‹ Naples, 1130-1857Chapitre 12 sur 35 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Conditions du traité souscrit par les républicains. — Acceptation de Ruffo. — Les républicains de Saint-Martin abandonnent leur position. — Entrée de Signorelli et d'autres, patriotes dans Naples. — Évacuation des deux châteaux. — * Arrivé à Marseille des républicains de CasteJ-a-Mare. — Infraction du traité. — Républicains enchaînés. — Déloyauté de Ferdinand. — Mémoire des patriotes à Nelson. — Réponse de l'amiral anglais. — Patriotes pendus. — La ville de Naples déchue de ses droits. — Renouvellement des pillages et des massacres. — Une junte d'État. — Le 8 et le 9 juillet 1799. — Sept patriotes rôtis et mangés. — Michel le Fou et Pagliuchella torturés. — Le général Caracciolo pendu. — Signorelli arrêté. — Les anciens employés de la république condamnés à mort. — Le commandant Massa, Janvier Perra, le

prince de Strongoli, Julien Golonna, les PP. Belloni et Pistici, Éléooore Fonseca exécutés. — Les états-majors de la troupe de ligne et de la garde nationale conduits à Péchafaud. — L'adjudant général Grimaldi. — Un cadavre à la potence. — Flétrissure dn général Basset. — Exécution de Manlhone. — Cirillo devant la junte d'État. — Comparution de Mario Pagano. — Tous les membres du Directoire et du corps législatif condamnés à mort. — Pourquoi l'exil seulement pour Signorelli et Pirelli. — Fermeté de Cirillo. — Sa mort, en compagnie de Pagano, Ciaja et Pignatelli. — Les ministres à la poience. — Marcel Scoti, Pascal Baffa, Joseph Logotella, Nicolas Passico, l'aumônier Vincent Froisi, François Conforti, le médecin et professeur François Bagni, l'évêque de Vico, Pascal Maleva, ancien adjudant de Joubert, le duc d'Andria, le marquis de Carletto, le marquis de Guisaro, Onophre Calace, auteur et magistrat, pendus. — Vincent Bruno se tue pour éviter le supplice. — Vincent Rossi et le commandant du château des Carmes. — Anarchie continuelle. — Le Titus de son siècle. — Les frères, tes enfants, les pères de ceux qui ont péri. — Frayeur de la junte d'État. — Le général Docimone dénoncé par un de ses anciens valets. — Trois cents individus condamnés par jour. — Le prince de laBona et le prince de Torella. — Spoliation des bannis. — Les revenus du roi doublés. — Crimes et barbaries dans les provinces. — Une ville et treize villages soulevés contre le gouvernement. — Le cardinal Ruffo remplacé parle prince de Cassaro. — Commissaires exécuteurs dans les provinces. — De l'aveu d'un royaliste, les barbaries de Naples pires que celles des terroristes en France. — Texte de la capitulation des républicains. — Tableau des atrocités, par l'abbé de Montgaillard. — Autre tableau par lord B*»*****. — [1199.]

« Dans le premier article du traité, les républicains déclaraient d'abord qu'ils entendaient capituler avec les puissances alliées, ne se fiant pas assez au cartonal Ruffo ni au roi de Sicile , que représentait le chef de légion Megeant; qu'ils évacueraient les châteaux, en y laissant les munitions de guerre et de bouche, dans l'état où ils se trouvaient, et restitueraient W otages; qu'ils sortiraient en armes, tambour battant,

jusqu'à l'esplanade , où les soldats déposeraient leurs fusils, les officiers conservant toujours leurs épées. Ils demandaient encore dans cet article , qu'il fût permis aux patriotes des châteaux de se retirer en France, que leurs propriétés leur fussent conservées et administrées par leurs agents ; qu'il leur fût fourni des bâtiments neutres pour les conduire jusqu'à Marseille.

a Dans le second, que ceux qui préféreraient rester à Naples, ne seraient inquiétés ni pour leurs opinions ni pour leurs actions passées.

a Dans le troisième, que ce traité, et toutes les conditions y énoncées, s'étendraient non-seulement à ceux qui étaient dans les trois châteaux de Naples, et les retranchements voisins, mais encore ad commandant et à la garnison de Pescara, pour lesquels ils entendaient capituler, et de plus pour tous les patriotes qui se trouvaient dans le territoire napolitain , y compris ceux renfermés dans les prisons. Et en conséquence , une proclamation devait être affichée et envoyée dans les provinces, pour avertir le peuple de ce traité , afin que ceux qui désireraient se rendre en France pussent le faire.

a Dans le quatrième, que pour s'assurer de l'exacte observation de ces articles, il leur serait accordé à leur choix des otages qui seraient gardés dans le château Saint- Elme jusqu'à la réception d'un certificat du commandant de Marseille, constatant leur arrivée dans ce port, sans avoir éprouvé dans leur route aucun mauvais traitement, et que, jusqu'à cette époque, ledit château Saint- Elme ne devait pas être occupé par les puissances coalisées.

