LE MARQUIS DE CIIAUVELIN
tiques ordonnées par l'Eglise et les vertus de cette m^me rcligioD. Ce n'est point & un Prince de la dignité de l'Infant àMrc gouverne par des moines et attaché au plaisir d'avoir des Dominicains plus pr^s ou plus éloignés de son Palais ; l'on peut se faire moine el n'élre plus Prince, mais quand on est Prince on ne peut sans ridicule ^Ire moine; d'ailleurs l'Infant doit sentir qu'il perdra les droits et les revenus de son Etat, s'il s'abandonne à ce goût monastique. S'il réfléchit, il connollra qu'on s'est donné une peine extrême pour aCTrancliir les duchés de Parme et de Plaisance des prétentions des gens d'Eglise, et pour qu'il fût le matlre des trois ordres dans sa souveraineté; s'il no veut pas l'être et qu'il s'embarrasse peu de ses revenus, après avoir été averti par le Roi, Ton ne pourra que gémir sur sa triste situation qui ne changera pas, lorsque le clergé do ses £tats aura repris l'empire qu'il a perdu.
Après avoir représenté à l'Infant avec force les suites fâclieuscs et certaines que son goût pour les moines attirera, le marquis de Chauvelin représentera à ce Prince que les entoura obscurs de fades complaisants bouffons, inlriguans par bassesse et par intérêt, nuisent aussi à sa gloire. Rien n'est si essentiel pour un souverain que do tenir chacun à sa place ; c'est le maintien de l'ordre qui constitue la Cour, et c'est la Cour qui fait la considération et lEtat d'un Prince qui n'a point de forces réelles. Pourquoi les sujets et les étrangers considéreront-ils un souverain qui no se considère pas lui-même? Et il sera bon de faire remarquer à l'Infant qu'un Prince n'acquiert le ton de considération à tout ce qui l'environne, et réellement il ne peut on donner à ses cntours qu'autant qu'ils en méritent. Sur cet article il y a beaucoup à réformer auprès do l'Infant, Sa Majesté prescrit au marquis de Chauvelin d'ordonner do sa part aux sieurs de Pontual et Charlari, ' françois, de se rendre, aussitôt que l'ordre leur sera intimé, Tun en Bretagne, l'autre en Languedoc, leur patrie, pour y rester jusqu'à nouvel ordre de Sa Majesté. Le marquis de Chauvelin engagera de plus l'In-
1. Le coDitfl de Ponlual, Breton, qui Tirait k Parme et éttûl purcDu à m fitîrs Dommer gcntilbommc do lu Chambre, puis groDd Teneur. U. de Charlari, Toolott- »aia, clicvolîcr de l'ordre de 8«inl-Lgui», écujrcr de l'inlont.