‹ Nankin d'alors et d'aujourd'hui;Chapitre 87 sur 167 · I II. TRANSFERT DB LA CAPITALE À FÉKIN · texte numérisé non relu

I II. TRANSFERT DB LA CAPITALE À FÉKIN

Kien**'WBn H alla en 1403 se réfugier parmi les bonzes du Yun^nan; puis il erra de province on province pour se soustraire aux recherches inquiétantes de Yong^lo,

A la 2° lune de 1 402 (l^^e année de Toh'êng^'tsou J^ jjg), Pé-^pHng 4[j ^ prit le nom de Ghoen-tUen /"ou jlg 55 |j^ et devint la «Gapl^ taie du Nord», Pé^-king ft îS- A la 11^ lune, Ti ^ (rempereur) déclara impératrice sa femme Su ^» (Delamarre, op. cit, 147).

Choen^t'ien fou est encore le nom de Pékin. Yong'-lo commença à s'y fixer définitivement en 1409 (1). Il y transféra les tribunaux ordinaires, laissant les Grands Tribunaux d'État à Nankin, qui conserva le titre de Cour impériale, mais prit le nom de Nan^king Yng-t'ien fou ^ T^j^ Ji ^.

Au sujet de l'époque exacte du transfert de la capitale chinoise au nord, le lecteur est en face des plus singulières divergences. L'année 1420 est, croyons^nous, la date officielle. En effet, les éphémérides de K'ien-long (Delamarre, p. 192) portent: k1420, 19® année (de YongAo), à la sixiènle lune, translation de la capitale à Pékin. L'ancienne capitale fut appelée Nankin; Pékin devint la Capitale et l'Empereur y transféra son siège ; un édit l'annonça à tout l'Empire. Un sacrifice solennel au Oiel et à la Terre eut lieu à la Terrasse du midi. Il y eut amnistie» (2).

La même traduction rapporte encore (p. 194) qu'en 1421, trois salles du palais de Pékin ayant été incendiées, Tcheou Tai ^ ^^ «Docteur assistant impérial», conseilla vainement dans un mémoire adressé à YongAo, «de restituer la capitale à Nankini».

Cet ouvrage (p. 158) fait rémonter à l'année 1406 la oongtruction de Pékin, par Tc/i'en Koei ^ J^, marquis T^aUning heou ^ 5^ {|. Pour ces bâtisses l'on fit venir des poutres du Se-tch'oan et du Hou-koang. La 18® année du règne de Yong-lo^ l'autel du Ciel, les temples, palais et salles officielles se trouvèrent achevés (3).

(1) En 1437, les murs en terre furent revêtus d'un parement de briques. Aujourd'hui le palais impérial, Tse-kin tcWeng m 3^ •$£« est enceint d'une muraille crénelée, haute de 40 pieds, épaisse de 60 pieds à, la base et de 50 au sommet. Cl. Ms'Favier, P^irin^, p. 7.

(2) P'après de Groot p, 1181} le transfert date officiellement de 1421, bien qu'il ait commencé en 1406, la 4^ année de Yong-lo. «Le nom de Nankin (Nftn-king) di^te de 1441.9 Var. sin n® 8 p. 31. Ibid. p. 29 histoire de Pékin-

D'après le B<* Milne^ "La vie réelle en Chine^" traduction de Tafiset, édit. 1858, p. 4â7 : Yong-lo^ en transportant sa capitale à Pékin, vers 1410, fit édifier la Tour de Porcelaine de Nankin en l'honneur de sa mère; le monument avait été brûlé '*un siècle aupitravant". Il la nomme "Pao-ngen se t^a^ tour du temple de la vertu récompensée". Sou nom complet est : Pao-ngen-se lieou-U Va (à tuiles vernissées). Cette Tour s'appela d'abord •'Tour de 0-yu" (Asoka?) et "Tour de Toh^ang-kan'' "ftnT'S* ^ "'®" reste qu'une vwque. A côté est une stèle calcinée ou effritée. Jadis il y en avait une autre plus à l'ouieat, me disait un passant (1897). Peut-être reviendrons-nous un jour sur ce sujet intéressant.

(3) Nous lisons dans les mêmes annales (KH^n-lomf^ D«lan^«rre p. 161) qu'à U 3f i de 1407, «le bonze de l'occident (du Tibet) Eo-U-ma, est orée prinoe de la loi du grand Joyau (la loi bouddhique),» à la pagode de Lin-kou se, près Nankin. Le recueil renferme, sur cette nomination, des détails, omis ici, qui trouveront place ailleurs.

