MORT DE SIUEN TI, 582. HEOU-TCHOU
Fang-ming l'an -ff Hfl Jt, dominant le lac Leou hou 8 ^ (1)-
Suivant la coutume des derniers règnes, Tempereur préside une revue générale de ses troupes (8® lune, 579), au nord du lac Heou hou ^ ^, au pied des collines Ta-tchoang-koan chan :^ Ij^ |g [Ij, qui ballonnent cette plarne en vue de Nankin.
Comme à la fin de cette année toutes les villes du Kiang-pé ÎLit (région au delà du Yang-tse kiang) étaient tombées au pouvoir du royaume de Tcheou ^, Kien-k^ang regorgea de réfugiés et d'émigrants en fuite. L'empereur envoya Jen Tchong ^ j^ pour garder, à la tète de toutes ses forces navales, le passage du grand Fleuve.
La mort surprit Tch'en Siuen ti (âgé de 42 ans) dans la salle Siuen- fou tien ^ fj^ Jg, à la 1^^*^ lune de 582. L'année suivante on l'enterra au Hien-ning ling j^ ^ ^. Pour le remplacer, d'ardentes compétitions se produisirent autour du trône vacant. Tch'en Chou-ling ^ :^ ^, Prince Che-hing wang i§ ^ 3E» blessa le fils et héritier présomptif Tch'en Chou-pao ^^^* que Tch'en Chou-kien ^ :^ ^, Prince Tch'ang^cha wang :^ 3? 2, arracha au danger de mort. Retiré dans sa forteresse de Tong~fou J^ J^^ le meurtrier (Tch'en Chou-ling) ébaucha une tentative de révolte. En ces conjonctures critiques, l'impératrice Lieou che ^ ]^ fit appel au loyalisme du Général Siao Mo-ho H J|| fj, qui sur son ordre, fit périr Tch'en Chou-ling ^ M^^ ^vec Tch'en Pé-kou ffifé @> Prince Sin-ngan wang ,gf ^ 3^^ complice de sa rébellion. Tch'en Chou-pao, l'héritier légitime, put alors monter sur le trône ; sa mère Lieou che, qui habitait la salle Pé-liang tien ^ $^ SR^ administrait en son nom le royaume. Et quand il fut guéri de sa blessure, elle lui remit en mains l'autorité suprême, sans en distraire aucune part.
Cet empereur Tch'en Heou-tchou ffi ^ ^ ordonna à deux reprises (582) des cérémonies solennelles devant la salle du T'aiki tien "^fc S -K ®" l'honneur de Bouddjia, sous le titre Ou-ngai hoei M 1^^. ha seconde fois il fit don au poussah de son palanquin, de ses vêtements impériaux, de ses joyaux et de son propre corps. A la fin de l'été, époque des grandes crues annuelles, l'eau du Yang-tse était devenue aussi rouge que du sang !
Le superstitieux et licencieux monarque, déshonoré par d'abjectes débauches, inaugura l'année 584 par la construction de trois palais pour trois de ses concubines préférées, Lm-ic/i'oen ko
(1) La préfecture Nan Lang-yé kiun ^ }B5 ÎJp ^ ^u* supprimée à la date de 578. En sa place on créa celle de Kieti-hing kiun p^ ^ {(>) qui avait sous sa dépendance les six sous-préfectures suivantes : T^onçf-hia |q J» Kiang-cheng Ql ^j Hou-chou ^ 3S ' Lin-ye7i (SS VT •» Kien-ngan î8 "ÏC et Ou-chan ^ UJ • Trois autres sous-préfectures, Eien-k^ang j^ J^ » Mou-ling ^ j^ ^t Kiang-ning JLt ÎÇ ressortissaient encore de la Préfecture Tan-yang kiwi 7T Wi W'
114 CH. VI. DYN. (xi*) DBS nan-tch'en, 557-590.
|£ ^ ^, Kié^kH kot^l^^et Wang^sien ko H f|l| gQ. Cette triple appellation reste stéréotypée dans la littérature indigène comme synonyme des plus somptueuses habitations. Éclectique très avisé, le prudent empereur fît reconstruire le temple de Confucius et y députa son fils-héritier Tch'en Yun |^ f^ pour le sacrifice rituel. Lui-même se rendit à la pagode Tch'ang-k&n se ^^ ^. Il mit à mort cette année-là (585), je ne sais pour quel crime, le général Fou Tsai j$ j^.
A Tautomne de 586, l'empereur Tch'en //eou-ic/iou assistait aux grandes manœuvres nautiques de ses flottes sur le lac Heou hou. Il est de toute évidence que ce lac marécageux, qui baigne les remparts de Nankin au nord, communiquait alors avec le Yang-tse kiang; les crues périodiques du fleuve élevaient considérablement le niveau de ces vastes lagunes, d'ailleurs plus profondes qu'aujourd'hui. Le canal de communication, l'émissaire nord de ce lac, est encore reconnaissable à la porte moderne de Cheng" tch^e men et le long du front méridional de l'enceinte actuelle de Nankin, dans la direction de Che-tse c/ian, près Hia-ftoan.
