PRISONS
tamone, et fort grossièrement dévalisé un gé- •
néral. La police a bien restitué Tuniforme, mais
elle a refusé de faire connaître les voleurs. Depuis la chute de M. Mazza, qui avait en le
tort de vexer à la fois le peuple et les grands seigneurs dont il faisait surveiller les salons, la police se montre un peu moins agressive et tracassière; mais elle l’est encore assez pour exciter un mécontentement général, je ne dis pas parmi les voleurs, mais principalement . parmi les honnêtes gens. ■
Des tribunaux et de la police aux prisons, il * n’y a qu’un pas, surtout à Naples. On prétend . que,* dans leurs colonies' nouvelles, les Espa- .
gnols commencent par bâtir une église, les-
-Anglais une taverne, et les Français un fort. Si les Italiens fondaient une colonie, leur premier
soin serait de construire simultanément une
église et une prison. D’après ce qui se passe
ici, on serait tenté de croire que plus le ciel
est clément, moins les hommes le sont, car en
aucune contrée il n’existe autant de prisons
qu’en Italie. Grâce à leur détestable répytation,
elles ont servi de texte à une foule de drama-
tiques expositions, et à de très-beaux accès d’indignation philanthropique. Les prisons de
Naples, notamment, sont considérées comme
des antres, où des malheureux sont condamnés
à vivre dans des ténèbres perpétuelles et dans
une atmosphère empoisonnée, sans vêtements,
; sans lit, privés même d’une nourriture saine et .
suffisante. Malheureusement, le sentiment de
terreur qu’elles inspirent au public ne semble pas partagé par les milliers de bandits qui les
peuplent ou que la sollicitude du gouvernement doit y amener tôt ou tard. L’un d’eux,
TRIBUNAUX, POLICE, PRISONS. m
sortant de la Vicaria, s’écriait qu’il la préférait'
au palais du roi. 11 est vrai que la Vicaria, où sont établies aujourd'hui les plus vastes prisons de la capitale, a servi autrefois de résidence
aux rois qui succédèrent à la dynastie d’Anjou. On voit encore, au-dessus de la porte principale, l’aigle d’Autriche et les colonnes d’Her-
cule des armes espagnoles.
En approchant, on remarque dans la foule un mouvement tout napolitain, rapide, papillonnant et désœuvré; la cour du palais et ses' larges portiques sont remplis d’une agitation factice, d’une activité sans but, qui ne se manifeste que par des rires et des paroles oiseuses. Ces gens-là n’ont nul souci des horreurs de ce •
v terrible lieu, ni des griffes de démon prêtes à -
- surgir de chacun des soupiraux béants à leurs
pieds. Dans ce pêle-mêle d’indifférents, je
remarque des physionomies qui prouvent bien
que tous les coquins ne sont pas sous les ver-
rous. Quelques hommes en habit noir fort râpé
passent d’un air affairé, portant sous le bras
d’énormes dossiers que personne ne lit, tuais qui coûtent fort cher : ce sont des avocats en
quête de clients ou rêvant aux moyens de pro-
longer indéfiniment les causes qu’ils ont entre
les mains. Leur présence nous apprend que, si
nous sommes dans les prisons, nous nous trouvons en même temps dans le sanctuaire de la justice. Mais la concentration dans le même édifice des tribunaux et des prisons ne paraît
en rien accélérer les procédures.
Vivement impressionné par les sombres descriptions que j’avais lues ou entendues, par les abominables dénonciations répandues à Naples même, j’ai voulu pénétrer dans ces asiles malfaisants et m’assurer par moi-même de la réalité
des faits qui, trop souvent, ont le caractère
mensonger de récits inspirés par des préjugés
nationaux on par la mystérieuse et terrifiante
réputation des prisons.
C’est une étude qui mérite une attention consciencieuse, le régime des prisons étant un excellent critérium pour juger les administra-
tions et les gouvernements. Depuis quelques
années, la direction spirituelle de ces établissements a été confiée aux jésuites. Quelque éloignement que je me sente pour cet ordre religieux, je me fais un devoir de reconnaître que,
sous leur influence, le régime des prisons s’cst
notablement amélioré.
