‹ Naples et ParmeChapitre 38 sur 235 · Tiwiftil. Ùt Famaur, ehap. XLVU · texte numérisé non relu

Tiwiftil. Ùt Famaur, ehap. XLVU

A. Chattt, Bittvén, XIX, aux, p. S.

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IMRODCCTION

raagno avait cherché en vainàélover, surlosol italien Ja proiestalion (te la Reforme évangélique, ne résiste pas maintenant à l'assaut du dur catholicisme espagnol. La politique religieuse, qui va prévaloir désormais dans la péninsule, est celle de l'inquisilion et des jt^suitea. Los mœurs n'en deviendront pas plus pures, mais plus hypocrites. L'Italie crovait avoir subi l'invasion de toutes les barbaries, elle ignorait encore la pire de toutes : ce grand pays de lumière va subir celle de l'obscurantisme. Fermer tes académies pour i-cmplir les prisons, voilà la nouvelle formule de gouvernement. Même aux heures des servitudes pobiiquea les plus humiliantes, la pensée n'avait pa« cessé d'être libre; elle va devenir plus esclave que les corps eux-mêmes. Que peut la philosophie contre une théologie dont les seuls arguments sont, de son propre aveu, te feu, le fer ot la force? Que pourra la science, même avec Galilée, contre llnquisilion ?... Et toutes ces hontes, une si douloureuse décadence, ne sont mfimc point compensées par la prospérité matérielle ; l'agriculture ne revit point dans les campagnes dépeuplées, en proie aux banditjn organisais ; le commerce meurt dans les villes esclaves : Pavie, Crémone, Alexandrie se transforment en déserts ; Milan fait banqueroute ; jamais l'impôt n'a été plus cruellement slu|>ide, tarissant k plaisir jus(]u'aux derniiïres sources de la richesse; un arbitraire vénal et féroce^ c'est la justice.

Que faisait cependant la France dont la venue avait donné à l'Italie du xv* siÈclo un si puissant réveil et dont la défaite, après ce merveilleux ébranlement, avait été pour elle cause de tant de maux? So déchirant de ses propres mains, elle était absorbée tout entière dans Tabominablo tourmente des guerres religieuses. Si elle avait infligé autrefois à l'Italie Chaumont et Lautrec, elle avait reçu bien pis en échange : Catherine de Médicis. Quand le problème de son histoire est de garder libre, contre le fanatisme espagnol des Guises, lame si profondément française des rcronnés, comment aurait-elle le loisir de se préoccuper de la tyrannie qui pèse sur les Italiens? A travers cette série d'atroces convulsions, elle restait pourLmt le suprême espoir de ceux des llalicns, — et, certes, ils étaient peu nom-

