‹ Naples et ParmeChapitre 208 sur 235 · LE MARQUIS DE GHAUVELIN · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE GHAUVELIN

Le nouvemi duc Hc Parme, Ferdinand, suivit d'abord la môme politique que son père : à l'exlèrieur, l'alliance française ; à l'intérieur. la lutte contre le clergé. Le jeune duc ne se contenta pas, à l'imitatioa des Bourbons de France et d'Espagne, de cbasser les Jésuites (1768); conseillé éncrgiquement par du Tillol, qui dirigeait les affaires depuis la mort de don Philippe, il voulut aussi restreindre la juridiction et les immunités ccclt^alastiques dans le duché ; la pragmatique sanction de 1767 défendit de porter lesafTairesconleatieuses, uns la permission du duc, devant les tribunaux étrangers, pas nème à ceux de Rome, à moins qu'ils ne fussent munis du regiutn exeqwxtur. Le papo Clêuieut XIII intervînt alor» à titre d'ancien •uzerain de Parme, et excommunia Ferdinand comme violateur des immunités ecclésiastiques. Sur quoi, Choiseul, en vertu du Pacte de famille, répondit par l'occupation du Comtat-Vcnaissin et d'Avignon.

Il n'est fait qu'une courte allusion à ces événements dans l'instruction qui suit : la politique de la Cour de Parme avait, on effet, dans l'espace de quelques mois, eu ai platement chaugé d'orientation cl le mariage de Ferdinand avec l'archiduchesse Marie-Amélie, Glle de Marie-Thérèse, avait A la fois rompu la cordialité de l'alliance française et rejeté le jeune duc sous la domination cléricale. En vain, le marquis de Félino, avec sa clairvoyance ordinaire, s'était opposé à ce mariage; politique avant tout, il eût voulu que Ferdinand épousAt Marie-Béat rix, flile et héritière unique du duc de Hodène, et que la réunion des Êtots de Modène, de Iteggio et de Parme sur une seule t^te fit de la petite principauté une puissance avec laquelle il eût fallu compter. Les vues intéressées des intrigaats à la solde de l'Autriche prévalurent sur celles do l'ambitieux ministre : pendant que rhéritiJ:re

fttB LE MARQUIS DE CHAUVELIN, 1769.

de Modène recsTait un archiduc et assurait ainsi à la maison de Uabsbour^rhérilage du duc Hercule, \ù duc de ParniÊ, eu épousant l'archiduchcsâc Marîe-Amélie, rcalraît, k son lour, dans l'orbile de Is politique autrichienne. Encore une fois, la vieille devise : Bella gérant atîi, tu, felix... reçut une brillante confirmation; à peine installée, la nouvelle Infante travailla à délruirc Tintluence française à Parme et, pour y réussir, à brouiller son mari^ replongé dans la dévolioUf avec le marquis de Péliao et avec Kéralio, son ancien précepteur, La jeune femme triompha sans trop de peine du vieux ministre et rbi>toire des Bourbons de Parme au xvjn* siècle reproduisit ainsi trait pour trait celle des Bourbons de Naples, à la même époque. Du TîUot joue à Parme le rôle de Tanucci à Naples et Marie-Amélie celui de sa sœur Marie-Caroline.

Le duc de Choiseql, avisé par le baron de la Houze du danger nouveau qui menaçait la politique du Pacte de famille^ envoya le marquis de Chauvelm à. Parme sousprétei^lede complimenter l'Infanl sur aoû mariage avec l'archiduchesie Amélie, en réalité pour essayer de le ramener à la politique française et de le mettre en garde ■ contre les prétentions des gens d'èglîae >.

HÉHOIKE POUR SERTIR d'iNSTRUCTTOU AU SISCR HARQnS DE CHAUVEUR* ALIANT A PARME POUR T EXlCCTER UNE GOHKISSION IHPORTAKTB QUE SA MAJESTÉ A BIEN VOULU LOI CONFIER AUPRÈS DE l'iuFANT, DUC DE PARME, DE PLAISANCE ET DE QUASTALLA '.

La mission du marquis de Ghauvelin à Parme n*a pas pour objet de faire à Flufant un compliment sur son mariage avec l'archiduchesse Amélie ; ce compliment n'en est que le prétexte.

Le marquis de Ghauvelin verra par la suite de ce mémoire la confiance dont le Roi Thonore en réfléchissant sur Timportance et la délicatesse de la commission que Sa Majesté lui ordonne d'exécuter.

Pour remplir aux yeux du public le prétexte du voyage que

1. Fr&ncois-CIaade, m&rqms de ChaaTslin, capitaine an régiment dn roi en 1734, maréchal de camp en 1746, lieutenant génénd en 1749 et ministre plénipotentiaire i Gènes en 1751. Il fut ambassadeur à Turin en 1754. Q rnoorut subitement à Versailles en 1774.

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