‹ Naples et ParmeChapitre 169 sur 235 · CONDUITE DU PAPE · texte numérisé non relu

CONDUITE DU PAPE

premier fait arrivé lo \ d'aoÛLmais des suites qu'il a déjà eues el des motifs do la sortie dudtt sieur duc de Rome el de l'Etat Ecclésiastique, d'où il a été comme chassé dans le temps que la bienséance voulait qu'on ne s'appliquât qu'A le satisfaire sur UD si grand outrage ou, pour mieux dire, Sa Majesté qui l'a re(;u elle-môme en la personne dudit duc. Cependant, pour comprendre cet article en deux mois, il suffit de dire que dans Rome, ville capitale, où réside le chef de l'Eglise et, patrie commune de tous les chrétiens, deux cents Corses, la plus vile canaille de la terre, poussés à cela par les parents et les ministres do Sa Sainteté, ont avec fureur attenté à la personne de l'Ambassadeur du premier Roi de la chrétienté, à celle de l'Ambassadrice, et fait main basse autant qu'ils ont pu sur toute la nation françoise sans autre cause apparente d'un si étrange renversement du droit des gens qu'un petit démêlé arrivé entre deux François et trois Corsos, où l'un de ceux-ci demeura légèrement blessé, mais dont la cause réelle a été les ordres positifs qu'ont donnés aux dits Corses les parents de Sa Sainteté, et pour leur complaire, lo cardinal Impériale', gouverneur de Rome, en baine dudit siour Duc, et pour le mortifier de ceque trois mois durant, il avoit refusé do visiter lesdits parents. Le cas est si détestable en Iui-m6me, qu'il n'est nul besoin de l'exagérer pour le faire avoir en horreur. Les auteurs mêmes et les instigateurs de cette méchante action en demeurent d'accord el tiennent là-dessus le même discours que les outragés et les indiifércnts; le pape en en donnant part aux cardinaux dans le consistoire, a commencé par ces paroles : « Horrendum etdeustandum facmits »; le public et les particuliers, sans exception do qui quo ce soit, conviennent unanimement et également de l'énormité du crime et, par une conséquenco nécessaire , conviennent encore du second point que ledit sieur d'Aubcville aura à traiter, qui est le triste et grand ressentiment que Sa Majesté en a et eu doit avoir quand même on no voudra faire réflexion que sur le simple fait considéré on soi et dénué de tout co qui l'a suivi depuis, qui

1. I,4ar«ot Impéri&Ifl, tt^è cardiniil ut 1053 par Innocent X, était ^avernear dft ItotBS Ion d« râffairo de U ^arde corfte. Il yixax mcuro peu d'ein]ire!ueiaftnl à MWytr ta police an mcouti du duc de Créqui ; In France obtînt u^ destitution. U mourut en 10^3.

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LE SIEUn D'AUBBVILLB, lOftS.

l'a infiniment aggrandi ot qui doit à la infinie proportion wcroUro le rcsseotimoDl de La dite Majesté; voire od peut qu&si dire que ce sout les dernières circoastaoceâ qui ont le plus désobligé et ofTensé le Roi. Car cnfUi, pour étrange et horni)ie que soit un crime^ si lo Prince dans l'étal duquel il a élê commis en fait «ur-le-chainp uno sévère ot exemplaire punitiOB el cl qu'il ajoute ik cela avec la m^me promptitude toutes les auLrM réparations qui peuvent dire en sou pouvoir pour satisfaire l'olTensé, il pcul si bien témoigner par cette conduite que ça été un pur malheur et uu cas fortuit auquel il u'a eu ai les siens aucune part, que celui qui a reçu l'outrage, voyant son hoaneur mis si fort à couvert, est quasi plus obligé de la oompalir qu'il n'a occasion de se plaindre. C'est sans doute la mamèr« dont auroit uaé le Roi ail eût vu que le Pape se lût mis en devoir, comme il le pouvoit facilement et qu'il étoil juste, de témoigner à l'iustant même par de grands eflets et non pas par de belles paroles qu'il détcstoit l'action de sa soldatesque; mai$ loin de l'avoir fait, il semble que ses parents et ses miniâtresavec uue imprudence et uoe mauvaise velouté sans égales ajoaleiil le mépris et la moquerie à l'outrage, ainsi que le sieur d'Auboville aura lieu de le connoître dans trois pièces qu'on lui met en main pour no pas entier ce mémoire de choses qu'il peut voir ailleurs, qui sont les copies des deux lettres écrites a U Reiae de Suède ', Tune par Sa Majesté, ot l'autre par le sieur de Lionne, et la troisième de la relation d'un abouchement qua ledit sieur do Lionne eut par permission du Roi avec le nouvel évoque du couvent.

Pour passer maintenant au troisième et dernier point qui coucerne conjointement les intérôts du Roi et ceux dudit sieur Duc à l'égard de la Cour de Rome où Sa Majesté sa trouve otTensée en son honneur, et le dit Duc opprimé en ses biens que la Chambre Apostolique lui a ravis avec le peu de justice que tout le moade sait, ledit sieur d'Aubeville dira audit Duc que Sa Majesté ayant hérité du feu Roi avec sa couronne des mêmes sentiments d'estime et de tendresse que ce grand prince

1. Ghrialine, qui vcD&it d*abjuior le lulhérianisniA, arsit HA mapûJlqaoïnent vccuttUlio ik Kotafl )iiu- le pape.

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