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CM la'aâtieum?
Fvo uridando : t'aci', jiaee, pacé.
XXZIt
INTRODUCTION
son tour, aiiccomba à la lâche, se décomposant dans d'infinies divisioDS, resta volontaircmont incapable de sacrifier l'individualisme à un but commun, et lo Saint-Sïègc demeura seul debout sur les ruines de la dynastie an^vine^ frappée au cœur par les Y6pres Siciliennes, jusqu'au Jour où Pbilippe le Bel vengea Gbarles d'Anjou dans Anagni. L'Italie so trouva alors en présence d'une table rase et dans une situation d'autant plus propice^ si les hommes avaient été à la hauteur des circonstances, que la nouvelle dynastie allemande, absorbée par des préoccupations plus presaantCB, avait |>erdu louto envie d'intervenir dans les affaires intérieures do la péninsule; que la Papauté, à l'engrais en Avignon, guérie crucUcment de son r6ve de souveraineté, semblait destinée et mémo disposée à devenir française, — pour no point dire provençale ou gasconne ; — et que la dynastie capétienne enfin, portée par Philippe-Auguste, saint Louis et Philippe le Bel au plus haut degré de puissance que la France eût encore connue, toute prête à hériter de la suprématie impériale, n'avait aucune vue sur rilalie et nulle ambition, ses propres querelles une fois réglées, d'y jouer un réle. Lo double service que la Franco avait ainsi rendu à l'Italie, sans doute elle le lui avait rendu involuntaîroraenl, — par Charles d'Anjou, qui n'avait même pas l'aveu du rot, comme par Philippe lo Bel, & qui le souci d'afifrancbir un peuple opprimé était complètement étranger dans sa lutte contre lo pape. — Mais l'occasion n'était pas moins favorable, et si les éléments d'une nationalité indépendante et libre avaient existé alors dans la péninsule, l'Italio eût pu se donner une constitution nationale, en même temps, ou à peu près, que la France, l'Allemagne et l'Angleterre. Seulement, ces éléments n'étaient encore qu'embryonnaires, et le moyen àgc, mort en Italie plus i6{ qu'ailleurs dans les esprits, devait y durer plus longtemps qu'ailleurs dans les institutions. Une Renaissance anticipée, comme un printemps précoce, fleurissait déjà dans les lettres et les arts, que la féodalité tenait encore ses forteresses et ses ciladeUes aux portes mêmes des villes où régnait, depuis nombre d'années, une société raffinée et délicate. De là, de cette contradiction, l'impossibilité de dégager une nation.
L'ITALIE ANARCHIQLE
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Lei jeunes Républiques'sont trop avancées danslacivilisation,
riches, Irop intelligentes, trop éprises de la vie indivi-
tueUe «ii municipale, pour qu'elles puissent accepter la supré*
niatie d'unCiipct lombard ou toscan, d'unCastruccioCastracani
ou d'an Martine délia Scala, qui aurait mis hardiment la main
snr cetti) couronne en déshérence et tenté, tout soudard qu'il
fût, de fonder une royauté indigène. La féodalité, d'autre part,
il encore trop puissante et trop forte pour qu'elle puisse con-
*nlirà une fédération de Républiques, oîi elle aurait été étouffée.
/Italie, dès lors, n'a plus qu'à attendre que le temps ait fait
m œuvre, et par le renouvellement des hommes et des chosea,
liai ait rendu la notion de son droit k se gouverner elle-même.
ïne dernière fois, Pétrarque, tour h tour, comme Dante,
iclfeet gibelin, se tourne en suppliant vers l'Empire et vers
Hape. Mais le Trajan rAvé n'a pa« pIutAl mis les pieds en
tie, < qu'il prend la fuite, seul, sans escorte, maudissant
la terre infortunée qui l'a appelé », et le pontife, à sa suite,
srte sa noble lâche pour prouver qu'il est difficile, '< non
de commencer de grandes entreprises, mais d'y persévérer ».