« Le cardinal ayant reçu ce proj et de capitulation, trouva los prétentions des patriotes trop hautes, en raison de la situation dans laquelle ils étaient, et demanda qu'on re-

tranchât du traité la fin de l'article 1er, par lequel ils se réservaient la propriété de leurs biens, qu'il regardait comme légitimement acquis au fisc royal, et tout l'art. 3, excepté les dispositions relatives à la citadelle de Pescara. Il finissait par demander qu'on supprimât toutes les expressions injurieuses à Sa Majesté sicilienne.

a Cette réponse étant parvenue aux patriotes, ils répondirent à Son Éminence qu'ils ne feraient pas le moindre changement à leur traité de reddition; et que s'il venait à être refusé, on eût à renverser les batteries qui avaient été dressées pendant la durée de l'armistice, et que les hostilités recommenceraient. Et en attendant la réponse définitive, ils se disposèrent à une sortie, et à écraser la ville de bombes et de boulets.

«Ruffo ayant pris le conseil des différents commandants des alliés sur ce qu'on demandait,, tremblant sans esse pour la tête de ses parents et de ses amis, restés en otage entre les mains des patriotes, et désirant de se délivrer de4ces désespérés, qui vendraient chèrement leur vie, et feraient ensuite sauter en l'air leur château, accepta la capitulation dans toute son étendue, en supprimant seulement les termes injurieux au roi. Lorsqu'elle fut signée de toutes les parties contractantes , les patriotes nommèrent des otages, parmi lesquels étaient le frère du cardinal et le général Micheroux. Ils se rendirent à Saint- Elme, et Ruffo, suivant l'article 3 de la capitulation, publia dans tout le royaume une amnistie pour ceux qui voudraient y rester ; et à ceux qui voudraient en sortir, la permission fut donnée d'aller à Marseille sur des bâtiments qui leur seraient fournis, les assurant que leur personne et leurs propriétés seraient garanties de tout accident. Il envoya au même instant le traité à Pescara, où était l'ex-duc d'Andria qui en était le commandant,

pour qu'il cédât la place à l'abbé Pronio, et vint à Naplj avec les siens, escorté par les royalistes. ,

« Les bâtiments ayant été préparés à la hâte, le premiq jour de juillet, les républicains de Saint-Martin abandon nèrent leur position, et se rendirent au milieu d'un) escorte à Pirro-Fallone, où on leur laissa le choix d^ partir ou de rester. Signorelli et quelques autres annon« cèrentle projet de rentrer au sfeinde leur famille, et, ayant mis la cocarde royale, ils entrèrent sans obstacle dans Naples. Les autres restèrent pour être embarqués dans la nuit. L'évacuation des deux châteaux ayant été faite, peu de patriotes regagnèrent leurs maisons, et la plus grande partie prirent le chemin du port, et montèrent sur les vaisseaux destinés à leur transport. Déjà deux de ces vaisseaux sur lesquels étaient les patriotes de Castel-a- Mare, ayant eu la permission de faire voile, étaient arrivés à Marseille. On vit alors affluer les patriotes de tous les points du royaume, qui demandaient à partir; on prit leurs noms à mesure, et ils furent tous embarqués. Déjà ils s'étaient éloignés du port , munis d'argent et d'effets que leur avait procurés leur famille, lorsque, contre toute attente, ils se virent conduits sous les batteries du château de l'Œuf, et enchaînés deux à deux. Se plaignant de cette violence et de l'infraction du traité, on leur lut un édit du roi, qui venait d'entrer dans le golfe sur le vaisseau de l'amiral Nelson. Sa Majesté y déclarait qu'elle n'avait jamais eu intention de capituler avec ses sujets rebelles, et qu'elle n'avait jamais accordé un tel pouvoir au cardinal Ruffo; et, en conséquence, elle ordonnait qu'ils fussent gardés avec soin, parce qu'ils ne pouvaient plus rien espérer de sa clémence. Cette proclamation royale fut un coup de foudre pour les patriotes, qui pressentirent tous les maux auxquels ils étaient réservés. Cepen-

