‹ Naples et les napolitainsChapitre 12 sur 28 · V - • . exemple, des femmes du meilleur ton invoquer · texte numérisé non relu

V - • . exemple, des femmes du meilleur ton invoquer

la madone de telle ou telle église et lui pro-

mettie un vêtement neuf ou une parure, dont

le piix sera proportionné à l'importance delà grâce qu elles sollicitent. v ‘ ;

Pour les Napolitaines» la religion est une attitude, pour les hommes elle est moins encore : c est une formule qui n’empêche rien et qui même parfois autorise. Les Calabrais mettent dans leuis demandes moins de façons que les habitants de la capitale. L’année dernière, une extiême sécheresse ayant désolé leurs contrées, et le ciel ne se rendant point à leurs vœux, ils ii imaginei eut rien de plus efficace que de mettre en prison les statues et les images de leurs saints les plus vénérés. Ils espéraient que cette humiliation rendrait leur intercession plus active. Il est des gens qui entretiennent des cierges devant la madone pour être favorisés à la loterie, la menaçant de supprimer leur offrande dans le cas où le sort ne leur serait pas favorable. D’autres lont exécuter un petit concerto aux pieds de la madone par les pauvres zampognatori descendus des montagnes pour se livrer à cette singulière industrie. Ces dévots ne doutent pas que

cette délicate attention musicale ne doive atti-

rer sur eux des faveurs spéciales.

Qu on ne croie pas cependant que cette maladie nationale soit incurable. Au milieu de cette

foule abâtardie, on rencontre des hommes de cœur et d’intelligence ; on en voit qui semblent éprouver le besoin d’une croyance plus élevée . et qui ont conscience, de l’insuffisance de leur culte. Mais ils sont comprimés et doivent se

garder de s’ouvrir à leurs amis et à leurs fa-

milles. Ils seraient dénoncés, exilés peut-être ;

' car, ici, l’Église absorbe la famille comme l’État.

absorbe le citoyen. ,

Il est permis de se demander quel effet produirait sur les Napolitains une religion simple

et grave, faisant appel à la raison en même . temps qu’à la foi, et de rechercher si leurs pratiques grossières et sensualistes ne pourraient pas être remplacées par un culte capable de ' produire le développement moral qu’elles entravent. / ' •

Leurs croyances actuelles ne laissent pas

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d’être en harmonie avec leur existence tout extérieure et leur caractère impressionnable. Mais ne doit-on pas supposer qu’une religion purifiée ne tarderait pas à apporter à leurs dispositions et à leurs tendances des modifications profondes ? Ces peuples ont eu jadis en partage une plus grande énergie physique et morale ; ils n’ont pas souffert que l’inquisition prît pied chez eux. Pourquoi une sève nouvelle et puissante , introduite dans les veines de ce corps épuisé par un régime débilitant, ne lui rendrait-elle pas la vigueur des premières années?

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