196 CH. XI. DTNA8TIB DBS MIMG (SUITB), 1366-1644.

W Vial, des Missions étrangères, relate qu'au début du 15* siècle, Kiert'Vfen ti se retira au Yun-nan et y resta 38 années caché. Un grand nombre de Chinois, qui Tavaient suivi, s'y établirent. «Us forment, dit-il, le fond de cette population chinoise que nous nommons Pen^ti jeu l^Hi K on Min-kia Jg ^. (Ces derniers se sont alliés à des femmes indigènes.) Tous ces Penti jen se disent venus d'un endroit appelé Kao^che k'iao TU ^ Ifi «haut pont de pierre.» Serait-il hasardeux d'identifier cette patrie d'origine avec Kao^k'iao men It^ij^f^^ Haut pont de pierre et nom descriptif de cette localité, à la porte sud-est de Nankin par où s'enfuit Kien''wen tt^s'y retrouvent également. La route y franchit la Ts^in Hoai sur les 7 arches (4S S W) ^'"^ P^^^ ^^^ élevé. (?)

Le R' E. T. Williams rappelait dans sa Lecture que, pour achever de pacifier Nankin, Hong-^u déporta plusieurs milliers de familles au Yun^nan (où Ton parle le plus pur nankinois) et amena dans* sa capitale 20.000 autres . familles du Tché'kiang.

Elisée Reclus (T. VII, 525) représente Yong-tch'ang fou ^ g Jff^ sur un des affluents du Salouen (Lou^kiang }B jX)) ^ l'est de Momeîn, comme «une cité très commerçante ; parmi les nombreux immigrants se trouvent des fugitifs de Nankin,* assez nombreux pour que leur dialecte soit devenu celui de la ville : de là son nom de «petit Nanking» (1).

«En 1405, le concours de licence du Pé^tche-li eut lieu à C/ioen-t'ien /bu (Péking). L'an 1415, le concours général, qui se tenait auparavant à Nankin (appelé alors Yng-tHen fou) fut également reporté à Péking. Les licenciés de tout, l'Empire durent se rendre dans cette ville.» Biot, Essai... p. 458.

Nos chroniques dressent la liste minutieuse des déplace-

(1) L'auteur indique comme références : Mac Carthy, Proceedings of the OeographieaZ aoeiety ofLondon; Aug. 1879. — cf. Rocher. Yunnan.

In the year 1405, the Emperor Yung Lo of the Ming dynasty, sent one of his best officers, Chèng Ho, to navigate the Indian seas. He went to Ormuz in the Persian Gulf and to Aden at the entrance to the Eed Sea. He went again in 1407, 1408, 1412, 1415, and again in 1425 and 1430. The vessels in his fleet were 440 feet long and 180 feet wide. He had on board 27,000 (?) men. There were 62 vessels large and small. He sailed from Liuho on the first occasion, a smaU port forty miles N.W. of Shanghai. Having a powerful army, he fought with princes who refused to be friendly and took them with him as his prisoners to Peking. He offered them to the Emperor. One was beheaded, and another was pardoned and sent back to his city in Ceylon.

Before the time of Vasco da Gama, the Chinese by .thèse voyages had gained a knowledge of the Indian and Arabian coasts ; they had visited Calicut, where the Moors nearly suoceeded in a conspiracy to slay Vasco da Gama. They knew Cochin where in 1525 Vasco da Gama died. They had visited Ormuz, Goa, and Malacca, ail of which were taken by Albuquerque« During the seven voyages of Chêng Ho, Chinese sailors had beoome familiar with thèse places and Bengal. They had the compass on their ships to

s II. EXPÉDITIONS DE YONG-LO À L'OCCIDENT. 197

ments de Yong-lo à cette époque, intéressante pour l'histoire locale. A la seconde lune de 1409, il part pour Pékin, laissant à Nankin, pour Ty suppléer, son fils Tchou Kao-tch'e JSc 1% iSti

aid them in navigation, but sailing was alway8 slow work in those days* From Caliout to Ormuz it was a voyage of 25 days. Vasco da Gania was 23 days on the way from Melinda in Africa to Caliout. From Sumatra to Bengal 20 days of fair wind are required according to the chinese accounts. There was an interval of about eighty years between the expéditions of Chêng Ho and the arrivai of Vasco da Gama. The Chinese did not push thé trade with the Indian Océan at that time, as China was not then adding rapidly to her home population. There was no need for her to plant colonies in the Straits Archipelago. Her surplus population was needed in her own country to fill the vacancies made by wars. Wars in former times were awfully destructive and so too were famines and pestilences. Thèse causes prevented the Chinese from emigrating in masses till the last two centuries, because the country was not filled with a growing population till the sovereigns of the reigning dynasty gave tranquillity to the country.

