BUmondi, Hép. liai., t. IX, p. ISO
IComnmiM. U. HO; Portovcnerc, MemoriaU, 31Î-3U.
1. Mkftalct ft irèa bi«n ru cet 6iai Jm siipriu {IX, i, 1) qui à, été, tn cootnire, inàft faU néooonu par Edf[u> Quinel. {Rét., VI, p. 310.) ^^■Htaai *ur ItM maturt, dwp. cvti, — Cf. Charrier, IJiitoirt de Charttt Vlll, ^Wn« tu.
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INTnODlîCTION
les Français à repasser leurs frontières rétrécies sans qu'il leur restdt bientôt un pouce des conqut^tes ile Cliarles VIII. Sur la carte, après une année de batailles, de démonstrations LhétLlrales et de fôtes. la France était ainsi diminuée dans son territoire et l'Italie, plus morcelée que jamais, sous les mêmes tyrans restaurés. Seulement, France et Italie ne sont plus les mêmes peuples. L'àme latine de la France, captive pendant tant de siècles de la scolastiquc, se retrouve et s'épanouit à la lumière éclatante de la renaissance italienne, et, de son calé, au vif et impétueux contact de la France, l'Italie s'est réveillée à nouveau à la vie publique; soulevant la pierre du sépulcre, elle a repris conscienco d'elle- raérae^ de son droit à l'existence et de sa destinée comme nation.
Que fût-il advenu de la France si, fid(>le à la politique dnre et froide de Louis XI, docile aux conseils du maréchal de Querdes, Charleî^ YIII se fût contenté d'un rùle vague de médiateur en Italie et eût porté vers le Nord et le Ithin tout l'effort de ses armes? Il neùl empêché, à coup sur, ni l'un ni l'autre des deux redoutableij mariages de Maximïlien, le sien et celui de son fils, qui firent l'énorme grandeur de la maison d'Autriche et devaient fatalement aboutir au combat héroïque de François 1** contre Gharlcs-Quint pour la liberté de l'Europe; et l'àme française, encore à demi g:olhique, n'aurait peut-être jamais reçu le chaud rayon, l'ardent coup de lumière italienne qui la fit éclore et Gxa déûnilivcment son avenir. Mais combien plus cruel eût été, sans l'interventioa française, le sort de l'Italie! A la rigueur, la France s'en fût tirée, plus tard, avec plus de peine, parce que la poussée qui l'entraînait vers les pays du soleil et de l'art eût fini par être irrésistible; au pis aller, rudement embourgeoisée par Louis XI, elle fût devenue une manière d'Angleterre continentale. Mais l'Italie était vouée irrévocablement à la mort. A supposer qu'elle eût échappé h l'invasion ottomane, elle tombait, au plus affreux moment, sous la griffe plus terrible encore de l'Espagne; imaginez Torquemada arrivant à Florence ou à. Rome, vers i&92 ou 1494, en pleine renaissance païenne, pour y exercer son métier de bourreau: que devenaient Léouai-d et Michel-Ange? C'était le génie
L'ITALIE SAUVÉE DB L'INQUISITION un
ititifrD Iuî-ra6mc qui monlaït sur le bâcher de l'Inquisition '. Et j'entends bien que ces sortes de vérité apparaissent surtout après coup ; ritalle. cependant, à la veille même dcrenlro. prise française, en eut l'intuition très nette et fut saisie d'horreur. La tolérance religieuse avait été toujours l'une de ses vertus; ' la philosophie, en celte fin du xv' siècle, régnait souveraine , sur la aociélé; à Rome comme ailleurs, toute pensée était libre, ' U molle corruption du clergé s'accommodant galment des ! hérésies. Or, au même moment, le sombre fanatisme espagnol avait atteint son paroxysme, les prisons et les échafauds de la Suprême ne désemplissaient point, les autodafés flambaient aux ■ quatre coins de l'affreux royaume et, par milliers, sur toutes tes routes de l'Afrique méditerranéenne, de la Guyenne, du ; Portugal, fuyait le peuple proscrit des juifs, emportant avec lui, dans sa détresse, la fortune Je l'Espagne, ruinée pour des siècles par son expulsion. Vingt à trente mille de ces malheu- , renx arrivi'rent, mourant de faim et de peur, sur les cdtes flltalic, où tous, le I*apc aussi bien que les républiques, leur offrirent une cordiale hospitali**^ Qu'on juge de Timpresrion produite par leurs récits bicntiït colportés do bouche en l)Ouche et que conlirmaîent tous ceux, ambassadeurs ou marcbands, qui, pleins d'éprouvante et de dégoût, poursuivis par le cauchemar des chairs grésillantes et fumantes, revenaient jJor» d'Espagne en Italie (1492). Le Pape lui-même — et c'était .Uoxondro VI ! — ne put contenir, bien qu'espagnol, sa réprobation contre tant de barbarie, adressa réprimande sur répri- OiaiMleàTorquemada, finit par lui envoyer quatre commissaires romains avec mission expresse de réfréner tant de fureur. Et les contemporains, aimables et sceptiques, de Boïardo et do Pnlci auraient été livrés à une pareille domination ! Comment, de tout côté, le peuple d'Italie n'oût-il pris cœur pour la * France* »?
