CHAPITRE VIL
Soulèvement dans les provinces.' — Ce qu'étaient les insurgés. — Principaux chefs. — Mœurs de la Galabre au commencement du
(!) Après le 30 prairial an VU, Championnet fut rappelé au commandement de l'armée d'Italie. D'abord vainqueur, il fut ensuite défait à Genola (1799) par les Austro-Russes que commandait Mêlas. N'ayant pu supporter un échec , auquel il était si peu fait, ce grand général mourut de chagrin. La ville de Valence, sa patrie, lui a élevé une statué.
siècle. — Débats d'un homme célèbre. — Abus scandaleux du trésor apostolique. — La marquise Avia. — Un voleur promu au cardinalat. — Le cardinal Ruffo intendant de Caserte. — Un bref de Pie VI. — Sou peu d'effet. — Un cardinal mouchard. — Ruffo à Palerme. — Le cardinal s'embarque pour la Calabre. — La terre enflammée au nom du ciel. — Le Christ et le fusil. — Les prêtres commandants d'insurrection. — Quelques capitaines de Ferdinand. — Fra Diavolo. — Pauzanora. — Sciarpa. — Rodio. — Pronio. — Mammone. — Un vrai buveur de sang. — Exploits peu édifiants de l'armée de la foi. — Un évêque massacré par des royalistes. — Cotrone saccagée par les défenseurs du roi de Naples. — Capitulation de Catanzaro. — Le cardinal Ruffo, vicaire général du royaume. — Les nobles de Cosenza et l'armée royaliste. — Promesses et manœuvres de Ruffo. — Leurs résultats. — Les Français dans la Pouille. — Duhesme à la poursuite de Ruffo. — La sévérité de Macdonald rallume les haines. — Révolte des lazzaroni. — Intervention salutaire de Mi« chel le Fou. — Plaintes au Directoire. — Envoi d'un ministre plénipotentiaire. — Proclamation de Macdonald aux habitants de i Naples. — Trente mille gardes nationaux. — Arrivée d'Abrial. — j — Habileté de sa conduite. — Corps législatif et Directoire de Naples. — Intrigues et succès de la réaction. — Arrestation de Charles Laubert. — Il est délivré par Macdonald. — Son discours au peuple. — Reconduit en triomphe. — Son départ de Naples. — Préparatifs contre les insurgés. — Nomination de quatre ministres. — Misère publique. — Dévouements honorables, mais impuissants, pour y mettre un terme. — Mesures de Mau« thone pour défendre la République. — Débarquement des Anglais à Cacava. — Leçon qu'ils reçoivent de Macdonald. — Le général français quitte Naples. — Déroute de l'abbé Pronio l\1TOV
La plupart des provinces avaient conservé les VÎetïï ferments de leurs précédentes luttes. Après le départ df Championne^ elles se mirent en insurrection ouverte Bientôt le soulèvement devint à peu près général. Ce orage était d'autant plus affligeant, que les insurge *„: saient peu d'honneur à la cause qu'ils prétendaient ^ fendre. Le plus grand nombre des bandes n'étaient ^ut
que des hordes de brigands, ayant pour chefs de véritables scélérats.
Salomon, un ancien intendant, Pronio, autrefois dé* tenu, et Giustini Sciabolone tenaient les Abruzzes ; la Terre de Labour obéissait à Fra Diavolo (1), dont le vrai nom était Michèle Pezza, et à Mammone, ancien meunier à Sora ; enfin, deux Corses : Giambattista de' Cesari et Gianfrancesco de Boccheciarupe, commandaient aux environs de Tarente et de Brindes (Brindisi). Nous ferons J connaître quelques-uns de ces chefs; mais, d'abord, ^ nous devons parler d'un pays exceptionnel par ses .1 mœurs; de bandits qui formèrent une véritable année; l;« et d'un commandant dont le nom est plus célèbre qu'au-
i cun autre.
01fP Les Calabres ultérieure et citérieure avaient témoigné nu - le désir de se former en État démocratique ; mais, en ^ même temps, elles avaient déclaré leur résolution de ne mï pas souffrir que les troupes françaises missent le pied sur 10 j leur territoire. Jusque-là on ne saurait les blâmer. C'est liri le droit éternel des peuples de se soustraire au joug de ic<f Vétranger, joug toujours humiliant, même quand c'est la >rak France qui l'impose. Ce qui fut moins légitime, c'est la c manière dont l'ancienne Iapygie voulut procéder à son u , affranchissement.