The pilots engaged by Chêng Ho's fleets were usually Arabs and the same was true of the chinese navigation in the times before the Ming dynasty. The Chinese, however, having the compass to help them, leamed to pilot their own vessels. Vasoo da Gama used Arabian and Guzerati pilots when he came into the Indian seas, but he had the compass already. The Arabs leamed the use of the mariner's compass from the Chinese and they taught its use to the European nations in the Mediterranean about the year 1250, or 250 years before the discovery of Vasco da Gama. The compass came into gênerai use in spanish ships. This number of years shows that the mariner's compass was the main cause of the portuguese successful' efforts in discovering the african coast and adding accuracy and utility to the charts of that âge. If, then, the compass of China came to be commonly employed about 1420 throughout Europe, it follows that Portugal and ail other maritime states are greatly indebted to China for setting the example in the 12th century of applying the magnet to navigation. Ail such improvements progress slowly. A troubadour poet mentions the mariner's compass about A. D. 1181. Three centuries passed from the time when ail chinese seagoing vessels were provided with a compass before the âge of Flavio Gioia of Amalfi, in Campania, who about 1302 simply applied the arab compass to use in italian ships. The reason why the Chinese were first in employing the compass was that their astrologers had a magnetised needle long before in the astrological compass used by them in framing horoscopes intended to détermine the Fêngshui of any locality on land. The first known instance is in A. D. 1122.

Edkins, N. C. D. N. 20 mai 1898. v. supra, an. 605.

«La stèle (ornée, sur tortue) qui se trouve hors de la porte I-fortg men, a été dressée par l'Empereur Yong-lo à la 14® année de sou règne, pour remercier la déesse de la mer y^ yHi T'ien-fei, qui avait favorisé les ambassadeurs impériaux pendant leur voyage aux Indes. Divers faits miraculeux sont attribués à cette déité (Ph. XXXIV.)

L'inscription fut rédigée par l'empereur lui-môme. Cette stèle nous apprend qu'il y avait une autre pagode spéciale pour cette déesse de la mer ; elle fut bâtie, selon le Taming i-t^ong tcke ^ ^ S m îS à la ô« .année de règne de Yong-lo, intitulée Fongjenp^ou-tsi tHen^fei kong 7/^ tl W W /^ iB a «^^

Les D' Hirth cite l'expédition chinoise en 1408 à Ceylan que les Chinois subjuguèrent ; elle avait été envoyée par Yong-lo ou peut-être par Song-ou.

Le Arabes reltftent aussi l'arrivée en 1480 à Yeddats (Arabie, mer rouge) d*une flotte de jonques ohinoisfiB.

198 Ca. XI. DTNASt» DM MINO (lUITl) 1868-1644.

rhéritier présomptif. Il entra dans la capitale du nord à la 7* 1.^ le prince héritier gardant Nankin. Retour de l'Empereur à la 9* lune de 1415. Bn 1416 (3* 1.) Yong'-lo part encore pour Pékin, Tchou Kao'tch'e restant à Nankin. Enfin, à la 9* 1. de 1419, l'actif souverain appelle le prince héritier dans la capitale du nord, et confère à Nankin son nom significatif et durable de capitale du sud, Nàn-king ||f ]^.

Ces événements sont contemporains de la naissance de Jeanne d'Arc (1409). Alors, s'il faut en croire de Mailla (X. 177), Yong-lo, dans un de ses voyages à sa capitale secondaire, enjoignit de faire périr, en présence de hauts mandarins, et «dans l'intérieur de la grande porte du palais, appelée Si-/ioa men W 101 P^» (encore debout), un de ses fils, prince de H an, qui convoitait la ])rincipauté de Nankin. On intercéda pour le condamné; il ne fut qu'exilé à Lo^ngan tcheou ^ ^ j^ {au Chan-^tong).

