LES PITIÉS D'ITALIE
de
imploré, là parce que la bète féroce portait la tiare sacrée saint Pierre), le roi de France «lait resté, malgré tout, i< le fils spirituel » de ce François de Poule que Louis XI avait fait venir auprès de son lit de moribond pour la sauver de l'enfer et qui, le premier, avait fait entendre sur les bords de la Loire et de la Seine la plainte suppliante do ritalie. Proclamé « le restaurateur du droit », assurément Charles ne l'avait point restauré : pourtant le grand mot réparateur n'en avait pas moins été prononcé, lancé avec un fracas de tonnerre u travers le silence de la servitude. Si le roi de France n'avait donné à Pise et à Sienne qu'une heure de liberté, le contre-coup de la victoire de Rapallo ftvait suffi d'ailleurs |H}uran'rancliir Florence des Médicis, les bannia étaient rentrés à Rome et dans toutes les autres villes, il avait enfin chassé de Naples l'horrible gouvernement aragonais. Le génie qui fonde lui faisait défaut; il n'avait eu toutefois qu'à paraître pour faire craquer l'édifice du passé, pour rendre la vie à l'espérance, pour ressusciter des idées qui semblaient mortes à jamais, pour déchaîner les langues. La cbétivité même de sa personne contribuait à réveiller la croyance consolatrice que la force brutale n'est point tout. « Petit de taille, grand de cosur, » selon le mol fameux de Brantôme ; la bonté avait reparu avec lui, pour la première fois depuis trois siècles, en Italie. Toutes les plaintes, toutes les doléances con* tenues depuis tant de cruelles années au fond des poitrines, éclataient naturellement sur son rapide chemin. Trop pressé ou, si l'on veut, trop frivole pour leur chercher un remède, il les écoutait avec une grâce bienveillante^ ce qui ne leur était pas arrivé depuis une éternité d'humiliations et de douleurs, et cela leur avait été déjà un soulagement immense, après tant de détresses. Quelque chose d'humain passait, comme un soufOe viviGant, partout où il portait ses armes victorieuses ; 00 l'attendait comme les Juifs attendent le Messie'.» Puis, pour petite qu'elle soit, son armée est l'image inôrae de la Fnaee, < une petite France complète, de toute province et de toute classe' » ; et, la première glace une fois rompue, un double