DiaemiM dt^* ilApulés nipoltuini
1 HicUUt, t. IX. olup. tr.
INTROntlCTION
courant île sympatliio s'établit très vile : les nOtres déconvrenl bientôt, contre leur attente, «que les Italiens sont hommes >, les Italiens que les nôtres ne sont pas des barbares, et l'armée monarchique se fait italienne île cceur. Évidemment, la marche de pareilles troupes, encore mal affranchies du dur esprit du moyen ftge, ne va point sans désordres ni piUcries; — ce sera bien autre chose, tout à l'heure, avec les noirs soldats d'Espa^^e, leshanditsdeCésarBorgia et les lansquenets impériaux, — Mais, quoi qu'aient dil , par ordre, les pamphlétaires vénitiens, payés pour diffamer et mentir, et qui ont été trop facilement crus par des historiens mémo français, les outrages aux femmes furent très rares' : le témoignage des écrivains toscans est décisif sur ce point. Si les Français s'installaient brusquement, parlaient haut et, lorsqu'ils payaient quelque chose, t paMiient les cornes et mangeaient le bœuf », — la guerre a-i-cllc beaucoup changé depuis? — au moins, « il n'y en eut pas un, dépose le Florentin Landucci, « qui dit un mot déshonn^te à une femme; au con-
< traire, ils furent, dans beaucoup de maisons, on compagnie de « femmes de bien et ils ne firent rien de mal *». Et de môme le Siennois Tizio : < On n'entendit pas parler de la plus petite his- H toirede femme, ce qui n'aurait certes pas été le cas des Italiens K en France. Plusieurs contrées dltalîo subirent de bien autres t< mauxdelapartdesEspagnolsetmËme des Italiens*. » — Donc, àaucun moment, ni brutalités, ni violences; bientôt, au contraire, une adoption réciproque, une charmante fraternité qui ne fera que s'affermir avec la mauvaise fortune. « Peu de jours, « peu d'heures souvent suffisaient aux soldats français pour
< former des relations avec le bourgeois, avec le paysan chez « qui ils s'étaient établis; ils s'étudiaient à rendre de petits t services à ceux qu'ils avaient maltraités; ils travaillaient à € élever la cabane qui devait remplacer la maison brillée dans € la bataille et ils buvaient en commun avec toute la famille
1. Kerrrn de L«tt«nhoTc, Lettres et ftégodations de Philippe de Commine», Iflttrfl ds Commlnes à Ladork le Hora poar prot«iter contre les ftccusatioQS dos publidjle» vàniUciu, 11,149; — Cf. Comuùncs, Mémoirt4, U, p. 347; DeUbordo, p. ft30.
t. Landaeci, Diario jSon*nfino, p. 72, 22t.
S. Titio, UUloria Senensium, Ms. Chigi, 0. II, 3«. t. VI, fol. Î27 [apad Del»-
borde}.
RÉVOLUTION DANS LES ESPRITS li
vin qu'ils avaient puisé dans les celliers* ■> Plus tard, le soldiit espagnol, senJior soldadOy ne daignera point « descendre u avec «es hdles jusqu'à la conversation ». Faut-il rappeler encore les scènes toucbautcs de Pise, quand une véritable émeute écUU autour du Roi pour l'empèchcr de sacrifier ù Florence la ville martyre, et que les gentilshommes de la garde, arrachant leurs coUiere et leurs chaînes, oITrant leur solde, s'écriaient avec des larmes : < Si c'est de l'aident qu'il vous faut, voici, € prenez, mais ne rendez pas ces malheureux à leurs ennemis ' 1 ■ La source de sympathie et J'amour qui jaillit dépareilles scènes, faites pour la légende, sera longtemps ft tarir. Les Alpes semblaleot a'élre déHnitivemenl abaissées *.
Si l'on veut se rendre compte de ce que fut vraiment l'entreprise de Charles VIU, ce n'est donc pas les faits brutaux qu'il faut considérer : il faut regarder d^ins les esprits. L'on aperçoit alors clairement que cette course d'une armée française qui traversa par deux fois l'Italie, dans toute sa longueur, en r«spacc de quelques mois, a été vraimeuL une révolution et qo*une modification profonde s opère dès lors, de Tun et de l'autre cAté des monts, dans les idées des deux peuples. Et, sans doute, l'école matérialiste aura toujours beau jeu à montrer que Charles VIU lit un marché de dupe le jour oiH, pour assurer ses derrières, il rendit à Maxirailien la Franche-Comté et l'Artois, à Ferdinand le Catholique le Roussilloa et la Ccrdagne, à condi* lion qu'ils ne troubleraient point son entreprise. » On ne faisait « pas réfluxion, a écrit Voltaire, quedou20 villages qui joignent « un État valent mieux qu'un royaume à quatre cents lieues de < chez soi*. > Duperie, d'ailleurs, d'autant plus douloureuse que Haximilien et Ferdinand furent à pciuc rentres en possession det conquêtes de Louis XI qu'ils protestèrent contre l'expédition de Naples, conclurent la ligue de Venise et, toute sanglante i)ae fttt la défaîte des confédérés à Fornoue, forcèrent cependant