‹ Naples et ParmeChapitre 12 sur 235 · LA MANIE ROMAINE · texte numérisé non relu

LA MANIE ROMAINE

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U maison de Souabo et le banquier de Philippe le Bel contre UoDÎface, ce n'est point aujourd'hui pour rappeler le Pape ou l'Empereur, pour leur gaerifier sa tumultueuse indépendance ou sa liberté. Mais clic seule, avec une arrière-pensée de clairvoyante jalousie, a cette sagesse, tandis que la manie romaine, si je puis dire, appellera encore sur l'Italie, avec le même cortège d'espérances toujours changées en déceptions, — parce qu'elle prend des souvenirs pour des espérances, — on ne sait combien de fantômes dErapereurs. A chaque nouvelle apparition d'un Allemand quelconque sur les Alpes, le môme incorrigible enthousiasme précipito l'Italie entière, Florence toujour» exceptée, aux pieda du sauveur annoncé; Pétrarque accueille Charles de Luxembourg comme Dante avait salué Henri VII ; c'est toujours l'Empire romain qu'il s'agit de restaurer, l'Empire qui rendra à l'Italie la domination uiiiverscUo, qui peut seul donner le souverain bien : la paix *. Jamais plus tenace mirage du passé n'obséda un peuple, n'arrôta sa marche versTavcDir. L'archéologie n'est pas une politique ; tous ces Italiens qui saluent toujours dans Rome « la tête de l'univers » et qui, pour un tribun acclamé au Capitole comme Hien/,i, ou pour un chevalier de Bohême ou de Bavière sacré dans Saint-Pierre, croient avoir refait la République ou l'Empire qui incarne pour eux U patrie, que font-ils cependant, après Dante et Pétrarque, si ce n'est de l'archéolojîîp politique? Impériales ou républicaines, ces restaurations archaïques ont tout juste la solidité des ilécorsd'opéra; seulement, elles s'eiïondrent dans le sang.

En résumé, le grand parti qu'elle eât pu tirer do la ruine de U maison de Souabc et do l'oxil de la papauté, l'Italie ne sut même pas l'apercevoir. Quand la défaite de la cause gibeline eut été consommée par la mort de Manfrcd et de Conradin, les guelfes, vainqueurs avec le Saint-Siège sur toute la ligne, auraient pu tenter un sérieux effort, avec la maison d'Anjou, vers l'unité politique. La Papauté n'ayant voulu user de la commune victoire qu'à son profil exclusif, le parti guelfe, à

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