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lant ils présentèrent à l'amiral Nelson un mémoire raisonné , en lui demandant l'exécution d'un traité auquel avait accédé l'Angleterre, ayant été signé par le commandant Foote, et n'eurent d'autre réponse, sinon qu'il avait présenté leurs remontrances à Sa Majesté sicilienne, à qui seule appartenait le droit déjuger du mérite et des délits de ses sujets. Alors toutes leurs espérances s'évanouirent. On les dépouilla de tout ce qu'ils avaient reçu de leurs parents. Les plus coupables furent embar-» qués et transportés dans des châteaux, où on les pendit; d'autres furent conduits dans les greniers à blé, et dans les autres prisons de la ville; d'autres enfin mis à fond de cale, nourris au pain et à l'eau. Dans un autre édit, le roi déclara la ville de Naples déchue de ses droits, et en conséquence l'abolition des états de la noblesse. Il fit arrêter tous les chevaliers qui étaient élus (1) lors de l'entrée des Français dans la ville, pour rendre compte de leur gestion. Il ordonna l'attaque des châteaux de Saint- Elme, des villes de Capoue , de Gaëte. Ces forteresses, après une faible résistance, ayant capitulé , les Français et les Cisalpins furent seuls admis à jouir du bénéfice de la capitulation. Michel le Fou, Belpussi et les autres Na- { politains en furent exceptés. Les otages furent mis en i liberté. Plusieurs patriotes, à la faveur des uniformes I français, s'embarquèrent avec eux, jusqu'à ce que le i gouvernement, en ayant été instruit, nomma deux officiers pour reconnaître individuellement ceux qui monteraient à bord des vaisseaux.

« Le bruit de ces édits s'étant répandu dans la ville, les Calabrais royalistes et les lazzaroni se crurent par là autorisés à recommencer le cours de leurs pillages et de

(1) C'est-à-dire, représentants de la noblesse.

leurs massacres. Ils retournèrent visiter les maisons des riches, recherchant les jacobins, et surtout les fameux lacets, dont on renouvela l'histoire. On ne rencontra plus dans les rues que des personnes chargées de butin, conduisant en prison des individus de l'un et de l'autre sexe, parmi lesquels étaient plusieurs royalistes, dont le seul crime étoit d'être riches. On les faisait embarquer sur les bâtiments anglais, d'où ils passaient à l'île de Pro- * cida; on les ramenait ensuite pour leur faire leur procès. Le roi était reparti, après avoir nommé pour juger les rebelles une junte d'État, composée en grande partie de Siciliens, à l'exception du baron de Guidobaldi Fiscale et d'Antoine la Rossa, ministre.

« Ceux-ci, pour faire cesser l'anarchie , publièrent les ordres les plus sévères contre ceux qui se permettraient des arrestations arbitraires ou le pillage. Le peuple, loin d'obéir, disait publiquement qu'il ne s'arrêterait que lorsqu'il n'y aurait plus dans la ville que des pauvres, seuls sujets fidèles au roi ; et ne s' embarrassant nullement des ordres de la junte, le 8 et le 9 de juillet furent célèbres par les horreurs en tout genre qui furent commises, et dont ma plume se refuse à tracer le récit. Ayant allumé un grand feu devant le palais royal, ils consumèrent dans les flammes sept malheureux arrêtés peu de temps auparavant, et poussèrent l'inhumanité jusqu'à manger les membres palpitants de ces infortunés L'infâme archiprêtre Rinaldi se glorifiait d'avoir eu part à cet exécrable repas. On ignore si ce fut par un effet de l'indolence du gouvernement, ou par la force, que les brigands s'emparèrent de Michel le Fou et de Pagliuchella, à qui ils firent éprouver pendant plusieurs heures tous les tourments que peut inventer la barbarie la plus raffinée. 11 n'était point d'asile, assez secret pour dérober

les fuyards aux recherches de ces barbares. Le général Caracciolo, sorti de la capitale dans la matinée du 14 juin, s'était retiré dans le village de Marano, où il vivait dans la plus profonde retraite. Il fut trahi par ses domestiques, qui, ayant demandé un renfort à la populace, le lièrent et le conduisirent sur un vaisseau, où il fut pendu, après les traitement les plus affreux.

a Cependant la junte d'État avait fait arrêter Signorelli et les autres patriotes qui, en vertu de la capitulation, s'étaient retirés dans leurs maisons, et on commençait à faire leur procès. Ceux qui étaient convaincus d'avoir rempli quelque emploi pendant la durée de la prétendue république, étaient condamnés à mort sans aucune forme judiciaire. Le commandant Massa, Janvier Serra, le prince de Strongoli, Julien Colonna, et d'autres qu'il serait trop long de rappeler, subirent la mort dans le château de l'Œuf, avec beaucoup de courage et d'intrépidité. Les deux religieux Belloni et Pistici furent pendus près de la Vicaria. Mais rien ne piqua plus la curiosité que le supplice d'Éléonora Fonseca, qui devait être pendue sur la place du marché. Le peuple voulait la forcer à crier : « Vive le roi ! » elle demanda un instant de silence pour haranguer les assistants, et déjà elle commençait, lorsque les exécuteurs, craignant quelque tumulte, hâtèrent l'instant de son supplice.

