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RAPPORTS DE PARME AVEC LA FRANCE

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La paix de Chérasco, qtii termina la guerre de la succession de Hanloue et fut l'un des débuts de Mazarin, avait séparé en Italie les domaines des deux branches de la maison d'Aulriche, qui faisaient efloK pour ^'yrcjoiadre, et rouverlla péninsule ùla France, mais sans l'y engager. RÏcbelieu songea eussitûl h faire davantage et à établir une OOQfédèratiûa italienne qui contrebalancerait la puissance de l'Espagne dans la péninsule et 4 y assurerait un parfait repos >. Odoanl adhéra h la Ligue, avec les ducs de Savoie et de Manloue, le grand-duc de Toscane, les Républiques do Venise et de Gènes, d'abord secrètement, aous les menaces du pape qui se considérait toujours comme •uzerain de Parme, puis, dès qu'il eùl pris conscience de ses forces, ofQciellement par le traité de Rivoli. ■ C'éLaiL, dit Uuratori, un prince plein de l'esprit guerrier et qui prenait d'abord conseil de son courage. » Dans le manifeste qu'il publia (pour prendre parti contre la maison d'Autriche), il parlait avec tant de hauteur et de flerté que le graod-ducde Toscane, après l'avoir lu, s'écria en plaisantant : « Le roi de Parme déclare la guerre au duc d'Espagne. • La guerre eut beau n'être pas toujours heureuse'; Odoard resta Adèle & rulliance française, A Richelieu d'abord, dout il ne se sépara qu'une fois, en 1637, or quelques scmaiues, bous le coup de l'invasion du Parmesan par duc de ïlodène, mais, en quelque sorte, avec l'assenlimcnit tacite o cardinal qui reconnaissait que nécessite fait loi ; puis a Matarin i le soutint résolument dans l'affaire de Castro, comme on verra as loin, et qui fit reconnaître ses droits par lo Saint-Siège. Ranucc II (lt>4C-1694), qui succéda à son père et qui demeura mme lui, mais après quelques tergiversations, dans l'alliance fran- , fut à plusieurs reprises en rapport avec Duplessis-Besançon eoous avons vu tlgurer déjà à Naples et qui était venu A la cour le Panne, dès les premières années du ministère Mazarin, pour y nflnner l'entente entre le duc Odoard et Louis \[V. Nommé en 1655 ambassadeur à Venise, Duplessis-ficsancon seuroa à son passage à la cour de Ranuce U.

Les instructions suivantes lui avaient été remises par Mazarin : inUruction$ au sieur Du Pi^ssis-Besançon, conseiUer ordinaire de Fa MojcUé en tes conseiU d'Etat et de guerre, et lieutenant généi en tet années s'en allant son ambassadeur à Venise*. • ... Au sortir des Etats do lu Republique, ceux du duc de Parme rencontrant, Sa Majesté désire que ledit sieur Du PlessJs prenne 'occasion de voir eelte alle&se et pénètre autant qu'il pourra en elle disposition il se retrouve, si, lassé de suivre tes conseils de duchesse, qui défère à l'aveugle A tout ce qui lui est mandé par le and Duc, cl élève son Ois en une entière dépendance de la maison

t. 4rcA. du Aff, Btr. Niplsi, tV, 378.

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PARME

d'ËspagDe, il scroit pour en rovenir et aur6il aotaat d'atUchemet^^ que ses pères au passa elen nos jours son père ont eu pourla France et le trouvant disposé h s'unir, eu découvrir les conditîoDs et p^ot'* être que touché d'émulation de la grandeur où Mod^ne est ^tilAff s'élever, il «croit pour en suivre l'exemple afin de s'agrandir comnio Uodène et pour y rciiâsir. Et certes ses Etats le rendent en i^rtc con^^idérable que s'en prévalant il y auroit des choses à fairt^ni donneroient A Sa Majesté avec facilité le moyen de l'élever. Etenl'uw des lettres de l'un de ses secrétaires ayant paru que ce Prince se fiil présentement entretenir do ses afTaircs, c'est la conjoncture qui p«l être désirée, et pour le conseiller et pour l'engager à imiter la gcnéreuflc conduite de ses aïeux dont la mémoire dure après leur mort par le souvenir des grandes choses qu'ils ont entreprises ctbcureai«ment achevées dans le service de l'une et de l'autre couronne.

