RUPTURE DU TRAITK DE MADRID
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« l'observalion du traité Pexposcrait uux plus grands dangers « et ouvrirait le chemin (jui mènerait l'Empereur à la monarchie « (le U chrétienté ' », nul n'appuie leur démonstration avec plus do force que lo chevalier Capino di Cape, nonce du Pape. Le gèle même du Grand Turc pour la cause française est moins véhément que le sien. Un serment extorqué, affirme l'ambassadeur, no saurait engager; il est nul et de nul effet, un seul intérêt compte et s'impose : « Affranchir la république chré- « tienne'. ■ La ligue n'est pas encore ratifiée que le Pape • lève te masque tout et oultre* », sonne ses ti'ompettes et appelle I)m Vénitiens aux armes. Dans la fameuse audience où CharlesiQuiiil proposa son premier cartel au parjure François V^y quand li'ambassadeur français somme l'Ëmpereur-Roi de conclure une bonne paix avec le roi de Franco et de lui rendre ses enfants icontre une honnête rançon, le nonce tiallhasar Castiglionc l-appoio ouvertement la requête du président de Calvimont. Le iTape était ainsi l'&me m^.me de la révolution qui, des Alpes AUX Abruzzes, éclatait aux cris répétés de : « Aleurent les UfaMgnoIsM * Une moisson do piques et d'escopettes se lève à |I^Voix et les ambassades se succèdent auprès de François 1** l|>our failer l'arrivée de ses armées. U faut lire dans les histo- ,jiens contemporains (Burigozzo, Guichardin), le récit des soujjèreraents de Milan et de Florence, les appels furieux à l'interjTention française. Observez, d'ailleurs» ici ta différence profonde I entre la politique française et la politique espagnole. Le Roi |(rèa chrétien n'a jamais rien do plus pressé que de sacrifier aux moindres remontrances du Pape ses intérêts les plus évi- ^Ê^U. les plus nobles causes qu'il avait prises en mains; le Roi ^BboUque, lui, répond hardiment aux sommations par des I injures ', aux actes de guerre par la plus féroce exécution de
I, lumeiioiu da nun fi9B, lUgnJes'par Henri VITT.
S. AéMlbalo ds U Ll^e àa Ci»gn»c, lUos Du Uont, Corps diplomaliijve, t. IV, I- ftrik, p. »M.
l. Lettre de Nicolu Racine i Fnn{où 1**, da 9 juin l&2ft; — dans Uignot, U,
4. IMpMio de U. d« Peni.i l*Einpcreur» do Rome, le 31 joio IdSt. — Arehiv. imf. et r99. de Vietuu.
U. Voir Dotimmeal la IoUr« da 18 sei^embre 15M.
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l'histoire moderne, lo sac do Rome. Puisque le Pape s'entend contre lui avec le roi de France qui s'est Iui-ra6me entendu avec le sultan, l'Empereur livrera Rome au pillage des luthériens allemands. C'est au cri do : « Carnage! sangl sang! » que lo prince d'Orange, après la mort du connétable, donne l'assaut de la ville sainte ; la papauté^ depuis la fîn du ^rand schisme, do catholique, c'est-à-dire d'universelle qu'elle était, est devenue simplement italienne; les Espagnols la traitent comme un simple fief d'Italie. Florence» quelques mois plus tard, entendra le même cri de mort et subira, dans toute son atrocité^ la miïmo vengeance.
A travers la longue série de guerres, le plus souvent malheurouses, qui va do Pavic à Saint-Quentin, l'Italie pouvait-elle ètro autre chose pour la France que la rançon de ses défaites'/ Quand l'intégrité do son propre territoire est perpéluellcmeot enjeu, quand elle lutte pour son existence même comme nation, I la France est fatalement condamnée à jeter d'abord au vainqueur, qui d'ailleurs ne s'en contente point, ses provinces italiennes et la sûreté do ses alliés. Aprôs Pavic, quand le duc de Uourbon offre au roi d'Angleterre la couronne de France que , Henri VIII) alors dans la première fièvre de sa gloutonnerie, ■ se bute d'accepter; à Madrid, quand Charles-Quint réclame de son prisonnier la Bourgogne avec l'Artois pour l'Empire et ta Provence pour le connétable : le moyen do discuter encore des destinées de l'Italie! De raômc en 1529, après l'avorteraent de la ligue de Cognac; en 1538, à Crépi, après la double invasion de la Champagne et do l'Artois. A chaque nouvel effort, la chute devenait ainsi plus profonde, d'autant plus cruelle au surplus que la fortune commençait toujours par sourire aux défenseurs de l'indépendance italienne et par les amuser de brillants espoirs. Au début de la conspiration de Morone qui aurait donné à la péninsule, si Pescairo ne s'était trahi lui-même, un chef c exquis ■ tt en paix, comme en guerre ' », lo succès semblait si bien assunî 1 que le patriote dalaire Giberto écrivait avec joie : < Je pense (c voir se renouveler le monde et, d'une extrême misère, l'Italie