(i't Les habitants de la Calabre (2) sont, au plus haut degré,
barbares, féroces et vindicatifs. Peu enclins à la société,
^ leur bonheur est de vivre à l'écart, se retirant le plus
tarU 'u''k Peuvent, à la manière des sauvages. Les haines,
jvert entre ennem*s> son* profondes et vivaces. Pour que la
al. & (1) Fra, frère, el Diavolo, Diable; Fra Diavolo, Frère Diable.
fés » W Le tableau qui suit était vrai an commencement du siècle, et
jj (jt c est de cette époque qu'il s'agit. Il est possible que, depuis, l'état du
t* W* se soit modifié.
vengeance soit satisfaite, il ne faut rien moins que la destruction totale d'une famille, et ce sont les enfants à la mamelle que Ton commence par massacrer. Lorsque, par une circonstance quelconque, l'ennemi n'a pu suffisamment égorger, il transmet sa haine aux descendants comme un héritage précieux, et les générations se poursuivent et s'immolent pour une querelle qui remonte à leurs ancêtres. L'occupation favorite de ces peuples étranges est d'atteindre un but avec une balle. C'est le plus habile dans cet exercice qui est le plus respecté et le plus honoré parmi ses concitoyens. Dans les combats, la mort des vaincus est glorieuse à l'égal de celle des vainqueurs. Il n'y a véritablement de honte que pour la mort naturelle. Si un homme vient à mourir dans son lit, la femme et les enfants se lamentent, et leur désespoir n'a pas de terme, a N'y avait-il donc pas une balle « pour le tuer? » s'écrient-ils. a Fallait-il que mon mari, c< que notre père, mourût comme un vil citoyen ? » Les femmes suivent les hommes à la guerre, et combattent à leurs côtés avec une incroyable bravoure.
Les Calabrais ne reconnaissent aucune loi ; et les magistrats sont chez eux avilis et méprisés. Il est rare qu'on tente d'arrêter les coupables; mais, si cela arrive, au premier avertissement, ils se retirent au fond des bois, vivant de pillage, dépouillant et assassinant les voyageurs, sans que personne soit assez hardi pour les poursuivre dans leur retraite.
La superstition est la compagne inséparable de l'abrutissement. Les Calabrais ne savent rien de la religion ; mais ils sont fanatiques de leurs prêtres, presque aussi ignorants qu'eux-mêmes , et tout ce qu'on leur dit au nom du ciel, est considéré comme des oracles de la Divinité.
On conçoit si les ecclésiastiques se font faute de donner, à l'occasion, des ordres qu'ils savent devoir être aveuglément suivis. Don Reggio Rinaldi, curé de la Scala (Calabre citérieure), se servit de son ministère pour tenter la fortune et former un parti. Il fomenta la haine, augmenta les défiances, et, quand il fut sûr d'une hostilité formidable contre les Français, il écrivit au roi de Naples pour offrir son concours. Le rang obscur du personnage faisait hésiter la cour de Palerme; mais un haut dignitaire de PÉglise s'offrit à conduire l'entreprise. Son ministère pesa d'un poids si considérable sur les destinées du pays ; sa personne et son rôle ont eu un tel retentissement ; l'une et l'autre ont été si diversement jugés, qu'on croit devoir donner quelques détails sur les antécédents de ce chef renommé.
Ruffo avait reçu sa première éducation à la cour de Rome. Grâce au crédit de son oncle, il fut, tout jeune encore, nommé par le pape, trésorier apostolique. Sa conduite ne tarda point à faire repentir Pie VI d'avoir confié une telle charge à un tel homme. Ruffo devint amoureux de la marquise Avia, et passa les journées entières auprès d'elle. a Les revenus de l'Église étaient sa- « crifiés à ses folles amours, et sa maîtresse nommait à a toutes les places qui dépendaient de lui, avec une puer biieité révoltante (1).
Dans un gouvernement ordinaire, ce scandale de mœurs, de places données par une concubine, tout au moins, ce vol des deniers publics, aurait reçu quelque châtiment; on va voir comment le Saint-Père le punit, a Après l'avoir mille fois repris inutilement, avec a une bonté paternelle, le Pape, pour lui ôter honorable-
(1) Mémoires pour servir à l'histoire des dernières révolutions de Naples. Édit. cit, p. 81.
a ment la charge dont il jouissait, LE NOMMA cardinal. a Ruffo, dégoûté de son amie, qui le méprisait, parce a qu'il ne pouvait plus l'entretenir dans le faste et l'o- « pulence, demanda un passe-port pour Naples, qui lui « fut accordé, malgré les différents qui régnaient à cette « époque entre les deux cours (1). />
Soit que notre cardinal fût de sa nature peu reconnaissant, soit qu'en Italie tout doive être permis aux prêtres, Ruffo trouva que le pape l'avait fort maltraité, en ne lui laissant pas le trésor apostolique, qui lui valait les faveurs de la marquise Avia. Présenté au roi de Naples, Ruffo se plaignit longuement de l'ingratitude de Pie VI, et sollicita un emploi qui pût le faire vivre commodément. Ferdinand lui donna l'intendance de Caserte. La cour de Rome fut révoltée qu'un cardinal acceptât une place aussi humble. Dans un bref, rendu public, le Saint-Père reprocha sa mauvaise conduite à Ruffo; mais cette conduite ne devait point empêcher l'Église de traiter convenablement avec un des siens. Le pape engageait donc le cardinal à laisser Caserte pour se rendre à Rome, où on lui donnerait le moyen a de subsister d'une manière « plus décente. » Qu'importait Rome à celui qui n'avait plus la marquise Avia ? Ruffo répondit avec hauteur, et envoya promener le Saint-Père. Mieux eût valu pourtant qu'il fût rentré dans la ville éternelle, car il continua à jouer un triste rôle pour un cardinal. Ruffo avait été voleur, il se fit mouchard. « Voulant faire quelque figure à a la cour deNaples, il commença à espionner les (jbémar- « ches des personnes suspectes, et à en instruire la reine, « aidé dans ces viles fonctions par son frère le comman- « dant, François Ruffo, qui, sous le voile de l'amitié,
(!) Mémoires pour servir à V histoire des dernières révolutions de Naples, p. 81,82.