* Soit donc que Parme avant de se déclarer voulut alleodK

que la fortune eût incliné de notre cdté ou que dH & présent Q fiit pour s'exposer au sort connu de ceux qui sont collègues arec &i Ut* jeslé h savoir Savoie et Modène, il sera de son service qu'elle en toA promptemeut avertie, et co ne seroit pas lui en rendre un lég«r, m contraire un très considérable d'avoir ménagé Parme. C'est ce qui est remis à la conduite et h la prudence dudît sïcur du Plcssis-B^ 3an*;ou lequel de Venise en hors pourra même le faire résoudre à « qu'il n'aura su emporter en son pas&age :i'il peut ménager ceux delà confidence du prince et établir entre lui et eux une comnianicalioo de lettres. >

Pendant toute la durée de son ambassade à Venise, Du Plosb- Dcsançon continua à entretenir des relations constantes avec lou Us princes de l'Italie de Nord ; il parvint aimii à. faire entrer le duc de Parme d'une façon définitive dans nos intiréts. Un traité futsignêeQ 16!S8 par lequel le duc de Parme s'engageait à favoriser nos opénlions de guerre ' ; il accordait à cet effet à la France le Anii d'établir des entrepôts de munitions dans ta ville de Florcoc* el diverses facilités pour les passages de troupes.

1. Cf.DtmOKT. RecueUdtt Traitià dêPtdx,x. TI, II' partie, p. tl7.

LE SIEUR DAUBEVILLE

L& mission du sieur d'AubevUlc h Parme et à Modène avait pour bul de régler deux afTiiircft peudantcs depuis fort longtemps entre ces deux cours et le Saint-Siège; l'uue Rtail l'affaire de Castro et Ronciglione ; l'autre celle de C(>maccliio. EUea ont été racontées en di^tail dans les instructions données au président Colherl, h d'Aubeville luimAmoct au ducdcCrt-qni (1660-1661-1662): M. ïlanotaux apublié ces dépêches dana un volume de la prèacnte collection.

Le duc Alexandre Farnèso, fils et successeur d'Octave, avait dû, pour faire face aux frais de ses guerres dans les Pays-Bas, contracter des dcLles eonsidériibles. Ses successeurs, afin dft défilntérc^ser ses créanciers, empruntèrent auprès de la Chambre Apostolique en créant à Homo des montSt système financier qui permettait d'aiïecter des revenus publics À la garantie des inLérèls. C'estaln&ique Ranuccl*', en 1600, donna sur l'un de ses domaines, la Plaine de l'Abbaye, une hypothèque de deux cent mille écus. Cinq ans après, il en donna une autre de cinijuante -quatre mille quatre cent deux écus sur son chAle&u de Ronciglione, situé dans le territoire de Castro. Dans les deux contrats il était expressément réservé au duc le droit de rachctcri après huit au8, la part de capital qu'il voudrait; par contre, s'il no payait pas la rente, il serait privé de la jouissance des domaines, dont le fonds était déclaré inaliénable.

Le successeur de Uanucel*', Odoard, créa detet nouveaux monts pour une somme de douze cent quatre-vingt-onze mille nx cenLs écus et donna comme garantie de cet emprunt la plus grande partie du duché de Castro. Mais les baaquicr& romains, h qui furent affermés les rovcnus de Castro, ne purent réaliser leurs paiemenla avec régularité et leurs lenteurs firent craindre au pape pour le remboursement de ses créances. En octobre 1641, poussé par laa Barberins alord tout-puis-

LE SIEFR D'AUDEVILLE, IMS.

gants ù Ilomp, Urbain VIIÏ vnulal prendre po9««ASÎon da territoire il* Castro et le lll envahir par les troupes ponlincdles. Odoard proteâU et la Saint-Siègo répondit par rexcommuoicatioD. La France inlerrinl pour rétablir l'accord et oMinl la promesse que le duché serait ièqfotttré entre les mains du roi ; mais la décîaioa ne fuL pas cxccalèe. Pendant ca temps, les princes ilalicost voyant le duc de Panne menacé, formèrent une ligue pour le défendre (1643) et en vinrent auxamn avec le pape. Une nouvelle intervention de la Fram» apaisa It querelle. Fontenay-Maretûl el de Lionne, envoyés en ambasude auprès du Saint-Siège et appuyés par le cardinal Bichi, firent accepter leur médiation et amenèrent la signature de la paix de Ferrare (30 mars 1644), par laquelle rexcommunicalion du duc était uspeadtt6 à U condition qu'il cesserait la guerre et resUluenûl places qu'il occupait dans les Etats ecclésiastiques, en échange terres confisquées h. son détriment dans le duché de Castro.

