MANOEUVRES ESPAGNOLES
reconnaissant que l'union de la noblesse avec te peuple ùtera toute espérance aux Espagnols de recouvrer ce royauine-làpourroit sans aucun risque et sans blesser la prudence tenir bon à ne conclure pas la Paix sans se réserver la liberté d'assister et secourir ledit royaume pour le maintenir dans te gouvernement qu'ils auront choisi. Mais autrement, si, dès demain, les Espa- ^ols consentent à la Paix, désirant seulement que la France ne pourra assister le peuple de Naples, nous sommes obligés d'y donner les mains par mille sortes de raisons dont la principale est que, ne le faisant pas, ce seroit renoncer à un bien si néces- «lire à la Chrétienté et à cotte couronne, nous attirer la haine de tous les princes, nous mettre en étal de perdre tous nos dliés sans que pour cela nous puissions conce%'oir aucune «■pérance des aiïaires de Nuplcs, le progrès et l'établissement desquels se trouvent empêchés par cette folie de République.
Je n« me saurois imaginer que cette affaire étant bien conduite ne réussisse à souhait, si ce n'est que la confusion en laquelle ont été jusqu'ici toutes choses n'ait déjà servi à rhourc que nous parlons aux Espagnols pour ramoner ce peuple à leur obéissance ; car, à le bien considérer, tout y est favorable, puisqu'il est constant que la noblesse en son Ame a plus d'averaion que le peuple pour la domination d'Espagne, et rien ne la retient dans ce parti-là et ne la fait opiniâtrer à mettre le tout pour le tout aGn de le soutenir, que la crainte do tomber sous la domination du peuple.
Do façon que si l'on peut lever cet obstacle tant s'en faut que ceux de la noblesse viennent & témoigner de l'aversion pour la France, ou pour recevoir de la main de Sa Majesté quelqu'un de son sang pour Roi, que n'y ayant rïen plus à leur avantage ni de plus conforme à leur génie que cette proposition, il est presque infaillible qu'ils iront au-devant et se met* Iront à la tète du peuple pour en avancer l'accomplissement. U est constant que l'expulsion des Espagnols et l'établissement de lout ce que nous pouvons souhaiter dans ce Royaumeâ dépond absolument de l'union de ces deux corps dont celui qui n'est plus à présent pour nous a plus de volonté d'y être que ceux mêmes qui y sont déjà.
mann, m mitticT. diplomat.
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UU PLESSIS. BESANÇON, l«48.
Et Ceseroit bien ud grand malheur et un deà étranges accidents qui soit jamais arrivé, s'il ne nous réussissoit pas de joindre deux partis qui ont la mémo aversion pour l^spagoe et la même inclination pour nous et chacun desquels conoolt bien que de leur union dépend absolument leur repos et les avantages qu'ils peuvent désirer.
Gela est si démonstratif qu'il faut conclure qu'il uesauroiteD être autrement. Il est vrai que la lie du peuple ne s'y portera paB si volontiers, parce qu'étant la maîtresse dans cette confusion, elle ne trouvcroit pas si bien son compte dans une forme de gouvernement bien policé que dans la continuation des rapines et des violences qu'elle exerce à présent selon son caprice. Mais, pour peu qu'on s'y applique, il sera facile aux plus sages et aux plus puissants de la ranger à la raison quand le reste sera bien d'accord.
Le plus grand obstacle que je vois en tout ceci est de M. d» Guise, et vous vous pouvez souvenir de ce que je vous en écrivît dès que je sus qu'il alloît h Naples. ayant bien jugé d'abord que, comme il vicndroit à rci:onnoUre que la nobtesse s'estimeroît trop pour élire pour leur roi un prince de sa qualité, duquel plusieurs grands du Royaume, comme les Davallos, tea Cararfas , en leur àme, ne se croyant pas inférieurs à lui, quoique sans raison, et que, d'autre côté, se donnant au Roi, il n'y verroit pas un avantage pour sa personne si grand 'qu'il se l'Mt figuré sans doute, il se ûatlcroit de l'imaginaLion d'établir un État populaire afin de s'en rendre chef, comme en effet nous voyons aujourd'hui que l'envie qu'il en a de soi-même et les suggestions des personnes qu'il a auprès de lui, qui atleodenl leur fortune de la sienne, rempôchent de connoltre la vérité, et que, lorsqu'il s'opiniâtre dans ce dessein, il prépare des funérailles au peuple qui s'y engage et peut-être h sa personne miate-
Je soutiensautant qu'il m'est possible ledit sieur Duc etexpliqn* favorablement ses actions ; mais je vois que la plupart du monde soupçonne déjà qu'il n'a voulu rien faire de concert avec l'wmée navale du Roi pour prendre quelque poste à la cdte, de peur qu'on n'y établit quelque chef français qui ptïtpréjudicier &ses fins et à ses prétentious. £t, on effet, je vois i mon