« cherchait à arracher les secrets de tous les cœurs. « Ces services éclatants méritèrent au cardinal l'ordre de a Saint -Janvier; mais il ne fut pas estimé davantage de a la cour et de la nation (4) ».
Lorsque Ferdinand s'enfuit de Naples pour gagner la Sicile, Ruffo suivit le roi à Palerme. Cherchant à tout prix une occasion de se distinguer, le cardinal embrassa avec ardeur le projet des Calabrais, et se chargea de tenter la contre-révolution. La cour sourit au projet, et l'approuva, mais elle ne donna ni soldats, ni argent. C'était au génie de Ruffo à trouver ces deux éléments essentiels de la bataille. On savait l'homme fécond en ressources; on lui laissa le soin de montrer son pouvoir.
Le cardinal, prenant avec lui son frère le commandant, un secrétaire (2), un valet de chambre et deux domestiques, s'embarqua et descendit d'abord à Scilla. Au moyen d'intelligences qu'il s'était procurées, cette petite ville lui fournit trois cents hommes, dont Ruffo forma sa garde. Il passa ensuite à Bagnara, qui était un fief de sa famille. Là, il lança l'excommunication contre tous ceux qui ne prendraient pas son parti, déclarant qu'ils seraient exterminés et envoyés aux enfers. Tous les vrais catholiques devaient porter à leur chapeau une croix blanche. Les arbres de liberté, symboles d'irréligion, devaient être remplacés par la croix. Le moment était venu de faire une guerre à mort aux irrésolus. Ceux qui perdraient la vie dans une guerre aussi sainte gagneraient le paradis. Il était enjoint à tous les évêques •de prêcher, dans leurs diocèses, la nouvelle croisade ; aux
(1) Mémoires pour servir à l histoire des dernières révolutions de Naples. Édit. cit., p. 83.
(2) Spasiani, prêtre romain.
curés, d'armer les jeunes gens de leurs paroisses, et de les commander en personne. Un pardon général était accordé aux coupables, quel que fût leur crime, s'ils formaient des corps sous leur commandement, pour la défense du roi et de la religion.
Ces moyens furent souverains. Curés et simples prêtres, le crucifix d'une main, un fusil de l'autre, amenèrent au cardinal, de toutes les parties de la Calabre, des jeunes gens armés. Rinaldi, que nous connaissons, conduisit avec ses nombreux soldats, deux canons qu'il avait enlevés au vieux château de la Scala. Les chefs des assassins, nommés généraux, arrivèrent avec des hordes de brigands. A chaque pas de la route, de nouveaux scélérats venaient augmenter les cohortes de la foi. Les galériens de Naples, qui s'étaient dérobés à la poursuite des Français, ne furent pas les derniers au rendez-vous. Ils trouvèrent néanmoins le temps de piller et d'incendier, tout en cheminant, les maisons des riches qu'ils rencontrèrent, et d'arriver chargés de leurs dépouilles. Si la réunion avait lieu en Calabre, on était bien accueilli d'où qu'on vînt, et les avantages spirituels attachés à l'expédition faisaient affluer des combattants de tous les pays.
Signalons les hauts faits de quelques chefs.
Le premier qui se présenta fut Fra Diavolo, ou Frère Diable, de son vrai nom Michèle Pezza, avons-nous dit. « Il avait été moine, et chassé de son couvent comme in- « corrigible : il s'était fait chef de voleurs, et avait rem- « pli la Calabre ultérieure de la terreur de son nom. Il a citait, parmi ses entreprises les plus brillantes, l'attaque « et la dépouille de cinq diligences royales, accompa- « gnées d'une escorte armée, ajoutant que, malgré que a sa tête eût été mise à prix par le gouvernement de Caa tanzaro, il ne s'était trouvé personne d'assez hardi pour
« l'attaquer en face. Il était suivi des compagnons de ses « anciens exploits, qu'il avait faits officiers, et des vo- « leurs et assassins qu'il avait recrutés.
a Pauzanora, convaincu de quatorze homicides, lui « succéda. Ce monstre, pour se soustraire à la rigueur des « lois, avait formé une compagnie d'assassins, et vivait a dans les bois, incendiant les maisons isolées, et meta tant à contribution les petits villages.
a Le troisième fut Sciarpa, auparavant sbire du tribu- « nal de Palerme : il commandait tous les criminels qui «s'étaient trouvés dans les prisons de cette ville, et ceux « qu'il avait ramassés dans les campagnes (1 ) ».
