‹ Naples et ParmeChapitre 131 sur 235 · SÉJOUR A FLORENCE · texte numérisé non relu

SÉJOUR A FLORENCE

do garder généralement lui est prescrit par Sa MajosLc pour Gènes particulièrement ; s'il y paraîssoilsous le litre d'ambassadeur, il faudroit qu'il y reçûl déshonneurs dont peut-être il seroit long et difficile de convenir.

Rien ne sera plus à propos que cet incognito à Florence, o£i ceux qui sont chargés de l'adminislration, prévenus sans fondement que la maison de Lorraine , qui possède aujourd'hui la Toscane, donne au grand-duché un plus grand luxe qu'il n'avait aotrefois, ne seraient pas assez empresses à faire rendre au caractère d'amhassadeur du Roi tous les honneurs qui lui sont dus, et qui auroicnt été prodigués plutOt que ménagés du temps de la maison de Médicis.

11 marquera beaucoup d'attention pour l'électrice Palatine douairière, qu'il ne cherchera point à faire parler sur des inté* r6ts de politique ou de famille ; mais si elle les met sur le tapis, il Técoutera assez attentivement pour reconnaître ses dispositions et sessentimcals, soit à l'égard de la famille royale d'Es* pagne, soit à l'égard du Grand-Duc; il lui sera aisé, quelque chose qu'il entende, de satisfaire celle Princesse par ses réponses, puisf{u*il est également autorisé par les ordres du Roi à l'assurer que, toutes les fois que le Roi aura quelque part à ce qui peut l'intéresser^ la bienveillance et la protection de Sa Majesté ne lui manqueront jamais.

Le sieur marquis do L'Hôpital doit voir aussi à Florence la princesse Eléonore, si elle sy trouve. Il peut suivre dans ses démarches h. l'égard de ces deux Princesses ce que lui inspirera le comte Lorenzi, assez au fait de la cour de Florence, et assez kaUé i>our l'honneur de la France pour ne lui rien proposer que 'îre convenable.

II n'Cï^t pas nécessaire de faire observer au sieur marquis de L'EIopital qu'il ne pcutétre que fort à propos qu'un ambassadeur du Roi, allant résider prés d'un prince qui s'est vu destiné pour le souverain de la Toscane, et qui peut être considère plus qu'il oc devroit la cession qu'il en a faite, et pas assez ce qu'il a acquis en faisant cette cession, tâche dans le peu do temps qu'il séjournera à Florence de rassembler le plus de connaissance qu'il lut sera possible do la disposition dus esprits et des cœurs

LR SIEUR L'HOPITAL, 1740.

do la nobloase et des peuples du Grand-Dacbé, et lonies l« autres sortes do circonstances, pnrce qu'il n'osl pas înipowible que, dans d'autres temps, le Roi n'ait k charger son nmbifwadcur à Naples de travailler à combattre des vues et des projeb qu'on y pourroit former sur la Toscane, et qui no pourroiect éclater sans dangers pour Je système de l'Italie et sans altérer lo repos public que le Roi a principalement à cœur.

Le sieur duc de Saint- Aignan sera Troisemblablement oncoreâ Rome, lorsque le sieur marquis de L'Hôpital y passera. D Iroo* vera en lui un guide sûr pour sa conduite. Le Roi s'en remet avec une juste confiance à ce qu'ils estimeront de plus k propos. Sa Majesté exhorte seulement le sieur marquis de L'Oopital à profiter du temps qu'il demeurera à Home pour acquérir h connaissance d'un grand nombre de personnes et de plusieurs détails qui ont rapport aux Deux-Siciles. Il se fera instruire par lo même sieur duc de Soiot-AJgnan du c^-rémonial observé entre les cardinaux et les ambassadeurs, non seulement |K)ur les choses dos procédés ordinaires, mais encore pour la façon de s'écrire respectueusement ; le caractère d'ambassadeur étant égal dans toutes les personnes que le Rot en honore, celui (pie Sa Majesté tient auprès du roi des Dcux-Sicilcs n'a ni plus ni moins à accorder et à prétendre des cardinaux que celui que Sa Majesté tient auprtis du Pape. Si le conclave ' est fini à l'arrivôe à Rome du sieur marquis de L'Hôpital, il s'adressera h M. h cardinal de Toncin', comme il uuroit fait auparavant au sieur duc de Sainl-Aignan, d'autant plus que ce sera avec ce cardinal, qui doit demeurer à Rome chargé des afTaircs du Roi, qu'il aura la correspondance convenable, nécessaire même, eotre les ministres du Roi résidant à Rome et k Naplcs. Il ne sera pas

1. Lfl concliTft qui ïbonlit k l'él^cUon de 0(>noU XTV (1710).

3. Pierre Guiïriu da Tencln, né & Orcaoble en 1630. (inir.i<l\nK l<^ fT<}t*» «t Ail «uccessÎTcnivnl prieur do la nuUoa do Sorbonno, prand ricair;* de :>on» et lAihé d" Viwîlay. Sa tir.av lu flt adiiicllrt' diQs la TaTçar du cwdinAl iJuho'n, qui IVarî»» eDlT2l k Romecl obtinl pour luirwcllCTéché d'Embrun (I6:il) «t !cchap«u dt ordinal (l"39), L« cardinal de Tenda, depuis son premier Toyaf;o à Rome, j futplu- 5i«ur« f't'tx cliBTf^é do diff^rtntcs missions qui le iiiir«nt & ml^mi» de bîco ronnàlm les affaires du lUiî, L'ann4o mémo du œncluve, il fut [ifMnu & l'archeT^li^ "^ Lyon. Mini'-tre irKuirn I7V2, un pcn avani la mort du curdmalKloury, il fwl «n''^ k touUft les intrigUM de la i-oiir jUMju'cn I7.'il. Murt en 17ô8.

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