I. H. Uamotaox. Bteunt dti Intiruelioni. Rom«, [i
LE S!EUB D'ÀCBEVltLE, 406S
nouTOdn dnc, pI «'empara du territoire de Comacchîo cotnmed'nri ancien fief ecoh^siaslique Hnr lequel il prêtemlait exeroer des droibdt suzeraineté. C6sar voulut reprendre possession par les armes it son duché; le pape répondit k son attaque par l'cxcomnmmcaUoa. AprÈs une courte guerre san» résultat, le duc fut forer de serfsondre It un accommodement (Î8 janvier 1598). Hodfeiie cl Régie lui fnrmt jaiss^-s avp.c les prérogatives des ducs de Ferrare. Mais Cp*ar tllste n'en continua pas moins par la suite k protester contre la iipoUstiin dont il avait été victime. Ses successeurs proposèrent pltisieurs kéi la Chambre Apostolique de remettre l'affaire entre les mains de jugei pris parmi de» membres mêmes de la cour de Rome, tant ils ■nieol confiance dans l'évidence de Icnr droit. Le Saint-Siège se garda bits d'accepter la proposition et à l'époque où nous sommes arrirfi(1WÎ), il était toujours maitre de Gomacchio. La longue durée de «tle posseeeion servait maintenant de principal argument k la Chambrt Apostolique; elle refusait la restitution souspr^texie que lajouissaaa des revenus du duché depuis soixante ans enlrainait la prescnpiioa- Devant les résistances do la cour de Rome, les dues de Modfrne avsùfll fini par ne plus réclamer la restitution effective des territoires eoler^; iU se contentaient d'une indemnité de 4 millions d'écus d'or, tbk satisfaction ne leur avait pas encore été donnée.
La Fruuce, au cours de celle affaire, n'eut point l'occasion d't^l«^ venir avec la même énergie que dans celle de Castro, où les partiti adverses en étaient venues aux armes à plusieurs reprises; roaifldb n'oublia ni tes intérêts du duc de Modêne ni l'accord qui était ialfp venu entre Louis XIV et le rot d'Espagne (article 99 du traité en Pyrénées) pour interposer < de concert, sînrëremeut et prnmin ' ment leurs offices et supplications, auprès de Notre Saint-P^ k ( F'ape.jusqu'à ce qu'ils aient pu obtenir de Sa Sainteté qu'ellftaft M pour agréable de faire terminer, sans délai, par accord ou parj» < tice, le différend que ledit sieur duc de Modêne a depuis siloo^^ ■ temps avec la Chambre Apostolique touchant la propriété et b ( possession des valléei^ de Gomacchio ».
CHOIX DF L'A^BASSADECR
18ît
NtMOlRE POUR SERVIR D'i:<STnCCnON AD SIKCIt d'aCBEVILLE ' s'e» ALLAM A PAItHK ET A MODËNE '.
31 KpI«mbio 16ttt.
LeRoi ayant résolu pour plusieurs considérations importantes qui seront ci-aprÈs détiuitcs d'envoyer en cette conjoncture d'ofraires une personne expresse à Messeigneurs les Ducs do Parme' et do Modènc ^, Sa Majesté a cru ne pouvoir mieux rencontrer bien do son service, en faisant son choix, que de jeter les ^eux sur le sieur d'Aubevillc, l'un des gentilshommes ordilairos de sa maison, qui lui a. donné des preuves de son zèle, de sa sulTisance et de sa fidélité en divers emplois et négociations que Sa dite Majesté lui a commis tant dedans que hors le royaume, dont il s'est toujours acquitté à son entière satisfaction, et nommémeutdaus le séjourqu'ilafait en dernier lieuà Rome oîj, ayant été chargé un an durant du soin de toutes les AfTaircs, il u eu l'occasion et les moyens de s'instruire à fond par sa propre expérience des dispositions et de la manière* de traiter de la Cour do Rome et des inLér^ts que lesdits sieurs ducs ont à deméter avec la Chambre Apostolique dont il a léj& souvent traité avec le Pape.
