‹ Naples et ParmeChapitre 31 sur 235 · SAINTE-LIGUE · texte numérisé non relu

SAINTE-LIGUE

« glorieusfl victoire ' » ; le Pape envoyait le légat Salviati féliciter Charles-Quint à MaJrid cl, grands ou jictils, tous les potentats se prosternaient devant le triompliatcur. Mais la protestation populaire, dont le signal viol de Lombardie, < se déchaîna

comme un torrent » contre tant de hasscsse, cl les hautains refus de l'Empcrcur-Roi n'avaient point eu le temps encore de leur parvenir que le Pape, les Vénitiens, les Florentins, les Sei- IgDGurios de Sienne, de Lucques et de Mantoue préparaient Sjà avec le duc de Milan, vingt jours après la bataille de fPavio, la SaiiKe ligue pour la défe/ise et les libertés de f Italie' . 'Devant la vision, enfin claire et nellc, de l'asservissement que les impériaux réservaient à la péninsule, l'esprit d'indopendanoo se ranime des Alpes h. l'Etna, et ce flambeau, qui va s'éteindre, jette alors sa plus vive lueur. Ces derniers soulèvemonts de l'Italie contre le joug hispano-autrichien no sont qu'une longue suite d>spérances trompées et de sanglantes déceptions : après la trahison de Pescaire, la paix des Dames; après les abandons successifs do François I" qui, du moins, ne jurait jamais un traité humiliant sans avoir juré au préalable, par un serment ]dus solennel, qu'il le romprait à la première occasion', la défection irréparable de Henri II à Cateau-Cambifais. Elle luttera pourtant jusqu'au bout, les yeux toujours tournés vers la France, cl, ayant tari elle-même les sources fécondes de la vie, donnera au moins un bel exemple on l'art de bien mourir.

C«ttc histoire est vraiment celle d'une agonie. Jamais peuple, si Von excepte la Pologne, n'a payé plus cher les divisions s^ulaires qui l'avaient condamné, selon la prophétie de Savonarole, k devenir la proie do l'étranger. On a déjà vu ce qu'avait «té l'invasion des Suisses; notre commune défaite do Pavio livrait cette fois la péninsulo à de véritables bandes do brigands qui, hors la bataille, ne connaissaient aucune discipline, faiftaient trembler leurs chefs, à commencer par l'Empereur lui-

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