Odoard étant mort en 1646, son fils Hanuce 11 lui succéda; pour obtenirdes délais, il ne se porta héritier de son pèro quesousbènÎÉQee d'inventaire. La querelle recommença aussitôt. Le nouveau papo, InnocentX, poussé par lecollège des Bf ontisles qui avait obtenu ub exécutoire i»ur le duché de Castro, et obéissant aux instigattoos de n belle-sœur> Olympia Uaidachina de Vilerbe, qui nourrissait bm animosîté particulière contre le duc de Parme, fit raser et démanteler la ville de Castro. Ranuce II consentit alors à un arrangement, et promit de racheter, dans une période de huit ans et ea ua «al paiement, Castro etRouctgUouc(1649). Mais le papes'efTorça d'empêcher le duc de trouver, auprès des marchands gdnois oa oillean, l'argent dont il avait besoin; de aorte que le terme de huit années fat sur le point d'expirer sans que Kanuce eût pu exécuter sa promesse. La France s'entremit une troisième fois en faveur du duc de Parme et envoya à Rome (juin-août 1658) le sieur Jeure Millet puur demaoïkr au pape un nouveau délai de huit ans ou du moins l'aulorisatioB d'aliéner la portion du duché nécessaire au rachat des domùoM engagés. La mission de Hillct n'aboutit pas.

La situation du duc de Parme devenait de plus en plus difficile. U pape, tout en continuant à détourner de lui les préteurs, le meuaçvt, s'il ne pnyait pas, de confisquerses Etals. L'injustici: élaitd'autanlplttj flagrante que le duché de Castro avait une valeur de cinq millions d'^cus au moins, taudis que la^dellc du duc s'élevait &l,t>00, 000 écus,et qu'en vertu de la convention do 1649, le pape réclamait le paiement CDlitf en une seule fois. Hanuce tl ne put saliiïfaire a tant d'exigences. U Chambre Apostolique finit par prononcer l'incomé ration, c'est-à-din la confiscation totale des duchés de Castro et Honciglioae.

Ja restitution do ces duchés à la maison Farnèse fut l'un des pnndpaux soucis de la diplomatie française & Rome et elle occupe une

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AFFAIRES DE CASTHO ET DE COMAGCHIO

placo importante dans les insLructions dont nous avons parlé en cornmeDÇBDt. Louis XIV s'était, en efTet, engagé avec le roi d'Espagne, Philippe IV, par l'article iOdu traité des Pyr^néca, à t obtenir de Sa « Sainteté la grâce que Leurs Ufijeatés lui ont assez souvent « demandée séparément en faveur de H. le duc de Parme, à ce c qu'il ait la faculté d'acquitter en divers intervalles convenables da « tomps la dette qu'il a contractée envers !a Chambre Apostolique, « eo la même manière de difTêrents intervalles, et que par ce moyen, € eiavec l'engagement ou l'aliénation de partie de ses Elats de Castro ■ et de Roneigliouc, Il puisse trouver l'argent qui lui est nécessaire € pour conserver la possession du reste de^lils Etats •. On voit dans t'instruclion au sieur d'Aubcvillc à Rome', qu'à la nouvelle de t'incaméralion, le roi de France écrivit & la cour de Madrid pour coaoaitre ses sentimenta et pour solliciter d'elle une démarche ea faveur du duc de Parme, selon les engagements pris dans le traité des Pyrénées.

En avril i66â, quand le duc de Créqui remplaça d'Aubeville, la réponse de Philippo IV était arrivée; maîa, comme elle recommandait d'agir avec la plus grande circonspection, Louis XIV dut s'abstenir d'une intervention formelle.

Quelques mois après, le iO août 1662, survint & Rome un événement qui blessa profondément l'orgueil du roi de France et, en excitant u colère contre le pape, accrut d'autant hd bonnes dispositions en faveur de duc de Parme. C'est l'incident connu sous le nom d'affaire de la garde corse. Trois Fran<;ais,qui faisaient partie de la suite du duo de Créqui.et trois Corses de la garde pontificale s'étant pris de querelle, les Corses vinrent attaquer le palais de l'ambassadeur. Le duc de Créqui, assiégé dans sa résidence, ne fut délivré par la police qu'après une longue attente ; laducheâse, arrêtée et insultée par la foule au moment où clic voulaïtrcutrcr au palais Fariiésc, dut le réfugier chez le cardinal tl'E:ite ; l'ambassadeur quitta Rome le 1" septembre avec sa suite et se retira en Toscane. Le sieur d'Aube* ville fut envoyé à Parme quelques semaines aprîis cet incident.

Cependant l'ambassadeur devait passer h Hodéne pour s'y occuper de l'autre affaire, dont nous avons parlé, à savoir celle de Comacchîo, qui remontait à la lin du xvi* siècle cl n'avait pas encore trouvé sa iHiluttun. La ville do Coinaccliio faisait partiedu duché de Fcrrarc; elle était entourée de vallées qui lui constituaient un territoire assez étendu. En 1597, le duc de Ferrare, Alphonse H d'Esté, mourut sans laiiaer d'enfant [le Hh qu'il avait eu de son mariage avec Julie de la Ruvère étant lui-même mort en 1578); il désigna pour lui succéder •on fiU naturel, César. Le pape Clément VIII refusa de reconnaître le

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