‹ Naples et ParmeChapitre 106 sur 235 · ENVOI DE TROUPES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

ENVOI DE TROUPES FRANÇAISES

gnols songent h renvoyer à Naples les cinq galères qui ont porté en Espagne le duc d'Arcos* el sa ramillo, après les avoir raccommodées el remplies de chiournic dont elles manquent fort, et embarquer dessus une partie des deux mille hommes que j*ai dit ci-dessus qu'ils ont destinés pour Naples.

On me donne aussi avis qu'ils onE mis depuis peu à la mer deux vaisseaux neufs do huit cents tonneaux chacun.

n n'est demeuré à Naples, comme je vous ai déjà marqué, que six vaisseaux des plus petits. On tAchera de les y raccommoder afin qu'ils se trouvent prêts au retour des autres.

lis y ont aussi treize & quatorze galères, mais en si mauvais état qu'on lient pour certain qu'il y en a plus de la moitié qui ne saurait tenir la mer.

Toutes les lettres que nous recevons d'Italie portent qu'il n'y 1 rien de plus nécessaire présentement pour l'affaire de Naples que votre arrivée. Je vous prie de le dire à M. le cardinal Grimaldi et vous conjure de nouveau de ne pas perdre un seul moment de temps.

L'escadre des vaisseaux sera suivie de près d'une escadre de dix galères commandée par le chevalier de Chastelus '. Je ne pense pas, s^ils se rencontrent ensemble, qu'il arrive contestation entre eux pour le conimandemonl, qui me semble être décida pour le plus ancien, et je sais d'aillcui's que les deux chevaliers sont très bons amis de longue main. En tout cas, je prie M. le cardinal Grimaldi d'y interposer son autorité, en sorte que le service du Roi n'en puisse recevoir aucun préjudice jusqu'à l'arrivée de toute l'armée que tous les différends ccsseroient. J'écris un mot à toutes fîns au chevalier Garnier ', pour ne pas s'amuser à ces disputes et de n'aller qu'au solide et au

I. Doa Rodrigne Ponc« de Léon, duc d'Anyiii, marqaî* de Ziir», comte de Baiien j Gahtw. iiêil nce-poi d« Nsp]«>a depuis 1610, On n td dan» U noiic« pr^Umiiuire IM mwivkis réralUts di^ son guuremement qui proToiiaii l'insanvcùnn de MimoilDo. Lr duc d'Arco9 qaitta Naples lo 38 jsnriffr 16Û el tomba dis ce moment dm* aoe diagriM coinplM*.

S. C^aar Phîlippt, comifi de Chaitetui, maréchal de camp des annéas da Roi, mon tn 19K.

9. 1^ cheraliar Garoier, commandant l'escadre dsi vainseaiii enTnyée en Italie éèt IMft. Ceuc cBcadrs aruLtni* la ^ïAga devant la petite rille de Piômbino, inr la eélt de Toecaoa, non loin de LiToume.

servicOf et que, s'il nous arrivoîl pour de pareilles bagatelles, je n'aHmettrois aucane excuse.

Quiind on a pris la résolution d'envoyer dix galères, c'a é\i dans la croyance qu'il n'y en avoit pas plus grand nombre i Naples en élût de les combattre. C'est pourquoi, si tous croyei qu'elles pussent courir quelque péril (ce que je ne crois pu particulièrement étant bien armées et ayant voe vaisseaux à l'abri desquels elles peuvent se mettre en un besoin), il faudra leur mander ce qu'elles auront à faire et quelles précauticmi elles devront prendre pour leur sécurité.

On se remet à M. le cardinal de Grimaldi, et à tous en son absence, de retenir les vaisseaux et les galères autant que voos le jugerez à propos, ou de les envoyer joindre le corps de l'armée pour revenir ensemble, ainsi que vous estimerez pour le mieux. Les deux chevaliers ont ordre d'exécuter tout ce qui leur sera dit par M. le cardinal Grimaldi ou par vous.

Quand nous travaillons à faire perdre aux peuples de Napl«s les pensées qu'ils ont do République, ce n'est pas, comme voos savez, pour nous opposer à leur liberté, que nous souhaite* rions passionnément de voir bien étai>lie par quelque moyen qu'elle le puisse être, mais seulement parce que nous ut croyons pas que le dessein puisse réussir, et que cependant l'sppiication que l'on y a peut donner lieu aux ennemis do remettre leurs alTaires et reprendre le dessus, pour les raisons qui vous ont été souvent dites. Néanmoins, si vous reconnaissez que ce3 peuples soient encore absolument aheurtés à cela et qu'il y ait péril de nous gâter nous-m^mes auprès d'eux en voulant les en desmouvoir, il vaudroit bieu mieux seconder leur fantaisie que de la choquer directement, et il faudra en ce cas s'appliqtH?r à faire le mieux qu'il se pourra dans une méchante affaire, essayant de consen'er an Itoi quelque qualité supérieure, et qui montre que cette République est dans sa dépendance et sous a protection.