« Le jour suivant, on devait conduire àl'échafaud Tétat- Major de la troupe de ligne et de la garde nationale ; et tous ceux destinés à la mort avaient été traînés au milieu de la nuit dans le château des Carmes. L'adjudant général Grimaldi, jeune homme d'une force extraordinaire, au milieu du chemin, rompit les cordes dont il était lié, renversa de ses deux poings les deux soldats qui l'accompagnaient , et leur échappa. L'officier, qui en répon-

dait sur sa tête , courut à sa poursuite avec les siens , criant : « Au jacobin ! au jacobin ! » Déjà le jeune Grimaldi avait traversé plusieurs rues, quand il se trouva en face d'un corps de lazzaroni armés. Il lui vint aussitôt dans Tidée de crier : a Vive la république ! mort aux royalistes ! » Les lazzaroni, croyant que c'était le commencement d'une nouvelle révolution, et que les patriotes triomphaient, s'enfuirent à la hâte vers leurs maisons. Grimaldi allait être hors de danger, lorsque heurtant une borne de la rue, il tombe et se casse une jambe. Se traînant autant que sa blessure le lui permettait, il se collait le long du mur, quand un rayon de la lune le découvrit à ceux qui le poursuivaient. Désespérant alors de sauver sa vie , il s'élança sur le premier soldat qui s'approcha, et arrachant son sabre de ses mains, il songea à défendre avec courage ses derniers moments. Déjà plusieurs * coups de baïonnette lui avaient percé le corps en plusieurs endroits , lorsque l'officier rejoignit ses soldats, accompagné d'une loule de peuple. Mais ils ne parvinrent pas à le prendre vif, parce qu'il frappait ceux qui l'approchaient, et les éloignait avec son sabre, jusqu'à ce qu'enfin rendant le dernier soupir, son cadavre, tombé dans leurs mains, fut porté au château des Carmes, et de là à la potence.

« Manthone, sortant de la prison, aperçut tous ses compagnons, et en les embrassant les uns après les autres, il observa que le général Basset n'était point parmi eux : il en demanda la cause. Apprenant qu'il avait conservé sa vie en dénonçant à la junte d'État plusieurs patriotes inconnus : « Ah ! vil assassin de tes frères 1 s'écria-t-il.... « Vous m'êtes témoins que j'avais découvert sa bassesse, « et que je voulais le faire fusiller il y a quelques jours, a Mais il ne jouira pas longtemps du fruit de sa lâcheté ,

c et il mourra dans l'infamie, puisqu'il n'a pas su mourir « avec honneur. » Et ayant ainsi parlé il marcha à l'écha- « faud avec les siens.

«La junte d'État n'était point d'accord sur la peine à infliger au Corps législatif. Les uns opinaient que tous devaient être condamnés à mort, les autres voulaient que le supplice fut proportionné aux fautes de chacun, et cette opinion, la moins cruelle, soutenue par Antoine la Rossa, prévalut, malgré tous les ministres. On commença donc par Cirillo, président; et il fut conduit en leur présence pour être interrogé. Ferme dans son opinion, et soutenu par l'orgueil que lui inspirait sa réputation, il comparut devant ses juges avec calme et sérénité. Son nom, sa profession lui ayant été demandés, selon la forme des procès criminels de Naples, il répondit, , je m'appelle Dominique Cirillo, et ajouta : « Sous le desa potisme , j'étais médecin , sous la république , je fus « représentant, aujourd'hui, je suis héros ! » Interrogé sur les autres chefs d'accusation, il répondit, qu'il avait capitulé avec les premières puissances de l'Europe, et que si le droit public et le droit des gens étaient respectés, il n'avait rien à répondre à leurs demandes, et qu'ils devaient exécuter le traité; mais que si l'on voulait violer les premiers devoirs de la société, ils pouvaient le conduire au supplice. Il garda un silence obstiné sur les autres questions qui lui furent faites.

«Après lui comparut Mario Pagano, qui se servit à peu près des mêmes moyens de défense , en les développant avec l'érudition et l'éloquence qui lui étaiéht familières. H prouva , par divers traits de l'histoire de Naples (1),

(1) Roger de Normandie, premier roi de Naples, fit un traité *vec les habitants de Bari etTrani, qui s'étaient révoltés, et l'exécuta ponctuellement.

que toutes les fois que le roi avait capitulé avec ses sujets, il s'était fait un devoir d'observer ses traités, et que pendant le cours même de la dernière révolution, il n'avait jamais pensé à violer la capitulation de Catanzaro, arrêtée par le cardinal Ruffo seul , avant que le roi lui eût conféré les pouvoirs de son ministre plénipotentiaire. Tous ces raisonnements ne firent pas la moindre impression sur l'esprit des juges, parce qu'ils étaient détruits par l'édit du roi ; et ils furent reconduits dans leurs prisons. Ainsi tous les membres du Corps législatif et du Directoire furent interrogés l'un après l'autre, et quelque temps après, ils furent tous condamnés à mort, excepté quelques-uns, parmi lesquels étaient Signorelli et Pirelli. Le premier fut condamné à un exil perpétuel, en faveur des éloges donnés au roi, dans son ouvrage intitulé : La culture des Deux- Siciles ; et le second fut déclaré innocent et mis en liberté, après avoir produit un billet d'Abrial, commissaire français, par lequel il le sommait, sous peine d'être exécuté militairement, d'accepter la charge à laquelle le peuple le nommait. Mais le roi fut irrité lorsqu'on lui fit le rapport que la junte d'État avait déclaré innocent un sujet rebelle , qui avait exercé un emploi si important, et il condamna Pirelli à un exil perpétuel.