A la 5® lune de 588, à Tong Yé }Ki'& (kiosque près de Tchong chan) un énorme météore rouge tomba du ciel, avec un fracas de tonnerre, sur une fonderie de métaux. Alors aussi une portion des murailles de Kien^k'ang (Nankin) s'écroula. A l'automne, l'empereur se rendit aux collines de Mou-fou chan pour une grande chasse; le pays, boisé et embroussaillé, était alors plus giboyeux qu'aujourd'hui.
Vers la fin de 588, une attaque soudaine du royaume de Soei pj^ troubla la paix. Ses troupes descendaient du nord sous la conduite de Yang Koang J^ J| (ensuite Soei Yang ti). Prince Tsin Wang § 2- En outre, deux de ses collègues traversaient le Yang-tse kiang: l'un, Han Kin^hou "^ i^ ^, par Ts^ai-che ^ ^ (Ts'aUche-ki ^ Ç flî) ; l'autre, Ho Jo-pien Jj ^ jâ']? par Koang- ^^^9 iR Kî C' à d. Yangrtcheou. Oe dernier général vint camper à Pé-t'ou kang è i IS3' ^'^ ^®^ contreforts de Tchong chan ^ [Jj. Pour comble de malheur, le général en chef des ennemis, le Tsin-y^ang Yang Koang (Soei Yang ti) envoya Yu-wen Chou ^ ^ jÊ passer le Fleuve au sud de Lou-ho /î -fr et attaquer Che-t'eou tch'eng qui fut emporté d'assaut. A la suite d'un rude combat, désastreux pour la garnison nankinoise, HoJo-pien arriva jusqu'au jardin Lo-yeou yuen, et il incendia la porte Pé-i men ^ |gP^. Le même jour, Han Kin-fou, débouchant par Sin-linp'ou agf Ifs ïi[» occupait la butte de Che-tse kang 5 ^ |33 (Yu-hoa t'ai). Les jplus fermes positions stratégiques tombaient au pouvoir de l'ennemi: le généralissime Jen Tchong ^ J§ se rendit avec toute son armée et introduisit les troupes des Soei jusque dans la ville impériale, par la porte Nan-i men ï& ^ P^. Affolé, l'empereur Tch'en Heou-tchou R ^ i se précipita dans un puits avec deux de ses concubines, Tchang Koei-fei ^ ift iB ^* K'ong Koei-pin
FIN DES TÇH'gl*, 590. 115
?L ift M' Pourtant, remarquent lea chroniques, on s'empara h temps des trois personnages.
Tchang Koeir-fei fut décapitée et l'on exposa sa tête au pont Tchong h'iao 4« :f^- ^® P^^^^ garda une certaine notoriété historique : on rappelle King-yang tsing -j^^ ^, ow Yeurtche tsiing gg Jjg»^ ou simplement Jou ising J§^. Selon les uns, il est aq bas de Ki^ming se, selon d'autres plus à l'ouest, à TaHifig-tliang chan
Le Prince Tsin-v^ang Yang Koang fit son entrée dans la capitale des vaincus (589). Il fit mettre à mort cinq grands mandarins qui avaient joui sous Tch'en Heou^tchoii d'une autorité presque discrétionnaire et que le peuple détestait pour leurs exactions tyranniques.
Ainsi finissait honteusement la dynastie des Tch^en (557- 590). A leur chute. Nankin perdait son titre de capitale, titre qu'il avait possédé pendant près de quatre siècles, sans ^utre interruption notable que celle de 265 à 317, sous les Si Tsin,
Les Tch'en ^, après 33 ans de règne, cédaient la place à la dynastie des Soei |^ (590-620). Le P. Zottoli (Cursus, II, p. 16) résume, avec sa concision habituelle, la situation politique à cette époque : «Pendant que ces quatre dernières familles impériales tenaient leur cour à Nankin, il existait concurremment un double royaume appelé Nan-Pé^t'chao f& 4fc ^^ c.àd. état du sud et état du nord. En effet, au nord, les 3 familles des Wei m, des Tcheou ^J et des TsH ^ se disputaient le pouvoir, qui passsait successivement à tels ou tels de ces compétiteurs. Et même, les Wei se subdivisaient encore en Wei orientaux et Wei occidentaux, avant de succomber au temps de la dynastie des Liang. Enfin le 1**"^ ministre Yang Kien ij^^ (père de Yang Koang) usurpe au nord le titre d'empereur, descend au sud avec 500.000 h., renverse la dynastie des Tch'en, joint les états du nord à ceux du midi (divisés pendant trois siècles par le Kiang) et établit sa Cour à Tch'angngan (Si^ngan fou) au Chen^-si^y)
Des historiens présentent un autre groupement de' ces ' ' petites dynasties" et de quelques-unes de la même époque. A propos d'un bienveillant compte-rendu du n® 4 des Variétés sinologiques, M^ E. H. Parker écrivait en mai 1894 : «Je suis porté à croire que le P. Gandar commet une légère erreur en rangeant la courte mais illustre dynastie des Soei avec les quatre dynasties méridionales des Song, des Ts'i, des Liang et des Tch'en, de façon à former cinq petites dynasties. Pendant que ces quatre dynasties chinoises régnaient au sud, les trois dynasties successives des
(1) Ce puits est indiqué sur les plans indigènes, avec légende explicatiye, p.u bas et au sud de Ki-ming se. Du Halde I, 389, dit que le suicidé survécut 24 ans et mourut à 52 ans.