L'impitoyable monarque inaugura en 1422 un palais qu'il venait de faire bâtir. En 1425, Nankin était la résidence du prince héritier, qui, rappelé à Pékin par son père mourant, devint, en 1426, l'empereur Siuen''tsong S^.

A la 9® 1. de 1423, Yong^lo se fit représenter, dans la Capitale du sud, par un mandarin pourvu du titre de Nan^king Cheou" P^^ ^ TK '^ fli* L' premier titulaire de cet office fut Li Long ^ ^. Ce comte de Siang^tch'eng ^0 j|| fjà <(était aussi chargé de la lieutenance générale de la Légion du Milieu.»

Yong^lo mourut à Pékin, âgé de 65 ans, après 22 années de règne. Delamarre signale ainsi l'événement. «1424 : Mort de l'Empereur à Yu^mou tch'oan litTfC jll- On cacha cet accident

Îuelques jours. Les mandarins «firent envelopper le corps comme 'un habit d'étain, et le déposèrent dans le char impérial.» (op. cit. p. 201.)

«C'est sous Fongf-to, dit A. Rémusat, que les Chinois, prenant enfin leur revanche sur les Mongols, pénétrèrent dans la Tartarie et la réduisirent en province chinoise.» Le lecteur rectifiera ce que cette assertion a de trop absolu.

Les portraits indigènes de Yong-lo nous transmettent un type énergique, résolu, décidé, plein de caractère, parfaitement conforme au portrait moral retracé par l'histoire (1).

«En 1408, on lui offrit le code de la dynastie des Mingj commencé sous l'Empereur Hong^ou. Cet ouvrage, (2) intitulé Yong-lO'ta-tHen ^ ^ :k '9^^ comprenait 11,095 vol. ou cahiers.

(1) Le Péking^àe MfP A. Favier (p. 133) a reproduit l'un de cea beaux portraits.

(2) De Mailla, X., 166. Le Supplément du Dictionnaire de Pemy (p. 12S, n° IX.) tt^kribue la rédaction dd ce Code renommé à Tckeit'Chef habile lettré auquel Yong-lo avait confié l'éducation de ses enfants. On appellerait mieux ce Gode "Instituts et Ootttuittes."

t III. ttOUT M ItlBK-WHN tt. IdO

contenant 22,937 chapitres. L'empereur mit en tété de dette collection une préface de sa façon» (1).

JMN'TSONG (1426-1426).

Ming Jen-'tsong ^ tl ^i désigné par Yonç'^lo comme succèsseur, ne régna que 10 mois et mourut à 48 ans. A la 4® 1. de 1425, après avoir envoyé l'eunuque Tcheng Ho S5ft à Nankin, il députa Tchou Tchan-^ki ^ ffH ^^ son fils, au Hiao ling ^ m^, avec mission d'y sacrifier en son nom aux mânes de Hong-ou. Oe prince iiéritier devait ensuite demeurer dans la Capitale du sud. Pourtant, un ordre de la Cour le rappela presque aussitôt dans celle du nord. D'après de Mailla (X. 185), l'empereur réhabilita la mémoire de ceux que son père Yong-lo avait injustement condamnés, pour attachement à leur souverain /iCien*wen H (2).

Ce prince dépossédé avait résisté longtemps aux sollicitations de ceux qui le pressaient de revendiquer ses droits au trône, et il errait dans le sud de l'Empire. A la mort de Yong^-lo, il se cachait à THen-t'ai 5c "^ au Tché^kiang. L'usurpateur, qui avait fini par percer le mystère de sa retraite, pensa d*abord à s'assurer de sa personne. Mais considérant qu'il s'accommodait, en bonze insouciant, de son état de vagabond nomade, il le fit surveiller pendant deux ans, puis il l'oublia (3). Auparavant, nous dit-on, «craignant qu'il ne se fût enfui, lors de la prise de Nankin en

(1) Delamarre, Op. cit. Il traduit encore : «1424. On commence à placer un capitaine (Cheou-pei ™ m) commandant la garnison à Nankin.»