Le révérend père directeur me fit, avec beau- • % ♦ * ■ *
coup d’empressement, les honneurs de plusieurs
prisons secondaires; mais quelques obervations, quïlui parurent sans doute un peu hérétiques, m’ayant fait perdre ses bonnes grâces,
v je me vis fermer la porte de la Viearia. Dans
l’espoir de réparer cet échec, je me rendis auprès du ministre de la police, le commandeur Bianchini. On sait que ce pesonnage, homme
d’Etat habile et écrivain distingué, est l’auteur
d’un ouvrage remarquable, le Bien-cire social. Si cette œuvre, inspirée par l’amour de l’humanité, n’a pas sensiblement amélioré le sort des peuples, elle a certainement profité à celui de son auteur.
Placer un philosophe ou un philanthrope à la tête de la police la plus rigoureuse et la plus . arbitraire de l’univers, voilà qui paraît, au premier abord, une de ces inconséquences siordi-
naires au gouvernement napolitain. Mais de même que l’illustre' Filangieri était à la fois l’homme le plus sérieux et le plus gai de son temps , M. Bianchini cumule avec' un plein succès la position de philosophe candide et
celle de geôlier. .
Quoi qu’il en soit, dans l’entrevue que j’eus avec lui, il se montra homme d’esprit, plaisanta agréablement les jésuites, et m’octroya de la meilleure grâce l’autorisation de visiter toutes les prisons du royaume. 11 mit à ma disposition un inspecteur de police, attention délicate qui, tout en lui donnant l’avantage de paraître d’une
"extrêche politesse envers moi, le mettait à même
de me faire surveiller de très- près pendant le cours de mes observations. ,
Un certain nombre de condamnés sont déposés au rez-de-chaussée de la Vicaria. Ils atten-
dent là qu’on les dirige sur les divers lieux de * * détention où ils doivent subir leur peine. Les
prévenus occupent le premier étage, dont j’ai
. visité toutes les salles. Leur élévation, qui, au
point de vue sanitaire, serait convenable si
elles ne contenaient que le nombre d’hommes-
réglementaire, est devenue insuffisante pour
une agglomération d’individus, qui, dans quelques-unes de ces salles, atteignent le chiffre de -cent à cent cinquante. Le directeur de la prison,
. dont la cordialité frivole contrastait avec la nature de ses fonctions, m’a rappelé, il est vrai, que la Vicaria avait jadis logé des princes, et que sans nul doute, des prisonniers n’avaient
pas besoin aujourd’hui d’une plus grande quan-.
tité d’air atmosphérique. 11 oubliait de tenir, compte de F encombrement même, sur lequel
portaient mes observations.
Les parois sont tous les mois blanchies à la
chaux, et le pavé nettoyé avec du vinaigre et
du sel. Ce sont là des mesures d’hygiène auxquelles on a moins souvent recours dans cer-
taines prisons de France. On y est, en conséquence, fort peu incommodé par les miasmes délétères dont j’avais entendu parler. Quant / à l’aspect général, je n’ai rien trouvé de lugu-'
bre ni. de répugnant, rien qui appelât , une
critique sévère sous le triple rapport de la construction, de la salubrité et du régime.
L’alimentation m’a paru supérieure en qualité et en quantité à celle du bas peuple en géné- / ra à ; une cuisine est à la disposition des prisonniers, ce qui leur permet d’ajouter à leur ordinaire ce qu’ils tiennent de la générosité des
visiteurs. Si les règlements étaient exécutés, je
, serais presque tenté de voir dans la Vicaria une
prison modèle.
