‹ Naples et ParmeChapitre 17 sur 235 · Buser, Rapport* dêa Métiicin avtc la France, p · texte numérisé non relu

Buser, Rapport* dêa Métiicin avtc la France, p

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le deueiD d'aller <( délirror » Jôrusalem et Constantînople de ce Turc qui est aussi bon, sinon meilleur payeur que l'Allemand ou l'Anglais.

A. qui pourtant la plus lourde faute? Si Charles VUl n'enlendtit pas bien ce que voulait le mot de liberté, les Italiens eux-mêmes rentendaient-ils davantage? Sauf peut-être pour Savonarole, — et encore ses actes comme ses paroles ahondentiU en contradictions* — Tidée de la liberté générale ou, pour préciser, de l'indépendance de la péninsule n'a vraiment pénétré encore aucun cerveau italien; Machiavel seul, encore enfant, en a le soupçon. Si la révolte contre la tyrannie est partout, 9Ï elle éclate à chaque pas, cependant ce rêve de liberté ne dépanse guère, pour tous ceux qui en sont hantés, les limites de l'étroite province ou de la cité plus étroite encore où tant de siècles de guerre civile, d'oppression et de honte ont réduit pour le.s Italiens I idée de patrie. La grande patrie commune n'existe pas encore ou, du moins, si confusément qu'il eût fallu à Charles plus que du génie pour deviner cotte nébuleuse. Peut-être eût-il pu la créer, et Commincs en eut le pressentiment, mais il n'est point contestable qu'elle n'existait pas.

Comment se reconnaître d'ailleurs dans co torrent de haines qne l'arrivée du justicier français a déchaînées avec un redoublement d'ardeur? La liberté que Pise réclame, le premier usage qu'elle entend faire de ses franchises, c'est de se venger de Florence; et, de même, la liberté que demande Florence ne peut l'accommoder des franchises que le roi a octroyées & Pise déjà menaçante, déjà touie brûlante d'un âpre désir do reprendre la lutte contre l'orgueilleuse donilnutrice. Quand les ambassadeur» Qorentins, conduits par Savonarole, rencontrent Charles h PonUusignu, ils lui posent d'abord celte question : le roi -ptBt-il résolu à « encourager » la rébellion des Pisans et ne «onsentira-t-il pas h prêter main-forte à la Hépublique pour la faire rentrer dans le devoir * ? Après les tumultueuses négociations qui suivront l'entrée triomphale du roi à Florence et où

I. Otuati, Ankiwio iloricQ itaitano, t. XIV. 2* p«nie, p. 66 el «q.

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INTltOnnCTION

U sera d'ailleurs beaucoup plus âprcment question d'argent que de liberté politique, tune des premières clauses du traité que la République impose à Charles, c'est qu'il rendra Ptse et Livourne aux Florentins : à cette condition seulement, aussi essentielle à ses yeux que le bannissement des Médîcis, la Seigneurie lui accorde un subside de 120,000 ducats, rentre « en l'alliance et protection perpétuelles » de la couronne de France et remplace, en signe d'indissoluble amitié, la Ûeur de lis rouge qu'elle portait dans ses armes par les fleurs de Us d*or de la maison de Valois. Tout ce que le pauvre libérateur peut obtenir des magîMrals républicains, c'est qu'il tiendra garnison à Pisc « jusqu'à ce qu'il ait recouvré son royaume de Tïaples » et que Florence « pardonnera » àsa rivale ses oflcnses d'un jour. Cela, le 26 novembre, dix*sept jours à peine après l'inoubliable scène où le roi, au seuil du Oampo Santo, avait entendu, les larmes aux yeux, le récit du long martyre des Pisans, quand le conseiller Rabot s'écria : «Pour Dieu, sire! « voilà chose piteuse 1 vous deviez bien octroyer ! il n'y a jamais « eu de gens si maltraités que ceux-ci! » et que le peuple jeta le lion florentin dans TArno, eu acclamant « le nom de « France ».

Voilà donc la promiëro révélation que Charles reçoit des sentiments des Italiens les uns envers les autres, et le spectacle des déchirements intérieurs de Florence n'est pas moins cruellement instrucLir. Depuis le début de l'entreprise, nui n'avait opposé aux avances du roi plus de duplicité et < de malignité ■ que Pierre de Médicis : alors que le peuple tout entier, dès qu'il eut appris les desseins du roi, manifestait bruyamment sa sympathie, Pierre, éludant toute réponse franche aux demandes de passage, n'avait point cessé de prêter son concours à toutes les manœuvres de nos ennemis. Le roi de Naples et le Pape qui négociaient « un bon accord avec le Turc ' > contre la croisade française n'avaient point eu de plus sûr informateur que Pierre; il avait fait arrt^ter et condamnera la prison perpétuelle les chefs du parti français, Lorenzino et Jean, fils de

1. OrégoroTius, Uittoire de Rome, VII, 200, ol D«l&borde, CiiarUs Vllt, p. 373.

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