CHAPITRE XXI
La situation de Naples discutée au Parlement anglais. — Ferdinand et l'Autriche flétris par la Chambre des Communes. — Les droits de la Sicile défendus par lord Bentinck. — Demande d'une adresse à Sa Majesté. — Réponse du marquis de Londonderry. — Réplique foudroyante de sir John Mackintosh. — Les Italiens dans la même situation que les Anglais il y a trois siècles. — Les mêmes luttes peuvent leur rendre leur splendeur et leur gloire antiques. — Destin fatal des Amis de la liberté. — Tendances à justifier le despotisme. — Que serait devenue l'Angleterre si on l'eût traitée comme on a traité la Sicile?— Horreur et indignation de l'orateur. — Insuccès de ses efforts. — La France se prononce pour les victimes contre les bourreaux. — Comité secret de la Chambre des Députés. — Discussion orageuse. — Passage de l'adresse relatif à Naples et au Piémont. — La Gauche et la Droite se réunissent dans un blâme commun. — Indignation de Louis XVIII. — Son refus d'entendre la lecture de l'adresse. — Changement de ministère. — Désappointement de la Gauche. — Chute des Bourbons préparée. — Agitation universelle. — Complot de Saumur. — Napoléon IL — Conspiration de Béfort. — Les Carbonari à Toulon. — Les Bons cousins. — Les Chevaliers de la liberté. — Vente militaire à Paris. — Tentatives du général Berton. — Bruits d'un gouvernement provisoire. — Alliance du clergé avec les Gouvernements absolus. — Les missionnaires interrompus aux Petits-Pères. — Arrestation de deux Députés. — Troubles dans l'Église Saint-Eustache. — Rassemblements sur la place des Victoires. — Deux partis dans les Écoles. — Les cours de la Faculté de droit suspendus. — Complot de la Rochelle. — Dissolution de l'École de Saumur. — Conspiration de Colmar. — Réquisitoire de M. de Marchangy. — Les sociétés secrètes attribuées à Napoléon. — Le 20 mars, un effronté succès. — Le plus odieux forfait de l'usurpation. — Ce que voulaient les Carbonari. — Peu de républicains. — La société de l'Épingle noire.— Les Patriotes de 1816.— Les Vautours de Bonaparte.— Les Chevaliers du soleil. — - Les Patriotes européens réformés. — La Ré' génération universelle. — La sédition, un département à porte-
feuille.— LesCarbonari organisés dans trente-cinq département.
— Plusieurs centaines de Ventes. — La Victorieuse. — La Sincère. — La Réussite. — La Bélisaire. — La Westermann. — La Washington. — Les Amis de la vérité. — Société des Amis de la la liberté. — La Fontaine d*or. — Le Comité Directeur. — Le Bataillon sacré. — Dissidence dans les systèmes. — Les deux morales. — Réponse par l'échafaud. — Exécution de Sirejean; — du capitaine Vallée; — des quatre sergents de la Rochelle/ deCaron; — de Berton, Sauge et Jaglin. — Le Congrès de Vérone.
— Questions posées par M. de Montmorency, d'accord avec MM. de Chateaubriand, de la Ferronays et de Caraman. — La France appuyée contre l'Espagne, par l'Autriche, la Prusse et la Russie. — Réponse de l'Angleterre. — Wellington révolutionnaire. — La chute de la Restauration décidée. [1822].