Rodio et Pronio, connus aussi par leurs cruautés et leurs crimes, devaient se faire attendre ; mais on vit arriver a Mammone, bête féroce, monstre terrible, qui se « flattait d'avoir égorgé de sa main, ou fait tuer sous ses « yeux, pour égayer ses repas, quatre cents soldats ou « patriotes. Ce tigre, à ftice humaine, buvait les liqueurs « et le sang de ses victimes dans un crâne humain. Il « avalait, faute d'autre, son sang et celui de ses compa- « gnons quand on les saignait... Ne serait-on pas tenté « de douter de pareilles abominations si le vertueux gé- « néral Colletta ne les rapportait lui-même dans sa belle « histoire du royaume de Naples, et si elles n'étaient, «d'ailleurs, appuyées de toute l'autorité de Vicenzo « Cuoco, auteur célèbre, conseiller d'État, magistrat in- « tègre, qui raconte comme historien et affirme comme
«témoin (2). »
Tels étaient, avec le généralissime cardinal Ruffo, dont
(1 ) Mémoires pour servir à l'histoire des dernières révolutions de Napîes. Édit.cil.,p. 86, 87.
(î) Henri Dourille, Histoire de Championnet. Édit. cit., p. 107-
on connaît les hauts faits, les principaux chefs de l'armée de la foi ; tels étaient les héroïques défenseurs de Ferdinand et de Caroline de Naples !
Au moment où l'armée se crut assez forte pour entreprendre la lutte, elle commença ses opérations par aller camper sous les murs de Cotrone (1) ; sur le passage, toutes les maisons des riches furent saccagées, et Ton mit les propriétaires en prison, pour les contraindre à racheter leur vie au poids de l'or. Tous les patriotes un peu connus de la Calabre s'étaient hâtés de gagner Naples; mais l'évêque de Potenza (2), n'ayant pas eu le temps de s'enfuir, fut massacré par les royalistes. Cotrone ouvrit ses portes, implorant la pitié et la clémence du cardinal. Toutes les prières furent inutiles. L'argent manquait : il fallait un dédommagement aux soldats. Cotrone fut abandonnée un jour entier à la discrétion des bandes, et les brigands purent, tout à l'aise, satisfaire leur barbarie et leur rapacité.
Ce traitement décida Catanzaro à se défendre. Les remparts étaient garnis de canons, on attendit l'ennemi de pied ferme. Ruffo avait de nombreuses pièces de campagne, mais il manquait de canons de siège, et d'artilleurs. Voyant qu'il ne pourrait réduire la ville, il l'admit à capitulation. Le cardinal reçut de l'argent, forma dans Catanzaro une garde nationale exclusivement composée de royalistes, et marcha sur Cosenza (3), capitale de la Calabre citérieure.
(1) L'ancienne Crotona, ville du royaume de Naples» Calabre ultérieure 2«, à 49 kil. N. E. de Catanzaro, et à l'embouchure de l'Esaro, dans la mer Ionienne. Auj. 15,500 bab. Bon port, citadelle.
(2) Mgr Serras, célèbre par ses productions littéraires.
(3) A 248 kil. S. E. de Naples. Ancienne capitale du Brutium. Patrie du philosophe Télésio. Après les Romains qui se soumirent,
Les hauts faits, qui viennent d'être racontés, déterminèrent Ferdinand à déclarer Ruffo son vicaire général dans le royaume de Naples (1). L'émigré Micheroux, que nous connaissons, le prince de Leporano, à la tête d'un régiment de cavalerie, accompagnés de tous les royalistes, qui s'étaient retirés en Sicile, furent envoyés au cardinal, pour le seconder dans ses opérations.
Pendant que ces secours étaient en marche, l'armée royaliste entra sans obstacle dans Cosenza, et saccagea le plus grand nombre des maisons nobles. A l'arrivée des renforts, Ruffo, investi d'une autorité régulière, promit aux Calabrais l'exemption de tout impôt pendant dix ans, s'ils parvenaient à reconquérir le royaume. Des émissaires furent envoyés dans la Pouille, avec des proclamations analogues. Aucun moyen ne fut négligé pour montrer que cette conquête était facile. On répandit la nouvelle que les Français avaient été mis en déroute dans la Lombardie, par l'armée austro-russe; qu'on attendait de Corfou 40,000 soldats turcs et russes, des ca-
Annibal s'en empara, aidé des Lncaniens. C'est devant Cosenza que mourut (4 10) le célèbre Alaric, roi des Goths. Saccagée par les Sarrasins, cette ville fut ensuite ravagée par les Normands, qui s'y établirent (l 130), et en firent la capitale de leurs États en Calabre. Cosenza compte aujourd'hui 8,000 habitants. Elle a cathédrale, archevêché, collège royal, et deux académies scientifiques.
