif de Nankin. Ghe-feou tch^eng reste, durant ces règnes ignominieux, la citadelle, le réduit, à forcer pour emporter la place. On la remanie, on la munit sans cesse, tâche aisée, et elle sert souvent de résidence au prince héritier, ou à quelque grand ministre d'empire. Des villages palissades, élevés sur les buttes qui relient cet oppidum à la butte de Hia-koan f ^ (Che-tse chan), ne seront que plus tard englobés dans le plan général de ces fortifications, mais l'incorporation se prépare.
Dans un autre ordre d'idées, d'intéressants changements ont lieu, qu'il lïe nous faiit point négliger. Les pagodes pullulent sous les Song, autant superstitieux que cruels. De civil (de neutre, si l'on veut), le culte de Confucius évolue rapidement dans un sens sacré, hiératique; on commence à désigner son esprit, ses apophtegmes, ses enseignements moraux, plus philosophiques que religieux, sous le nom de Kiao ^ "doctrine, religion", qu'ils usurpent encore aujourd'hui. Sa liturgie aussi se précise et, sur divers points, se crée de toutes pièces.
Concurremment, l'on s'évertue à fonder de nombreux collèges officiels, mouvement civilisateur qui devait s'accentuer, s'accélérer sous les 2 ou 3 dynasties suivantes des Nan-TsH ^^ pendant deux siècles environ.
(1) L'ouvrage Pé-hia souo-yen B P S| bT» publié la 25« année de Tao~koan^ JS ^ (1845), place un tombeau des Nan-Song ^ ^ auprès de Koan-yn men |H ^ P^ et appelle l'endroit Hia miao T ^ «pagode du bas.» Elle existe encore dans un yallpu que domine au sud le rempart de "grande ceinture", à quelques pas de la stèle du général Wang Té 2 ffi' élevée en 1154.