LA COUR DE NAPLES
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;1 point il est dans la dépendance de la cour de Vienne, il faudroil qu'il s'oITrlt de» occasion? plus imporlanles que cellos qu'a fournies son ministère, cl nous n'avons de positif sur cet objet que les propos tenus en difl^érents temps par ta Roine de Naples. Quoique sans talent et sans grftces, M. Acton, étant parvenu, on ne soit comment, à plaire h la Reine, tous les ennemis de la maison de Bourbon se jetèrent à sa tète, et fios liaisons avec celte princesse ayant pris un caractère plus marqué, il est devenu tout-puissant. Pour entrer dons les vues de la Reine, il s'est appliqué en toute occasion à dégoûter le Roi d'Espagne de se mêler des alTaires de Naples. Sa Majesté catholique a essaye vainement d'engagerlo Uoi son fils à reconduire ; tout ce qui peut ôlro imaginé de plus mauvais en raa-
Qvres et en intrigues a été mis en usago pour empêcher ce
tnco décéder aux instances de son père ; la Reine s'est vantée que l'Empereur ' la suuliendroit, elle et son favori. Enfin la cour de Naples en est à douter si elle sera désormais attachée à l'Espagne sous un prince Espagnol, ou & l'Autriche pour plaire à une Reine despote, appuyée d'un ministre vendu à la cour de Vienne.
Le marquis do La Sambucca, Ministre des Affaires Étrangères, voué au Roi d'Espagne par principe et par reconnaissance, lutte avec plus de courage qu'on no lui en supposait contre un adversaire qu'il méprise hautement. La. Reino, après avoir Toula inutilement le raccommoder avec le chevalier Acton, est parvenue à aigrir le Roi de Naples contre lui ; et ce minislrOf toujours prêt à Htù congédié, n'a pour lui que les personnes attachées à l'ancien système et celtes qui gémissent des désordres du gouvernement actuel.
Nous avons eu de fréquentes occasions d'éprouver les effets des mauvaises dispositions de la Reine et de son favori dans les alîoircs particulières et nous sommes portés à croire que, tant que les choses resteront sur ce pied, il y a bien peu à & espérer de cette cour pour nos intérêts ; cependant, soit que la Reine craigne qu'à la fin l'ascendant du Roi d'Espagne ne
JoMiiliil, cmperuur (ivpuis k IK auûl 177&.
m LE BAROK DE TALLEYRAKD-PBRJGORD, I78K
prontte le decsos sur l'esprit du Roi son Gb, soït qu'elle tit quelque lieu de se phiudre de ) 'Empereur depuis qoelqoes IcropSt elle donne ù entendre que si on ne pûa&5oit pu à bout son favori, il serait lout aussi capable qu'un aalre de faire lea affaires au gré des deux couis do Franco ut d'Espagne.
Dans ces circonstances, il n'y a que deux partis k prendre; ou opéror la ruine de M. le chevalier Actou, si la coar de Madrid veut de bonne foi y contribuer, ce qui parolt douteos, ou essayer de le gagner.
Il est impossible de se décider dans ce moment entre ces tlctix partis, parce que nous ne sommes pas assez parfaiteineat iustruils du degré de force qui maintient ce ministre. Le sieur Deoon, chaque des affaires du Roi, aigri par les mauvais Irnitcments qu'il a reçus de la Reine et de ce qui tient au favori, a dû voir le mal sans remède. 11 est possible qu'à larriruo de l'Ambassadeur on affecte de lui donner des marques de confiance pour faire croire que ce sont des pei'so Dualités qui ont éloigné les deux cours. Le Uoi laisse à la sagesse du Baroo de TuUeyrand ù se donner le temps d'examiner le vrai état des choses et de lui en rendre compte ; il recevra des ordres selon que Sa Majesté Jugera à propos do chercher à regagner U Reine de Naples et son favori, ou à prévenir les suites de leurs mauvaises dispositions. On peut croire que la Reine aiTecten de bien traiter d'abord l'Ambassadeur du Roi ; qu'elle lui fen des confidences vraies ou fausses; s'efforcera do le convaincre de son attachement à la France et du mérite de M. Actoo. Le Baron de Talleyrand profitera de ce premier moment pouf s'établir dans l'esprit de cette Princesse comme un homiiK franc, incapable d'intrigues et de pi'éveolions. II priera la Heine de ne se presser do porter aucun jugement sur les affaires rdativos aux deux cours avant de l'avoir écouté. Kn un mot.il cherchera tous les moyens de lui plaire et ne s'affectera poiat des légèretés qui échapperoient ù celle Princesse sur la France ou sur l'Ambassadeur lui-même, se réservant à lui faire voir en temps et lieu qu'il ne les ignore pas.
Le lïaron de Talleyrand continuera h Iraîler toutes les affaires avec M. le maniuis de la Sambucca et h donner en toute occa-