Charles IV, Urbain V, Rienzi, la triple expérience est achevée ;
l^'pst l'impuissance définitive de l'Empereur, du Pape, de l'Italie
le*m6me à créer l'unité nationale. Pétrarque enfin s'incline
svant la fatalité : « Si le Christ ne se lève pour sa propre
défense, c'en est fait »; et l'Italie, désemparée, se résigne à
Lranarchic. Elle appellera à l'aide les arts et les lettres, les
[•cieaces et le commerce, pour faire sa honte la plus moelleuse
Qu'elle pourra; mais elle ne cherche plus à lutter contre la
[Destinée; elle admet, comme un fait accompli, irrévocable,
rimposaibiUtA de devenir un peuple. Son histoire, c'est
[désormais le Dêcamàron. Elle se sent aussi impuissante contre
les fléaux qui vont la ravager que les conteurs et les belles
dames des jardins de Pampinea contre la p€i(e noire : elle s'en
distrait, comme eux, par de jolies histoires qui font passer le
itoraps et par la galanterie. Pétrarque, inconsolable, soupire :
« douce et désirée liberté qu'on n'apprécie qu'après l'avoir
perdue 1 > Roccocc la remplace par l'amour.
INTÏÏOUUCTION
Machiavel a résumé d'une phrase torriblerhisloirofi'Italie pendant le grand schisme : « Elle n'est plusroraplîe que de chefs « vils et d'ignobtes armées'. » Ce n'est plus seulement l'anarchie ; c'est la dissolution de tous les éléments politiques d'un peuple qui ne lient plus qu'i^ une seule lïlierté : la liberté de la guerre civile. Le sombre Florentin abeau chercher; il ne découvre rien * qu'une matière corrompue ». A l'heure même ob tous les peuples de l'Europe centrale prennent leur forme défiaitive, l'Italie, par sa haine de toute centralisation, continue à se mettre en dehors du grand courant qui n formé l'esprit niodcrnc. Poiat de nation sans unité et les tyrannies du xiv* siècle, comme les Républiques du xii*. identifient l'unité avec le despotisme gibelin. Dans l'universel abandon qui succède h l'épuisement des grandes luttes, il ne reste plus qu'une patrie, mais essentiellement cosmopolite : l'Art. Le principe municipal et républicain qui & tant contribué, par Florence et Gènes, à Téchec des dernières tentatives impériales et théocratiquos, a subi à son tour le destin de toutes les causes italiennes : il est mort de sa victoire. Pour avoir poussé jusqu'à In folie l'horreur « des souverainetés concrètes et matérialisées », pour avoirsurtout, à l'exemple de la (irèce antique, voulu fonder la liberté sans l'appuyer sur les bases do la nationalité, les communes se sont vouées d'avance à la plus affreuse des tyrannies, celle qui naît des rivalités même de la liberté. L*s condottieri sortent de l'anarchie. Quand elles avaient à se défendre contre les envahissements d'une rivale, ou à tirer vengeance d'une voisine, les villes avaient commencé par se louer temporairement ft des chefs de bande; dans le cercle rétréci de leur horizon, ce sont maintenant les factions d'une même ville qui font appel, l'une contre l'autre, aux condottieri, et comme le peuple gras est le
i. Uistùin de Flortnee, Ut. V, p. 370. — Cf. Oianaone, /oe. cU.; E. QniMl Rivolulionâ d'Italie, lir. H; Pcm&B, Uittoirt de florencSt l. V, Utre UC.cliap. a Kcrrari, Bévol. d'Italie, \. lU, p. Ut.
L'ITALIE PKINCIBRB
plus riche, c'est le peuple maigre qm succombe dans toutes les luttes, sans autre consolation que de léguer à ses vainqueurs l'ioftolence du soldat mercenaire qui a gagné la bataille. Les villes qui n'avaient point voulu recevoir la loi des Hohenstaufen ou des Valois, appartiennent aujourd'hui & des soldats de fortune, qui s'appellent Galéas et Halatcste, Braccio et Sforza. Après avoir étouffé la passion de l'indépendance nationale, le sentiment de la liberté municipale disparaît à son tour. Doge 00 duc, gonfalooier ou roi, le prince ne partage plus le pouvoir qu'avec d'étroites et jalouses oligarchies; changer de maître est la seule liberté qui reste à ce qui fut la démocratie italienne. La fin même du grand schisme, qui rend la Papauté à Romo, fait simplement du Pape un prince de plus, à la manière des Médieis de Florence ou des Visconti de Milan.
