‹ Naples et ParmeChapitre 137 sur 235 · UNION DBS MAISONS DE BOURBON · texte numérisé non relu

UNION DBS MAISONS DE BOURBON

ïo nSciproquc des deux cours y est si bien ménagée, qu'il y a lieu de croire qu'il sera accepté par ce roiDistro. Sa Majesté est d'ailleurs persuadée que le sieur marquis d'Ossun, qui s'est tnis parfaitement nu fait do la matière, saura discuter à fond tous les articles du projet, et lover les obstacles qui pourruient U^onconlrer dans son exécution. Cependant lorsqu'il aura on- ^Hé la négociation avec le marquis de Foglianif il rendra compte au Itoi des points dont il sera convenu avec ce ministre et des difricultûs qui se seront rencontrées par rapport aux Uilre6 points sur lesquels il no seroit pas d'accord avec lui.

L'ambassadeur du Roi protégera, autant qu'il lui sera poskiblc, le commerce dos Français. 11 observera néanmoins de ne paire à ce sujet aucune démarciie sans avoir auparavant consftat6 les faits qui lui seront allégués par les négociants de sa kiaLioo, et surtout de no point favoriser les manceuvros qu'ils pourroicnt faire pour frauder les droits des douanes ctablioa naas lo royaume des Deux-Siciles. Il n'est pas nécessaire de Recommander au sieur marquis d'Ossuu que les représentations au'il se croira dans la nécessité de faire soient conçues en lenoM très mesurés, et d'ailleurs tellemeat fondées en raison mue la dignité du Roi ne soit pas compromise par uu refus.

t L'ambassadeur du Roi pourra rendre compte au ministre de o la marine des affaires qui coDccrucntson département, mais ices dépèches seront à cachet volant, a<lre9sées au ministre des aOaires étrangères, et il y joindra la copie de leur contenu.

L'ambassadeur du Roi doit au surplus s'occuper uniquement {des moyens de se rendre agréable au roi et à la rcino des Deux-Sicilcs. Il aura soin de leur faire assidûment sa cour, et |1 tdcheni de se procurer auprès de Leurs Majestés Siciliennes fcin accès aussi facile que les seigneurs de leur cour qui leur sont le plus intimement attachés. Le Roi sait qu'on est déjà

S revenu avantageusement sur le compte du sieur marquis 'Ossun  la cour du roi des Deux-Siciles. Sa M^'eslé est j^nuadéc que, lorsqu'il y sera connu plus particulièrement, on bo lui refusera pas des prérogatives qu'il peut d'ailleurs rêclajbicr, puisque lo Roi les accorde aux ambassadeurs do Naples, £llo ne doute nullement qu'il n'y soit autant regardé et traité

LE UAnQUIS D'OSSDN

comme courtisan favorisé que comine ambassadeur. Aiur$ le sieur marquis d'Ossuu mettra tout en usa^c pour rélablir l'union el la confiance réciproque entre les cours de Franceet des Deux-Sîciles; il ne perdra aucune occasion de retracera Leurs Majestés Siciliennes les sentiments de tendresse el d'aimli6 que Sa Majesté conserve toujours pour Elles, et U ferme résolution où Elle est de leur en donner dans tous les tempi les preuves les plus convaincantes. II leur fera sentir avec force que l'union intime des dilTércnlcs branches de la Maison de Bourbon est le moyen le plus sûr pour maintenir la puissance de cette Maison auguste, et pour lui conser%'er cette inRuentô prépondérante qu'Ëlle a depuis si longtemps dans les affaires de l'Europe ; que ses ennemis chercheront à la désunir, rendant avec raison celle mésintelligence comme le seul nioyea ik l'alTaiblir et de l'abaisser; mais que rien ne doit âtre capatle de rompre les liens formés par l'intérêt réciproque et qui soul la base de sa {grandeur. Quels avantages la Maison d'Aulricbe n'a-t-cllc pas retirés do ce système adopté et suiW constammenl pendant plusieurs siècles!

En partant de ces principes, si le concours des événeincûl5 produisoit quelque refroidissement entre les Princes régnants de la Maison de Bourbon et qu'ils crussent avoir réciproque ment quelque sujet de mécontentement, ils devroient ^'^ expliquer à Tamiablo, sans éclat, et terminer incessamment entre eux tout ce qui pourroit altérer l'union, l'amitié et U parfait concert.

Telles sont les vérités que le sieur marquis d'Ossun sauri mieux que personne mettre dans tout leur jour, et coaun^ l'ambassadeur du Koi à la cour d'Espagne y tiendra te m^t langage, il sera à propos que ces deux ministres aient eolre eux une correspondance et communication inlimes des progr^ qu'ils auront faits chacun de leur cOté sur un point qui^rit dans le moment présent, le principal objet de leur mission* 1^ s'adresseront respectivement leurs dé]ièches par la voia ds Rome, et l'ambassadeur du Roi dans cette cour, ou bien cdm qui, dans son absence, y sera chargé des affaires du Roi, i"U> soin do les leur faire parvenir. On remet au sieur marquti

HONNEI

fîTÂ L'AUB-ASSADEUR

Bson un chiflre particulier pour celte correspondance, el qualre autre? chinVos : lun, appelé chiffre ordinaire, et qui no doit servir que pour les dépôclics adressées au ministre du Roi durgé du déparlement des affaires étrangères ; un autre, appelé chitTre de réserve, pour servir, en cas que le premier fût intercrplé ; un troisième pour les pièces communiquées, et le quatnt>inc pour la correspondance avec les ambassadeurs et roinislres du Roi dans les autres cours.

L'unbasâadcur du Roï gardera rincoguito pendant toute sa route, n'exigeant aucun honneur dans les endroits où il passera, et «e contentant de recevoir ceux qu'on voudroît bien lui donner. Il ne rendra son caractère public que sur la frontière du royaume des Deux-Siciles. Lorsqu'il aura déterminé le jour qu'il devra s'y rendre, il en informera lo sieur d'Artlienay actuellement chargé des affaires du Roi à Naples, afin qu'il en donne avis au marquis de Fogliani, ministre d'État du roi des Ueux-Siciles, et que ce Prince prévenu du jour de l'arrivée do l'ambassadeur du Roi lui fosse rendre dans ses EtaLs les honneurs qui lui sont dus.

11 n'y a personne, parmi les sujets du roi des Deux^iciles, qui puisse se trouver, par rapport au cérémonial, en contestation avec l'ambassadeur du Roi : il ne doit la main et la préséance qu'au nonce et à l'ambassadeur de l'i^mpereur, et, excepté dans sa maison, il ne les laissera prendre sur lui à aucun autre ambas.sadtMjr.

Il pourroit arriver que l'ambassadeur d'Espagne à Naples chercboroit à s'attribuer quelque prérogative sur l'ambassadeur du Roi. Le démêle qu'une pareille prétention feruil naître, jettcroit dans l'embarras Sa Majesté Sicilienne qui peut-être auroit de U peine h décider contre l'ambassudeur du Koi son frère*. En ce cos-U, le sieur marquis d'Ossun doit faire connaître qu'il ne c^Sderoil jnmais en rien à l'ambassadeur d'Espagne et que, si unu pareille entreprise de la part de cet ambassadeur éloit favorisée par Leurs MajciiTtés Siciliennes ou par quelqu'un de leur cour^ le Roi, sans renoncer aux Benlimenls qu'il conser-

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