MARQUES DE PRÉSÉANCE
générales, portera toujours Sa Majesté à favoriser les intérJl^ts de et Prince. Ils seront toujours un dos principaux objets de l'attention do Sa Majesté. C'est un principe sûr à suivre par lo sieur marquis do L'ilopital dans son langage et dans sesdémarches en tontes occasions.
Pour sa conduite journalière, il la conformera à celle qu'a tenue le sieur marquis de Puysieulx.
Il doit être facile de soutenir la dignité d'ambassadeur du Rot dans une cour qui no sauroit n'6trc pas portée d'afTcclion et d'intér^tA h faire rendre à ce caractère tous les honneurs et tous les avantages qui lui sont dus.
Le marquis de L'Hôpital doit en môme temps se faire un© ilude particulière de se rendre agréable au i*oi des Deux-Siciles, el d'engager ce Prince à lui accorder la liberté de l'approcher an&si facilement et aussi fréquemment que les seigneurs do sa cour qui lui sont lo plus intimement attachés.
Le sieur marquis de L'Uopitalsaitccqui se pratique en Franco à l'égard des ambassadeurs d'Espagne et de Naples, et qu'ils y sont regardés et traités autant commo courtisans favorisés que comme ambassadeurs. La même chose doit avoir lieu à Naples pour ceux que le Itoi y envoie.
Il n'y a personne parmi les sujets du roi des Dcux-Sicilcsqui puÏA&e rien disputer à l'ambassadeur du Roi. II doit uniquement la main et la préséance partoutaux cardinaux. Il faut aussi qu'il le cède en Heu tiers au nonce du Pape et à l'ambassadeur de l'Empereur, ai jamais il en paroit un à iNaplcs ; mais, excepté dans sa maison, il ne le laissera prendre sur lui à aucun ambassadeur.
Lo Roi a établi que jamais les siens no donneroient, même chez lui, non plus qu'ailleurs, la main aux envoyas des têtes conronnécs, en mémo temps que Sa Majesté a consenti que ses «Dvoyéft ne l'exigeroient point des ambassadeurs des têtes couronnées.
Le sieur marquis de L'Hôpital doit élrc prévenu que les ambassadeurs d'Espagne à Napicschcrcheront souvent ùs'altribuer quelque marque de préséance sur ceux du Roi, et il sent bien que, dans des contestations qui survienJroienton conséquence, il leroit difficile au roi des Dcux-Siciles de décider contre les
LB SfBtIR L'HOPITAL. 1740.
ministres du Roi son pèro. C'est pourquoi il importe qu'il s'il- Ucho continuellement à faire sentir que personnellement il ce le souETrira pas et que si, dans quelque entreprise que r&mbaS' sadeur d'Espagne fcroil pour avoir cette préséance, il se trouvoit, en quelque façon que ce soit, favorisé soit du roi des Deux- Siciles, soit de sa cour, le Roi, sans renoncer à la tendre anûlié qu'il a pour ce Prince, lui en dcmanderoit satisfaction et nppellcroitson ambassadeur, si elle ne lai étoit pas donnée sur-lechamp.
Au reste c'est une déclaration qu'il ne faut point faire d'avanw, elle est à réserver pour le cas de quelque tentative que l'on vtfroit méditée et dont on estimeroit no pouvoir cmpOcher l'effel autrement.
Le Roi laisse au sieur marquis de L'Hôpital ta liberté àt prendre la route qui lui conviendra le plus. Sa Majesté luiper* met de no point déclarer, en traversant le Royaume, le caractère d'ambassadeur qu'elle lui a donné. Elle veut bien aussi qu'on n'entreprenne point de le faire rcconnoître en traversant l'Italie- Conséquemmont, elle ne le charge de rien expressément poir aucun des endroits de son passage.
Supposé qu'il passe à Turin, it ne pourra se dispenser deroir le roi de Sardaigne. Il convient même qu'il marque une sorte d'emprcsscmcut à saluer ce Prince, la Reino son épousejCt les Princes et Princesses ses enfants, en sorte qu'on puisse reconnoître qu'il se conforme aux sentiments que Sa MajejW conserve pour la famille du roi de Sardaigne, lorsqu'il se fail un soin de s'approcher de ce Prince, et de lui rendre ses KSpccts. Le sieur marquis de L'Uopital se fera conduire par U sieur marquis de Senectere dans les audiences qu'il pourra awïr de ce Prince; il ne peut lui donner de trop forta témoignages d« Pamitié du Roi; et, si le roi de Sardaigne faisait naître quelque propos sur l'état présent de l'Europe, le sieur marquis deLBopital obsen'era qu'il ne lui échappe rien qui puisse faire soopçonner que dans les divers intérêts des couronnes, Sa Majesté donne u ceux du roi des Deux-Siciles la prédilection sur c«ox du roi de Sardaigne.
L'incognito, que le Roi permet au sieur marquis de L'Uopital