L'Angleterre officielle s'était bornée à déclarer qu'elle ne prendrait point de part aux résolutions de Laybach ; mais, au Parlement, l'opposition fut poussée plus loin. La Chambre des Communes, dans une séance (21 juin 182!) devenue célèbre, flétrit avec énergie la conduite de l'Autriche et celle de Ferdinand. Le débat s'ouvrit par une motion de lord Bentinck relative aux affaires de Sicile. L'envoyé de 1812, avec toute l'autorité que lui donnait son ancienne position dans le pays que l'étranger polluait en ce moment de sa présence, voulut soutenir et démontrer que, si le dernier manifeste donné par les souverains à Laybach, avait déclaré leur détermination de ne souffrir aucune Constitution qui n'aurait point été légalement établie, la liberté réclamée par les Siciliens avait été aussi légalement établie, reposait sur une autorité aussi sacrée que celle qui liait les gouvernements de ces souverains eux-mêmes. Ce fait, il le mettra dans la dernière évidence, malgré la profonde émotion que doit éprouver « celui qui a été témoin du commencement et de la « marche progressive des améliorations exécutées en Sice cile ; qui, ensuite, a eu la mortification de voir toutes
« les espérances qu'il avait chéries le plus, complètement
« détruites ; tous les droits les plus précieux du peuple,
a tous ses plus chers privilèges renversés, son avenir ruiné,
« et lui-même, après tant de promesses, replacé dans
« une situation pire que celle oh il était avant l'arrivée
« des troupes anglaises sur son sol. » Nous ne suivrons
lord Bentinck ni dans l'exposé des motifs qui portèrent
l'Angleterre à occuper la Sicile, ni dans le narré des
circonstances qui donnèrent lieu à la Constitution de 1812.
On connaît déjà tous ces faits. Nous ne reviendrons pas
davantage sur la régularité avec laquelle s'exerçaient les
différents pouvoirs nouvellement institués; sur ce que le
Parlement se rassembla, aux applaudissements du pays,
pendant les années 1813, 1814. et 1815; sur ce que le
roi, ayant repris, en 1814-, « les rênes du gouvernement,
« renouvela son serment d'observer inviolablement la Cons-
« titution qui venait d'être établie. » Nous devons, autant
que possible, ne prendre dans le débat que ce qui est
nouveau pour le lecteur.
« Lorsque je partis de Sicile, dit lord Bentinck, deux « conditions avaient été solennellement stipulées en face veur du peuple : Tune qu'aucun individu ne serait « molesté pour ses liaisons avec les Anglais pendant « qu'ils dirigeaient les affaires de l'île; l'autre, que les « droits et les privilèges possédés par les Siciliens ne « souffriraient aucune atteinte du changement de l'adminis- « tration. Comment ces stipulations solennelles ont-elles « été exécutées? Loin qu'elles aient reçu la moindre « exécution, je sais, par les autorités les plus certaines, « que jamais il n'y eut d'anéantissement plus complet de « tous les droits, de tous les privilèges que celui qui sui- « vit ; jamais accumulation de plus d'injustice, d'oppres- « sion, de cruauté, ne souilla les annales d'aucun pays. . .
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et Le roi, entre autres actes, a fixé à la somme de a 1,842,000 onces le maximum des dépenses en Sicile, a // n'y a pas d'exemple d'une supercherie pareille. S'il a y avait un conseil national pour contrôler la dépense, « l'étendue du mal pourrait être diminuée ; mais là où a le souverain est un despote, tout contrôle est hx>rs de a question. » Lord Bentinck termine en demandant qu'une adresse soit présentée à Sa Majesté pour c< qu'il lui plaise « d'intervenir, ainsi que le demandent Vlionneur et la bonne « foi de l'Angleterre. »
Le marquis de Londonderry (1) répondit avec légèreté et ironie au discours si grave de lord Bentinck. Dans ses jeux d'esprit, il eut la malheureuse idée de provoquer un représentant de l'Ecosse qui ne souffrait guère ces sortes d'attaque. 11 s'attira une réplique foudroyante.
Pour justifier les reproches que l'opposition adresse au noble marquis et à ses collègues, sir John Mackinfosh n'a besoin d'invoquer que la dépêche de lord Londonderry lui-même (1816), à sir William A'Court. Il suffît de rapprocher les termes de cette missive de la conduite du gouvernement anglais, pour voir que le cabinet a
(1) Robert S te w art, marquis de Londonderry, vicomte Castlereagh, né en 1769, en Irlande, dont il fat plus tard gouverneur, et où il exerça la plus odieuse dictature. Ministre dès 1811, il contribua puissamment, dans les années 1813 et 1814, à soulever l'Europe contre la France. Après la chute de Napoléon, ambassadeur auprès des puissances alliées pour traiter de la paix générale. Redevenu ministre, il se montra l'ennemi déclaré des idées libérales. Il eut l'honneur d'avoir pour principal adversaire Canning. On prétend qu'il était aussi corrompu que corrupteur. Le marquis de Londonderry se tua en 1823. Les uns attribuent sa mort à la folie, les aures au chagrin que lui causait l'état des affaires. L'abbé de Montgaillard assure que Casllereagh mourut chargé de la haine et du mépris publics, et il ajoute que son suicide est le plus grand servitt qu'il ait rendu.