(1) Dans l'empire romain, depuis le quatrième siècle, on donnait le nom de Vicaire, Vicarius, au gouverneur d'un diocèse. Ainsi le préfet d'Orient avait sous lui les quatre vicaires d'Orient (proprement dit), d'Egypte, d'Asie, de Pont, et gouvernail en personne le diocèse deThrace. Les empereurs d'Allemagne déléguaient parfois leur autorité à des vicaires impériaux, dans les pays où ils ne résidaient pas, comme la Provence, l'Italie, le Piémont, etc. Le titre de vicaire général, que reçut le cardinal Ruffo, équivalait à celui de vice-roi.
nons et des artilleurs ; que l'abbé Pronio (1), avec lequel on marchait d'accord, en attendant de marcher ensemble, était en train deroyaliser l'Abruzze, et obtenait le plus grand succès. Pour premier gage de soumission au souverain légitime, les proclamations demandaient que partout les arbres infâmes fussent remplacés par la croix, signe de la vraie liberté.
Ces manœuvres obtinrent, sur quelques points, un succès aussi prompt que décisif. La ville de Lene, pour éviter le sort de Cotrone, abattit Farbre de la liberté et envoya des députés pour reconnaître l'autorité royale . Bari (2), à la vue de cinq cents Russes, débarqués à Hanfredonia avec une nombreuse artillerie, suivit l'exemple de Lene ; peu à peu plusieurs autres villes imitèrent Bari et Lene.
Mais déjà, les Français s'avançaient dans la Pouille. San-Severo (3) fut emportée de vive force, et Andria (4) prise d'assaut. Ce fut le duc môme dont elle relevait, chef de légion dans l'armée française, qui s'empara de cette dernière ville. Après avoir tixé son quartier-général à Barletta (5), Duhesme passa dans la Calabre, à la poursuite de Ruffo.
(1) Célèbre chef de voleurs. La cause pour laquelle il combattait ne lui fit pas oublier son ancien métier. Il dépouilla tous les pays que traversèrent les brigands qu'il commandait.
(2) L'ancienne Barium, chef-lieu de la terre de Bari, à 230kilom. N.-E. de Naples, sur l'Adriatique. 19,000 hab. Archevêché, citadelle, grand arsenal, collège pour les nobles, lycée royal. Trois fois détruite. Patrie de Piccini.
(3) Dans la Capitanate, ancienne Apulie. Bâtie au moyen âge, et détruite par Frédéric II. Robert Guiscard défit et prit (1053), aux environs de San-Severo, le pape Léon.
(4) Bâtie en 1046. Superbe cathédrale. 14,000 hab.
(5) Barletta, autrefois Barolum (terre de Bari), fut fondée au
Cependant, Hacdonald et Rusca, accusés d'avoir conspiré la perte de Championne^ étaient devenus, Hacdonald général en chef, et Rusca général de division. La sévérité de Macdonald ralluma la haine du peuple, qu'avait adoucie sans réteindre lç caractère affable de Championnet. Les lazzaroni des marchés se révoltèrent. Déjà ils avaient désarmé quelques gardes nationaux, et se rendaient vers le Petit-Port pour entraîner les marins dans leur parti, lorsque le nouveau chef imita, mais en Foutrepassant, la politique de son prédécesseur. Il promit à Michel le Fou le grade et les appointements de chef de légion de l'armée française, s'il parvenait à apaiser les révoltés sans verser de sang. Non-seulement Michel obtint que les lazzaroni se disperseraient paisiblement, mais il les détermina à nommer des députés, chargés d'aller demander pardon à Macdonald. Le général en chef tint sa parole. On vit alors l'homme du peuple, fier de son nouvel habit et de ses nouvelles fonctions, se promener dans la ville, accompagné d'un adjudant et de deux hussards. Cette scène de comédie enthousiasma les lazzaroni, tout enorgueillis de l'honneur fait à leur chef. Elle devait produire et produisit un effet entièrement opposé sur les gens sérieux. Ceux-ci expédièrent un courrier à Paris, chargé de dépêches pour Moliterno et Angri. L'ambassadeur et son attaché étaient priés d'appuyer leurs réclamations au Directoire, contre le gouvernement provisoire de Naples. Le Directoire, afin d'être éclairé sur la
onzième siècle, puis agrandie et embellie par Frédéric H (1250). On y voit une statue colossale de L'empereur Héraclius, qui n'a pas moins de 6 mètres de haut. Au quinzième siècle, Barletla passait pour un des boulevards de l'Italie. Cela n'empêcha point Gonsalve de Cordoue de s'en emparer (1503). La ville est belle et bien bâtie. Sa citadelle est grande, mais presque ruinée. 16,000 hab.
situation, dépécha aussitôt Abrial en qualité de ministre plénipotentiaire.