« Toute la nation, remplie du souvenir des bienfaits de Cirillo , prenait le plus vif intérêt à son sort , et chacun faisait des démarches pour obtenir du roi sa grâce et son pardon ; on disait que le ministre d'Angleterre avait promis de le sauver. Ses parents et ses amis allèrent le visiter dans sa prison, et lui firent part de ces consolantes nouvelles et de leurs espérances. Cirillo les écouta d'un air tranquille et serein, et leur dit ces paroles qui sont restées profondément gravées dans la mémoire de ceux qui les entendirent , et qui le firent regarder par les uns

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comme un fanatique , et par d'autrestwmme un héros : « En vain espère-t-on que je ternisse par cette lâcheté a une réputation intacte ! Je refuse les bienfaits d'un ty- « ran. Voudrais-je survivre à la ruine de ma patrie , et « à la mort de mes vertueux collègues?... »

« Tous les assistants, frappés d'admiration à la vue d'une fermeté si héroïque, versaient des torrents de larmes. La seule grâce qu'il demanda à ses juges, fut de mourir avec ses amis les plus chers, Pagano, Ciajaet Pignatelli, qui devaient être exécutés peu de jours après, et d'être envoyé dans la même chapelle pour y recevoir les consolations spirituelles, sans attendre la réponse de Palerme, parce qu'il avait été condamné comme eux. Sa demande lui fut accordée, et les quatre amis, réunis ensemble, passèrent la nuit dans les embrassements les plus tendres, dans des entretiens sur le bonheur de la vie future et s'avancèrent au supplice avec un visage où se peignaient la fermeté et la sérénité de l'innocence. Le peuple et les lazzaroni les plus acharnés s'enfuirent la tête baissée, pour n'être pas affligés de sa présence, et le cri de : Vive le roi ! ne se fit pas entendre comme dans les autres exécutions. On parla diversement dans la ville de la grâce demandée à Sa Majesté pour Cirillo. Les uns prétendaient qu'elle était peut-être signée, et accusaient de sa mort les membres de la junte d'État ; les autres disaient que le roi, irrité de l'obstination de Cirillo, l'avait refusée.

» Les jours suivants, on conduisit à la potence les autres représentants et ministres; mais les exécutions étaient devenues si nombreuses et si familières, qu'elles produisaient une faible impression sur des gens accoutumés à verser le sang et à vivre dans le pillage. — A peine connaissait-on les noms de ces malheureux, à moins que

quelqu'un d'eux n'intéressât d'une manière particulière (1). Un de ceux qui excita la curiosité générale fut Vincent Rossi, représentant du Corps législatif, différent d'un autre individu du même nom dont nous avons parlé ailleurs. C'était un avocat, à peine âgé de vingt-cinq ans, né à Palmij petit village éloigné de Naples de dix milles environ : ses parents étaient pauvres et d'une condition obscure. Il était parvenu à cette charge par ses talents et surtout par son éloquence. Il avait renoncé aux appointements de la république , et continuait de venir chaque jour, à Naples, à pied , couvert de l'habit d'un simple soldat, mangeant, en traversant les rues, le pain dont il était toujours muni, et qui faisait sa seule nourriture. Toujours vif, toujours gai , il savait assaisonner les questions les plus abstraites de bons mots pleins de sel et de gaieté. Il s'était ainsi rendu cher à tous ceux qui le connaissaient, et surtout à Cirillo, qui l'avait avancé, ayant reconnu qu'il cachait, sous l'extérieur le plus simple, les connaissances les plus étendues et les sentiments les plus

(I) Les plus célèbres victimes immolées à cette époque, furent Marcel Scoti, membre de la commission législative, homme d'une vaste érudition, et si célèbre par son Catéchisme des marins. Pascal Baffa, et Joseph Logotetta, renommés par leurs connaissances dans la littérature grecque et latine ; Nicolas Passlco, aussi versé dans la botanique que dans les mathématiques ; Vincent Froisi, aumônier du gouvernement, possédant toutes les connaissances relatives à son état, mort avec une piété et une résignation exemplaires ; François Conforti , doué de différents talents dans un degré éminent; François Bagni, médecin du premier ordre, lecteur de médecine dans l'Université de Naples ; l'évoque de Vico ; Pascal Mateva, auparavant chef de bataillon dans l'armée française, et adjudant du général Joubert; Hector Caraffa, duc d'Andria ; Joseph Riario, exmarquis de Garletlo, le marquis de Guisaro, Onuphre Calace, auteur et magistrat, et Vincent Bruno, qui, d'un coup de pistolet, prévint son supplice, et se réunit à ses collègues.