dévié de son principe, et qu'il « n'a pas rempli les obli- « gâtions dont il s'était volontairement chargé. » Sir Mackintosh s'indigne que le ministère ait « pris pour « maxime l'horreur de tout ce qui ressemble à des « droits populaires, la crainte de la liberté publique, la a proscription de tout ce que le congrès de Vienne sem- « blait avoir à jamais scellé! Le noble marquis, dit-il a ensuite, a beaucoup appuyé sur ce fait, qu'aucun Si- « cilien ne s'est plaint à ce gouvernement d'avoir soufc< fert de mauvais traitements du gouvernement napolia tain; et, de ce fait, il a conclu la satisfaction générale « du peuple sicilien. Hais était-il vraisemblable que les « Siciliens vinssent se plaindre? Ils savaient que les a puissances de la Sainte -Alliance s'étaient mutuellece ment promis d'étouffer toute plainte des peuples con- <r tre leur souverain ; ils savaient, je rougis de le dire, « que le gouvernement anglais n avait point désapprouvé a ce pacte criminel... Le marquis de Circello a déclaré « que la difficulté de mettre la Constitution en pratique « était le motif du changement. Était-ce là le véritable? « No». Le véritable motif, c'était ce traité criminel signé c< le 12 juin 1815, par lequel le roi de Naples s'en- « gagea à ne permettre dans ses États aucune forme de » gouvernement qui fût incompatible avec le principe « du gouvernement de Sa Majesté apostolique en Italie. « Si la Constitution de la Sicile eût été plus praticable, « elle aurait paru encore plus dangereuse, en consé- « quence de ce traité. Si, en effet, une forme degouver- « nement populaire était possible en Sicile, que deve- « naient les maximes avec lesquelles l'Autriche gouverne « en Italie? Cet argument avait été fait dans un tel es- « prit de fraude et de perfidie, que le roi de Naples, non a content de l'avoir celé au gouvernement anglais dans
« les premiers moments, le cacha, jusqu'à la fin de 1817, a au noble lord et à sir William A 'Court. Ou le goua vernement napolitain a regardé son traité comme oblia gatoire ou non. S'il l'a regardé comme tel, il a donc « aboli la Constitution sicilienne conformément à cette a clause infâme? Quelle preuve y avait-il alors de l'ima praticabilité de la Constitution?... Le gouvernement naa politain s'était donc obligé à établir le despotisme en a Sicile, et il avait résolu d'accomplir sa promesse, quoi a qu'il dût en coûter à ses devoirs envers la Sicile et à « ses obligations envers l'Angleterre... S'il y eut de Pop- « position à la Constitution sicilienne, elle se trouva non a dans les deux Chambres du Parlement, mais dans la « cour, mais dans les conseils, et, si l'Europe n'est pas a trompée, dans la famille même du roi...
« Le noble lord dit que la nouvelle Constitution éloigne « toutes les difficultés, et que l'ancienne est pleine de dé- « fauts et d'obstacles : et pourquoi? C'est que la nouvelle « Constitution est en effet la plus simple qu'il y ait au « monde, ce que nos ancêtres appelaient un simple des- « potisme... Nos ancêtres luttèrent pendant des siècles « avant de pouvoir forcer leurs rois à tenir régulièrement « les Parlements. Ce droit, si important à lui seul, est ence levé aujourd'hui aux Siciliens. Le roi a le pouvoir de chan- « gerles taxes à son gré : qu'on suppose maintenant qu'il « triple ses revenus de cette manière, où sont les moyens « de résistance? Où est le député d'Aberdeen, pour dé- « noncer l'impôt illégitime et châtier les auteurs napoli' « tains? Le Parlement est donc détruit, et voilà la Consti- « tution qu'on veut faire croire à la Chambre aussi bonne « que celle qu'avait la Sicile avant notre occupation !
