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PHILIPPE II ET HENRI IV

M 4U pas' aux rois d'Espagne, mais aux gouverneurs du « HilaDftÎB ou ip^ Deux-Sir.iles, el ce but, on l'attoindra en •t «mbrassant le parti des Français*. » £t, sans doute, ni Henri IV ni Richelieu ne se feront grande illusion sur les «entimenU intimefl de leurs alliés; quelque fragiles que soient ces torlaeoses alliances, ils comprendront cependant que favoriser les résistances, exciter l'amour-propre et bientôt l'ambition des princM feudataires, encourager les r^ves du saint-siège, soutenir les miséraliles que l'atroce tyrannie du fisc finira quelquefois par Iransformor en révoltés, c'est travailler encore au succès de ce qui est alon=i notre grande politique traditionnelle : abaisser l'Espagne, abaisser rAutrichc. Ainsi, la cause de la France sera de nouveau celte de l'Italie, puisque son but déclaré, son véritable dessein est do briser la formidable puissance dont Charies-Quint a été le fondalcur et qui, sous ses successeurs, De pree nulle part plus lourdement et plus durement que sur la péninsule.

Le soir où Philippe II apprit la mort de Henri III, immolé aux mânes du duc de Guise, le solitaire de t'Ë.scurial fit un r^ve iBODstrueux : il ajouterait, sur sa ti>te, aux couronnes d'Es* pagne et d'Italie, la couronne de France. Ce rêve de glouton myslû}!», qui parut un instant réalisable et précisément parce qu'il le parut, fut la véritable cause où échoua, se brisa à Jamais la fortune du Catlinlïcon. Du jour où le roi d'Espofi^ne jetait le masque, proclamait son ambition de faire sa tUle reine de Franco M recommençait ainsi l'entreprise pour la monarchie universelle, il devait nécessairement grouper derrière Henri IV, de» qup la lumière se seraitfuite sur les desseins du roi catholique, d'abord tous les Français réconciliés, et bientôt, les deux tiers de rKurop«i. Du coup, les (ferres de religion allaient finir en France ; do coup, après un entr'acte de cinquante ans. la France allait reparaître au dehors, reprendre sur la scène du monde la place qu'elle avait abandonnée.

On a déjà observé que l'Italie a parfois des instincts admirable» de clain-oyance, de >Tai8 accès de divination alternant

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INTRODUCTION

avec do longues crises d'aveuglement. Venise el Florence, I vèneraent de Henri IV, éprouvèrent l'un de ces bienlieurèvr accès. Dans ce Béarnais sans le sol et presque sans armée, abandonné de tous ses grands, ne tenant de Tliérilnge royal qae le camp qu'il occupait devant Arques, bonni et rcpou&sé par Paris qui l'appelait c chef de brigands » et, plutôt que de le reconnaître, posait la couronne de France sur la tête d'u& vieux cardinal imbécile, la Seigneurie de Venise ne perdit pas une heure à saluer < le champion delà liberté de l'Europe contre « rEsi>agno' ». Lo Pape, encore dans sa première fureur de voir un hérétique sur le trOnc de saint Louis, Philippe U, qoi D*a, semble-l-il, qu'à étendre la main pour faire de la France une province espagnole, ont beau menacer : Venise ne s'intimide point ; tranquillement, à la face de la catholicité, la Seigneurie reconnaît Henri IV, expose son portrait aux portes d? Saint>Marc, lui envoie une solennelle ambassade. Pour que cette plus prudente et plus circonspecte des républiques se livre de propos délibéré à pareille manifestation, U faut bien qu'elle aille sentiment profond que, dans cette lutte entre l'inquisition et la liberté, la victoire fmale doit rester au roi de France. c Si la France succombait, dit fra Paolo Sarpi, le monde tt serait en proie à l'Espagne. > Belle confiance qui décids aussitôt des résolutions de Florence et de Mantoue. Le sagt entre les sages, le grand-duc de Toscane, qui a déjà congédié sa milice espagnole pour la remplacer par des soldats ita* liens, se déclare à son tour pour Henri IV; pour amorcer aa grande affaire, le mariage de sa nièce Marie de Hédicis, il prêtera d'un coup jusqu'à 300,000 écus; les Gonzague suivent Évidemment la haine de lu domination espagnole est le principal facteur de ces manifestations : devant cette rapide renaissance du parti français, à la première éclaircie du ciel, il faut renoncercn tout casa la légende que laFrance n'alaissé derrière elle, dans la péninsule, que d'inexpiables rancunes. La France des Bourbons désavoue l'humilité basse des derniers Valoir. relève les défis d'Espagne ; U suffît : après cinquante années de

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