Nous ne pourrons d'ici que vous donner les avis que nous recevrons qu'il faut examiner mûrement et prendre les résolutions sur les lieux qui nous paraîtront les meilleurs, la cour étant trop éloignée pour la pouvoir consulter, sans perdre les

GKtMALDI ET VALBNÇAY

«ffflires par l'attente, en perdant les occasions qui se présentent «t ne reviennent pins.

S'il y a des choses dont l'exécution dépende de M. le Bailty du Valençay, il faudra que M. le cardinal Grîmaldi se donne la peine de lui en écrire. Car, sans perdre de temps à le mander ici, te Bailly fera tout ce qui se trouvera être en son pouvoir et préecntement on lui en envoie l'ordre.

Vous communiquerez, s'il vous plalt, ce mémoire et tous les antres à M. le cardinal Grimaldi à votre arrivée à Pîombino, où je ne doute nullemeni que S. E. ne se soit rendue avant vous, à moins de quelque indisposition ou quelque autre chose extraordinaire que je ne puis prévoir. Mais en ce cas il vous y aura sans doute dépt^cbé quelqu'un pour vous donner de ses nouvelles, et, s'il vous mande qu'il ne peut venir, vous passerez outre à Naples à exécuter vos ordres sans délai.

Le cardi.>ai. Mazarik.

Put à Paru, k 8 ittU laW.

6 sTiil 1M8.

Je TOUS ajouterai aussi, pour ne laisser en arrière aucune parlicularilé, des avis que j'ai eus, que je crois qui pourront •errir autant h ceux qui commanderont l'armée navale comme à ceux qui auront le maniement et la direction des alTaires de Naples : que les ennemis, aïin de faire sortir plus tût leur armée t la mer sans qu'elle soit obligée h attendre le biscuit qui lui est nécessaire pour toute l'année, en font faire une grande quantité en Sardaigne et à Messine, afin que ladite armée en puisse être assistée des dits licu.\ à point nommé.

En outre les premières troupes qui consistent en mit hommes de pied qu'ils envnipntd'EspHgm: doivent partir de Malaga sur des vaiAacaux frettés. C'est pourquoi, si l'escadre de M. Garnicr les peut rencontrer devanl qu'ils abordent à Naples, ce seroit un coup de conséquence que de s'en saisir ; ce qui seroit fort aisé en ce cas,

sa

BU PLESSIS-BESANÇON. Itttô.

VU queles vai&fte&ux sur lesquels ils sont embarqués ne valent rien.

On mo mande aussi que deux frégates de trente pièces de canon cbacune, qui se sont détachées de l'armée ennemie, pendant qu'elle éloil à Naples, pour emmener en Espagne des gentils-hommes que rcnvoyoit Don Jean d'Autriche. étoieDl prêtes à partir de Cartagène pour retourner audit Naples, etw joindre aux six vaisseaux qui y sont demeurés.

On ajoute que Britto, qui est celui qui a défendu Lérida^ dans ses deux derniers sièges, devoil s'embarquer sar les cinq galères que je vous ai dit dessus que l'on songeoit à renvoyer à Naples. 11 seroit très important que l'escadre des galères qui sera commandée par le chevalier de Chasielus» comme l'aulre qui devra suivre après, n'oubliassent rien pour faire rencontra de ces cinq galères, la perte desquelles seroît d'un préjudice irréparable aux ennemis dans les conjonctures présentes.

On ne doute nullement que, lorsque le couitc d'Ognate (lequel a naguère pris possession de la charge de vice-roi do Naples suivant les ordres du Roi son maître) apprendra la révocation qu'on a fait do sa commission pour en gratifier Don Jean d'Autriche avec ordre au comte de l'assister, celui n'en demeure très mal satisfait, et qu'ensuite il n'y oit lieu de proGter de son mécontentement, qui causera sans doute des divisions fort avantageuses au service du Roi et aux afiaires du peuple et du Royaume de Naples. C'est pourquoi M. le cardinal Grimaldi et vous profiterez de cet avis en ta manière que vous le jugerez plus à propos.

Comme les soldats qu'on envoie d'Espagne à Naples sont nouvellement levés et embarqués par force, il ne faut pas douter que, quand ils seront une fois débarqués, s'ils voient jour cl commodité de s'enfuir, ils le feront, tout de même que ceui qu'ils envoient on Flandre tous les ans, auxquels nous donooits un passe-port; et avec cela il en retourne toujours plus de U moitié. Il faudroit en faire de même à Naples et on ajoute U promesse de l'embarquement dans l'occasion des barques ou

I. Le Aiiffe <]« I>éri<1ji en CklAlng^ns fut commence p&r le comte dHircoiifl O l(Vi6 et continué pu ConiM *n Mil. I^érida éluit dtifocdue pu* doD Gregono Britio> gouTemenp d« Ix ville ; Condé, qui ouTril U irMichée au son d«i rioloni le JH "'■'' dut lever le titgt le 16 join.

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