Sa Majesté désire que le sieur d'Auboville prenne la poste
1. D'Aoberille, nà en 1610 dm» lo Dauphiné, peiililhotnmc de la Chambre du Roi. fat clurgi d'un (rrand nombre de mÏMions en luUie de lOdl k 1609, en l'OrrAÎB*. en Ailemiign« ol en t'ortognl de 1071 A îôlb. II mourut 4 Oéoea en l(i87. Ou irva- Tcr« »es inslruclions dans h Rrcueil iIh M. CAfi on 8fciNT-Ai(oi;ii (Pnriutjal) et dui5 citai do M. Hanotaix (Rome), [>, 61 et nuiv. et p. 300 el ffuÏT. D'Aubcvtlle «TBit déjk iU Mitpelé k Imiter les aHkii-es do Cutru et do Cumuxliio au coor» de son ti-Mibassaito k R'inie en 1641.
S. Arch. dtt Aff. tir. Pmne, t m.
3. Le duc do Parme 6tul «lors lUnnu II, At U mklMn An Fuit6<io, qui arut ipouflé enltifiO Usoeurdu duc Chu-les-KmmuiDel II dA Saroie, Mirgucrito-YoUnde.
4. AtphonM IV. mort m juillet Wi%, aiftit ru|)onr suc£«sMar son flU Prancoii II, kgi de deux Bos. PendsQl b» aûiiorll«, 1» régence fut confiée à u mÈre L^uit IC&r-
kfinoeti, nitco de ll«sarin et k ûun çrttnd-onclc, I« cardioil Reakuld d'Esta. Fnn- PfnU II éiiouM lo \i JalUot \tfy\ m couaioo germaine, U&ri0'7ruiçoije funtit, fiUe dd Ruiace II. Il moarnt suu enfant lo 6 ««pt«mlir« lOBi.
LE SIEDR DAUBEVILLE, iM9.
ponr se rendre h Parme avec le plus de diligence qu'illui sera possible. L'objet de sa mission, dans cette conjonclare de l'offense que Sa Majesté a reçue à Borne dans la personne du siear ducdcCrfqui,&on Ambassadeur, etderAmimssadrice'.eslpour donner part à M. le duc de Parme de la qualité et des circoiutances de ces outrages, du vif ressentiment que Sa Majesté en a, et de la résolution où elle est d'obliger les parents du Pape à lui faire faire une réparation proportionnée à l'injure, et la fin que Sa Majesté eo propose en cela, c'est d'appréhender m mémo temps les sentiments qu'a présentement ledit sieur duc sur l'injure que luj a faite la Chambre Apostolique d'aroir incarméré ses états de Castro et de Ronciglione ', c'est-à-dire de lu lui avoir confisqués sans retour et sans qu'il lui reste sDCune espérance d'y rentrer à moins d'une occasion comme celle-ci où Sa Majesté peut avec honneur et justice et sous un prélesU fort plausible dans le monde, appuyer vigoureusement par les moyens qui seront jugés nécessaires pour la partie que Mil sieur duc sera disposé do prendre pour ravoir ses biens qu'on tt usurpés, et se tirer même avec beaucoup de gloire de l'oppression qu'il souffre depuis tant d'années.
Pour commencer donc à entrer en matière pour la premièro partie au sujet de la mission dudit sieur d'AubeviUe qui est de donner part audit sieur duc de ce qui s'est passé à Rome, il n'est pas besoin de grossir inutilement ce mémoire de ce que presque personne n'ignore plus, puisque toutes les gazettes et italiennes et françoises le débitent tous les jours avec horreur et détestation ; Sa Majesté néanmoins a commandé qu*onmette entre les mains du sieur d'Aubcvillo les copies des diverses lettres que ledit sieur duc de Créqui lui a écrites sur cette matière qui l'informeront pleinement au vrai non seulement du
1. La l«ctura d« c« puug« dus l'ori^mU «it tr^s difficile. Une pruoière rAdietion a élé fluppritnjo par l'auteur d« l'iiiftlructioii, i parUr du mut • s'instnin* jusqu'i > de la cour > ; n'ttjaal pu lire lee àtta nots qui suivent daca la noonlle rédaction le mot • expérjenco >, nous aTona cru d«roir i«ur «ubsUluer sobi tout» réserTca l'ancien t«xle.
3. La petite tîIIo de Castro et le docbA d« RoncigUoae étaient situés, ■'mi'i ^ l'riuftdt et Paato au sud de Titerbe. C«fl Icrriloiirs liaient par cons^oent aipui» du Parmeian par la Toscane el enclavés dans l'Elat ponUAcal ; ils a'ét«adai«i(JB»qu'aux porliM do Rome. I^ur situation ;6ogTsphiqu« explitiue rachamemiBtdt pape k les garder et U difficulté qu'éprourajl le duc & se les faire reodrv.