A la 2® lune de 1425, l'Empereur Ming Jen-tsong Hong-hi ^ t ^ Ç| fflt envoya l'eunuque Tcheng Ho ^ ^ pour occuper cette charge de Nanking cheou-pei ^ ^ *3P fli* Le tombeau, jadis considérable, de cet eunuque se voit au pied (nord) de Nieou-t^eou chan ^ fi5 Ul » que signalent deux pics jumeaux à 20 kil. au sud de Nankin.

(2) En 1430 (KHen-long, Delamarre)^ Tcheou Ohen ™ fît était Gouverneur de la province de Nankin.

En 1436, un ordre impérial établissait'ifoan^' Fou Cheo-u-pei de cette ville. U J^

(3) «En 1440 un bonze passa du Yunnan au Koang-si, qui se disait ce Kien-toen. On le jugea : c'était un Yaiig Hing-siang, âgé de 90 ans. Envoyé à Pékin, jugé de nouveau, emprisonné 4 fois, il mourut enfin en prison. Douze bonzes complices furent bannis au Liao-tong. Plus tard, on proposa de décerner un titre anoestral (posthume) à Boei^ mais sans exécution» de Groot p. 1179.

Des auteurs prétendent que ce ne fut qu'en 1441 qu'un décret impérial décida que Pékin serait la Capitale du Nord. Le P. Couplet fixe la date à 1411. Magaillans, Belation p. 186.

1402, au delà des mers, Yong'-lo envoya des expéditions considë- •> râbles vers l'archipel indien, et obtint par elles la soumission nominale de tous les rois et de tous les sultans, dont la puissance s'étendait depuis la Malaisie jusqu'au Golfe arabique» (1).

En 1441, sous yng-isong ^ ^ (Tc/ieng-rong ^ g| 1436-1450) Kiert'-'wen ti^ âgé de 64 ans, vivait au Kiang^si. Ayant célébré en vers imprudents son infortune et sa déchéance, tandis que les usurpateurs jouissaient de son héritage impérial, de puissants mandarins le firent saisir. Il nia qu'il fût «l'empereur.)) Un de ses amis se donna comme Tauteur des vers incriminés. On les arrêta tous deux et ils furent amenés à Pékin. Malgré leurs dénégations, divers stratagèmes romanesques (tels que ceux où se complaît l'histoire chinoise) les contraignirent d'avouer la vérité. «On enferma Kien^wen H dans un appartement du palais, où il passa le reste de ses jours. Il fut enterré sans aucune cérémonie à une montagne à Touest de Pékin.» De Mailla p. 202.

D'autres légendes pivotent autour de la destinée du monarque fugitif.

Nous les omettons pour faire place à une autre information tirée du P. de Mailla. En 1574, un ministre présenta à TEmpereur Chen-isong -g ^ des Ming un abrégé de l'histoire intitulée T'ongkien ^ m. Il demanda ce que l'on connaissait de certain au sujet de Kien-wen ti. On l'assura qu'il n'avait point péri dans l'incendie du palais de Nankin, mais qu'il avait erré 40 ans de province en province. «Gomme l'Empereur parut curieux de savoir s'il restait quelque monument de ce prince, lé ministre se chargea d'examiner les inscriptions des tombeaux de la sépulture impériale; il en tira une copie que l'Empereur relut plusieurs fois avec attendrissement» (de Mailla, X, 336).

Il en ressort que Kien^wen ti aurait sa tombe officielle aux environs de Pékin, bien qu'il y eût été enterré sans pompe. De Groot p. 1199 et de Mailla sont d'un avis contraire.

D'après le Pé-hia-souo-yen, le Docteur / Mou {% ^ de Wang* kiang hien ^ ^ au Ngan-hoei sous Tao-koang, avait une des plus belles collections des sapèques de tous les règnes. Mais il n'avait pu en trouver que deux de Kien^-wen ti.

Le jeune prince Tchou Tch'ang-li J^^g;^, envoyé à Pékin en 1425, n'y séjourna guère qu'un mois, sans pouvoir faire long usage de l'autorité partielle que l'empereur lui déléguait sur les provinces du sud. Brusquement rappelé à la Capitale, il y succéda à son père sous le titre de règne Siuen-ié â -Si ®* ^® ^^^ dynastique de Siuen-tsong Jg ^ (1426-1436).

De Mailla relate (X, 208) qu'à la 6« lune de 1450, lors de singulières perturbations de la nature, «on entendit à Nankin des bruits souterrains pendant trois jours consécutifs ; le feu prit au

(1) Totmg-pao, avril 1890, II.

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