L UidwJet {RmaUaance. eh. r) > bit cotte démonfttnOlon iit«o uno fore« irré*
I IkUUa : • Si l'EKpa^ntt n>âl [»< eu U. rivaliui do U France duna UconqnùU) H'ItAlîe,
(«a innaîon, 4 calt« épftqua, xanil él6 rello de )Tni]iiiMUon; l'itallft «er&itâeve-
' UH, tlU ROMi. un bâcher. Ce malhear n'coit pu li«u. L'inTjuiion. reUrdéc. m^oa-
I |ée, fin toute iwliliqus. •
L CanuBioM, 1, ^n, H.
mumn. dm nmccr. oirLMiAT. x. —d
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INTRODUCTION
Les dangers écartés comptent peu dans la reconnaissance des peuples; le réveil général de la vie publique fut une conséquence plus sensible, sinon plus réelle^ de l'entreprise. Cornparex à la désespérante léthargie politique qui précède le passage de Charles VIII liotense agitation qu'il soulève et qui loi survit. Assurément, celte agitation que la France a créée ne tardera pas à se retourner contre elle, croissant tous les jours de trop do déceptions et de mensonges, grossissant des mille souffrances nouvelles que la guerre chronique va déchaîner sur la péaiusule, déjà prédestinée à conclure au formidable chapitre du Prince: « Exhortation & délivrer l'Italie des barbares, » c'est-à-dire de tous les envahisseurs étrangers, sans distinction. Quelques fautes qu'ait commises Tintervention française, c'est elle pourtant qui interrompt par une tumultueuse prescription cette indilTércncc des intérêts généraux, le plus grand malheur qui puisse frapper un pays; c'est elle qui fait redescendre dans les assemblées du peuple, dans la rue, sur les places, la politique qui, depuis la Cn du xiv' siècle, était devenue le monopole de quelques princes, de quelques capitaines et de quelques banquiers'. L'Italie, qui avait abdiqué tout souci de sa destinée, a recommencé à s'intéi'csser à clIo-mCme; lea révolutions de Florence, les tumultes de Pise, les désordres de Sienne, les émeutes contradictoires de Mîlan^ c'est, malgré tout, à iâ place de cet abandon de soi-même, signe honteux des servitudes volontaires, la vitalité politique qui renaît, c'està-dire la vie même; el dès qu'elle renaît, elle aspire à la liberté. Le roi de Franco, faible et capricieux, surtout ignorant, a beau méconooitrc sa mission, ouvrir l'oreille aux Qatteries des anciens tyrans : ta liberté s'attache à ses pas. Et la preuve, c'est Florence, — Florence qui a vécu avec lui en perpétuelle querelle, tantôt sur Pise, tantôt sur les Médicis, mais qui, du jour où elle a vu clair, où elle a été convaincue par l'évidence des faits qu'il ne songe pas à restaurer la tyrannie brisée à Kapallo, s'attache violemment à lui, refuse
Jk Maolùavel, Fragmentt hïaioriqw.» rtiatift à l'hiatoht d« Ftofenee; VilUri, Urômv Savtmarole, ptc. — Vuir, sur la d<^jidfnw de U vie poliltqua en tuUe, une très bello pa^ do Lanfrey, Hi»t. de» fapes. p- 313.