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héroïques. Il fut longtemps dans les prisons la consolation de ses amis; et, transféré à la chapelle des Carmes, pour se préparer à la mort, il ne perdit rien de sa gaieté. Le prêtre Joachim Puoti qui l'assistait, s'efforçait en vain d'élever ses pensées vers l'immortalité et le bonheur de la vie future. Lorsqu'il le vit dans la fin du discours, il lui demanda une bouteille de vin, et l'ayant obtenue, il obligea le bon ecclésiastique à boire à la santé des patriotes cachés, et après avoir bu, il s'endormit tranquillement. Le prêtre , désespérant de ramener à son devoir un homme si extravagant, en fit part au commandant du château , pour qu'on envoyât un autre ecclésiastique plus habile que lui. Le commandant, créature de Ruffo, et qui avait autrefois connu Rossi, vint en personne à la chapelle, pour l'exhorter à mourir chrétiennement, et lui inspirer des sentiments plus conformes à la religion. Rossi, l'entendant parler, perdit pour cette fois sa gaieté et son calme ordinaires, et lui répondit : « Toi, assassin, a ta te dis mon ami! toi, compagnon de Ruffo, tu me « parles de religion ! Ah ! conduis -moi au supplice : c'est a l'objet de tous mes vœux.» Le commandant se couvrit le visage , et se retira. Pour lui , redevenu tranquille, il marcha atusupplice peu de temps après, et, parvenu aux pieds de l'échafaud, il s'écria d'une voix forte : « Citoyens, « vengez-moi : je meurs pour la patrie ! » Le peuple, l'accusant d'irréligion, fit mille insultes cruelles à son cadavre et le jeta dans les fossés, derrière les prisons.

a Pendant la durée de toutes ces exécutions, qui ne finirent que dans le mois d'août, le peuple fut dans une anarchie continuelle; les honnêtes gens, opprimés par la terreur, remerciaient Dieu de leur ignorance, qui les avait préservés des emplois publics. Dans les discours ou dans les écrits on donnait au roi les louanges les plus

exagérées, et on ne rougissait pas de rappeler le Tttus de son siècle. Mais les frères, les enfants et les pères de ceux qui avaient péri , ne respiraient que la vengeance, et dans l'ombre de la nuit poignardaient de temps en temps les accusateurs de leurs parents ou de leurs amis. Les membres de la junte d'État, au milieu des gardes nombreux dont ils s'entouraient, tremblaient pour leur vie , et faisaient enfermer tous ceux sur lesquels on formait le plus léger soupçon.

a Le général Decimone s'était jusqu'alors caché dans la maison d'un de ses amis, ayant adroitement fait circuler le bruit qu'il était passé en Espagne; mais la junte d'État l'avait démenti. Un de ses anciens valets de chambre, l'ayant vu par hasard, courut demander au gouvernement la force armée , et l'ayant obtenue , il se donna le barbare plaisir d'amener, dans les prisons, son maître chargé de chaînes. Chaque jour on condamnait à peu près trois cents individus : les uns étaient exilés dans des îles : parmi eux furent les princes de la Bona et de Torella; et d'autres envoyés, selon leur demande, en France, après avoir été dépouillés de tous leurs biens. Ceux-ci se montraient satisfaits de leur sort, et aussitôt que leurs vaisseaux furent prêts, beaucoup de leurs amis* sans être coupables, demandaient secrètement aux capitaines des bâtiments , la permission de les suivre, et achetaient au poids de l'or cette faveur, jaloux de s'arracher d'un pays livré aux anarchistes et aux assassins. On publia enfin la liste des proscrits, pour que dans les pays où ils avaient été arrêtés, ceux qui avaient entre leurs mains des papiers ou autres objets leur appartenant, vinssent les remettre au chevalier Ferrante, nommé, par la cour, administrateur général des biens de tous les jacobins. Ainsi les richesses de§ premiers seigneurs du royaume, et les ren-

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tes de presque tous les couvents nobles, abolis pour avoir eu dans leur sein quelques jacobins, passèrent au pouvoir du roi, dont les revenus se trouvèrent doublés.

a Les provinces l'emportaient sur la capitale dans la science du crime et de la barbarie. Le peuple , accoutumé à vivre de rapines, refusait de labourer la terre, et attendait qu'une autre révolution lui offrit de nouveau le meurtre et le pillage. Les Calabrais, loin d'obtenir l'exemption de tout impôt pendant dix ans , comme on les en avait flattés, se virent contraints à payer les taxes des mois écoulés pendant le tumulte et la guerre, et la perception de ces impôts se fit avec le secours de la force armée. Le peuple réclama; et connaissant toute l'inutilité de ses plaintes et de ses réclamations, la ville de Paule d'abord, et ensuite treize villages près de Loscarq, levèrent, dans le milieu du mois de novembre, l'étendard de la liberté, et se soulevèrent contre le gouvernement.

