I. eipcriiueiif, p. tAi.t
^ CowDiiAM (liv. Vil, ch. xni).
1. <Uhumiw, Uùtoire civiU du royautm dt Naptes, t. III, Uv. XXIX, chap. i",
INTRODUCTION
Les rades barons qui esioDrent le roi se sentent émos dans des fibres qui n'avaient jamais vibré jusque-là. c N'oïpk- « vous point comme un chacun crie Francxa ! Les arbres et I les pierres criaient : France * ! i Un intérêt du moment, exclu* sivement politique, avait poussé en d'autres temps les villes qui s'étuient données, comme Gânes en 1396, au roi de France ou les principautés qui s'étaient réclamées, comme Milan, de soD protectorat : elles ne rendaient hommage qu'à la puissance de celui que le dof;e de Venise appelait déjà « le roi des rois > et lo Milanais Mctia « capo de tuti cristiani* i>. Cette fois, c'est le peuple lui-même, l'Italie elle-même qui se livre. Évidemment, un pareil amour n'était pas tout à fait spontané; il avait des racines dans le passé, dans la forte et savante diplomatie des premiers Valois qui avaient toujours témoi^é une très cordiale bienveillance aux Milanais et aux Florentins, dans les souvenirs de bonne et sage administration que la maison d'Anjou avait laissés à Naples, dans le prestige croissant de la France depuis la défaite dénnitire des Anglais. Cependant les deax peuples ne s'étaient point encore jusqu'à ce jour trouvés en face l'un de l'autre, ne se connaissaient encore que de réputation. Le contact est maintenant établi et la première rencontre est un embrassement.
A vrai dire, on s embrasse plus qu'on ne se comprend et ce ne sera pas, hélas ! la dernière fois.
D'une part, quand les Pisans, à la fameuse messe du baptistère, les Florentins, le jour de l'entrée triomphale de l'armée française, viennent crier en foule : n Liberté I liberté ! » il n'est que trop certain, de l'aveu explicite de Commines, « que le roi w n'entendait pas bien ce que ce mot voulait » ; et il ne verra pas beaucoup plus clair dans les visions de Savonarole. Les Italiens, do leur c6té, n'entendent pas mieux le root de « Croisade » que le jeune roi a sans cesse sur les lèvres et se refusent à croire que des « modernes s , des contemporains de leurs grands négocianif internationaux, aient pu sérieusement former
1. C'est l'trcu du roi da N&ples, Alphonse H, au moinent de son kbdicatlofl. Siinulo, loc. cit., p. 63.)