Alors m^mc que . plus lard . dans la seconde moitié du XV* siècle^ sous la domination consolidée des princes et des banquiers, l'ordre règne â la surface, le mal intérieur est-il moindre? Il suffit de gratler légèrement l'éclatant vernis pour fle convaincre qu'il n'en est rien, que la vie politique s'éleinl de plus en plus, même dans l'ardent foyer qui s'appelle Florence, el que la misère morale va partout croissant. liCS fiers et fins profils des Médieis et des Sforza, nous avons pris l'habitude de nelesToir, sur les plus admirables médailles qui aient été jamais grav^f qu'à travers le resplendissement de la Renaissance. Éblouis et charmés par l'éclat incomparable de la philosophie et dMarts, onlendons-nous assez la plainte du peuple que ces durs et rapaces souverain» tenaient courbé sous leur joug? Si nous connaissious aussi bien, si, du moins, nous avions aussi présente à U mémoire la dissolution politique et morale où l'Italie s'enfonce que les chefs-d'œuvre qu'elle enfante au même moment avec une prodigieuse fécondité, peut-être l'art dos Brunellescbi et d«s Léonard se voilerait-il à nos yeux. Pareil divorce n'éclata Jamais entre l'idéal et le réel; plus de honte ne s'est étalée en aucun temps à cdlé de plus d<> magnificence et de beauté. L'esprit public, l'esprit militaire, l'esprit religieux, tout ce qui faitlaforce etrbooneur civiques d'un peuple, a disparu dans une immense indifférence. Il n'y u plusd'afTaires publiques, personne qui s'uu
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INTRtJDUCTION
i:iquicle. Lu grande bourgeoisie u'est préoccupée que de ses aiïaires privées et de ses plaisirs : Venise a perdu l'Orient et Florence la liberté, sans mémo songer à prendre le deuil de ces biens évanouis. Chs forums, qui avaient été aussi bruyants et parfois presque aussi glorieux que ceux d'Athènes ou de la Rome antique, sont plongés dans le silence. Ce qui reste de la politique se traîne dans d'ignobles complots où le poignard a remplacé' le glaive, où le poignard lui-raéme, arme encore trop franche, sera bientôt d'un emploi moins fréquent que le poison. Ce qui reste de la religion est tombé encore plus bas^ dans les orgies païennes d'un Sixte IV et les abominations orientales d'un Innocent VIII. A quoi bon chercher & réagir contre une aussi implacable falalilé? « La croyance générale «, écrit un contemporain',* ostqueloutdans lo monde, et les choses humaines * surtout, n'a d'autre cause que le hasard. > Pour trouver un commencemont de révolte contre tant d'opprobre, il faut descendre aux couches les plus profontles du peuple, où la perte de la liberté n'a point la compensation des délices intellectuelles et parce que la misère n'y a jamais été plus cruelle, tant par elle-même que par le contra&te avec le luxe d'en haut.
Voici maintenant le problème : dans cette dissolution où elle s'abtmc un peu plus tous les jours, l'Italie eùt-cllo été capable do s'arrêter, do sa ressaisir pour faire face aux formidables invasions qui la menaçaient des deux cdtés opposés de rhorizoïi, le Turc et l'Espagne, le Croissant et l'Inquisition?
Les écrivains modernes , italiens et surtout aElemands, afTeclent de croire que le salut serait venu à la péninsule de sa décadence même, et que l'intervention française de 1494 n'eut d'autre résultat que de pousser plus avant l'Italie dans le sépulcre. Au moment mémo où le paladin français parut sur les Alpes, appelé h la fois par le Pape et par le duc de Milan, le Prince allait surgir^ en chair et en os, qui aurait balayé la poussière dos gouvernements décrépits, opposé à l'invasion de
1. BeniTi«ni. cïM par Perrens, Jérôme Soùonai-ûle, p. 44. — Cf. pour lo tobtcAu de l'ItolJO i la fin A\i xV siAde, en outre dcflhi.itoru>nftiuUi?[is (UjA cités, François Delaborda, Expédition de CharUt VllI en Italie, lir. 1; Miolirlvt, Histoire Ut France, l, IX. Ur. 1. e. t et ii : Uanri Miirtln, I. VII, c. xuii ; Sisraondi, R^ubiiques Italiennes, t. XU. p. 18; Ualioui, Litiémture de l'Kurù)te, t. I, c. ni.