' Sur ces entrefaites, Macdonald reçut la nouvelle de la défaite des Français sous Vérone, par les Austro-Russes. On rengageait à se tenir prêt pour accourir, s'il était nécessaire, dans la Lombardie. Le général en chef expédia à Duhesme Tordre de porter son camp à Caserte (1), où il laisserait reposer ses troupes, jusqu'à ce qu'il l'eût rejoint avec toute Farmée. Sans dire ensuite le motif qui l'engageait à quitter Naples, Macdonald déclara aux habitants que le temps était venu où ils devaient jouir d'une liberté entière ; que la république devait enfin se soutenir par ses propres forces, et puiser dans son énergie le moyen de terminer une révolution commencée sous de si heureux auspices. Il finissait en autorisant la formation d'une garde nationale, sur la plus large échelle, et la levée de troupes de ligne. Par là, les insurgés devaient être vaincus, et l'indépendance du pays assurée.
On n'ignora pas longtemps à Naples la cause d'un départ aussi précipité, et de ce contraste dans la conduite de Macdonald. Mais les patriotes, loin de se laisser abattre par la pensée que la France allait retirer son appui, ne songèrent qu'à se mettre en mesure d'affronter tous les dangers. Il sembla même que le départ de nos troupes ramenât à la République des hommes qui s'en étaient éloignés. La présence des uniformes étrangers ne froissant plus leurs sentiments nationaux, ils furent tout enthousiasme pour les nouvelles institutions.
(1) L'étymologie de Caserte est Casa or/a, nom donné dans la langue du pays à un vieux château qui se distingue par son élévation. Ville de la Terre de Labour, au pied du mont Caserla, 24 kif. N.-E. de Naples. 4,300 bab. Beau palais, bâti en 1752. Les fruits et les vins de Caserte sont exquis.
En peu de jours, la garde nationale, composée de nobles et de propriétaires animés du véritable amour de la patrie, fut portée à 30,000 hommes dans la seule ville de Naples. Abrial, à son arrivée, seconda chaleureusement et sans arrière-pensée, l'élan qui se manifestait. Il se mit en rapport avec les citoyens les plus dignes, demandant à chacun d'eux la liste des hommes qu'il croyait les plus propres à former un gouvernement provisoire. Larépétitionfréquentede certains noms, ne tarda pas à lui faire reconnaître que si l'on voulait conserver quelque crédit à l'autorité française, il fallait savoir un peu sacrifier l'ardeur des opinions aux nécessités locales. Dès qu'il eut arrêté ses choix, Abrial fit afficher une proclamation aux habitants de Naples, remplie de termes affectueux. La République française, toujours jalouse du bonheur de leur cité, avait cru reconnaître, disait-il, que les abus dont ils se plaignaient, provenaient de la réunion dans les mêmes mains de l'autorité législative et de l'autorité executive. En conséquence, il faisait usage de ses pouvoirs pour diviser cette autorité. IL avait choisi, pour composer le Corps législatif et le Directoire, parmi les premiers hommes de l'État. Le soin qu'il avait eu de prendre les plus dignes, devait leur assurer la sanction publique. Cependant, comme il voulait être certain de l'approbation des citoyens, et non pas seulement la présumer, les nominations ne deviendraient définitives qu'après avoir été ratifiées par l'opinion générale. Suivaient les noms proposés par le commissaire plénipotentiaire de la République française. Le Corps législatif se composait des citoyens les plus éclairés du clergé, de la noblesse et de la magistrature. Il avait pour président Dominique Cirillo, pour vice-présidents Flavio Pirelli et Pierre Signorelli, tous trois hommes de lettres distingués. Le Directoire
était composé d'Hercule d'Agnèse, venu de France avec Abrial, d'Ignace Gaja, Joseph Albamonte, Joseph Albanèse et Melchior Delfico, patriotes estimés. La présidence était déférée à Hercule d'Agnèse.
On voit que le commissaire français, tout en montrant pour le pays de Naples une condescendance extrême, ne manquait pas d'assurer la prépondérance de sa patrie ; car, malgré tous les corps législatifs du monde , celui qui dispose de la force publique est le maître de l'État, quand il sait, peut et veut se servir de cette force. Or, le premier personnage du Directoire est ordinairement le Directoire même. On Ta vu ailleurs qu'à Naples. Ce n'était pas un maladroit que cet Abrial ! seulement, il avait affaire à plus adroit que lui. Sans qu'il s'en doutât, le commissaire français, peu au courant des partis, avait obéi à une opinion publique façonnée.
Quoiqu'on ne pût, à un certain point de vue, contester le patriotisme des hommes qui avaient été choisis, la nature de leurs sentiments accusait le triomphe d'un mouvement réactionnaire. Alors, on vit se produire ce qui se produira toujours à la suite des révolutions, quand elles ne seront pas conduites ou maintenues par une main intelligente et ferme. Les hostilités latentes, enhardies par ce premier succès, furent loin de se montrer satisfaites.