« Cependant le roi, mécontent de la conduite de Ruffo, et particulièrement de la capitulation faite sans son consentement , lui ôta sa charge, à laquelle il nomma le prince de Cassaro, de Sicile, avec ordre de purger le royaume des jacobins.

« Ce nouveau vice-roi envoya, en conséquence, un commissaire dans chaque province, accompagné d'un régiment, pour aller d'un pays à l'autre, avec le droit de punir, mêmç de mort, ceux qu'il trouverait coupables, et surtout ceux qui avaient publié que le roi était un fugitif et un tyran. Tous les commissaires partirent pour aller remplir leurs commissions; mais le marquis de la Natra, destiné pour la Calabre , fut attaqué par les Calar brais, et contraint de retourner en arrière.

« Tous les commandants royalistes qùï avaient donné

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des preuves de leur attachement à la monarchie, furent récompensés selon leurs services. Sciarpa fut fait marquis avec l'uniforme de colonel , et quatre mille ducats de pension. Pronio fut fait baron, avec deux mille ducats de rente (1). »

Tel est le récit d'un témoin oculaire des événements. Nous l'avons cité tout entier, malgré sa longueur, parce qu'il est le seul qui contienne certains détails négligés des grands historiens , quoique les détails soient la vie de l'histoire. Hais on a pu remarquer que l'écrivain charge peu le roi de Naples, et que le nom de la reine n'est pas même prononcé. Des auteurs aussi royalistes que lui, ont été moins réservés. Il faut les citer à leur tour, si l'on veut faire connaître dans toutes ses horreurs le sombre épisode de 1799.

Néanmoins, avant d'en venir aux nouvelles citations, il semble nécessaire de résumer en quelques lignes, dût-on se répéter , les circonstances qui mirent fin à la république de Naples. On appréciera mieux de cette manière l'esprit, le caractère et la portée des événements. Quelques faits essentiels ont, d'ailleurs, été omis par l'écrivain qui nous est si souvent venu en aide.

Des troupes anglaises et napolitaines ayant débarqué à Castel-a-Mare, il fallut toute l'influence de Michèle il Pazzo pour contenir les lazzaroni. Macdonald, qui avait remplacé Championnet, chassa d'abord (28 avril 1799) l'ennemi débarqué; mais dans les premiers jours de mai, les Français durent se concentrer à Caserte. Le 7, toute l'armée partait pour Rome, à l'exception de faibles détachements qu'on laissait comme garnison à Saint-Elme, Capoue et Gaëte.

(1) Mémoires pour servir à l'histoire des dernières révolutions de Naples , édit. cit. , p. 199-228.

NAPLES. 19d

La République de Naples fut déclarée entièrement indépendante. Le commissaire du Directoire, Abrial, envoyé trop tard pour mettre fin aux discordes, proposa une organisation que les Napolitains adoptèrent. La forme républicaine fut maintenue. On institua dans la ville, une garde nationale, et l'on mit sur pied six mille hommes de troupes régulières. Un gouvernement provisoire fut constitué. Tl y avait commission législative, et directoire exécutif. On abolit l'organisation féodale et les fidéicommis. Les propriétés royales furent aliénées, comme biens nationaux. On forma des clubs patriotiques, et les prêtres prêchèrent que le Christ avait été démocrate. L'archevêque - cardinal de Naples lui-même seconda toutes ces mesures (1).

Mais divers événements favorisaient la cause royale. Par suite de la conclusion de la paix, entre le czar Paul et la Turquie, une escadre russe avait franchi les Dardanelles. Réunie à la flotte du sultan, elle s'était emparée de toutes les îles Vénitiennes de l'Archipel et de la mer Ionienne. Le succès de ces alliés de Ferdinand fanatisa le peuple. Il se trouva bientôt en rapport avec les flottes combinées, et en reçut des secours. Il passa à l'enthousiasme. En même temps, approchait de Naples l'armée antidémocratique du cardinal Ruifo, qui dans ses rangs comptait, entre autres, comme chefs de bande, Rodio, jeune noble de Catanzaro, Pansanera, et Gualtieri, surnommé Pane di Grano. En vain l'archevêque de Naples combattait de tout son pouvoir l'influence de Ruffo, la cause du cardinal gagnait chaque jour des partisans. Salerne était en pleine révolte. Dans les premiers jours de juin (1799), le chef de l'armée antidémocratique ar-

(1) Henri Léo, Histoire d'Ita lie, t. III, p. 440.

riva près d'Ariano, avec un corps considérable. Il fut rejoint par deux compagnies de grenadiers siciliens, et cinq cents Russes ou Turcs, qui avaient débarqué près de Manfredonia, avec quelques canons. Ils marchèrent tous ensemble sur Nola. Caserte se souleva. Des bandes se réunirent de tous côtés. Les Anglais venant en aide aux Siciliens, Ischia et Procida furent occupées.