LA RENAISSANCE PAA^fÇAISE

IX» — qui se souvenaient et avaient encore l'audace de rder vers l'uveair. « Que no puis-je passer les Alpes, ■ aller en Fi*anco et voir enfin un royaume libre î » s'écriait fra Paolo Sarpi. Pour que la France des Médicis et des derniers Valois parùL au grand hislorien de Venise, au précurseur — plus qu'à moitié luthérien — de Bacon, de Locke et de Harvoy, le modèle et le proto-type des pays libres, que devait être alors l'Italie? Aussi bien, les successeurs de François I" avaient eu beau retirer leurs armées et se désintéresser des alTaircs de la p^>ainsulc , l'iUitio ^fardait celte impression que la France, malgré ses fautes politiques, avait compris son génie qui resterait toujours lettre close pour l'AUcmagoe et, plus encore, pour r£spagne. Ce génie, qui avait si brillamment hâté l'éclosion de son Ame encore emmaillotée des langes du moyeu âge, la France, en effet, lui était restée tendrement reconnaissante et continuait, môme aux dépens du sien, à s'en inspirer. N'ayant pas réussi en ses jeunes années ù faire l'Italie française, François I*^ grisonnant s'était e*sayé à faire la France italienne. Jacques d'Angouli>mc, Jean Juste, Coraoillc de Lyon, Janet, Claude de Troyes, avaient été renvoyés iudistim:tement à l'école d'André del Sarte, le peintre sans défaut, et de CcUini, de Serlio et du Kosso, du Primatice et de Vignole. Le temps ensuite, loin de l'atténuer, avait exagéré encore la part faite à. 1 inllucncu de l'art italien. Sans doute, la Renaissance française ne fut vraiment elle-même, oe s'épanouit dans toute sa gr&ce délicate qu'après avoir trompé 8«a lèvres à la coupe profonde de l'Ualie. Le lendemain de cette communion, elle réalisa vraiment à Blois, dans la cour et l'escalier du château, lu merveille de l'architecture moderne, la pierre qui devient fleuret femme sans rien laisser de sa solidité. Plus lard, cependant, elle but trop à la source et s'enivra, perdant alors, dans ce vin trop riche, sa légèreté, sa simplicité et ta franchise. — 11 y a du château de Uluis ù celui dcChambord deux heures do voiture; vous mesurerez toute la décadence. — Quelle que soît cette erreur, c'est elle toutefois qui mérita à François l" son plus beau litre : père des lettres et des artt, et ses héritiers, même le& plus médiocres, avaient continué celte partie

UCL-Uk 01» IMTBliCT. blfUtUAT. <■ — /

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INTnODUCTiON

de son œuvre. Artistes, politiques ou soldats, tous le» i d'Italie n'avaient qu'à se présenter au Louvre pour y être reçus à bras ouverts, comblés d'attentions et d'honneurs. Pise vaincue avait peuplé la Provence de sa fièro et forte race; le mËme accueil continue à Ctre réservé aux proscrits de Milan et de Florence. Méprisés par les Allemands et brutalisés par les Espagnols, les Italiens n'étaient plus chez eux qu'à la cour de France : d'esclaves, ils s'y retrouvaient hommes; trop souvent m6rae, ils y devenaient maîtres. Que l'Italie du xv* siècle ait été le tombeau des armées Trançaises, le mot fut dit alors. Mais les deux peuples n'en avaient pas moins découvert leur fraternité intellectuelle; les diplomates eux-mêmes la saluaient, même aux heures de la plus formidable toute-puissance de Philippe H *.

Parler, au xmi" siècle, d'un réveil politique de l'Italie serait faire un usage ironique des mots. Entre le xvi* et le xvu' siècle en Italie, il y a cependant quelque différence. Le temps qui suit la victoire de l'Espagne est celui de l'absolue léthai^e, du découragement sans limites et sans fond, de l'abdication même de l'àme italienne devant le conquérant étranger; au x\ii' siècle, l'excès du mal va rendre aux Italiens le sentiment de leur décadence et cette pudeur retrouvée donnera naissance à des efforts isolés, h des tentatives individuelles et locales, qui échoueront, sans doute, pour la plupart, mais qui permettront au moins à la France de rentrer en scène. Or, tant qu'a duré l'éclipse de la France, l'Italie n'a été qu'une proie aux mains de ses dominateurs; « l'histoire néglige ses habitants « pour ne s'occuper que du sol militairement occupé' ». Dès que la France reparaît, les hommes recommencent à compter pour quelque chose. Alors même que le désastre de l'invincible Armada aura montré les pieds d'ai^ile du colosse, se soulèveront-ils pour réclamer la liberté? Leur audace, sauf 6 Napies, n'ira point jusque-là. Mais ils s'agiteront pour demander qu'on les maltraite moins, u Le libéralisme, avoue < Canlu, consistera presque exclusivement à résister, je ne

1. CorTtspoadanct du rendent vénUùn A Rome, déecutbre 18ûV. •t, Canui, 1. XIV, cb. cxux, p. t.

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