Dès que l'occasion devint favorable, les hommes qui s'étaient prosternés le plus bas devant les délégués de Championnet, les poursuivirent avec acharnement. Excités par eux, le peuple et les patriotes à Peau de rose demandèrent avec autorité que le gouvernement provisoire rendit compte de son administration. Il n'y avait pas à se tromper sur la signification de cette demande : c'était la perte des républicains chaleureux qu'on voulait. Lorsque, en effet, la vérité ne vient point en aide à la ré-
action, la calomnie ne lui fait jamais faute. C'est, pour la contre-révolution, une arme familière.
Sans attendre le compte rendu, ni aucun ordre du pouvoir exécutif, la garde nationale, dont les basses classes étaient exclues, arrêta Charles Laubert. Lui faire un trop mauvais parti eût été ressembler aux lazzaroni : on se contenta de le conduire en prison ; mais on l'y tint serré. Pour Farracher à ses geôliers, il fallut toute l'autorité de Macdonald, qui réclama Charles Laubert comme attaché à la République française, dont il portait l'uniforme. Alors se passa une scène qui rappelle un des épisodes les plus émouvants de la vie de Mirabeau.
A peine sorti de prison, Charles Laubert demanda à haranguer le peuple « qui s'était porté en foule devant « le Palais-Royal pour l'insulter. Il commença à démonce trer, par l'exemple de la France, que les premiers mo- « teurs d'une révolution sont tôt ou tard victimes de leur a énergie et sacrifiés à l'État ; il se justifia ensuite fort « clairement de tous les crimes qu'on lui reprochait, dé- « clarant qu'il abandonnait ses ingrats concitoyens, émet portant dans son cœur la consolation d'avoir jeté les « premiers fondements de leur liberté ; il termina son a discours avec tant d'énergie et de sentiment, que les a assistants furent attendris, et le reconduisirent à sa de- « meure au bruit des applaudissements. Hais pour ne a point rester exposé aux caprices et à la fureur popu- « laires, il partit le lendemain pour la France avec quel- « ques-uns de ses collègues, tandis que les autres se « retiraient et se cachaient dans les campagnes voici sines(i). »
(I) Mémoires pour servir à V histoire des dernières révolutions de tiaples. Édit. cit., p. 101-102.
C'était tout ce que pouvaient souhaiter ceux qui n'avaient pas fait la révolution, et qui se proposaient, les uns de l'exploiter, les autres de la trahir.
Le succès des insurgés continuait ; il fallut songer à leur tenir tête. On forma un corps de troupes destiné à secourir Altamura (l). Mastrangelo, un simple citoyen de Naples, reçut le commandement de ces bataillons. Un second corps, sous les ordres de Spinelli, ex-commandeur de Halte, fut envoyé au pont de Campistrino, pour s'opposer à la colonne de Sciarpa. En môme temps qu'il pourvoyait à l'extérieur, le nouveau pouvoir organisait l'administration intérieure. Gabriel Manthone fut nommé ministre de la guerre ; on donna l'intérieur au géomètre Filippis ; l'avocat Pignatelli eut le ministère de la police générale, et Rafaël Doria reçut le portefeuille de la marine.
La misère publique était extrême. Le premier soin du Corps législatif fut de chercher les moyens d'y remédier. Dans la situation des choses, l'entreprise, était ardue, et le nouveau pouvoir ne devait pas être plus heureux que le gouvernement provisoire. Si les seules mesures propres à assurer un bien-être permanent ne furent pas même discutées, on fit preuve au moins de sentiments généreux. Cirillo créa une caisse de secours, et commença par y verser toutes ses richesses personnelles; quelques membres du clergé, et d'autres personnes, imitèrent cet élan. Peu de jours suffirent pour parer aux besoins les plus indispensables. Mais celui qui donne ne peut toujours donner, et quand un peuple consomme et ne produit pas, le vide se fait incessamment. On put s'apercevoir
(1) Terre de Bari. Bâlie au xme siècle, par l'empereur Frédéric II. Magnifique cathédrale. Université fondée par Charles de Bourbon.
bientôt combien les ressources, ainsi réunies, étaient mesquines, en présence des nécessités qu'elles étaient appelées à satisfaire. Alors, on eut recours à de nouveaux expédients, toujours louables, mais toujours à côté de la question. Un homme et une femme, jouissant de l'estime générale, reçurent dans chaque rue le nom de père et de mère des pauvres. Ils eurent la pieuse mission de visiter tous les jours les toits les plus misérables et les réduits les plus obscurs, pour porter à ceux qui avaient faim le pain ou les aliments que distribuait la patrie, cette mère commune. Ils devaient en même temps dresser l'état des besoins de chaque famille, et s'efforcer de procurer du travail aux ouvriers qui chômaient, une occupation utile à ceux qui n'avaient pas de profession. On leur demandait trop.
