PERSONNAGES DE LA COUR DE PARME
ont procuré le titre de marquis de Fclino et le ministère qu'il a exercé sous le feu Infant Don Philippe ci dont il coolinuclcs fonctions, sera vraisemblalilemcnt très disposé à accorder son amitié et sa confiance au baron de la Uouzc qui a eu des relations avec ce ministre.
Ce qu'on connolt des intentions et du caractère du marquis de Rcvilla, ministre plénipotentiaire du roi d'Espagne h Parme, donne lieu do conjecturer qu'il cherchera à vivre dans la plus parfaite intelligence avec le ministre du Roi, et le baron de la Houze doit do son cAté fortifier cette disposition par des sentiments réciproques de sa part, mais il est essentiel qu'il soit attentif à ne rien dire et à ne rien faire dont le marquis de Rcvilla pourroit peut-être abuser dans les relations qu'il fera passer à la cour de Madrid,
Parmi les François qui résident h Parme, il y en a qui, par leur naissance ou par leurs emplois, méritent que le ministre du Roi leur marque des attentions particulières, tels sont le Bailly de Hohaji, le sieur de Kéralio et l'abbé de Condillac'. Le baron de la Houze tâchera de se concilier leur confiance de manière que, sans affecter aucune curiosité indiscrète, il puisse être informé par eux de ce qui pourroit se passer d'intéressant dans l'intérieur de la Cour de l'Infant dont il doit principalement s'appliquer à connoîlre le caractère, les goûts, les talents et les intentions pour en rendre un compte fidèle et exempt de toute partialité ou adulation.
Quant aux autres François qui remplissent des fonctions fort subalternes auprès do ce Prince, il conviendra de les traiter poliment. Quoique ces domestiques d'un ordre inférieur n'aient aucune influence dans les affaires principales, ils sont quelquefois en état de procurer des notions assez sûres relativement aa
reçu en ITttb, fn récomjienM de ses service*, le domaim <l«Pélino, d'un reTeaa de 1,000 liTTCS, «Tcc le tim de marquis.
i. Im sieur de K^rslio dont il s'sgtt ici n'est pM le HtlArsteur Trancais Loait- Félis-Ouin^nifnt dn Kéralio, mftis un do s«s trins, dit Kéralio du Lusenabnurv. n fut durgé de diverses missions près des Cours du Nord, puis prA§ de celle d'Espagne, On lut confla, en qtuliui do gouTcmeur, l'éducation de l'infiuit Ferdinand, et ce fat lui qot choisit pour précepteur du jeune prince C«odillic qui écrivit A aon naage on cours d'études en sciie volumes. Rentré en Fronce, Uonsieur lui nodlU la JDttissaoce viagAre da petit Loiembourg ; il mourut à Paris, à Vign d« fjuln-vingt-dU ans, on 1B0&.
XE BABON DE LA HOUZE, 1706.
maître qu'Us ont l'honneur de servir. U n*est pas possible d'indiquer dans ce mémoire la conduite que le baron de la Ilonze aura à tenir vis-à-vis des Parmesans et des Plaisantins qui composent la Gourde l'Infant, ce n'est que d'après les notions qu'il aura acquises par l'expérience, qu'il devra proportionner les égards qu'il sera utile ou convenable de leur marquer suivant leur naissance, leurs dignitcsi leur crédit et leur mérite personnel.
Le titre de ministre plénipotentiaire n'assujettit à aucuQ cérémonial d'une étiquette régulière; cependant si, comme on a lieu de te croire, le ministre de Revilla n'est revêtu que da même litre, le baron de la llouze aura attention à maintenir dons les fonctions publiques la préséance qui lui est due sur le ministre espagnol, conformément à l'art. 27 dont on joint ici une copie, du traité ou Pacte de Famille conclu h. Paris k quinze août mille sept cent soixante et un cotre le Koi et le cathoUqqe.
Ce mémoire sera accompagné de la lettre que le Roi écrit ï l'Infant pour accréditer le baron do la Houzo auprès de Sud Altesse Hoyalc; le ministre en lalui préscntantdans sa première audience, confirmera par ses discours au nom de Sa Majesté tout ce qu'ËUe exprime Ellc-m<^me au Prince son petit^HUsur les tendres sentiments qu'Elle a pour lai et sur le désir qu'ElIe aura toujours de contribuer à sa satisfaction et èsoii bonheur.
On joint aussi à ce mémoire deux différentes tables de cbil&es. L'une, intitulée pour la dépêche, ne doit servir que pour la correspondance du baron de la Houzc avec le ministre et secrétaire d'Etat à qui le Roi a conHé le département des afiaires étrangères. L'autre est destinée à entretenir la correspondance ordinaire avec les autres ministres du Roi dans les autres cours étrangères et en particulier avec les ambassadeurs du Roi qui résident à Madrid, à Naplcs et à Rome. Au reste cette correspondance doit être renfermée dans les bornes delà plus grands circonspection par rapport aux nouvelles et aux réflexions dont le baron de la Ilouze croira devoir leur faire part. .Le Roi ne jugeant pas à propos d'avoir deux ministres auprh
CEREMONIAL ET CHIFFRE
du duc de Modâne et du gouTernemenl de Milan \ le baron de la Houzo prendra les mesures qui lui paraUronL les plus convc' nables pour ôlro instruit Je co qui peut avoir rapport à. l'adminislralion de ces deux Etats.
Les instructions plus détaillées dont il pourroit avoir besoin dans la suite relativement aux objets de sa mission lui seront adressées successivement, suivant que les circonstances Toxigeront.
L'instruction du Roi étant que tous ses ministres employés dans les pays étrangers lui remettent à leur retour auprès de Sa Majesté une relation exacte de tout co qui se sera passé de plus important dans les lieux de leur résidence, soit par rapport aux négociations dont ils auront été chargés, soit sur l'état du pays où ils auront été employés, sur le personnel des Princes et de leurs ministres, sur le cérémonial et enfin sur tous les objets relatifs aux affaires politiques et intéressantes pour la curiosité do Sa Majesté, le baron de la Houze aura soin de préparer d'avance un mémoire qui renfonno tous ces détails.
L'intention du Roi est aussi que tous ses ministres, lorsqu'ils seront revenus de leur mission, remettent en original leschilTres et tous les papiers concernant son service, le tout avec un inventaire sur la vérification duquel il leur est donné une décharge.
Fait iVenftUles. la 5 oclobrs 1766.