Ces règlements ne m’ont paru absolument défectueux qu’en ce qui touche le mélange des condamnés et des inculpés. Chose étrange! çes derniers ne songent point à se plaindre de ce
fâcheux et dégradant rapprochement. Les deux
catégories s’accordent le mieux du monde. Tous passent, selon leur fantaisie, d’une salle dans
ni
une autre, forment des groupes entre eux, pial—
sautent et discutent, comme pourrait le faire
une réunion d’honnêtes villageois sur un champ
de foire. Par-dessus tout, ils savourent les délices du far-nientc . .
Les jésuites ont introduit le travail dans les
prisons, mais il n’est pas obligatoire à la Vica-
‘ •-* , ria. Les détenus ont à leur disposition un vaste
promenoir, un peu sombre il est vrai, et un
préau où la paresse des individus est telle,
(v qu’on y fait moins que rien ; on n’y fait nulle ' . “
chose. » Quelques-uns de ces messieurs se pro-
mènent, trois ou quatre s’abaissent à tresser
des stores de jonc, et,- si la couleur des vête- . * ments, rouge pour les galériens, jaune poulies présidiens, ne nous rappelait le lieu où nous sommes, nous pourrions nous croire transportés 'dans quelque paisible retraite où l’homme qui a renoncé au monde vient chercher un facile
repos. La méprise serait d’autant plus excu- '
, sable que les physionomies n’ont, en général, rien de repoussant; on ne remarquait que très-
Cf
peu de ces figures farouches qui annoncent le
meurtre et appellent la potence.
J’ai traversé, toujours au rez-de-chaussée,
une grande salle contenant les condamnés jugés
par les tribunaux correctionnels, puis d’autres
salles de moindre étendue où les prisonniers étaient répartis, non d’après leur degré de culpabilité, mais suivant certaines analogies de profession. Les perruquiers ont le privilège de n’etre point confondus avec le vulgaire; une salle spéciale leur est réservée , et j’en vis quelques-uns qui exerçaient gravement leurs
honorables fonctions sur la tête d’autres dé-
tenus.
On m’avait parlé, comme d’une chose épouvantable, des cachots où sont enfermés les malheureux condamnés par les cours criminelles.'
Aussi n’est-ce point sans un certain effroi que
j’ai vu tirer les énormes verrous de ces antres si redoutés et rouler sur ses gonds cette lourde porte au-dessus de laquelle- semblent écrites
ces sinistres paroles :
Per me si va nelP eterno flolore.
Per me si va ira la periiuta gente. '
Ma surprise a été grande à l’aspect presque confortable des appartements voûtés où je fus introduit. Ils étaient aussi proprement blanchis, aussi salubres que le reste de la prison. Mais les détenus n’avaient pas de bois de lit, et leur matelas de chanvre reposait sur l’asphalte.
C’était la seule condition aggravante de ces cachots. Deux condamnés à mort et quelques ergastoli , ou condamnés aux fers à perpétuité,, se promenaient paisiblement ou cherchaient à se distraire en regardant par les fenêtres le
mouvement de la ville. Je demandai à l’un
d’eux la raison de son incarcération :
— Je suis ici pour cause d’homicide, me répondit-il en souriant ; j’ai tué deux de mes pments; mais croyez bien, Excellence, que je n’étais coupable que de complicité. Je suis trop puni de cette peccadille; puisque me voici au cachot depuis déjà plus de cinq ans. J’espère
cependant échapper à l’échafaud , ma ; cause
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étant encore en appel. ' '
D’autres prisonniers se trouvaient dans le
même cas et attendaient depuis nombre d’an.-
nées leur jugement définitif. v.,v ’^^S; r: 'y .Les, condamnés à vie ne sé livrent à aucun travail manuel, comme si l’existence avait déjà fini pour eux. J’en remarquai pourtant deux
qui écrivaient sur leur banc de pierre. Ils voulurent me lire, l’un des vers en l’honneur du. roi, l’autre, un projet de réforme dans ,1a marine, qui loi attait valu une commutation de peine. .. V “/ ' V*
tie la plus curieuse de la prison. Séparés par une double grille, prisonniers et visiteurs s’interpellent bruyamment, gesticulent avec animation et se contemplent les uns les autres d’un air de tendre satisfaction. Autant on trouve" peu l’expression du remords et des regrets sur le visage des condamnés, autant on rencontre peu celle du mépris ou de la pitié dans les yeux
de leurs amis, et surtout de leurs amies, dont l’empressement aurait même quelque chose de touchant en toute autre occasion. A Naples, le séjour de la prison n’a rien d’humiliant. 11 y a spécialement deux genres de délits qui ne sont point considérés comme déshonorants : ce sont les petits vols et les grands crimes. Ces derniers
surtout ont le privilège d’inspirer un vif inté-
rêt pour le condamné. On entend résonner ces mots : O car o ami-col euro povcrettol La foule d’amis et de parents qui viennent fraterniser au travers des barreaux avec les détenus prouve que ceux-ci, par leurs malheurs ou par leur coùrage, sont devenus pour eux des héros.
