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LA PRArJCE ET l,E PAPE
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encore, — appelle TEspAgnol à partager avec lui le royaume
de N&ples. « Je
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k Nantes, écrit Machiavel', à
« l'époque où le Valcntinois (c'est ainsi qu'on appelait alors « César Borgïa) se rendait maître de la Romagne : le cardinal « d'Amboiso, avec lequel je m'entretenais de cet événement, m m'oyant dit que les Italiens no comprenaient rien aux afTaircs M «le guerre, je lui répondis que les Français ne comprenaient \ rien aux affaires d'Klat, parce que, s'ils y avaient compris « quelque chose, Us n'auraient pas laissé l'Église s'agrandir & ■ ce point. L'expérience, en effet, me fait voir que la grandeur c de l'Église et celle de l'Espagne en Italie ont été l'ouvrage « de la France et ensuite la cause de Aa ruine dans cette contrée. > Quelque cruelle qu'elle ait été l'expérience pourtant sera perdue [pour Louis XII, et les mêmes fautes qu'il avait commises dans ses rapports avec Alexandre VI, il les recommencera avec son successeur. Ce Jules II, qui avait guidé en Italie, comme cardinal de Saint-Pierre aux Liens, la prcmi5re invasion française et dont le premier acte, à son avènement, avait été de jeter sur Venise la ligue de Cambrai, était un condottiere sur le trOno cl, de l'aveu vafimv. de ses amis, n'avait rien du pontife et du prClrc. « Variable comme le vent de Gènes, n selon la forte parole deMichelet', ce (îénois n'était invariable que dans sa passion d'enrichir sa famille et d'agrandir sa puissance temporelle. «» Je voudrais un seul maître à l'Italio, éci-it-il à son frère, le poniifc romnt'n. » Après avoir joué do la vertu contre les Borgïa pour les supplanter, il joue mainti^nant, pour consolider sa domination, du patriotisme : pour chasser d'Italie les « barbares > français qu'il y a conduits et qu'il vient de mener contre Venise, » peste et calamité de la péninsule », il appelle â l'aide ces autres étrangers, cent fois plus barbares, les Espagnols, les Allemands et les Suisses. « Singulier suc- " cesseur du Christ, s'écrie un de ses propres lansquenets ', qu'on voit recouvert d'une armure et l'épée à la main, la chevelure et la barbe hérissées, la fureur dans les yeux et la