Les républicains de Naples disposèrent tout pour la défense, et instituèrent un tribunal révolutionnaire; mais le peuple ne les seconda point. Le 13 juin (1799), Ruffo s'approcha. Il commença l'attaque, et fut soutenu par les Russes et les Turcs, qui l'avaient joint près d'Ariano. Des bandes pénétrèrent dans la ville ; mais le soir du lendemain, la lutte durait encore. Ce n'était point pour soutenir Ruffo que les lazzaroni avaient laissé les républicains sans appui. Us se livrèrent au pillage et au meurtre. Le désordre et les actes de cruauté durèrent trois jours entiers. Ils ne cessèrent que par l'intervention des troupes étrangères, et sur une proclamation du cardinal Ruffo, annonçant le pardon à tous ceux qui déposeraient les armes. Alors le château Neuf et le château de l'Œuf capitulèrent, aux conditions que l'on a vu, et qui furent, avant acceptation, examinées et discutées par les représentants du roi de Naples, dont l'un, le cardinal Ruffo, était son vicaire général.

Le 30 juin (1799), Ferdinand arriva dans la rade de Naples, avec son ministre Acton, le favori de la reine. Malgré les représentations du cardinal Ruffo, l'amiral Nelson avait déterminé le roi à refuser la ratification du traité fait avec les républicains. Ferdinand sans même descendre à terre, enleva à la ville de Naples ses droits et sa constitution, supprima les Seggi de la noblesse, érigea une junte d'État, à l'effet de rechercher . les. traîtres> et for-

mauneoommission dans l'objet d'exterminer les patriotes. L'amiral anglais lui-même., entrant dans le port avec la flotte, déclara les républicains prisonniers de guerre, et leur fit subir toutes sortes d'outrages. Les bandes recommencèrent à piller et à tuer. Michèle il Pazzo, naguère si puissant, fut égorgé comme étant ami des Français.

Le moment est venu de laisser la parole à deux hommes, dont l'un, royaliste, dit que les barbaries royales à Naples dépassèrent celles des terroristes, en France; et dontTautre, grand seigneur anglais, a visité tout récemment les lieux témoins de ces atrocités.

Le 13 juillet 4799, a le roi des Deux-Siciles rentre à « Naples, à la suite d'une capitulation du général Ruffo « (4), chef des royalistes insurgés, et du général Miche-

(1) Voici la texte de la capitulation, avec la traduction française en regard.

Articolo 1. — llcastel Nuovo, I

edil castel deir Ovo saranno ri-

messi nellemani deicomandanle

délie truppe di S. M. il re délie

Due Sicilie, e di quelle dei suoi

alleati il re d'Inghilterra, l'im-

perador di tutte le Russie, e la

Porta Oliomana, con tutte le mu-

nizioni da guerra, e da bocca»

aniglieria, et effetti di ogni spe-

cie, esistenti nei magazzini, di

cui si formera inveotario dai

commissari rispeltivi dopo la

ûrma délia présente capitola-

zione.

II. — Le truppe componenti le guarnigioni conserveraqno i toro foui Ono che i hastimenti,

Article I. — Le château Neuf et le château de l'Œuf seront remis dans le* mains du commandant d>8 troupes de S. M. le roi des Deux-Siciles, et de celles de ses alliés, le roi d'Angleterre, l'empereur de toutes les Russies, et la Porte Ottomane, avec toutes les munitions de guerre et de bouche, artillerie et effets de toute espèce, existant dans les magasins, desquels il sera fait inventaire par les commissaires respectifs, après la signature de la présente capitulation.

II. — Les troupes composant les garnisons conserveront leurs forts jusqu'à ce que les bâtiments,

di cui si parlera qui appresso, I dont il sera parlé ci-après, destinât! a Irasporlar gl'indivi- I tinés à transporter les individus

a roux, attaché à Ferdinand ; du commandant de Fesca- « dre anglaise, Nelson ; de tous les chefs des troupes a alliées, et de la petite troupe française qui se trouve en-

dui che vorranno andare a Tolonc, saranno pronti a far vêla.

III. — Le guarnigioni usciranno cogli onori di guerra, ar • mi, bagagli, tamburo batlente, bandiere spiegate, miccia accesa, e ciascuna con due pezzi di arliglieria; esse deporranno learmi sul lido.

IV. — Le persone, e le proprietà raobili ed imraobili di tutti gl' individui coraponenli le due guarnigioni saranno rispettale, e garantite.

V. — Tutti gli suddetti individui potranno scegliere d'imbarcarsi sopra i baslimenti parlamenlari, che saranno loro presentati per condursi a Tolone, o di restare in Napoli , senza essere inquietati nô essi, nô le loro famiglie.

VI. — Le condizioni contenute nella présente capitolazione sono comuni a lutte le personne dei due sessi rinchiuse nei forti.

VII. — Le stesse condizioni avran luogo riguardo a tutt' i prigionieri fatti sulle truppe repubblicane dalle truppe di S. M. il re délie Due Sicilie, e quelle dei suoi alleati nei diversi combattimenti, che hanno avuto luogo prima blocco dei forti.

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