On est, d’ailleurs, péniblement impressionné par l’air de bonhomie. et d’insouciante gaieté qui règne sur toutes les physionomies, sur celles des condamnés comme sur celles de leurs visiteurs, j’allais dire de leurs complices. Il est évident que les uns et les autres sont absolument dépourvus des notions les plus élémentaires du* bien' et du- mai. Que lait-on pour
ramener dans une voie meilleure ces milliers de créatures humaines tombées dans la fange, pauvres déshérités qui n’ont pas d’espérance parce qu’ils n’ont pas de Dieu, et dont le flot . toujours croissant mine sans relâche les fondements de la société? Qu’a-t-on fait pour les retirer de leur dégradation ? On a compté sur l'efficacité d’une répression sévère, plus propre à flétrir les âmes qu’à les régénérer. On devrait, chercher si, au fond de ces âmes malades, il ne survivrait pas quelques sentiments d’honnêteté que l’on pût réveiller et encourager ; mais on a trouvé qu’il était plus facile de châtier que de diriger et de convertir. Ce n’est pas que beaucoup de ces misérables ne se montrent trèsdévots; mais on sait qu’un Italien peut voler et assassiner sans oublier pour cela un signe de croix, une génuflexion devant la madone* et même une prière* . - ,
TRIBUNAUX, POLICK, PRISONS.
La prison de San-Francesco, située hors de la porte Capu&na, est un ancien couvent de minimes dont les religieux furent expulsés par Murat. Cet édifice est aujourd’hui plus utilement employé : il sert à la fois de prison et d’hôpital général pour tous les détenus non politiques de la capitale et des environs. Il y règne
un mouvement et une activité remarquables.
Chaque salle est un atelier en désordre et assez mal tenu. Comparé à l’hôtel aristocratique de la Vicaria, il lui est inférieur sous tous les rapports. Je fus introduit par un jésuite, dont l’apparition semblait partout exciter la plus vive attention. A notre entrée dans chaque salle, le
travail était interrompu, et les prisonniers, s’empressant autour du révérend père, lui baisaient la main et recevaient sa bénédiction. Je fusétonné, comme à la Vicaria, de l’air de soumission et de La facilité de contrôle de la foule qui
. nous entourait. Pour s’en faire obéir, les paroles
ne sont pas nécessaires ; un geste suffit. Tous
ces scélérats n’avaient rien de terrible; ils res- • semblaient plutôt à un troupeau de brebis sous la garde de leur berger: Sans doute, il ne faut pas trop se fier à cet extérieur débonnaire : la
moindre étincelle suffit pour faire éclater, une
sédition ; mais ces explosions sont rares et promptement, réprimées. Dans l’attitude des
détenus, rien ne révèle la tristesse d’une con-
damnation. Lorsqu’ils sont fatigués d’un travail qui est facultatif, ils se promènent, jouent entre eux, ou s’approchent des fenêtres, d’ou la vue est très-récréative. Ils interpellent les passants et adressent des lazzi aux nombreux indigents du voisinage, qui n’ont pas comme eux le bonheur d’être nourris et logés aux frais du goù-
vernement. Les détenus ont, de plus, la possibilité d’amasser un petit pécule, les deux tiers du produit de leur travail leur étant attribués. Ils placent leurs gains, si bon leur semble, à une
caisse d’épargne affectée spécialement aux pri-
sons.* Quelques-uns des prisonniers sont là de-
puis très-longtemps, attendant, non pas qu’on
les juge, mais qu’on les expulse faute de place, comme cela est arrivé quelquefois. D’autres, dont la détention n’a souvent qu’une cause peu importante, sont oubliés; leurs témoins sont morts ou ont disparu; personne ne poursuit; mais ils sont détenus, on les garde.. L’autorité.