Avec du dévouement, distribuer des secours qu'on vous remet est chose facile; procurer du travail devient un problème plus compliqué. De plus habiles que ne l'étaient sans doute le père et la mère des pauvres, ont échoué devant cette grande loi de l'offre et de la demande* Il fallut donc une seconde fois reconnaître son impuissance. Vint un troisième expédient. Celui-là a séduit de grands esprits qui avaient le malheur d'être de piètres économistes; seulement, ce qui à Naples était volontaire, ailleurs a été imposé. « Le Corps législatif pro- « posa que tous les employés de la République aban- « donnassent, pour le secours des indigents, une partie a de leur traitement, ne se réservant que ce qui était a strictement nécessaire pour leur subsistance, et il com- «mença par donner l'exemple. Il demanda, en outre, a que leurs habits et leurs écharpes fussent dépouillés de a ces riches broderies qui insultaient à la misère dii peuci pie. Chacun applaudit à la générosité de Cirillo, et re-
a nonça à la moitié de ses appointements. Les autres a employés suivirent cet exemple, et il s'en trouva même a qui firent l'abandon général de leur traitement (1). »
C'était très-bien. Mais les billets de banque n'en restèrent pas moins avilis, l'argent continua de se cacher, et les broderies délaissées ne ramenèrent pas plus l'abondance, qu'une commande extraordinaire à des fabricants d'étoffes, ou quelques habits de cérémonie demandés aux tailleurs, n'auraient fait naître un travail durable. Le secret de la richesse publique se trouvait dans l'adoptioitde mesures qui ne vinrent pas même à l'esprit des législateurs.
Au train dont les choses allaient, Manthone comprit que la République ne tarderait pas à être sérieusement attaquée. 11 voulut la défendre autant qu'il était en lui. Une proclamation appela tous les officiers et soldats qui avaient servi dans l'armée royale. La garde nationale reçut des armes et des drapeaux. Basset, ancien officier, fut nommé général en chef; Janvier Ferra, frère de l'exduc de Cassano, général en second ; les ex-chevaliers François Grimaldi et Antoine Pineda, adjudants généraux. Les chefs de légion et les chefs de bataillon devaient être nommés par les adjudants généraux; les officiers subalternes par les soldats. Pour assurer la tranquillité de la ville, un corps de garde fut établi dans chaque canton. Des sentinelles furent placées de trente en trente pas. Le général Federici reçut le commandement de la place; l'ex-chevalier Massa eut la garde du château Neuf; Fex-prince de Santa-Severina celle du château de l'Œuf. Des évolutions, répétées chaque jour, rendirent bientôt la garde nationale apte à un service militaire.
Le moment était venu où nos troupes devaient s'ache-
(I) Mémoires pour servir à l'histoire des- dernières révolutions de Naples. Édit. cit., p. 105.
miner vers la Lombardie. Quoiqu'on s'efforçât de donner le change sur ce projet, il n'était ignoré de personne. Le commandant de la flotte anglaise qui bloquait le port de Naples, jugea le moment favorable pour insurger les populations du littoral, et marcher en même temps sur la capitale, qu'il croyait livrée au découragement. La veille du jour fixé pour le départ de l'armée française, la marine ennemie débarqua à Cacava des armes, des soldats, des officiers et des bannières royales. Les habitants de la ville et ceux des pays voisins, secondés par les Anglais, attaquèrent à Timproviste Castel-a-Mare (1), et s'emparèrent de la ville et du château. A la vue de l'étendard royaliste, qu'on pouvait apercevoir de Naples, Macdonald, sans perdre un instant, marche contre les révoltés. Malgré les bombes et les boulets dont l'accablent les vaisseaux, pour lui couper le passage, notre héroïque armée reprend Castel-a-Mare, bat Anglais et population, force les uns à se rembarquer, les autres à s'enfuir, et rentre le soir même tranquillement à Naples (4 mai 4799), avec trois étendards royalistes et trois cents prisonniers.
Après ce coup de main, Macdonald prit ses dernières dispositions. Il confia le château Saint-EIme au chef de légion Megeant, avec unegarnison de cinq cents hommes ; il laissa mille homiqes à Capoue (2), mille hommes à
(1) L'ancienne Stabiœ, 26 kilom. S.-E. de Naples. Ravagée par Sylla, et, plus tard, engloutie par une éruption du Vésuve (79). Richelieu y battit la flotte espagnole en 1648. Aujourd'hui 15,000 habitants. Castel-a-Mare est renommée pour le coton herbacé qui croit dans ses environs.
(2) Autrefois Vulturnum, ainsi nommée par les anciens à cause de sa position sur leVultume. 28 kilom. de Naples. 8,000 hab. Pyrrhus fit en vain le siège de Capoue ; mais Airnibal la prit après la bataille de Cannes (215 av. J. C). Les délices de Capoue sont passées en proverbe. Celte ville amollit l'armée d'Annibal, et causa ainsi la ruine de cet homme illustre.
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Caiète (aujourd'hui Gaète), et partit pour Rome (7 mai). L'abbé Pronio eut l'insolence de l'attaquer, dans les montagnes d'Istri et de Fondi. Hais tous les brigands, chefs et soldats, furent promptement mis en déroute.