CONDITIONS DE LA CESSION DE PARME
d'Esp^no ou (les Deux-Siciles; mais elle âoutîondra que lo rot Don Carlos passant à Madrid , l'Infunt Don Philippe doit le remplacer à Naples. Qu'arrive-t-il cependant m le frère aîné ne Tout point céder à son cadet la possession des Dcux-Siciles, et de quoi droit pourra-ton exiger du premier qu'il dépouille ses propres enTantâ d'un patrimoine que la naissance et les traités leur assurent?
Ce qu'on vient de dire suffît pour foire sentir au comte de Maulevrier avec quel soin il doit éviter d'entrer en aucune discussion en détail sur une matière si embrouillée par elle-même, et que les raisonnements n'éclarcissent certainement pas. Il faut donc absolument que dans toutes les occasions où on feroit tomber les conversations sur ce sujet, il se borne à répondre que la prudence humaine ne sauroil tout prévoir et tout prévenir, mais que, quels que puissent dtre les événements, l'Infant Don Philippe éprouvera toujours les marques les plus sensibles de U tendresse et des bontés du Roi et de l'intérêt que Sa Majesté prend à son sort. Quant au reste, l'Infant doit se conduire de façon à se concilier de plus en plus l'amitié des Rois ses frères, et surtout du roi d'Espagne, de qui il doit attendre les secours les plus essentiels en tout gonre, et auquel il doit marquer par conséquent la confiance la plus entière et la plus constante. Il est vrai que la rigueur dont Sa Majesté catholique a usé envers l'Infant depuis la mort de Philippe V n'annonce pas des dispositions bien favorables de la part de la cour de Madrid. La suppression de la charge do grand amiral et l'abandon presque total dans lequel on laisse ce Prince ne prouvant que trop évidemment que l'Espagne n'a désiré de lui former un établissèment que pour s'en débarrasser à quelque prix que ce fût. Cependant, il parait, par les relations du comtede Vaulgrenant, que les ministres espagnols sentent Tindéconco et le danger de la position de l'Infant et que la cour de Madrid est résolue de prendre, de concert avec le Roi, les précautions les plus efOcaces pour soutenir ce Prince et pour lo mettre & l'abri, autant qu'il sera possible, des inconvénients auxquels il serait vrai-
mblabtcraent exposé, si on n'avoit pas l'attention de les préir à temps. Le comte de Maulevrier peut lui donner on toute
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LR COMTB DE MAULEVniEIt, 1740.
occasion les assurances les plus prtîcises du zële avec leqavl le Roi travaillera dait» la même vue.
Quoique l'Espagne ne paroisse rien moins que disposée & augmenter par des bienfaits en argent tes revenus de riofaat Don Philippe, il est hors de doute qu'elle voudra consenur ua« influence prédominante de persuasion et m^^me d'autorité sar ce Prince et sur l'administration de ses Etats. Elle vient à'tn donner une prouve sensible en cassant la r^c qui avait été établie pour la perception des revenus des trois duchés, el les ministres espagnols ont formellement déclaré au comte de Vautpressant que le marquis de Boudad-Réal, que le roi d'Espaiçoe envoie â Parme pour y n^sider on qualité de son ministre |4^ nipotentiairo, a ordre d'employer, quand il le croira nécesssire, le nom et même l'autorité de Sa Majesté catholique pour en* gager l'Infant à n'agir que suivant les intentions du Hoî son frère. Il est juste que, rétablissement de Tlnfant étant priucipaiement l'ouvrage de l'Espagne, elle s'occupe du soin de lui donner la consistance dont il est susceptible, et le Hoi ne préteod nullement partager avec elle les détails qui peuvent avoir rapport à l'administration intérieure et économique des trois duchés. Le comUs do Maulevrier se bornera donc à Être exactement instruit de tout ce qui se passera relativement à cet objet pour en rendre compte à Sa Majesté, mais sa conduite sera d'ailleurs purement passive â cet égard, et il évitera sartout de paraître désapprouver les arrangements que la cour de Madrid jugera à propos de faire dans la maison ot dansiâs afTaires de l'Infant. Si ce Prince lui conllc quelques fo'is HS peines et lui demande des conseils, le comte de Maule*Tieri« renfermera dans des assurances générales de bienveillance àe la part du Roi, et il exhortera l'Infant à se conformer avec docilité aux volontés de Sa Majesté catholique, sans marquer ni aigreur ni mécontentement contre les ministres qui en «eroot les dépositaires et les exécuteurs. Le ministre du Roi ne saoroit porter trop loin la prudence et la circonspection sur titie matière si importante et si délicate, et il de^Ta toujours s'expliquer de façon âi ne point indisposer l'Infant et à se méno^r sa conûanco en paroissaut s'intéroaacr sincèrement à sa satis-