croit qu’il y va de sa conscience. - /f ^ .
À ceux,. d’ailleurs, qui seraient mécontents
de leur genre de vie, il reste les chances d’éva-
sion, sans compter celle d’être mis en liberté
par suite de quelque spéculation des directeurs ou employés des prisons. Ces spéculations consistent à relâcher secrètement certains condam-
nés, tout en continuant à les faire figurer sur
les rôles et à percevoir le prix de leur entretien;
Il y en a encore qui sont autorisés à sortir chaque jour de la prison pour se livrer à la mendicité ' dans les rues de la capitale. Ingénieuse combi- . naison qui double les bénéfices des geôliers. Je , , remarquai dans la cour quelques inscriptions ; l’une contenait ces mots de la Genèse, qui contrastent avec la faculté de ne rien faire dont les prisonniers usent et abusent en vrais Napoli-
tains: V. < *.
In suriore vültus tui vesceris pane.
- J’allais passer sous silence quelques braves
gens qui se trouvent incarcérés pour avoir ' porté secours à d’intéressantes victimes qu’on dépouillait ou qu’on assassinait. Voici comment la chose se passe : j’en ai vu un exemple pendant mon séjour à Naples. Un malheureux marchand est poignardé devant sa boutique ; les meurtriers prennent la fuite , les specta-
» il
teurs du crime en font autant; connaissant les
habitudes de la police, ils s’empressent de se
soustraire à tout contact avec elle. Un passant,
touché du piteux état du blessé y s’approche de
lui et le relève. Sur ces entrefaites arrivent les sbires, qui, faute d’autre proie, s’emparent du bon Samaritain et le conduisent en
prison. 11 y est peut-être encore, bienheureux
si on le laisse vivre à l’ombre de ces murailles protectrices au lieu de le pendre ou de l’envoyer aux galères. ,
La grande salle de San-Francesco, occupée
par les malades, ne présente pas un spectacle ,
trop affligeant : des prêtres veillent à proximité
de cette salle, prêts à y apporter les secours de
la religion ; j’y vis aussi quelques membres de
différentes confréries qui se chargent de donner * ■
aux condamnés des vêtements et tout ce qui ' peut adoucir leur sort. Ces sociétés pieuses sont , tout à fait conformes à l’esprit populaire ; elles.
jouissent de grands privilèges, qui vont jusqu’au *'
droit de demander grâce. Il én est qui ont pour objet de procurer des défenseurs gratuits aux pauvres; mais elles ont donné lieu à des abus
qui ont beaucoup ébranlé la confiance dont elles jouissaient autrefois. * . “ *
Après les deux grandes prisons que je viens
de nommer, j’ai visité avec beaucoup d’intérêt
une maison fondée par des philanthropes éclai-
rés et prévoyants. L ’Instituto artistiçù est une très-utile annexe des prisons, une école d’arts et métiers réservée aux enfants et aux jeunes gens qui ont subi une condamnation. J’en ai vu
près de quatre-vingts exercer toutes sortes de
professions, depuis la typographie jusqu’à la
menuiserie. Les tailleurs confectionnent les vê-
tements de leurs compagnons de réclusion; le tisserands fabriquent les étoffes et les toiles dont