« Je ne croirais pas encore que le noble marquis com- « prît le véritable caractère de cette affaire, si je n'avais
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a observé l'adresse et l'habileté avec lesquelles il glisse a sur les points pénibles et difficiles, Paisance avec la- « quelle il s'échappe de ces pas dangereux, celte espèce « de-demi-ton, de demi-sourire avec lesquels il amorce la « Chambre, comme s'il voulait lui persuader qu'il vaut « mieux penser à autre chose ou rire avec lui, que s'eni- « barrasser d'objets que l'éclat magique de son éloquence a ne peut faire goûter.
a Je demande par où la nouvelle Constitution donnée
« à la Sicile peut se distinguer du gouvernement monar-
« chique le plus absolu ? C'est un lieu commun fort à la
a mode aujourd'hui que certaines nations ne sont pas faites
ce pour la liberté politique. Nous n'en sommes pourtant
« pas encore venus à ce point de sublimité asiatique de
a nier le droit que toutes les nations ont à la justice; mais,
« dit-on, il y a des nations tout à fait inhabiles à la liberté
« politique. Quelle est donc la nation du monde qu'on a
« vue devenir propre à la liberté sans jouir de cette même
« liberté? On remarque sans cesse que certaines nations
a peuvent bien être capables des droits civils, mais non
« des droits politiques. Les ]taliensmsont aujourd'hui dans
« la même situation que les Anglais, il y a trois siècles.
a Ils luttent aujourd'hui comme nous avons fait lorsque
« nous jetions les fondements du plus bel édifice de
« liberté que le monde ait jamais vu, et les mêmes luttes
« peuvent aussi leur rendre leur splendeur et leur gloire
« antiques. . .
« Je ne puis m'empôcher de remarquer le destin fatal a des amis de la liberté... La liberté a contre elle toutes a les présomptions défavorables, sans qu'il soit besoin de « la moindre preuve ; le despotisme est jugé irréprochable, h jusqu'à ce que toutes les charges contre lui soient pleine a ment prouvées. D'un mot on condamne la liberté à une
u mort ignominieuse; on justifie le despotisme, comme a sanctionné par l'usage ou requis impérieusement par u les circonstances. On déclare le gouvernement libre « impraticable dans beaucoup de contrées. On n'a jamais « fait cette objection au despotisme en Turquie ou au « Maroc. Mais les gouvernements libres, on doit les re- « pousser comme visionnaires. L'abolition, voilà le seul « remède. Deux ans ont paru être à la Sicile une expo « rience suffisante de l'impraticabilité de la Constitution, a et la monarchie absolue a été rétablie. Que fût devenue « l'Angleterre si elle eût dû renoncer à la liberté sur une h pareille expérience? Et ce n'est que par miracle qu'elle a a échappé à ce péril. Nos luttes furent regardées o comme on regarde de pareilles luttes maintenant. On « fît contre nous plus de congrès, plus de ligues que les a historiens n'en ont pu pénétrer. Des hommes sem- « blables à ceux qui étaient à Vienne, ont vu sans pitié a nos plus glorieux efforts. Ne devons-nous donc pas reste sentir quelque compassion pour ceux qui sont aujouru d'huî, comme nous l'étions alors, à la merci du despo- « tisme? J'admets les ménagements extrêmes qu'il faut « garder avec le despotisme, le soin avec lequel on doit « laisser le poison se glisser dans tous les membres, jus- « qu'à ce qu'aucun mouvement salutaire ne soit plus a possible. Mais je demande aussi quelque indulgence « pour les luttes de la liberté...
a Le noble lord a garanti 1 a et la bonne foi de la natio a donc se départir de ses engi « déshonneur. Il y a eu une il « tôt donc que la Constituée « sommes obligés de replace « position qu'avant...
a Je me réjouirais si quelque amélioration au sort de « ce peuple sans défense était le fruit de l'intervention « de la Grande-Bretagne, qui Va si profondément offensé. <x Son ancienne Constitution n'a point été soutenue par « dix mille hommes de troupes étrangères; elle n'avait « point été faite par les baïonnettes autrichiennes. Le a décret de mai, relatif aux derniers changements, con- « tenait un passage si insultant, si méprisant pour les « Siciliens, que je n'ai pu le lire sans la plus vive indice gnation. Ce passage était celui-ci : « Autant d'indépen- « dance qu'il leur est bon d'en avoir, » c'est-à-dire, nulle « indépendance... La Sicile ne demande point sa sépa- « ration comme pays, mais comme gouvernement. Lors « donc que j'ai vu des mercenaires étrangers discuter une « Constitution dégradante, non-seulement pour un Euro- « péen, mais même pour un esclave d'Asie, lorsqu'ils osent « dire qu'ils donneront à la Sicile autant d'indépendance « qu'il lui en faut, je ne puis assez exprimer mon hor- « reur et mon indignation. »
Ce discours, un des grands honneurs de la tribune anglaise, et qui suffirait seul à l'illustration d'un homme, n'obtint pas le résultat désiré. Le ministère anglais se dispensa d'intervenir, et Ferdinand put continuer, avec l'aide des Autrichiens, à faire peser sur ses peuples le plus horrible despotisme. Sir John Hackintosh partagea seulement avec lord Bentinck la gloire d'être appelé l'ami des Siciliens, gloire véritable si l'on considère combien sont rares ceux qui ont le courage de se prononcer pour les victimes contre leurs boifireaux.
Disons-le à l'honneur de la France, cette gloire elle y prit part; et ici l'opposition dut être plus vive et plus générale; car si en Angleterre la famille royale était seulement soupçonnée d'être au fond du cœur pour Ferdinand
contre ses sujets, on sait que chez nous il y avait certitude de ces dispositions. On n'a pas oublié, en effet, que Louis XVIII avait écrit au roi de Naples qu'il s'associait aux résolutions que prendraient les monarques pour lui assurer la plénitude des droits de sa couronne, en d'autres termes, le pouvoir absolu. Nos manifestations emprunteront d'ailleurs une nouvelle énergie de ce fait, que la couronne de France va tenter, malgré la Charte, de se rapprocher un peu du despotisme de Ferdinand.
Loin que les violences envers le Piémont et les Deux- Siciles eussent abattu en Europe le mouvement des esprits, l'action révolutionnaire semblait chaque jour prendre une nouvelle force. Les peuples se montraient impatients de liberté en raison des effets que faisaient les souverains pour généraliser l'esclavage. Des monarques sages auraient cherché à ramener les partis par des concessions; ceux d'alors ne songeaient qu'à augmenter leur despotisme. Après Ferdinand Ier, c'est Louis XVIII que nous allons voir à l'œuvre.
Dans les derniers jours de 1821 (26 novembre), la Chambre des Députés de France s'était réunie en comité secret, pour la rédaction de l'adresse en réponse au discours de la couronne. La discussion fut extrêmement orageuse, et un passage surtout, voté, comme tout le reste, par 176 voix contre 98, exaspéra les ministériels. Il s'agissait des révolutions de Naples et duPiemont. M. Delalot, en rédigeant cette phrase, avait mis assez d'art dans l'allusion, pour que la gauche y pût voir un blâme contre le gouvernement pour n'avoir pas suffisamment favorisé les peuples; et la droite, pour n'avoir pas suffisamment contribué à les.punir. La gravité de la situation consistait dans l'hostilité que rencontrait le ministère des deux côtés delà Chambre. Gauche et Droite se mirent d'accord pour
adopter ce passage : « Nous nous félicitons, sire, de vos « relations constamment amicales avec les puissances « étrangères, dans la juste confiance qu'une paix si pré- « cieuse n'est point achetée par des sacrifices incompa-